
Gli alimenti importati in Francia, come caffè, cacao o vaniglia, hanno gravi conseguenze sociali e ambientali nei paesi produttori
https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/04/17/cafe-cacao-ou-vanille-les-aliments-importes-en-france-ont-de-lourdes-consequences-sociales-et-environnementales-dans-les-pays-producteurs_6596687_3244.html
di Folivao
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**Café, cacao ou vanille… Une étude publiée jeudi passe au crible 13 grandes filières d’importation en fonction de leurs émissions de CO₂, de leur impact sur la déforestation, de leur recours au travail des enfants ou encore du niveau de vie des producteurs.**
Elle parfume de son arôme délicat les pots de crème, les flans, les cannelés et autres babas. Mais la vanille laisse un goût amer à ses producteurs : ce fruit tropical, majoritairement importé de Madagascar, dont les gousses peuvent se vendre à prix d’or, figure en tête des filières d’importation les moins rémunératrices pour les producteurs, selon une étude publiée jeudi 17 avril sur la « face cachée des aliments importés en France ». En moyenne, les producteurs de vanille de Madagascar ne perçoivent que 40 % du revenu minimum décent. « Produit de luxe dans les pays du Nord, la vanille reste une culture de survie pour les pays du Sud », selon ce rapport, issu de travaux du Basic, un bureau d’études spécialisé dans les enjeux d’environnement, pour l’Institut Veblen, Greenpeace France et Max Havelaar France.
Autre facteur de gourmandise, autres impacts : le cacao se hisse sur la première marche des filières d’importation les plus émettrices de gaz à effet de serre, notamment en raison de la déforestation qu’il induit. En Côte d’Ivoire, l’un des principaux producteurs, la culture du cacao s’est faite au détriment du couvert forestier, qui a fondu de 80 % entre 1960 et 2010.
Le café, quant à lui, fait partie des cultures les plus consommatrices d’intrants chimiques, et les plus polluantes pour les écosystèmes, notamment parce qu’il nécessite un lavage post-récolte des grains à grandes eaux, qui contamine les rivières et les nappes phréatiques.
En tout, 13 grandes filières d’importation ont été passées au crible, du jus d’orange au riz, en passant par la tomate, la banane ou l’avocat. « Notre premier objectif était d’établir une cartographie précise de ce qu’on importe en France, explique Tristan Dissaux, responsable des études du Basic. Les principales sources en la matière sont les données douanières, qui ne permettent pas d’identifier les pays d’origine lorsque les produits ont transité par d’autres pays. »
Le Basic a ensuite cherché à évaluer les incidences de ces filières selon plusieurs critères : émissions de CO2, déforestation, utilisation de la ressource en eau ou pollution pour les conséquences sur l’environnement ; travail des enfants, travail forcé et niveau de vie pour les répercussions socio-économiques. « L’enjeu était de faire progresser la compréhension du vrai coût des aliments, alors que les flux économiques ne rendent que partiellement compte des mouvements mis en marche par la mondialisation, complète Blaise Desbordes, directeur général de l’organisation non gouvernementale Max Havelaar France. On voit ainsi qu’une grosse partie de notre chariot – sucre de canne, jus d’orange, banane… – est fondée sur de la misère, sur l’exploitation des travailleurs et de l’environnement. »
**« Pression sur les terres »**
Dans le trio de tête des produits aux plus forts impacts, tous critères confondus, figurent le cacao, le soja et l’huile de palme. Ce classement tient compte à la fois des volumes importés (largement dominés par le soja, dont les importations servent majoritairement à nourrir les animaux d’élevage), mais aussi des impacts à l’unité de produit.
Malgré la mise en place d’un moratoire, en 2008, sur la déforestation en Amazonie, la culture du soja continue d’exercer une forte contrainte sur les terres, entraînant un déboisement indirect. « En Amazonie, le principal vecteur de déforestation est le pâturage, note Clément Helary, chargé de campagne sur les forêts à Greenpeace. Mais, entre 2017 et 2022, les hectares consacrés à la culture du soja dans la région ont été multipliés par sept. Cela crée ainsi de la pression sur les terres. »
L’huile de palme, en dépit des controverses sur son rôle délétère dans la déforestation, reste pour sa part massivement utilisée par l’industrie agroalimentaire. L’étude souligne d’ailleurs que la consommation française est sous-estimée, car les données ne permettent d’identifier que l’huile de palme incorporée à des aliments transformés en France, mais pas lorsque les produits sont transformés avant importation.
Sur les impacts sociaux, outre la vanille, des cultures comme le sucre de canne ou la noix de cajou sont marquées par des conditions sociales très dégradées. Cette dernière nécessite un décorticage manuel risqué pour la santé – en raison notamment des acides contenus dans la coque – et mal rémunéré. « Les importations de cajou en France ont triplé en dix ans, détaille Blaise Desbordes. Les principaux producteurs sont en Afrique de l’Ouest, où les producteurs ne touchent que deux tiers du revenu minimum vital. Puis la cajou brute d’Afrique est envoyée au Vietnam pour être décortiquée, le plus souvent par des femmes, au mépris de leur santé, avant d’être réexportée. Les noix de cajou ont ainsi fait le tour du monde avant d’arriver dans nos bols d’apéro. »
**Affaiblissement potentiel des réglementations**
L’appétit pour les fruits exotiques n’est donc pas sans risque : la banane, premier fruit consommé en France et dont la production antillaise couvre moins d’un tiers du marché, est souvent utilisée comme produit d’appel par la grande distribution pour des promotions. Conséquence de cette course aux prix bas, les conditions de travail dans les bananeraies d’Amérique latine sont très précaires. Quant à l’avocat, qui garnit de plus en plus d’assiettes, sa culture au Mexique, au Pérou ou au Kenya provoque de plus en plus de tensions sociales et foncières autour de l’accès à l’eau et à la terre.
En réponse à ces impacts massifs, les organisations partenaires de l’étude en appellent à l’application de plusieurs règlements européens issus du pacte vert : le règlement sur la déforestation importée, qui devait entrer en vigueur à la fin de 2024, mais a été reporté d’un an ; la directive sur le devoir de vigilance, qui doit s’appliquer à partir de 2027, mais risque d’être affaiblie par le projet de loi « omnibus » présenté en février par la Commission européenne ; et la directive sur le travail forcé, dont la portée pourrait, elle aussi, être amoindrie par le texte omnibus. « L’Europe ne fera jamais mieux que les pays spécialistes du dumping social et environnemental, argumente Blaise Desbordes. En revanche, elle peut se montrer gardienne de certaines valeurs et normes. »
« On recommande d’appliquer ces règlements ensemble, parce qu’ils couvrent des enjeux cohérents, avec le plancher social d’un côté et le plafond écologique de l’autre, fait valoir Clément Helary. Personne ne veut de déforestation dans son assiette. On devrait pouvoir tous se mettre d’accord sur ce point. »
Outre l’affaiblissement potentiel des réglementations, les organisations s’inquiètent de la ratification possible du traité de libre-échange avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), qui pourrait « neutraliser » une partie des efforts voulus par ces réglementations. « A cause de l’asymétrie dans les normes de production entre les deux parties, cet accord présente un potentiel de dégradation massif sur les plans social et environnemental, avertit Stéphanie Kpenou, de l’Institut Veblen. Par simple mécanisme d’intensification des échanges économiques avec la zone Mercosur, ce traité entraînerait une intensification des impacts délétères. »
L’étude vient aussi rappeler à chacun que la composition de nos assiettes n’est pas neutre. Parmi les gestes individuels, la baisse de la consommation de viande, en optant pour des produits carnés issus d’élevages extensifs et non dépendants du soja, est le plus significatif. L’attention aux méthodes de production importe aussi. « L’idée n’est pas de dire d’arrêter de manger du chocolat : selon les filières, certains labels et cahiers des charges peuvent garantir un moindre impact, souligne Clément Helary. Mais ce sont surtout des changements de structure qu’il faut apporter, et cela passe par des réglementations. »
Notre mode de vie et petits plaisirs reposent sur l’exploitation et ne pourront pas durer. C’est triste à dire, mais c’est la réalité. Ce n’est pas tenable sur la longue durée.
C’est au pays producteur de reguler ses normes.
*Aujourd’hui, Le Monde planète vous propose dans sa série “L’autoflagellation au quotidien” : arrêtez de manger les bonnes choses, ça cause le cancer, ça tue des petits Africains et ça vous retire du karma cosmique.*
Bon aujourd’hui en prime, une bonne dose de colonialisme mental : “merci aux pauvres des pays du sud de ne surtout pas chercher à s’enrichir en exploitant leurs terres”. Non mais franchement, faut quand même bien comprendre le sens de cette phrase : “Par simple mécanisme d’intensification des échanges économiques avec la zone Mercosur, ce traité entraînerait une intensification des impacts délétères.” Le meuf pose calmement qu’il ne faudrait surtout pas que les pauvres s’enrichissent.
J’espère que le café que j’achète à 15 euros les 250 grammes ne participe pas à ça.
C’est comme la noix de cajou.
Vous savez comment c’est produit cette merde ? Vous saviez que pendant la production, qui se fait en majorité dans les pays pauvres, les femmes (car c’est en majorité les femmes qui font ça) se brulent les mains à cause de l’acide libéré par la noix pendant l’épluchage / écossage ?
Bonne vidéo qui explique ce sujet plus en profondeur sur l’exemple des bananes:
[https://youtu.be/j8NVpke3chk](https://youtu.be/j8NVpke3chk)
OK. On replace la vanille de culture par la vanille de synthèse. Est-ce que les Malgaches seraient contents ?
OK
Pourquoi OP insiste plus sur le café et la vanille alors que l’article cite le cacao le soja et l’huile de palme comme top 1 des pires?
Le café si je ne dis pas de bêtises plus grosses que moi pousse sous les arbres donc ne nécessite pas une déforestation et monoculture comme l’huile de palme et si on ne nous ment pas il y a des agriculteurs qui s’organisent en coopérative.
Donc bon même si il a un impact (comme la vaste majorité de l’agriculture cf pollution et algues vertes en Bretagne) bah c’est pas le top du pire.
Bon allez un petit café 😄
mais naaan, c’est incompréhensiiible