La libreria queer Violette and Co ha fatto irruzione a Parigi per un libro da colorare filo-palestinese

https://www.mediapart.fr/journal/france/160126/la-librairie-queer-violette-and-co-perquisitionnee-paris-pour-un-livre-de-coloriage-propalestinien

di Delicious-Owl

6 commenti

  1. Delicious-Owl on

    **Le parquet de Paris a confirmé la perquisition mercredi de la boutique féministe et lesbienne pour saisir « des objets interdits à la vente ». Violette and Co, qui ne vendait déjà plus l’ouvrage « From the River to the Sea », n’avait jamais été informée d’une quelconque interdiction.**

    *Marie Turcan*

    *16 janvier 2026 à 11h30*

    D’ordinaire, les salariées de Violette and Co arrivent un peu avant l’ouverture de 10 h 30, par la porte de derrière. Certaines préparent l’espace café de la librairie queer féministe, d’autres vident les poubelles. Puis elles déverrouillent la porte de leur devanture parisienne et accueillent les premiers clients et clientes. Mais mercredi 7 janvier, ce n’est pas le lectorat ordinaire qui attend devant la vitrine.

    Cinq policiers et un substitut du procureur se tiennent là, devant l’entrée. Deux officiers arborent des caméras-piétons allumées, un se masque le visage. « Ils ont demandé à parler uniquement à la gérante ; ils n’ont pas dit pourquoi, se remémore Léo, l’employée qui gère l’espace de restauration. Puis ils ont dit qu’ils étaient là pour faire une perquisition, [à propos] d’un livre illégal. »

    Lu, la gérante des lieux, se souvient de « son cœur qui bat fort » et de « l’état de choc » des membres de son équipe. Elles sont cinq ce matin-là, cinq à avoir dû se plier à un contrôle d’identité. « Ils nous ont demandé si on avait des exemplaires du livre From the River to the Sea en stock, on a dit non. Puis ils ont fouillé la salle jeunesse, sont descendus dans la cave, ont sorti les livres, un par un, pour les contrôler. Ils ont dû ouvrir environ une trentaine de cartons. Ils ont fouillé les rayonnages publics et les espaces réservés aux personnels, la salle de pause… C’était flippant. »

    Les salarié·es connaissent bien l’ouvrage concerné. La revue de coloriage From the River to the Sea fait l’objet de virulentes polémiques depuis que Violette and Co l’a affichée en vitrine à l’été 2025, au milieu d’autres livres propalestiniens. Cet ouvrage a la particularité d’être catégorisé « jeunesse », destiné aux « 6 à 10 ans et plus », dixit son édito de présentation, et affiche des positions antisionistes marquées.

    Violette and Co dit en avoir vendu « quelques dizaines », puis n’avoir jamais refait de stock. La police est donc repartie bredouille, après plus de trente minutes de fouille.

    **Une enquête préliminaire ouverte**

    Le titre du livre (« De la rivière à la mer ») est un slogan régulièrement repris dans les mobilisations propalestiniennes. Il a été façonné par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dans les années 1960, avant d’être brandi par le Hamas au tournant des années 1990. Ses défenseurs et défenseuses l’utilisent comme un appel à la liberté du peuple palestinien, tandis que ses contempteurs et contemptrices le voient comme un appel à la destruction totale d’Israël et le jugent antisémite.

    « Les policiers nous ont dit plusieurs fois que le livre était interdit et qu’il était illégal de le vendre, se remémore Lu. Pourtant, il n’y a aucune décision de justice en ce sens ! On a pourtant vérifié plusieurs fois, et ce n’est pas trouvable. »

    > On ne commercialise pas de livres interdits ! — Lu, gérante de Violette and Co

    À Mediapart, le parquet de Paris a confirmé qu’après un signalement du ministère de l’intérieur, qui a « dénoncé son fort parti pris historique et idéologique », une « perquisition a été diligentée le 7 janvier pour saisir les objets interdits à la vente » et qu’une enquête a été ouverte « pour importation de publication destinée à la jeunesse comportant un contenu dangereux pour elle en raison de son caractère pornographique, illégal ou immoral », sur le fondement de l’article 13 de la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Le délit est puni d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 3 750 euros.

    « On ne commercialise pas de livres interdits !, martèle la gérante de Violette and Co. Notre lieu est beaucoup trop important pour qu’on prenne ce genre de risque, on veut être le plus carré·es possible. » Encore aujourd’hui, le livre de coloriage n’a été frappé d’aucun arrêt d’interdiction de vente par le ministère de l’intérieur (comme c’était le cas par exemple pour le livre Bien trop petit, en 2023, considéré comme « pornographique »). Alors, d’où vient ce signalement ?

    **Des règles spécifiques aux livres jeunesse**

    Mediapart a remonté le fil d’une histoire qui touche à trois ministères différents – la justice, l’intérieur et la culture – et relevé plusieurs incohérences dans la procédure, jusqu’à l’ouverture de cette enquête et d’une perquisition.

    En juin 2025, la librairie Violette and Co compose une vitrine pour l’été avec de nombreux ouvrages sur la Palestine. Parmi ceux-ci est disposé, visible de la rue, le livre From the River to the Sea, traduit en français à partir d’une version originale éditée par Social Bandit Media, un collectif sud-africain. Quelques semaines plus tard, la vitrine est vandalisée avec les termes « Hamas violeur » et « islamo-complices » gravés dans la devanture. Les gérantes reçoivent des coups de fil et des visites sur le même ton, de personnes s’opposant à cet ouvrage.

    La tension monte d’un cran en août, alors que l’histoire se propage sur les réseaux sociaux et que la librairie se fait cyberharceler, reçoit des injures lesbophobes et des menaces d’attaques physiques. Violette and Co porte plainte auprès du procureur de la République – sans nouvelle depuis de cette procédure – et Mediapart, L’Humanité et d’autres médias rapportent les faits.

    C’est à ce moment-là, le 12 août 2025 précisément, que le ministère de l’intérieur, par l’intermédiaire de sa direction des libertés publiques et des affaires juridiques, envoie un courriel à propos de From the River to the Sea pour interroger la Commission de surveillance et de contrôle des publications pour la jeunesse (CSCPJ).

    En France, cette commission qui dépend du ministère de la justice est chargée depuis 1949 de « vérifier » qu’une publication axée jeunesse « ne comporte aucun contenu présentant un danger » pour les enfants et adolescents. Son avis favorable est obligatoire pour qu’un livre jeunesse provenant d’un pays hors de l’Union européenne (UE) puisse être importé sur le territoire.

  2. Delicious-Owl on

    J’espère que vous vous sentez protégés par la police, prête à braver tous les dangers et le terrorisme du lobby LGBT.

  3. UCanBdoWatWeWant2Do on

    Ça a dû leur faire tout drôle d’aller dans une librairie

  4. ubulerbu on

    Les dangereux livres de coloriage pro palestinien, c’est ma hantise, j’en dors plus la nuit, dès que je vois des pastels grasses je fais des crises d’angoisses.

  5. Few_Surprise4258 on

    Pourquoi la république est toujours du mauvais côté ?

  6. Sicksadworludo on

    Tout simplement honteux et injustifiable. Évidemment, il n’y aura aucune conséquence pour le procureur, le ministère ou les flics qui ont participé à cette démonstration d’intimidation.

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