
Violenze sessuali, diritti dei lavoratori violati… A bordo degli yacht dei super-ricchi, equipaggi in balia di ogni sopruso
https://www.humanite.fr/feminisme/metoo/agressions-sexuelles-droit-du-travail-bafoue-a-bord-des-yachts-des-super-riches-des-equipages-a-la-merci-de-tous-les-abus
di Delicious-Owl
17 commenti
Trois mille grands yachts naviguent chaque été en Méditerranée, loués comme « charters » ou utilisés par leurs riches propriétaires. Une véritable industrie, où les équipages vivent et travaillent des mois dans des espaces clos. Plus que toute autre dans le secteur maritime, la grande plaisance favorise les conditions du harcèlement et les entorses au droit du travail.
Emma est devenue d’un coup beaucoup moins compétente, lorsqu’elle a refusé les avances du capitaine, dont elle était obligée de partager la cabine. Il l’a débarquée manu militari sur un quai en Martinique, seule, à 5 000 kilomètres de chez elle. Jessica a eu le malheur de cuisiner à bord un gâteau en forme de coeur : crise de jalousie de la femme du propriétaire, débarquement immédiat sans préavis. Elle compte sur ses doigts : en sept ans de métier, elle a subi deux tentatives d’agression par des capitaines, deux par des membres d’équipage, et une tentative de viol de la part d’un propriétaire.
Des histoires comme celles-ci, Radio Ponton en diffuse chaque jour, tant le secteur de la grande plaisance s’apparente, d’après une ex-stewardess, à de « la piraterie à tous les étages ». Ainsi, un jeune marin qui s’était blessé à la main à Antibes sur un yacht charter s’est vu refuser une prise en charge par son assurance. Le capitaine, un Néo-Zélandais qui, comme souvent, était entré en France avec un visa de tourisme, lui a tout de même demandé de revenir effectuer des quarts à bord.
**39 % des membres d’équipage témoignent de contacts physiques non désirés**
Trois mille grands yachts circulent chaque été entre Grèce, Sardaigne, Côte d’Azur ou îles Baléares. À bord des plus longs, plusieurs dizaines de membres d’équipage vivent et travaillent ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre, des mois durant, au service d’une poignée de riches invités.
Un équipage de super-yacht varie entre 9 et 12 membres pour un navire de 50 mètres et jusqu’à plus de 30 personnes pour un méga-yacht de plus de 100 mètres, avec un ratio standard d’un membre d’équipage par invité. Mais vous pouvez, pour 990 000 euros, vous offrir une semaine sur le « Geco », le dernier yacht de Giorgio Armani, avec 21 membres d’équipage pour seulement 12 invités.
Qu’un super-yacht soit loué à la semaine ou qu’il soit la propriété d’un milliardaire, voire d’un gros cabinet d’avocats ou d’architectes, son équipage est le plus souvent jeune et saisonnier. La frontière entre service et vie privée est floue.
« Dès qu’on s’habille et qu’on endosse l’uniforme, on est au travail », souligne ainsi Corine Archambaud (CFDT), l’une des représentantes en France de l’ITF, la fédération internationale des ouvriers du transport. « Il n’y a pas de séparation : le yacht est à la fois lieu de travail et domicile, dans un contexte de promiscuité et d’isolement. »
Selon une étude de la Professional Yachting Association (PYA), forte de 10 000 membres et basée à Antibes, la moitié seulement des équipages se voit remettre à l’embauche un document précisant la manière de régler les conflits à bord, et quel interlocuteur contacter. 39 % des membres d’équipage qui ont répondu à cette enquête affirment avoir été témoins de contacts physiques non désirés pendant qu’ils travaillaient à bord.
La libre immatriculation du navire permet à son exploitant de disposer d’un pavillon dans des États juridiquement peu exigeants, sans lien véritable avec l’exploitation du navire. Les îles Cook ou Marshall s’en sont fait une spécialité – pas besoin de se déplacer dans ces archipels du Pacifique, tout s’effectue en ligne, et comptez un peu plus de 3 000 euros pour obtenir un pavillon de complaisance.
**Un secteur florissant et des salariés peu protégés**
Le yachting de grande plaisance est un secteur florissant : au cours des cinq dernières années, 171 nouveaux bateaux luxueux ont été construits en moyenne chaque année, pour une valeur annuelle d’environ 4,5 milliards d’euros. Ce n’est pas vraiment un investissement – sauf pour les charters effectuant la saison d’été en Méditerranée et celle d’hiver dans les Caraïbes -, un super-yacht coûtant chaque année, entre fonctionnement et entretien, 10 % de son prix d’achat. Mais c’est le signe extérieur de richesse par excellence.
« La question complexe, est comment un contrat de travail maritime international se rattache au droit français. La jurisprudence européenne définit le lieu habituel de travail comme celui où le salarié reçoit ses ordres, ses consignes », soulève Patrick Chaumette, professeur de droit émérite et artisan de l’Observatoire des droits des marins rattaché à l’université de Nantes
Il poursuit : « Pour un marin, c’est le port d’exploitation réel du navire, quel que soit son pavillon. S’ils disposent de contrats de droit des îles anglo-normandes mais qu’ils louent huit mois de l’année un studio à Menton, on peut alors défendre l’idée qu’ils travaillent en France. À bord des navires immatriculés hors de l’Union européenne, c’est différent ; la protection sociale des marins doit juste être conforme aux dispositions minimales de la convention OIT du travail maritime de 2006. »
Cette complexité, Lionel Budieu, un avocat niçois, s’en est fait une spécialité. Depuis qu’il a prêté serment en 2004, il a vu « des marins licenciés du jour au lendemain parce que malades d’un cancer ou considérés comme trop vieux, des capitaines sans assurance sociale ou retraite après quarante ans de carrière, puisque leurs employeurs ne les ont déclarés nulle part et n’ont pas versé de cotisations sociales ». Il l’assure, « les tribunaux saisis en France appliquent quasi systématiquement le droit français pour les bateaux qui opèrent régulièrement dans les eaux européennes ».
**Le puissant levier de la saisie conservatoire**
C’est que l’avocat et les marins disposent d’un levier précieux : la saisie conservatoire du bateau pour obtenir que les indemnités réclamées soient versées sur un compte séquestre. « Des saisies, j’en pratique entre 30 et 40 par an », compte Lionel Budieu.
Thomas Leclercq, l’un des fils du fondateur de Decathlon et 16e fortune de l’Hexagone, a ainsi dû provisionner 2,2 millions d’euros pour retrouver en 2019 la jouissance de son joujou, l’« Idol », un yacht de 59 mètres de long. L’équipage, capitaine en tête, avait attaqué aux prud’hommes la société propriétaire du navire en raison des horaires à rallonge à bord, pouvant aller jusqu’à 105 heures par semaine.
La goutte d’eau qui a fait déborder la colère fut quand on leur demanda de nouvelles heures supplémentaires pour assurer le service dans la villa de Ramatuelle du jet-setteur. L’affaire s’est conclue par une transaction confidentielle, plutôt qu’une audience aux prud’hommes.
Patrick Chaumette y voit « une tendance qui peut exister à considérer les équipages de yachts comme du personnel domestique. Un patron de supermarchés belge avait embarqué sa cuisinière personnelle alors que celle-ci avait peur de l’eau et le mal de mer ».
Le super-yacht concentre, plus que tout autre navire, les conditions du harcèlement et reste l’un des milieux où les faits sont le moins signalés. Faute parfois de connaître leurs droits ou en raison de contrats d’embauche conclus dans des pays à la réglementation sociale peu protectrice, les membres d’équipage peinent à se retourner contre leur employeur ; le propriétaire véritable du yacht peut être dissimulé derrière diverses sociétés-écrans, l’employé recruté par une société intermédiaire, dite de « manning ».
Corine Archambaud a elle-même navigué quinze ans sur des yachts. « L’océan en général et le yachting en particulier sont le royaume de la dérégulation sociale. Quand une hôtesse sur un yacht signe pour 2 500 euros brut mensuels, c’est souvent un Smic à l’arrivée une fois les cotisations ou assurances indispensables déduites. Je leur explique que, compte tenu du rythme de travail à bord, ils sont en réalité payés 5 euros net de l’heure. »
La tendance dans le yachting est au « pas de vagues ». Jessica, après avoir rapporté sa tentative de viol sur un yacht, s’est vue proposer deux mois de salaire pour prix de son silence.
Pikachu surpris
Because of the Implication…
EDIT : Pour ceux qui veulent la ref un peu trop proche de la réalité [https://youtu.be/THvCDn8mGwo?si=TkjsT6HgWxJsBiaC](https://youtu.be/THvCDn8mGwo?si=TkjsT6HgWxJsBiaC)
Les ultra riches sont des merdes ? Qui aurait pu prévoir ?
Vous avez deja vue “Below deck”? Agressions sexuelles tout les jours entre l’équipage, l’épuipage baise avec les clients, les clients veullent des strip tease….
Je viens de finir de lire “Pirates de tous les pays” de Marcus Rediker”. Quand je lis ça j’ai des visions de mutineres sur yachts privés et de nouvelle piraterie à l’assaut des milliardaires…
Esclavage 2.0
Coulez-moi tout ça
aller faire l’esclave d’un super riche dans les eaux internationales… oui mais non
Revoir “Sans filtre” (2022) de Ruben Östlund ?
edit: “Triangle of Sadness” (en VO)
Tiens, les riches abusent de leur position dominante lorsqu’ils sont dans un endroit dans lequel l’application des droits est difficile ?
C’est sûrement parce qu’il y a trop de droit en France /s
Ptit com pour penser à revenir plus tard
Vivement des mutineries. ET LA PLANCHE !
Qui aurait pu prédire ?
Rohr eins… Los! Torpedo treffer herr Kaleun!
Encore une énièmes raison pourquoi il faut les taxer, triplement par rapport à la classe moyenne
Dégueulasse mais pas étonnant. Des endroits confinés remplis de gros richous avec le fameux ‘because of the implication’. Personnellement, ça me dégoûte de voir ça sur la mer chaque été ici à Antibes parce que ça pollue comme pas permis, ça ancre n’importe comment dans la posidonie et les profils à bord sont pas fous. T’es bien payé mais tu te fais chier la moitié du temps en plus pour les crews que j’ai croisé. Ma revanche personnelle, c’est d’en avoir dénoncé beaucoup aux autorités avec preuves photos et légitimité à l’appuie pour des ancrages illégaux en dehors des zones d’ancrage autorisées auprès des autorités maritimes.