L’agence de presse chinoise Xinhua assure dans une dépêche que l’objectif de l’initiative est de « favoriser un fort sentiment de communauté au sein de la nation chinoise » et de soutenir « le développement de tous les groupes ethniques » du pays.
Le projet de loi introduit le 8 septembre vise plutôt à valider « l’assimilation forcée » de minorités ethniques en défendant l’idée que la culture han de la majorité doit avoir préséance sur toutes les autres, juge Maya Wang, directrice adjointe pour l’Asie de Human Rights Watch.
« Le but n’est pas tant de donner au gouvernement la possibilité de faire quelque chose. C’est plutôt de codifier ce qu’il a déjà fait. Ça donne aussi une indication de la direction où il veut aller », relève-t-elle en entrevue.
« Il s’agit ultimement d’une question de contrôle idéologique », ajoute M^(me) Wang, qui s’alarme de voir que le projet de loi à l’étude revient sur des droits qui avaient été accordés aux minorités ethniques du pays dans les années 1980.
Le texte évoque plus précisément la nécessité de soutenir une « conscience commune de la nation chinoise » dans des domaines clés comme l’éducation, la religion, l’histoire et la culture.
# « Guider les mineurs dans l’amour du Parti communiste chinois »
La loi de 1984 prévoyait que les écoles comptant surtout des élèves issus de groupes minoritaires devaient enseigner dans leur langue d’origine et prévoyait que le mandarin soit éventuellement intégré au primaire « selon la situation ».
Le nouveau projet de loi prévoit plutôt que les enfants commencent à apprendre le mandarin avant leur entrée à l’école et le maîtrisent avant l’âge de 15 ans.
Parents et tuteurs sont appelés à « élever et guider les mineurs dans l’amour du Parti communiste chinois (PCC) » et « établir le concept que tous les groupes ethniques de la nation » sont une famille tout en évitant d’enseigner des concepts « contraires à l’unité ethnique et au progrès ».
La notion d’actes « nuisant à l’unité ethnique » a déjà été largement utilisée par le régime pour justifier la répression de membres de groupes minoritaires qui dénoncent ses politiques abusives, selon Human Rights Watch.
« C’est pourquoi une femme ouïghoure qui refuse de se marier avec un administrateur han pour lequel elle n’a aucun intérêt risque de se retrouver en prison », déplore Louisa Greve, porte-parole de l’Uyghur Human Rights Project.
Le projet de loi mis de l’avant par le gouvernement vise à valider « a posteriori » les exactions perpétrées au Xinjiang comme au Tibet et confirme, dit-elle, la volonté du régime d’en finir avec l’identité ouïghoure en persécutant toutes les personnes qui cherchent à la défendre.
« L’unité ethnique dans le vocabulaire du Parti communiste chinois, ça ne signifie pas plus de droits pour les minorités, leur identité, leur culture… C’est une expression orwellienne », relève M^(me) Greve.
« Certains empires ont été capables de respecter les façons de vivre locales. Le Parti communiste chinois ne peut accepter aucune forme d’identité autre que celle d’individus atomisés » acceptant de se soumettre à ses diktats, ajoute la militante.
# Accusations de « génocide » dans le Xinjiang
M^(me) Wang, de Human Rights Watch, note que le gouvernement chinois permet dans le Xinjiang l’expression de volets plus « superficiels » de la culture ouïghoure, par exemple la danse, tout en multipliant les mesures répressives qui s’attaquent à l’identité des Ouïghours.
Plusieurs organisations de défense des droits de la personne et les élus de nombreux pays occidentaux accusent Pékin d’avoir perpétré un « génocide » contre cette minorité musulmane du Xinjiang.
io124 on
Ils veulent uniformiser et pousser l’unite nationale.
Un peu comme la France dans le passé.
Lazy_Catch2922 on
Ils dénoncent notamment la détention arbitraire et le travail forcé à grande échelle des Ouïghours, le recours à la torture et la mise en place de systèmes sophistiqués de surveillance électronique qui permettent de surveiller leurs activités quotidiennes.
Plusieurs États occidentaux se sont dotés de politiques restrictives relativement aux importations en provenance de la région par crainte que des produits soient issus du travail de personnes persécutées par le régime.
Pékin nie se livrer à des exactions à grande échelle contre la population locale et prétend avoir réussi, par ses efforts en matière de « rééducation », à assurer la stabilité et la croissance économique de la région et de ses résidants.
M^(me) Greve note que le but ultime du PCC est d’assurer sa mainmise inconditionnelle sur toutes les régions du pays de manière à pouvoir en exploiter les ressources sans contrainte.
Le projet de loi sur l’unité ethnique vise aussi à favoriser une plus grande « uniformité idéologique » hors de la Chine et évoque la possibilité de tenir « légalement responsables » les « compatriotes » qui véhiculent un discours contraire à celui du régime.
De nombreux ressortissants chinois établis à l’étranger ont fait l’objet de pressions du gouvernement, qui n’hésite pas, notamment dans le cas du Xinjiang, à cibler les familles des individus visés pour obtenir leur collaboration.
Le nouveau projet de loi sur l’unité ethnique représente un « effort flagrant » des autorités chinoises pour contrôler ce que les gens pensent et disent de la Chine « tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », note M^(me) Wang, qui appelle la communauté internationale à se mobiliser pour faire cesser les abus contre les minorités du pays.
Diversité (définition) : consiste à forcer tout le monde à penser de la même manière et obéir exclusivement au Parti.
“La diversité, c’est l’uniformité” : Bienvenue en 1984 !
indentation-matters on
Enfin, on a en France une montée similaire. Elle est moins codifiée, ç’est sur.
Schistoron on
… bordel mais quel monde formidable.
En gros on a actuellement le choix entre les Ricains et eux. Au secours.
Minatoku92 on
La République Populaire de Chine s’apparente beaucoup a un régime autoritaire d’extrême droite.
Je ne comprend pas comment certains se disant de gauche peuvent penser que c’est un modèle à suivre. C’est un sérieux exercice acrobatique de pensée que de voir la Chine comme modèle. C’est comme si il suffisait juste du mot communiste et d’un semblant de contrôle de l’Etat sur l’économie (par Etat comprendre les amis de ceux au pouvoir) pour créer une illusion chez certains.
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L’agence de presse chinoise Xinhua assure dans une dépêche que l’objectif de l’initiative est de « favoriser un fort sentiment de communauté au sein de la nation chinoise » et de soutenir « le développement de tous les groupes ethniques » du pays.
Le projet de loi introduit le 8 septembre vise plutôt à valider « l’assimilation forcée » de minorités ethniques en défendant l’idée que la culture han de la majorité doit avoir préséance sur toutes les autres, juge Maya Wang, directrice adjointe pour l’Asie de Human Rights Watch.
« Le but n’est pas tant de donner au gouvernement la possibilité de faire quelque chose. C’est plutôt de codifier ce qu’il a déjà fait. Ça donne aussi une indication de la direction où il veut aller », relève-t-elle en entrevue.
« Il s’agit ultimement d’une question de contrôle idéologique », ajoute M^(me) Wang, qui s’alarme de voir que le projet de loi à l’étude revient sur des droits qui avaient été accordés aux minorités ethniques du pays dans les années 1980.
Le texte évoque plus précisément la nécessité de soutenir une « conscience commune de la nation chinoise » dans des domaines clés comme l’éducation, la religion, l’histoire et la culture.
# « Guider les mineurs dans l’amour du Parti communiste chinois »
La loi de 1984 prévoyait que les écoles comptant surtout des élèves issus de groupes minoritaires devaient enseigner dans leur langue d’origine et prévoyait que le mandarin soit éventuellement intégré au primaire « selon la situation ».
Le nouveau projet de loi prévoit plutôt que les enfants commencent à apprendre le mandarin avant leur entrée à l’école et le maîtrisent avant l’âge de 15 ans.
Parents et tuteurs sont appelés à « élever et guider les mineurs dans l’amour du Parti communiste chinois (PCC) » et « établir le concept que tous les groupes ethniques de la nation » sont une famille tout en évitant d’enseigner des concepts « contraires à l’unité ethnique et au progrès ».
La notion d’actes « nuisant à l’unité ethnique » a déjà été largement utilisée par le régime pour justifier la répression de membres de groupes minoritaires qui dénoncent ses politiques abusives, selon Human Rights Watch.
« C’est pourquoi une femme ouïghoure qui refuse de se marier avec un administrateur han pour lequel elle n’a aucun intérêt risque de se retrouver en prison », déplore Louisa Greve, porte-parole de l’Uyghur Human Rights Project.
Le projet de loi mis de l’avant par le gouvernement vise à valider « a posteriori » les exactions perpétrées au Xinjiang comme au Tibet et confirme, dit-elle, la volonté du régime d’en finir avec l’identité ouïghoure en persécutant toutes les personnes qui cherchent à la défendre.
« L’unité ethnique dans le vocabulaire du Parti communiste chinois, ça ne signifie pas plus de droits pour les minorités, leur identité, leur culture… C’est une expression orwellienne », relève M^(me) Greve.
« Certains empires ont été capables de respecter les façons de vivre locales. Le Parti communiste chinois ne peut accepter aucune forme d’identité autre que celle d’individus atomisés » acceptant de se soumettre à ses diktats, ajoute la militante.
# Accusations de « génocide » dans le Xinjiang
M^(me) Wang, de Human Rights Watch, note que le gouvernement chinois permet dans le Xinjiang l’expression de volets plus « superficiels » de la culture ouïghoure, par exemple la danse, tout en multipliant les mesures répressives qui s’attaquent à l’identité des Ouïghours.
Plusieurs organisations de défense des droits de la personne et les élus de nombreux pays occidentaux accusent Pékin d’avoir perpétré un « génocide » contre cette minorité musulmane du Xinjiang.
Ils veulent uniformiser et pousser l’unite nationale.
Un peu comme la France dans le passé.
Ils dénoncent notamment la détention arbitraire et le travail forcé à grande échelle des Ouïghours, le recours à la torture et la mise en place de systèmes sophistiqués de surveillance électronique qui permettent de surveiller leurs activités quotidiennes.
Plusieurs États occidentaux se sont dotés de politiques restrictives relativement aux importations en provenance de la région par crainte que des produits soient issus du travail de personnes persécutées par le régime.
Pékin nie se livrer à des exactions à grande échelle contre la population locale et prétend avoir réussi, par ses efforts en matière de « rééducation », à assurer la stabilité et la croissance économique de la région et de ses résidants.
M^(me) Greve note que le but ultime du PCC est d’assurer sa mainmise inconditionnelle sur toutes les régions du pays de manière à pouvoir en exploiter les ressources sans contrainte.
Le projet de loi sur l’unité ethnique vise aussi à favoriser une plus grande « uniformité idéologique » hors de la Chine et évoque la possibilité de tenir « légalement responsables » les « compatriotes » qui véhiculent un discours contraire à celui du régime.
De nombreux ressortissants chinois établis à l’étranger ont fait l’objet de pressions du gouvernement, qui n’hésite pas, notamment dans le cas du Xinjiang, à cibler les familles des individus visés pour obtenir leur collaboration.
Le nouveau projet de loi sur l’unité ethnique représente un « effort flagrant » des autorités chinoises pour contrôler ce que les gens pensent et disent de la Chine « tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », note M^(me) Wang, qui appelle la communauté internationale à se mobiliser pour faire cesser les abus contre les minorités du pays.
[Nouveau projet de loi | Le gouvernement chinois fait l’apologie de « l’unité ethnique »](https://www.lapresse.ca/international/asie-et-oceanie/2025-10-01/nouveau-projet-de-loi/le-gouvernement-chinois-fait-l-apologie-de-l-unite-ethnique.php)
C’est… rassurant.
Diversité (définition) : consiste à forcer tout le monde à penser de la même manière et obéir exclusivement au Parti.
“La diversité, c’est l’uniformité” : Bienvenue en 1984 !
Enfin, on a en France une montée similaire. Elle est moins codifiée, ç’est sur.
… bordel mais quel monde formidable.
En gros on a actuellement le choix entre les Ricains et eux. Au secours.
La République Populaire de Chine s’apparente beaucoup a un régime autoritaire d’extrême droite.
Je ne comprend pas comment certains se disant de gauche peuvent penser que c’est un modèle à suivre. C’est un sérieux exercice acrobatique de pensée que de voir la Chine comme modèle. C’est comme si il suffisait juste du mot communiste et d’un semblant de contrôle de l’Etat sur l’économie (par Etat comprendre les amis de ceux au pouvoir) pour créer une illusion chez certains.