Les privilèges des médecins s’opposent à l’intérêt commun, épisode 2 713.
Fabulous-Bus1837 on
“On ne peut pas abandonner la population”… Mais quand même on s’installe pas à Trouffigny sur Orge Les Gonesses, c’est trop paumé, ces gens-là ils se démerdent !
lieding on
Je cherchais à savoir s’il y avait une position en faveur de la régulation de la liberté d’installation chez les médecins. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait un grand soutien à cette mobilisation en dehors de la corporation des médecins. Visiblement c’est le cas, mais ça doit être très mal vu de s’opposer publiquement.
—-
> […] « Il est indigne de se plaindre, de défiler dans les rues parce que notre confort de vie serait menacé. Aujourd’hui, des patients meurent faute de soins », enrage la rhumatologue Laure Artru, présidente de l’Association de citoyens contre les déserts médicaux.
> Retraitée il y a peu, elle a beaucoup exercé comme médecin généraliste dans la Sarthe. Elle a vu « des diabétiques et des hypertendus qui n’ont plus de médecin et ont arrêté leur traitement, des cancers diagnostiqués avec retard ». Elle estime qu’un médecin a une responsabilité vis-à-vis de la population, « la charge d’un territoire de santé : chacun doit faire sa part ». […]
> […] Pour Michel Landais, médecin généraliste dans la Sarthe, ses confrères et consœurs qui ont défilé mardi sont des « enfants gâtés » : « Ils seraient épuisés après dix ans d’études dont trois ans à travailler à l’hôpital ? Mais ils ont une dette vis-à-vis de la société. Aux États-Unis, ils auraient dû emprunter 500 000 dollars pour payer leurs études. »
> Le docteur travaille dans le pôle de santé de La Ferté-Bernard. Les nouveaux patients y sont admis « sur dossier ». « On a des commissions d’admission tous les mois pour sélectionner les patients les plus urgents », explique-t-il. À 75 ans, il cumule sa retraite et un mi-temps de médecin salarié dans ce pôle de santé créé avec d’autres collègues retraités : « On ne pouvait pas laisser la population à l’abandon. » […]
> […] Ces médecins retraités tiennent l’offre de soins de ce territoire [la Sarthe] de 30 000 habitant·es. Le pôle de santé suit 10 000 patient·es. Les autres font des kilomètres pour voir un médecin, ou n’en ont plus.
> De l’avis du docteur Landais, la proposition de loi de Guillaume Garot, député de la Mayenne, voisine de la Sarthe, est une évidence : « Là où il y a plus de un médecin pour mille habitants, comme à Biarritz ou Nice, il ne doit pas y en avoir de nouveaux. Et si un médecin s’installe, il doit être déconventionné : ses patients ne seront plus remboursés et il paiera trois fois plus cher ses cotisations. » […]
> […] À Sorbonne Université, à Paris, un petit groupe d’étudiant·es en médecine [collectif Pour une santé engagée et solidaire] a pris le temps réfléchir au sujet et conclut : « L’accès aux soins de santé est un droit constitutionnel garanti par l’État. C’est donc normal que l’État régule », assurent Manon Pathier et Martin Zambeaux, étudiant·es en troisième et quatrième année de médecine. […]
> […] Les futurs médecins sont aussi sont confrontés à un rouleau compresseur, celui des syndicats étudiants qui mobilisent par l’intermédiaire de « leurs réseaux sociaux, les groupes Whatsapp ou Facebook normalement dédiés aux corpos », qui organisent la vie sociale et festive des étudiant·es. « Aujourd’hui, on est saturés d’appel à la grève. Ils distribuent même des crêpes pour mobiliser contre la proposition de loi Garot… », s’étonnent Manon Pathier et Martin Zambeaux.
> Les deux étudiant·es expliquent que ces syndicats sont habituellement absents des grands mouvements sociaux. « Sur le sujet de la liberté d’installation, ils sont capables de s’organiser très rapidement. C’est une corde sensible, un truc fondamental, très dogmatique, dans la médecine libérale. » […]
> […] La médecin généraliste Julie Chastang, qui exerce dans un centre de santé à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), assume elle aussi être « favorable à une régulation, pas dans une logique de punition, mais d’intérêt général. Une installation libre partout, financée par la collectivité, ne peut plus durer dans la situation de crise de la démographie médicale que nous connaissons ». […]
> […] « On n’est pas si minoritaires que ça, assure le docteur [Éric] May. Je participe à beaucoup de réunions dans des déserts médicaux. Depuis trois ou quatre ans, des médecins libéraux expriment un besoin de régulation. Et la population ne comprend plus le discours dogmatique des syndicats de médecins libéraux. » […]
> […] « Il y a un discours dans l’air du temps, un peu populiste, un peu simpliste, qui voudrait que les jeunes médecins ne veulent plus travailler, regrette la doctrice Chastang, qui est aussi maîtresse de conférence en médecine générale à Sorbonne Université. En réalité, une partie des jeunes veulent exercer, en équipe et en polyvalence, que ce soit en maison de santé libérale ou en centre de santé. Mais des maisons de santé qui fonctionnent, il y en a peu. Seuls 20 % d’une promotion de médecine générale en Île-de-France s’installent en libéral. Ces jeunes médecins veulent souvent travailler huit demi-journées par semaine. Il faut le pendre en compte. C’est l’évolution de notre société. »
> « On fait peur à ces jeunes médecins en leur disant qu’on veut les priver de leur liberté, poursuit-elle. Moi je leur dis : “Est-ce que tu as regardé la carte de ta région, le zonage, les besoins d’installation ?” Nous ne recevons pas de formation sur ce sujet. » […]
> […] François Bayrou a fait vendredi 25 avril une proposition alternative : imposer une « solidarité obligatoire » aux médecins des zones surdenses, qui devraient travailler un à deux jours par mois dans un département voisin. « Consulter deux jours par mois est ridicule, estime Éric May. On doit suivre nos patients, assurer une continuité des soins. Cette solidarité obligatoire ressemble à de la charité. » ∎
—-
Désolé Mediapart, mais il y a un besoin urgent de renverser la position que la corporation tente de faire croire unanime.
Atiscomin on
Des futurs et actuels bourgeois qui font du ouin ouin.
ET en même temps la loi proposée par le gouvernement qui est écrite avec le cul, ET en plus une position hypocrite car on cherche SURTOUT PAS à renforcer le reste du service public dans les zones. sous-dotées, ET aussi une nouvelle attaque contre le statut de praticien libéral parce que les néolibéraux détestent que des travailleurs qui gagnent très bien leur vie et possèdent en bonne partie leur outil de production.
Dans tout ça t’as finalement les internes qui se font juste exploiter pour finir par se faire baiser.
Y’a rien qui va dans toute cette histoire.
Moi je suis d’accord pour qu’on régule l’installation, à la condition expresse qu’on fasse revenir le service public dans les déserts médicaux.
No-Note9753 on
Opinion impopulaire : les études pour devenir médecin traitant sont absurdes et trop longues.
Un bac +3 suffit pour apprendre à traiter les problèmes communs et adresser aux spécialistes.
Les spécialistes parlons en BAC+5 maxi pour une intervention spécialisée de rang 1.
Déjà, ça permettrait de bien casser leur rareté organisée.
Iceksy on
Ok, on force pas leur installation dan les déserts médicaux.
Par contre, on interdit les dépassements d’honoraires aux médecins qui ne le font pas.
Deal ?
Ibra_63 on
En Allemagne, ce sont les régions (qui sont beaucoup plus puissantes dans un système fédéral soit) qui attribuent les licences d’installation des médecins avec des quotas par spécialité et par zones pour éviter la surdensité.
Le gouvernement ne prend pas toujours les meilleures décisions, mais pour le coup le statu quo ne peut pas durer. Les médecins doivent assumer de défendre leurs intérêts plutôt que de se cacher derrière l’intérêt général.
7 commenti
Les privilèges des médecins s’opposent à l’intérêt commun, épisode 2 713.
“On ne peut pas abandonner la population”… Mais quand même on s’installe pas à Trouffigny sur Orge Les Gonesses, c’est trop paumé, ces gens-là ils se démerdent !
Je cherchais à savoir s’il y avait une position en faveur de la régulation de la liberté d’installation chez les médecins. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait un grand soutien à cette mobilisation en dehors de la corporation des médecins. Visiblement c’est le cas, mais ça doit être très mal vu de s’opposer publiquement.
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> […] « Il est indigne de se plaindre, de défiler dans les rues parce que notre confort de vie serait menacé. Aujourd’hui, des patients meurent faute de soins », enrage la rhumatologue Laure Artru, présidente de l’Association de citoyens contre les déserts médicaux.
> Retraitée il y a peu, elle a beaucoup exercé comme médecin généraliste dans la Sarthe. Elle a vu « des diabétiques et des hypertendus qui n’ont plus de médecin et ont arrêté leur traitement, des cancers diagnostiqués avec retard ». Elle estime qu’un médecin a une responsabilité vis-à-vis de la population, « la charge d’un territoire de santé : chacun doit faire sa part ». […]
> […] Pour Michel Landais, médecin généraliste dans la Sarthe, ses confrères et consœurs qui ont défilé mardi sont des « enfants gâtés » : « Ils seraient épuisés après dix ans d’études dont trois ans à travailler à l’hôpital ? Mais ils ont une dette vis-à-vis de la société. Aux États-Unis, ils auraient dû emprunter 500 000 dollars pour payer leurs études. »
> Le docteur travaille dans le pôle de santé de La Ferté-Bernard. Les nouveaux patients y sont admis « sur dossier ». « On a des commissions d’admission tous les mois pour sélectionner les patients les plus urgents », explique-t-il. À 75 ans, il cumule sa retraite et un mi-temps de médecin salarié dans ce pôle de santé créé avec d’autres collègues retraités : « On ne pouvait pas laisser la population à l’abandon. » […]
> […] Ces médecins retraités tiennent l’offre de soins de ce territoire [la Sarthe] de 30 000 habitant·es. Le pôle de santé suit 10 000 patient·es. Les autres font des kilomètres pour voir un médecin, ou n’en ont plus.
> De l’avis du docteur Landais, la proposition de loi de Guillaume Garot, député de la Mayenne, voisine de la Sarthe, est une évidence : « Là où il y a plus de un médecin pour mille habitants, comme à Biarritz ou Nice, il ne doit pas y en avoir de nouveaux. Et si un médecin s’installe, il doit être déconventionné : ses patients ne seront plus remboursés et il paiera trois fois plus cher ses cotisations. » […]
> […] À Sorbonne Université, à Paris, un petit groupe d’étudiant·es en médecine [collectif Pour une santé engagée et solidaire] a pris le temps réfléchir au sujet et conclut : « L’accès aux soins de santé est un droit constitutionnel garanti par l’État. C’est donc normal que l’État régule », assurent Manon Pathier et Martin Zambeaux, étudiant·es en troisième et quatrième année de médecine. […]
> […] Les futurs médecins sont aussi sont confrontés à un rouleau compresseur, celui des syndicats étudiants qui mobilisent par l’intermédiaire de « leurs réseaux sociaux, les groupes Whatsapp ou Facebook normalement dédiés aux corpos », qui organisent la vie sociale et festive des étudiant·es. « Aujourd’hui, on est saturés d’appel à la grève. Ils distribuent même des crêpes pour mobiliser contre la proposition de loi Garot… », s’étonnent Manon Pathier et Martin Zambeaux.
> Les deux étudiant·es expliquent que ces syndicats sont habituellement absents des grands mouvements sociaux. « Sur le sujet de la liberté d’installation, ils sont capables de s’organiser très rapidement. C’est une corde sensible, un truc fondamental, très dogmatique, dans la médecine libérale. » […]
> […] La médecin généraliste Julie Chastang, qui exerce dans un centre de santé à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), assume elle aussi être « favorable à une régulation, pas dans une logique de punition, mais d’intérêt général. Une installation libre partout, financée par la collectivité, ne peut plus durer dans la situation de crise de la démographie médicale que nous connaissons ». […]
> […] « On n’est pas si minoritaires que ça, assure le docteur [Éric] May. Je participe à beaucoup de réunions dans des déserts médicaux. Depuis trois ou quatre ans, des médecins libéraux expriment un besoin de régulation. Et la population ne comprend plus le discours dogmatique des syndicats de médecins libéraux. » […]
> […] « Il y a un discours dans l’air du temps, un peu populiste, un peu simpliste, qui voudrait que les jeunes médecins ne veulent plus travailler, regrette la doctrice Chastang, qui est aussi maîtresse de conférence en médecine générale à Sorbonne Université. En réalité, une partie des jeunes veulent exercer, en équipe et en polyvalence, que ce soit en maison de santé libérale ou en centre de santé. Mais des maisons de santé qui fonctionnent, il y en a peu. Seuls 20 % d’une promotion de médecine générale en Île-de-France s’installent en libéral. Ces jeunes médecins veulent souvent travailler huit demi-journées par semaine. Il faut le pendre en compte. C’est l’évolution de notre société. »
> « On fait peur à ces jeunes médecins en leur disant qu’on veut les priver de leur liberté, poursuit-elle. Moi je leur dis : “Est-ce que tu as regardé la carte de ta région, le zonage, les besoins d’installation ?” Nous ne recevons pas de formation sur ce sujet. » […]
> […] François Bayrou a fait vendredi 25 avril une proposition alternative : imposer une « solidarité obligatoire » aux médecins des zones surdenses, qui devraient travailler un à deux jours par mois dans un département voisin. « Consulter deux jours par mois est ridicule, estime Éric May. On doit suivre nos patients, assurer une continuité des soins. Cette solidarité obligatoire ressemble à de la charité. » ∎
—-
Désolé Mediapart, mais il y a un besoin urgent de renverser la position que la corporation tente de faire croire unanime.
Des futurs et actuels bourgeois qui font du ouin ouin.
ET en même temps la loi proposée par le gouvernement qui est écrite avec le cul, ET en plus une position hypocrite car on cherche SURTOUT PAS à renforcer le reste du service public dans les zones. sous-dotées, ET aussi une nouvelle attaque contre le statut de praticien libéral parce que les néolibéraux détestent que des travailleurs qui gagnent très bien leur vie et possèdent en bonne partie leur outil de production.
Dans tout ça t’as finalement les internes qui se font juste exploiter pour finir par se faire baiser.
Y’a rien qui va dans toute cette histoire.
Moi je suis d’accord pour qu’on régule l’installation, à la condition expresse qu’on fasse revenir le service public dans les déserts médicaux.
Opinion impopulaire : les études pour devenir médecin traitant sont absurdes et trop longues.
Un bac +3 suffit pour apprendre à traiter les problèmes communs et adresser aux spécialistes.
Les spécialistes parlons en BAC+5 maxi pour une intervention spécialisée de rang 1.
Déjà, ça permettrait de bien casser leur rareté organisée.
Ok, on force pas leur installation dan les déserts médicaux.
Par contre, on interdit les dépassements d’honoraires aux médecins qui ne le font pas.
Deal ?
En Allemagne, ce sont les régions (qui sont beaucoup plus puissantes dans un système fédéral soit) qui attribuent les licences d’installation des médecins avec des quotas par spécialité et par zones pour éviter la surdensité.
Le gouvernement ne prend pas toujours les meilleures décisions, mais pour le coup le statu quo ne peut pas durer. Les médecins doivent assumer de défendre leurs intérêts plutôt que de se cacher derrière l’intérêt général.