
RAPPORTO. “Film facili da consumare, come il cibo spazzatura”: gli sceneggiatori si adattano alla disattenzione degli spettatori
https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-choix-franceinfo/reportage-des-films-faciles-a-consommer-comme-la-malbouffe-les-scenaristes-s-adaptent-au-manque-d-attention-des-spectateurs_7940159.html
di parisien75
19 commenti
L’enshittification continue.
Donc au lieu de faire des bons films, on décide de continuer à chier dans les yeux des spectateurs ?
Super…
Mais c’est pas ce qu’ils font depuis 20 ans déjà ?
Non, les plateformes style Netflix demandent aux scénaristes de s’adapter. Eux n’y sont pour rien.
Et au passage, ce modèle de Netflix est une raison importante de la faiblesse de qualité du logo “Fait par Netflix”, les gens savent que c’est de la merde
On parle de film mais c’est la même chose pour les séries. J’envie les gens qui peuvent lancer une série sur Netflix au hasard et aimer ça. À chaque fois que l’on cherche une série avec ma femme c’est la croix et la bannière pour trouver quelque chose que l’on pense que l’on va aimer. Après avoir fait tous les classiques comme The Wire, Oz, Breaking Bad, Better Call Saul, Six feet under, Les Sopranos, etc., j’ai l’impression de plus être capable de trouver de bonnes séries récentes, sauf rare exceptions.
Je n’ai pas été aussi décu depuis que j’avais appris que certaines chansons étaient optimisées pour le rendu du son sur haut-parleur de téléphone.
C’est une conséquence directe de la décimation de l’attention chez les gens.
On avait déjà de la musique faite par IA sur Spotify, avec le même genre de raisonnement : de la musique à mettre en fond, sans vraiment la remarquer.
Je mets en cause directement tout le marché de la publicité, qui vend notre attention depuis des décennies maintenant.
c’est le phénomène Netflix, on ne cherche pas à produire de la qualité seulement quelque chose qui va vous faire cliquer
Au fond c’est pas vraiment nouveau : c’est un peu ce qu’on a vu avec l’arrivée de la TV. Dans les années 50 à 70, ils est pas rare que d’anciens grands réalisateurs de cinéma hollywoodien fassent leur fin de carrière à la TV, avec une ambition voisine. Rien que les prod BBC de cette époque (je pense à *Penda’s fen* de Clarke, vu y a quelques jours…), c’est d’un niveau de qualité stupéfiant.
Et puis progressivement on voit apparaître des choses davantage pensées pour la TV : préférence pour les gros plans et plans moyens (les deux plus lisibles sur un petit écran) en bazardant toute autre valeur de plan, simplification de l’éclairage (la lumière “aquarium” toute égale des sitcom naissantes) et des compositions de plans (réduites à leur pure dimension descriptive, cherchant une lisibilité maximum).
Et surtout des productions qui passent beaucoup par la parole : il faut que la ménagère qui plie les chaussettes devant son programme du soir, et qui aura pas les yeux sur l’écran un quart du temps, puisse suivre l’intrigue. Tous les effets de mise en scène qui jouent sur le hors-champ, le silence, la suggestions disparaissent peu à peu au profit d’une logique de pure description. Et à la fin de ces décennies d’adaptation à la vision TV, on arrive à des choses qui ont la gueule de Julie Lescaut – et qui pourrait limite s’écouter en podcast.
Ce qu’on voit ici, et que décrit l’article, c’est un peu l’équivalent de cette métamorphose pour les séries – alors même que la série est un format qui avait su utiliser les contraintes et possibilités de la télévisions pour créer sa propre fabrique de l’attention, et redistribuer la narration de la mise en scène à l’écriture. Mais même ce modèle va devoir se normaliser.
L’effet n°1 que je croise pas mal, chez les jeunes cinéphiles, c’est ce que décrit en partie l’article : la disparition totale de l’implicite, du sous-entendu, de l’ambigu. Le sens, ce qui se passe dans la scène, doit être martelé, surligné, verbalisé, expliqué – ou alors il n’est plus perçu du tout. Au-delà des adaptations inventives que les créateurs et créatrices trouveront probablement face à ces nouvelles contraintes, le principal dégât pour moi est là.
Bizarrement j’ai l’impression qu’on a des films de plus en plus long pour aucune raison valable. Les bons films de 1h30 me manquent.
J’ai rien contre les bons films de 3 heures comme Magnolia
Le cinéma devient le seul endroit où certains regardent encore vraiment un film. Et vu le niveau d’addiction au portable, même ça, ce n’est plus garanti.
Je suis convaincu que ce n’est même pas une excuse, mais bien un prétexte, de merde.
*Expédition 33* dans le jeu vidéo ou *Andor* dans les séries (réf qui me viennent de suite en tête) s’en sortent très bien il me semble et ne sont pas DU TOUT des plats micro-ondables.
Ils veulent forcer les scénaristes à merdifier dans la seule volonté de le faire pour gratter de la marge. La qualité et même parfois la durée est toujours recherchée par une grande partie du public et n’est pas automatiquement perdante.
Et cette qualité peut d’ailleurs exister dans toute forme de format, court ou non. Je pense notamment à *Bref* en dernier exemple et ses épisodes de deux minutes : ce n’est pas un truc nouveau *du tout* le format court, ni qui doit nécessairement être de faible qualité pour marcher.
…”duanju”, importé de Chine, *”un nouveau format, entre 40 secondes et trois minutes, adapté aux personnes qui ont envie de regarder de la fiction sur téléphone”…*
OK…
Tu binges toute la saison : ambiance stroboscope.
Idiocracy
Et pourquoi ne pas réhabiliter le court-métrage ou les séries d’anthologie ?
Il y a toujours eu des films de série B et des soap operas. Je vois pas ce que ça a de nouveau
C’est d’une tristesse. L’idiocratie telle qu’on la connaît. Déjà que l’on commence à ressentir les effets de l’autosuffisance de l’Homme à réfléchir qu’avec l’IA, on rajoute une couche en plus. Voir un film ou une série qui ne nous prend pas pour des débiles ces temps-ci relève de l’exceptionnel. Nous allons finir par voir une foultitude de contenus se ressemblant tous les uns des autres, à quelques exceptions près.
La prise de risque n’existe plus. Je salue donc les réalisateurs qui ne rentrent pas dans ce jeu là. En date, ceux de la série For All Mankind où louper un élément même infinitésimale nous force à rembobiner.
Qu’est ce que cett idée est conne. Pendant que Project Hail Mary bat des records au Box Office justement parce que c’est un film qui est ssuper bien foutu et que les gens qui l’ont fait avaient l’intention d’en faire un truc qui vaut le coup.
> *les scénaristes s’adaptent*
et se tirent une balle dans le fion par la même occasion en alimentant un système qui voudra leur mort un jour ou l’autre.