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1 commento
**La liste que conduit l’ancienne ministre pour les municipales dans la capitale recèle de profils qui contredisent ses discours. Y figurent des personnalités mises en cause pour atteinte à la probité, d’autres affichant leur proximité avec l’extrême droite ou connues pour leur engagement anti-LGBTQIA+.**
En pleine campagne pour les municipales de Paris, Rachida Dati tape à tout va contre l’équipe de la socialiste Anne Hidalgo, l’accusant de nombreuses atteintes à la probité – elle dénonce régulièrement les notes de frais de la maire sortante. Pour marquer sa différence avec son adversaire de Reconquête, Sarah Knafo, la candidate Les Républicains (LR) se pose aussi en rassembleuse, opposée aux discours racistes ou LGBTphobes.
Mais en regardant de plus près la liste [tout juste dévoilée](https://www.leparisien.fr/elections/municipales/municipales-2026-max-guazzini-mais-aussi-un-ancien-ministre-italien-une-majorite-de-lr-la-liste-de-rachida-dati-a-paris-23-02-2026-XP2XVWNKQ5BOVCFR2ZFRFU2MRE.php) des colistiers et colistières de l’ancienne ministre de la culture, plusieurs noms soulèvent des interrogations. Parce qu’ils ont tenu des propos racistes, parce qu’ils ont soutenu des partis d’extrême droite ou parce qu’ils sont liés à des affaires d’atteintes à la probité… certains profils de la liste de Rachida Dati contredisent ses discours publics.
La candidate a par exemple misé sur le maire LR du VIe arrondissement de Paris, Jean-Pierre Lecoq (10e place sur la liste), [qui a pourtant été épinglé](https://www.liberation.fr/politique/vetements-de-marque-grandes-tables-bols-a-prenom-revelations-sur-les-notes-de-frais-des-maires-parisiens-20251002_2UH66AFIX5C4XDHQTNZFG3C7IQ/) pour ses frais de représentation par Libération. L’édile se faisait rembourser des achats qui n’avaient rien à voir avec son mandat d’élu local : des dépenses sur ses lieux de vacances à La Baule ou au Pouliguen (Loire-Atlantique), des maillots de bain, des chaussures pour femmes, des vêtements dans des boutiques de luxe à Londres ou à New York…
**Notes de frais, affaire Renault…**
En 12e position sur la liste de Rachida Dati, on trouve Philippe Goujon, maire LR du XVe arrondissement de la capitale, lui aussi épinglé pour des milliers d’euros de frais de bouche avoisinant les 50 000 euros. Mais pas seulement. L’élu est aussi mis en cause pour plusieurs atteintes à la probité [révélées](https://www.mediapart.fr/journal/france/060226/le-maire-du-xve-arrondissement-de-paris-enrichi-sa-famille-pendant-le-covid) par Mediapart début février.
Il avait notamment enrichi sa famille pendant le covid en octroyant 200 000 euros de marchés publics à son gendre en 2020, sans passer d’appels d’offres et sans jamais déclarer ce conflit d’intérêts. Il avait aussi mis à disposition sa voiture de fonction avec chauffeur à certains de ses proches, une pratique tout aussi interdite.
Pas de quoi déboussoler Rachida Dati pour autant. « M. Goujon confirme que toutes les procédures ont été respectées pendant la période covid pour un coût inférieur au montant indiqué, rétorque à tort l’équipe de campagne de la candidate LR. Ces dépenses ont été contrôlées et validées par les services de la mairie centrale. »
Sur les notes de frais de ses colistiers, dans des restaurants huppés de la capitale ou dans des boutiques à l’étranger, l’entourage de la ministre ne trouve rien à redire non plus, puisque « ces frais sont autorisés par la réglementation et dans les limites de l’enveloppe attribuée par la mairie centrale ».
Autre candidate, autre question. Une personne entendue comme témoin dans une affaire de corruption visant une tête de liste peut-elle être candidate sur cette même liste ? C’est la situation particulière d’Alexandra Nicol, ancienne assistante parlementaire de Rachida Dati lorsqu’elle était eurodéputée et auditionnée par la justice dans l’affaire Renault. La même qui vaut à Rachida Dati d’être renvoyée en procès en septembre prochain pour corruption et trafic d’influence.
Alexandra Nicol, qui figure à la 47e place, avait été entendue en février 2021 pour savoir notamment si sa patronne avait pu défendre les intérêts de Renault au Parlement européen. Devant les juges, celle qui était cheffe du bureau de l’eurodéputée entre 2009 et 2011, n’a cessé de dire qu’elle ne se souvenait de rien et l’a même répété à 21 reprises.
« Je sais que Rachida Dati n’aurait jamais commis d’infraction », s’était-elle toutefois souvenue. N’est-ce pas incongru de choisir une telle colistière ? Pas pour Rachida Dati dont l’entourage rappelle qu’Alexandra Nicol a toute légitimité, puisqu’elle a été « élue sur la liste de Valérie Pécresse au conseil régional en juillet 2021 » et qu’elle est aussi « professeure des écoles ».
Dans un autre registre, Emmanuelle Dauvergne, bras droit historique de Rachida Dati et élue du VIIe arrondissement de Paris, n’est pas exempte de tout reproche. En février, Le Canard enchaîné [révélait](https://www.lecanardenchaine.fr/societe/53060-quand-rachida-dati-prone-l-omerta-a-paris) que la colistière (15e position) avait « participé à l’omerta » dans le scandale qui touche le périscolaire parisien en tentant de ne pas ébruiter [une plainte](https://www.mediapart.fr/journal/france/160226/animateurs-soupconnes-de-violences-sexuelles-l-affaire-qui-plombe-la-ville-de-paris-et-embarrasse-dati) pour agression sexuelle visant un animateur.
La même Emmanuelle Dauvergne a agressé physiquement et blessé une journaliste de France 2 en juin 2025 pour l’empêcher de filmer sa patronne alors mise en cause dans une autre affaire pour laquelle le Parquet national financier (PNF) vient d’ouvrir une enquête.