
Dall’Eliseo alla compagnia dell’Arcangelo, l’intrigante nebulosa di soldati ed ex militari sospettati di aver compromesso documenti segreti della difesa
https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/05/04/de-l-elysee-a-la-societe-archange-l-intrigante-nebuleuse-de-militaires-et-d-ex-militaires-suspectes-d-avoir-compromis-des-documents-secret-defense_6685408_3224.html
di Altruistic_Syrup_364
5 commenti
Pro-russe et proche des milieux d’extrême droite. Ça doit être ça le fameux “vrai nationalisme”.
Quelqu’un aurait-il l’article complet, s’il vous plait?
>La justice enquête sur plusieurs militaires et civils soupçonnés d’avoir monté une société privée pour vendre informations classifiées et armes de guerre. Six suspects sont désormais mis en examen, notamment pour compromission du secret de la défense nationale, après la garde à vue d’un ancien collaborateur de l’Elysée le 13 avril.
>Il se fait appeler « L’Amiral » ou « Vladimir ». Deux pseudonymes qui résument ses deux passions : la marine et la Russie. Parfaitement bilingue, marié à une Russe, Ludovic P., 38 ans, est militaire d’active et officiait jusqu’en 2025 encore à la présidence de la République, comme linguiste détaché. Un poste qui consiste à préparer les communications téléphoniques du chef de l’Etat en lien avec la Russie, rédiger des notes et analyses sur l’actualité du Kremlin, et qui nécessite une habilitation de sécurité en raison de l’accès à des informations sensibles.
>Sur son temps libre, cet as de l’Osint (pour Open Source Intelligence, « renseignement en source ouverte ») cartographie sur Google Maps les navires de guerre russes qui voguent dans le Pacifique et identifie leurs itinéraires et leurs ports d’attache.
>Le 13 avril, le soldat, désormais affecté dans le nord de la France, est placé en garde à vue dans les locaux de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Il est mis en examen deux jours plus tard pour « soustraction, détournement et divulgation du secret de la défense nationale », selon les informations du *Monde* confirmées par le parquet de Paris. La justice le soupçonne d’être lié à Archange Solutions Osint, une société privée d’intelligence économique.
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>Cette structure et la nébuleuse de personnages qui l’entoure font l’objet d’une enquête du contre-espionnage français et d’une juge d’instruction spécialisée pour des soupçons de compromission de secrets d’Etat et d’activités illicites de commerce d’armes de guerre. Outre Ludovic P., cinq autres suspects sont déjà mis en examen dans cette procédure : trois militaires ou ex-militaires ainsi que deux civils. Tous sont placés sous contrôle judiciaire.
>**Notes classifiées**
>A l’origine des investigations, il y a un signalement de la direction du renseignement et de la sécurité de la défense. Grâce à ses capteurs, ce service de renseignement du ministère des armées, chargé de la contre-ingérence dans les forces armées et le milieu de la défense, a détecté la compromission de plusieurs notes classifiées « secret spécial France » en lien avec l’apparition de l’entreprise Archange, dont la période d’activité s’étend de 2024 à 2025.
>Cette société a été fondée par David B., 34 ans, ancien militaire d’origine tadjike. Avant de quitter l’armée en août 2023, en raison d’épuisement professionnel et d’une dépression, ce sergent-chef était affecté à l’antenne spéciale des transmissions de l’Elysée. Ce service méconnu, fonctionnant en continu au palais de la présidence, emploie militaires et civils chargés de mettre en œuvre et d’exploiter les liaisons téléphoniques et systèmes d’information sécurisés au profit de l’état-major particulier du chef de l’Etat.
>*« La secrétaire personnelle du président nous contactait lorsqu’il voulait entrer en contact avec un homologue étranger. Les communications transitaient par nous lorsqu’il était nécessaire d’apporter un appui technique*, schématise David B. lors d’un interrogatoire. (…) *J’avais une compétence technique pour les téléphones sécurisés. Ce sont des appareils capricieux et il fallait savoir les démarrer, les synchroniser correctement. Il y avait aussi les visioconférences à organiser dans les différentes salles de l’Elysée avec la mise en place des caméras, des tablettes, des micros… »* L’ex-militaire décrit des journées de travail harassantes, parfois sur des rotations de *« soixante-douze heures »* : *« C’était très intéressant mais très sensible. On nous expliquait qu’on était sur siège éjectable. On répondait aux besoins du président. »*
>Avant cela, David B. a servi au 44^(e) régiment des transmissions de Mutzig (Bas-Rhin), un service sensible qui capte du renseignement d’origine électromagnétique, notamment pour préparer les opérations extérieures.
>Ecœuré par l’armée, ce jeune père de quatre enfants, en proie à des problèmes financiers et qui dit souffrir aussi d’un stress post-traumatique lié à des missions passées, a donc l’idée de se reconvertir dans le privé et de lancer Archange. Officiellement, le but de la structure est de proposer à des clients institutionnels ou à des entreprises des notes et analyses sur la géostratégie, la défense ou encore les équipements de guerre, ou des flashs d’actualité internationale sur le modèle de l’Agence France-Presse, nourris d’informations de source ouverte recueillies par l’Osint.
Certains vont passer un bon moment au trou, et ce sera bien fait.
Vu les profils, ils savaient tres bien ce qu ils faisaient.
J’étais aux États-Unis récemment. À l’entrée des salles de matchs de sport, le personnel vérifie qu’aucun spectateur ne porte de lunettes connectées ; car elles pourraient être utilisées pour filmer le match et donc faire du tort aux diffuseurs officiels.
On parle simplement de la retransmission illicite d’un match de sport, mais pourtant ils contrôlent rigoureusement.
Et ici ? On apprend dans le plus grand des calmes que l’Elysée laisse du personnel militaire et civil entrer sur site et travailler avec des lunettes connectées. A fortiori du personnel ayant accès à des informations de niveau secret défense. On croit rêver.
Et le pire c’est qu’ici on parle de l’Elysée, mais combien d’autres services gouvernementaux sont concernés par la même faille de sécurité ? Sans doute la plupart.
Quel triste constat sur l’état de notre sécurité nationale.