Olivier Zajec: “Coloro che hanno impegnato le 33 pagine della nuova strategia di sicurezza americana hanno calcolato perfettamente il loro effetto”

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di babu595

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3 commenti

  1. GRAND ENTRETIEN – La Maison-Blanche a publié vendredi sa nouvelle «NSS 2025» qui transcrit l’America First de Donald Trump et vassalise l’Europe, qui n’a pas voulu voir que «la protection d’un souteneur stratégique est un poison», analyse le professeur de relations internationales.

    Le document publié vendredi par la Maison-Blanche, sobrement et classiquement intitulé «Stratégie de sécurité nationale», ne l’est pas sur le fond : il transcrit radicalement sous forme de doctrine stratégique l’intuition première de Donald Trump, «America First», qui revisite un isolationnisme paradoxal à travers lequel les États-Unis rejettent le monde unipolaire issu de la fin de la Guerre froide et reconnaissent des sphères d’influence à Pékin ou Moscou, cherchant un équilibre entre puissances. En revanche, Washington réaffirme son hégémonie sur l’hémisphère occidental – sorte de version contemporaine de la doctrine Monroe -, ce qui n’est pas sans conséquence pour l’Europe, vassalisée et privée de toute autonomie.

    Olivier Zajec, l’un des principaux représentants en France de la théorie réaliste des Relations internationales, analyse au scalpel ce basculement cruel pour le Vieux Continent. Professeur à l’Université Lyon-III, où il a fondé et dirige l’Institut d’études de stratégie et de défense (IESD), il a donné pendant douze ans le cours de stratégie théorique de l’École de Guerre. Auteur de nombreux ouvrages, récipiendaire du prix Albert Thibaudet, il a publié dernièrement Limites de la guerre. L’approche réaliste des conflits armés au XXIe siècle (Mare et Martin, 2024).

    LE FIGARO.- Avec cette nouvelle «stratégie», les États-Unis abandonnent-ils formellement leur mission de gendarme du monde ?

    Olivier ZAJEC.- L’ère durant laquelle les États-Unis se pensaient comme les gendarmes du monde est révolue. Il y a plus de dix ans que Trump l’a annoncé. Au cours d’un débat électoral télévisé diffusé en novembre 2015, et qui a marqué les esprits de ses compatriotes, il s’était exclamé : «Nous ne pouvons pas continuer à jouer les policiers pour le monde entier ! Nous avons une dette de 19.000 milliards de dollars, notre pays va à vau-l’eau, nos infrastructures tombent en ruine». Ce soir-là, sur le plateau de Fox Business News, son contradicteur républicain, bien plus interventionniste et atlantiste, était un certain…Marco Rubio. Qui, dix ans plus tard, s’est symboliquement rallié à la bannière de «l’Amérique d’abord», dont il est devenu le très empressé diplomate en chef. Rubio n’est pas un cas isolé, et sur le chemin de Damas qu’il a suivi par ambition, beaucoup se pressent désormais par conviction. En une décennie, la vision trumpienne a très profondément transformé le rapport des élites américaines au reste du monde. De ce point de vue, on pourrait avancer que la NSS 2025 est moins une «rupture» en elle-même que l’aboutissement d’une longue série de glissements culturels, qui ont largement débordé la sphère MAGA pour transformer la lecture de la politique internationale, les priorités de politique étrangère et la pratique diplomatique américaines.

    Est-ce juste un moment trumpiste ou un retour en arrière est-il imaginable en cas de future victoire électorale des démocrates ?

    Je ne le pense franchement pas. Même en cas de défaite républicaine en 2028, il faudrait aux démocrates une contre-proposition de politique étrangère qui soit aussi percutante que ce document qui soulève, à raison, les passions. Problème : ils sont très loin du compte. En 2023, j’avais été marqué par l’analyse lucide du conseiller à la sécurité nationale de l’administration Biden, Jake Sullivan, qui avait osé écrire dans Foreign Affairs qu’au cours de la prochaine décennie «les responsables américains passeraient plus de temps qu’au cours des 30 dernières années à discuter avec les pays avec lesquels ils sont en désaccord, souvent sur des questions fondamentales». Résultat : il s’était attiré une volée de bois vert, en particulier de la part de gardiens du temple atlantiste comme Anders Aslund, qui lui avait conseillé «d’en rester à la doctrine du containment de Truman». En son temps, Obama avait été critiqué par les mêmes Cold Warriors pour avoir fait du «nation building at home» une priorité stratégique. On le voit : ce qui reste de l’élite interventionniste libérale transatlantique n’a pas encore renoncé à remuer les cendres du concept d’«ordre mondial». Le contraste est total entre ce conservatisme nostalgique des années 1990 et l’iconoclasme d’une jeune garde républicaine insolente et violente, qui prend sans cesse l’initiative dans cette guerre culturelle. De fait, aussi choquante que puisse être la vision de la NSS pour les alliés traditionnels de l’Amérique, ceux qui ont commis ces 33 pages ont parfaitement calculé leur effet. Ils ne se paient pas de mots : ils instaurent un principe sans doute critiquable mais lisible de sélectivité géostratégique.

  2. Opp-Contr on

    Le Figaro découvre 80 ans après l’AMGOT que les américains méprisent l’Europe et la France en particulier.

  3. RedditTipiak on

    Machiavel lui-même a bien connu de nombreux condottieri – il en employa certains au service de la ville de Florence. Mais il se défie bientôt, à la faveur de l’expérience qu’il en a acquise, de ces soldats sans autre conviction que l’appât du gain. « Ce qu’on doit craindre des troupes mercenaires, c’est leur lâcheté », écrit le philosophe dans Le Prince (1532). Les cohortes mercenaires sont « incertaines, infidèles et dangereuses ». Sans lien de cœur avec la cause pour laquelle ils se battent, les condottieri risquent toujours de rechigner à l’ultime sacrifice. « Ils veulent bien être tes soldats tant que tu ne fais pas la guerre ; mais dès que la guerre vient, ils ne veulent que fuir ou s’en aller. »

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