Depressione a 2 sguardo

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di Croaker_392

5 commenti

  1. Croaker_392 on

    Source: Campagne de Fondation Allemande de Soutien à la Dépression et de prévention du Suicide.

    Ça n’est pas vraiment nouveau (été 2023) mais certains échanges récents m’y ont fait penser, les gens n’ont aucune idée réelle de ce que signifie vivre avec une dépression.

    Pour ceux qui ont la télé, c’est l’équivalent de la campagne de pub qui montre une personne avec le Cancer avoir du bon temps et s’amuser sous le regard dubitatif d’une imbécile dans le but d’illustrer que la souffrance n’est jamais permanente.

    Les personnes dépressives peuvent avoir du bon temps hors de l’isolement, ça fait même partie des recommandations de bonnes pratiques pour une thérapie.

    Les médocs et autres antidépresseurs ne font pas tout et ne sont là que pour traiter les effets et non la cause. Vous imaginez un fumeur continuer à clopper pendant sa chimio? Sortir sous la pluie et avoir froid pendant la grippe en prenant des médicaments? La santé psychique c’est pareil.

    Bref si vous voyez un collègue arrêté par le médecin pour dépression qui semble avoir du bon temps en compagnie, pas la peine de le dénoncer aux RH, ça fait partie de la dépression.

    Ah, et aussi les gens qui font la gueule, bah souvent c’est juste qu’ils font la gueule.

    Dommage que cette campagne n’existe pas en France.

  2. HugHolly on

    Il y a longtemps, grosse dépression, je venais de quitter mon premier copain, ensemble depuis le lycée, et commencer mon premier job, qui était totalement merdique. En plus pas de famille et aucun ami proche.

    Tous les matins je partais le nœud au ventre, dès que je sortais du taff je m’effrondais en larmes systématiquement tous les soirs dans le bus. En fait je me tenais debout par force d’inertie en cette période.

    Un matin, je croise une collègue dans le couloir comme tous les jours et je lui dis bonjour et elle me sort “wow, t’es toujours tellement souriante, ça fait vraiment du bien de te voir” et ça m’a fichu un coup de me rendre compte que la personne que je laissais voir en public n’avait rien à voir avec la réalité.

    Je ne dis pas que j’aurais forcément voulu que quelqu’un s’en rende compte mais en même temps m’en sortir toute seule sans jamais en parler à personne ça a été dur (et pas spécialement efficace non plus sur le long terme).

  3. RageLolo on

    C’est vrai qu’il serait temps de mieux sensibiliser la population mais surtout certains de ces idiots de DRH ou responsables sur les troubles mentaux.

    La dépression est un trouble affreux à vivre et est souvent associé à d’autres troubles. Parce que la dépression cachent souvent des choses bien plus profondes.

    J’en ai marre d’entendre des discours débiles du type, sors toi les doigts du c.. ou tu le veux bien, etc. C’est dégradant, humiliant et inadéquate.

    C’est urgent de sensibiliser et d’éviter cette toxicité de l’image de l’homme fort qui par sa volonté arrive à tout.

    Ralage terminé. Désolé les gens.

  4. Charles_Sausage on

    Le premier truc qu’apprend un dépressif chronique, c’est le camouflage.

    C’est d’ailleurs insidieux car c’est un facteur d’épuisement psychique que de devoir donner le change, un truc que je fais très bien et qui me fatigue grandement.

    Ma “dépression” est devenue familière, je fais avec et j’organise ma vie autour: au boulot, je suis le gars dynamique et sur qui on compte. Ma vie sociale, je l’ai réduite à son strict minimum parce que je n’ai plus l’énergie pour. J’ai une vie de couple mais je ne ressens rien, ni affection, ni rejet: ma compagne ne se doute pas de mon état réel, j’arrive à gérer car on ne vit pas ensemble, un choix conscient de ma part qu’elle accepte.

    Ma “dépression”, elle est là depuis des années, elle fait partie de mes habitudes.
    Elle est particulière, elle ne prend pas les formes “habituelles” (désespoir manifeste, mélancolie, larmes, apathie).

    Je ne sais pas bien ce que c’est, à vrai dire. C’est parti d’expériences vécues qui ont profondément modifié mon rapport à l’existence, jusqu’à la non-existence: c’est peut-être comme ça que je qualifierais mon état. J’existe intérieurement mais à l’autre, je ne présente qu’un visage frivole, rigolard jusqu’à dédramatiser: je suis souvent celui à qui on parle et qui “remonte le moral” (c’est très discutable, je vois ça comme un exercice formel consistant à remettre en état de fonctionnement un collègue ou un proche qui doit fonctionner sous peine de voir sa vie matérielle dérailler: on ne résout rien).

    J’avais un peu discuté avec une collègue qui en souffrait (diag, suivi psy et arrêt long) et il y avait un fond commun dans ce que nous déclarions ressentir, c’est donc probablement une forme dépressive, mais là aussi: c’est protéiforme, c’est varié, un individu dépressif n’est pas la copie conforme d’un autre individu dépressif.

    Vaste et complexe sujet que cette “maladie” de l’âme.

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