
Il cunnilingus imposto a un bambino non è stupro: la Corte d’appello di Parigi persiste nell’“arcaismo”
https://www.mediapart.fr/journal/france/100426/des-cunnilingus-imposes-une-enfant-ne-sont-pas-un-viol-la-cour-d-appel-de-paris-persiste-dans-l-archaisme
di Delicious-Owl
21 commenti
**La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a refusé de requalifier en « viol », au lieu d’« agression sexuelle », les milliers d’actes sexuels imposés par son responsable légal à une enfant entre ses 8 et ses 14 ans. Daphné, 35 ans aujourd’hui, a décidé de se pourvoir en cassation.**
*Sarah Brethes 10 avril 2026 à 12h27*
**Mise en garde**
*Cet article fait état de violences sexuelles sur une enfant.*
C’est un débat juridique technique, mais qui en dit long sur la justice française, déjà plusieurs fois condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour son traitement des victimes de violences sexuelles. Le 10 février, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a rendu un arrêt confirmant que des cunnilingus imposés à une enfant ne pouvaient être considérés comme un viol, selon un arrêt consulté par Mediapart. Une décision jugée « révoltante » par la plaignante et « archaïque » par son avocate, Me Frédérique Pollet-Rouyer.
La chambre de l’instruction avait été saisie par Daphné*, une artiste de 35 ans qui voulait faire reconnaître que les milliers d’actes sexuels imposés entre ses 8 et ses 14 ans par « un tiers de confiance désigné par la justice » constituaient un viol (crime passible de vingt ans de réclusion criminelle) et non une simple agression sexuelle (délit passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende). C’est pour cette infraction que la justice avait décidé, à l’issue de l’enquête pénale, de renvoyer son agresseur devant un tribunal correctionnel, et non une cour criminelle.
La plainte de la jeune femme date de 2017. À cette époque, c’est la loi de 1980 qui définissait le viol ainsi : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit. » Une définition large, pouvant tout à fait intégrer le viol buccogénital.
Sauf que, dans le dossier de Daphné, la justice s’est jusqu’ici référée à une jurisprudence de 2020 dans laquelle la Cour de cassation avait considéré que des cunnilingus imposés à une mineure n’étaient pas des viols, faute « d’introduction volontaire au-delà de l’orée du vagin, suffisamment profonde pour caractériser un acte de pénétration ». « Une vision restrictive de la pénétration sexuelle qui est contraire à la réalité anatomique du sexe féminin », faisait valoir son avocate, Frédérique Pollet-Rouyer, dans le mémoire adressé à la chambre de l’instruction de la cour d’appel. Elle ajoute que cet arrêt est aussi « contraire à l’esprit de la loi de 1980, et discriminatoire car rien ne justifie que le sexe des femmes soit tronqué ».
En décembre 2025, dans un tribune publiée dans L’Humanité, des personnalités féministes, parmi lesquelles Emmanuelle Piet, du Collectif féministe contre le viol, Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes, ou encore Céline Piques, d’Osez le féminisme, avaient appelé la chambre de l’instruction à rendre une « décision déterminante » pour affirmer qu’un cunnilingus imposé est bien un viol.
« Pénétrer la vulve ne suffirait pas à caractériser un viol. Cette interprétation restrictive du sexe féminin opère une mutilation symbolique : une excision judiciaire. Elle nie l’anatomie réelle des femmes pour ne retenir que ce qui sert au plaisir des hommes ou à la procréation », soulignaient ces militantes. « Un cunnilingus forcé […] répond parfaitement à la définition légale du viol. Prétendre le contraire, c’est effacer le corps des femmes du droit pénal », insistaient-elles aussi, demandant de « revenir sur une jurisprudence indigne ».
**Un changement de la loi contre-productif**
Le 10 février, soit neuf ans après la plainte de Daphné, la chambre de l’instruction de la cour d’appel ne les a pas entendues, et s’est de nouveau référée à la jurisprudence de 2020 : un cunnilingus serait une simple agression sexuelle. Les magistrats ont toutefois consenti à demander le renvoi de son agresseur en procès pour un autre viol, par pénétration du pénis, dénoncé par la jeune femme dès 2017 et qui n’avait jusqu’alors pas été pris en compte.
**« Tout à coup, ils repêchent ce viol qui est loin d’être le cœur du dossier, mais refusent toujours de reconnaître les plus graves violences que j’ai subies et qui m’ont traumatisée : 3 600 actes au minimum – puisque c’était un cunnilingus par jour en moyenne en période scolaire, et trois pendant les week-ends et les vacances – au motif que soi-disant sa langue n’aurait pas pénétré l’intérieur de mon vagin ! C’est révoltant », s’émeut Daphné.**
La jeune femme qualifie la position de la justice sur son affaire de « complètement aberrante ». En effet, c’est justement pour éviter ce genre de cas de figure et dénoncer la jurisprudence décriée de 2020 qu’un amendement est venu préciser la définition pénale du viol en 2021, à la suite de la mobilisation d’associations féministes. Depuis, la loi dispose clairement qu’un acte buccogénital peut constituer un viol, ce qui était déjà dans l’esprit de la loi de 1980. « L’amendement a été adopté sans aucune opposition, ni même discussion, tant l’évidence s’imposait », souligne Me Pollet-Rouyer dans son mémoire.
Le cas de Daphné n’est pas concerné par cette loi de 2021, puisque les faits dénoncés sont antérieurs. Paradoxalement, l’amendement censé éclaircir une bonne fois pour toutes les choses a été pris au pied de la lettre par les magistrats, qui considèrent que les cas de cunnilingus imposés antérieurs à 2021… ne constituent pas des viols. « C’est révoltant et rageant. La loi a eu l’effet inverse à celui escompté pour les victimes », analyse la plaignante. « La loi du 21 avril 2021 a visé précisément à contrecarrer cette jurisprudence profondément patriarcale en sanctuarisant les actes bucco génitaux dans la définition du viol. C’est donc un parfait contresens de considérer qu’ils doivent en être exclus lorsqu’ils sont antérieurs à son entrée en vigueur », estime son avocate.
Déterminée à faire reconnaître que les violences qu’elle a subies sont bien des crimes, Daphné a décidé de saisir la Cour de cassation. « Je ne peux pas accepter qu’on appelle un chat un chien », résume-t-elle. « La Cour de cassation doit se prononcer sur cette décision totalement archaïque », appuie son avocate.
Pour financer les frais de justice nécessaires à la poursuite de son combat judiciaire, la jeune femme a décidé de lancer une cagnotte, avec le soutien notamment de l’association Osez le féminisme.
C’est ignoble, la violence de notre justice…
Je crois que je vais vomir.
Il y a sûrement des choses très interessantes dans les disques durs des personnes qui jugent cela
Edit: ok my bad, non rétroactivité de la loi pénale
Rien que le titre de l’article me donne une vague de désespoir profond.
C’est à la fois la bêtise la plus crasse et l’obscurantisme le plus fou: il n’y a pas de viol, parce que la langue du criminel a manqué la qualification pénale à quelques centimètres.
Le mal infligé à la victime est moindre, parce que la sacro-sainte pénétration est discutée.
Que ce soit une pauvre gosse à qui on a imposé le sordide absolu pendant 6 années, à raison de milliers de séances de torture psychique et de dégradation physique: c’est du détail.
Seule la stricte et stupide application des concepts compte.
Faut dire aussi que le criminel avait le titre ronflant de “tiers de confiance désigné par la justice”, alors la justice, elle a du mal à passer.
On peut avoir une photo du juge qui valide ça?
Mais putain…
Bah si vu que c’est imposé
J’avoue que la logique “y’a eu un amendement en 2021 pour préciser que c’est un viol donc si ça s’est passé avant 2021 c’est pas un viol même si l’interprétation originale de la loi pouvait le qualifier de viol” j’étais pas prêt.
Ca me paraît tellement stupide que ça me ferait marrer si c’était un sujet plus léger, les magistrats qui raisonnent comme devraient essayer de se regarder dans la glace de temps en temps. J’espère que la cour de Cassation sera moins débile.
Faudrait pouvoir mettre le titre derrière une balise spoiler, ça donne la nausée
C’est probablement le manque de moyens on vous dit
Ils sont fous ces romains, euh français !
Comme indiqué dans l’article, un amendement passé en 2020 a bien inclus les cunnilingus forcés dans la définition du viol.
Cependant, les lois rétroactives sont illégales en droit français (sauf exception de la rétroactivité *in mitius*), ce qui fait que les actes commis avant 2020 ne sont pas couverts.
Je connais un gars a qui ce juge peut confier ses enfants s’il le veut (promis il va pas les violer)
Les bandeurs de droits qui disent que c’est pas la faute des juges mais du legislateur :
NON.
Il y a eu une jurisprudence dégeulasse en 2020 qui a dit qu’un cunni n’était pas une pénétration. C’est le juge qui en a décidé ainsi : il y a clairement d’assez bonnes bases pour dire qu’un cunni est une péné. La jurisprudence pourrait changer s’ils en avaient la volonté. Qui irait crier au scandale ? Personne. Au contraire.
Lisez l’édit 2 pour plus d’info
Attention, ça va très très très très très très probablement être cassé par la cour de cassation cet arrêt.
En tout cas d’autres arrêt de la cour de cassation étaient plutôt dans une mouvance bien bien contraire.
D’un fact pas si fun, mais y’a toute une jurisprudence très longue sur ce qui constitue un viol. Pendant longtemps ce n’était que la pénétration forcée par le violeur.
Donc par exemple une fellation imposée n’était pas un viol. Puis la JP a évoluée, et la loi avec, maintenant c’est « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital ou bucco-anal commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. ».
Y’a bien des arrêts sur le sujets, faut avoir le cœur accroché y’a comme on peut s’en douter des histoires atroces.
Édit : vu que lA cœur européenne des droits de l’homme a plusieurs fois condamnée la France sur un tel sujet je pense que cet acte sera bien qualifiée de viol par la suite par la cour de cassation.
Édit 2 et méga important.
Y’a un sujet de loi dans le temps ici. Et la décision est en fait assez logique.
En droit pénal on applique pas la loi plus dure rétroactivement. Ainsi si vous avez frappé avant hier votre voisin vous pouvez avoir 5 ans de prison (au pif). Si demain une loi passe et puni cela de 30 ans, vous ne pourrez pas pour ce cas précédent vous faire emprisonner à perpétuité.
Ce principe peut donner des cas étrange comme le cas présent. Mais c’est aussi une garantie de sécurité juridique.
Au contraire on applique rétroactivement la loi pénale plus douce. On ne puni pas les personne qui ont fait des ivg du temps ou c’était illégal.
Édit 3 : je souffle un peu devant ce genre d’article. Et de titres qui sont trompeur, mal foutu, à la limite d’être orienté de la mauvaise manière.
C’est pas compliqué de mettre dans le titre ou tout de suite après pourquoi y’a cet arrêt.
Et que pour des fait commis après la nouvelle loi et les dernières modifications un tel acte est considéré comme un viol.
D’autres cas plus récent sont d’ailleurs traité chaque jour et la qualification de viol pour les mêmes faits et très souvent retenue.
la
mise en garde avant le titre peut etre?
TL:DR pour ceux qui s’indignent sans lire les articles (et les gens qui insultent les magistrats sans comprendre comment ça marche).
Les juges appliquent la loi, et malheureusement la loi est parfois mal foutue, et très souvent en retard sur la société.
Ici, la loi a justement été modifiée en 2020 pour que même les actes sans pénétration puissent être qualifiés de viols. Mais comme les faits sont antérieur à la modification de la loi, c’est des textes plus anciens qui s’appliquent.
Alors ici c’est sordide, mais ça me semble un principe de droit hyper important, la non-rétroactivité des lois.
Non mais je veux même pas lire la suite ça va me donner des envies de meurtre et je vais me faire bannir.
La France, ce pays qui trouve que la pédophilie finalement ça passe.
J’ai tellement honte bordel.
La justice toujours dans son rôle de défendre les dominant.e.s.