
“Mi restano più di 4mila euro da pagare”: a Pontoise i giovani dei quartieri denunciano verbalizzazioni abusive
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di Delicious-Owl
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« Il me reste plus de 4 000 euros à payer » : à Pontoise, les jeunes des quartiers dénoncent des verbalisations abusives Camille Fauqueur 6–8 minutes
Sur le capot de sa voiture, Enzo (tous les prénoms ont été changés) a étalé une dizaine de feuilles. En bas de chaque page, les sommes montent graduellement : 60 euros, 180, 300, 600… « En tout, j’ai été endetté autour de 8 000 euros pour une trentaine de contraventions. Aujourd’hui, il me reste plus de 4 000 euros à payer », détaille-t-il en pointant un courrier envoyé quelques semaines plus tôt par le Trésor public. « Les amendes à la volée ici, c’est un fléau. Ça nous tue », souffle le jeune homme.
Comme dans plusieurs villes de banlieue parisienne (Évry-Courcouronnes, Longjumeau), à Pontoise, de nombreux habitants des quartiers prioritaires de la ville – les Louvrais, Marcouville – dénoncent les pratiques de la police municipale à leur égard. Dans leur viseur, des « verbalisations abusives » qui seraient pratiquées par les agents municipaux – souvent sans contrôles physiques – et qui mèneraient certains jeunes à accumuler des milliers, voir des dizaines de milliers d’euros d’amendes. Rétroviseur cisaillant, absence de liquide de lavage…
Enzo est l’un d’entre eux. À 20 ans, cet intérimaire dans une usine du Val-d’Oise collectionne, à son insu, les contraventions aux motifs divers. « Si mon rétroviseur est un peu cassé, alors on me verbalise pour rétro cisaillant. J’en ai déjà pris pour absence de gilet jaune, ou quand mon liquide de lavage était vide ! », sourit-il en tentant d’ironiser.
Au départ, le vingtenaire payait les contraventions sans tarder. « Je venais d’avoir le permis, je ne voulais pas les accumuler. » Avant qu’elles ne se multiplient. Aujourd’hui, les sommes sont directement saisies sur son salaire. « Tous les mois, sur mes 1 600 euros de salaire, je ne reçois que 1 200 sur mon compte, quand ils sont gentils ». Dans sa main, sa fiche de paie de juin sur laquelle 300 euros ont été retirés au motif de « saisie-arrêt ». Pour trouver des jeunes qui partagent son expérience, il ne faut pas marcher plus de quelques minutes, dans le quartier des Louvrais, à Pontoise. « Là, j’ai 300 euros d’amendes qui m’attendent chez moi, et je me suis fait contrôler encore trois fois en juin, donc trois contraventions à recevoir, relate Gaëtan. J’ai commencé à travailler pendant les vacances pour payer mes amendes, c’est pas normal, peste-t-il. J’ai 16 ans ! »
Une fois verbalisés, certains ne veulent ou ne peuvent pas régler la totalité des amendes – parfois par manque de moyen, sentiment d’injustice ou dans l’espoir d’un recours qui annulerait ces dettes. Paul, 17 ans, est de ceux-là.
« Un jour, je rentrais de la gare, je me suis fait contrôler, ça a duré cinq minutes. On m’a mis trois amendes pour tapage, à trente minutes d’écart, alors que je marchais avec mes écouteurs. Aujourd’hui, elles ont été majorées, je dois payer 490 euros. » Les vidéoverbalisations ont doublé en un an à Pontoise
Si les jeunes reconnaissent la logique de certaines verbalisations, c’est la multiplication de celles-ci et les méthodes utilisées par la police municipale qu’ils mettent en cause. Les habitants dénoncent notamment des contraventions qui seraient dressées depuis des véhicules de polices ou via l’utilisation des caméras de vidéosurveillance de la ville, sans contrôle physique.
« Des fois je suis dans la rue, je passe ma journée, et deux semaines après je reçois une amende pour « tapages nocturnes », à 17 heures, relate Aly, animateur périscolaire. Donc je vérifie : oui j’étais à cet endroit à ce moment, mais je n’ai rien fait. » Des amendes qui arrivent « toujours par trois », dénoncent les jeunes. « C’est toujours le même trio : déversement de liquide insalubre [NDLR, comme le crachat], déchets, et tapage », détaille Aly. Si la mairie de Pontoise affirme qu’une contravention, « doit toujours reposer sur des faits constatés et sur un fondement juridique précis », elle confirme que « certaines infractions peuvent légalement être relevées sans contrôle immédiat, notamment dans le cadre de la vidéoverbalisation, par des agents habilités ». En 2025, la vidéoverbalisation avait, à elle seule, mené à plus de 3 800 procès-verbaux à Pontoise, contre 1 800 en 2024. 100 000 euros annulés à Longjumeau
Des pratiques qui ne sont pas propres au Val-d’Oise : à Longjumeau (Essonne), un recours collectif mené par 19 habitants avait permis l’annulation de près de 100 000 euros d’amendes. A Pontoise, dans les quartiers de Marcouville et des Louvrais, des groupes de jeunes ont eux commencé à s’organiser pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « harcèlement ».
« 80% des 15-25 ans, qu’ils soient insérés ou pas, qu’ils trainent ou pas, sont victimes. Leur seul point commun, c’est de venir des quartiers populaires de la ville », accuse Karl, 25 ans, habitant des Louvrais. « C’est bien ciblé sur certains territoires et types de personnes. On a l’impression que quand quelqu’un vient dans la ville, il ne faut pas qu’il nous voit. Mais on a le droit d’être dehors, c’est une liberté fondamentale ! » La ville réaffirme sa « confiance » en la police municipale
Dans le contexte des élections municipales, ces mêmes habitants se sont eux rapprochés du groupe d’opposition « La L!ste » afin de réclamer, notamment, la mise à disposition des enregistrements des caméras de sécurité de la ville pour attester, ou non, des infractions reprochées.
En avril 2025, la Défenseure des droits avait déjà publié une étude largement critique au sujet des amendes forfaitaires contraventionnelles et délictuelles, utilisées – selon l’étude – en région parisienne par la police nationale dans le cadre d’« une politique publique d’éviction de l’espace public de personnes considérées comme indésirables ».
En juin, une rencontre entre la maire Stéphanie Von Euw et les jeunes avait été organisée, à la suite de laquelle la ville de Pontoise « s’est engagée à examiner chaque cas de manière précise à partir des avis de contravention et des documents permettant d’en retracer l’origine et les circonstances ». La ville réaffirme toutefois « sa pleine confiance dans les policiers municipaux ».
C’est une honte absolue ces affaires. Les flics qui ont attribué ces contraventions doivent tous être virés, foutus en taule (rappel que le faux en écriture publique par un dépositaire de l’autorité publique c’est jusqu’à 15 ans et 225k€ d’amende) et toutes leurs amendes forfaitaires (toutes Christine, toutes) annulées et remboursées.
Ces immondices sapent littéralement l’un des fondements de notre démocratie. Ils font plus de mal à notre pays que tous les dealers de cannabis réunis, et de très loin.
Et encore, là c’est presque soft, y a des coins où les flics foutent des amendes à des personnes sans avoir aucune idée d’où elles sont ni de ce qu’elles font. Ce qui aboutit à des situations ubuesques où des gars sont verbalisés à Marseille alors que ce jour-là ils sont à Paris.
Comme d’habitude, les pauvres qui raquent. Le délit de sale gueule n’a pas de limite.
La faute à ses jeunes gens : ne pas habiter les beaux quartiers du 16 ou 17e arrondissement, pour pouvoir griller les feux rouges, frôler les piétons qui traversent, se garer sur les trottoirs, user de l’avertisseur sonore de façon abusive…
Ou ne pas être un ancien politique, qui bénéficie de voiture de fonction avec gyrophare, et où on peut commettre des accidents sans être trop inquiété.
Mais non, rien de tout cela n’est systémique, bien évidemment…
Quand on voit les abus avec le “simple” pouvoir de dresser des contraventions, on imagine très bien ce qu’il va se passer avec la préemption d’innocence en cas de meurtre par arme à feu, lorsque l’enjeu sera de sauver leurs fesses
Mesdames et messieurs, l’état de droit que l’on vante et que l’on prétend exporter.
C’est quand même un gros scandale d’état ça, en plus, on est carrément dans le harcèlement, ce qui est évidemment illégal.
Pendant que la police amende, les pedo, les violeurs s’en donnent à coeur joie.
Fantastique
Le racisme d’état.
D’où l’utilité d’enregistrer les interactions avec les policiers.
Sur le même thème, un épisode très intéressant de l’émission [Les pieds sur terre : Des jeunes très verbalisés](https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/des-jeunes-tres-verbalises-7346536) datant de l’année dernière.
>absence de liquide de lavage
Alors en tant qu’homme blanc privilégié cette infraction m’est inconnue.
Ce problème est une invention de la gauche d’après le gouvernement.
Littéralement du racket organisé par l’état
Le scandale, c’est que ce ne soit pas tout le monde qui se fasse verbaliser de la sorte. Pas besoin d’inventer des motifs vue comment le francilien se comporte derrière un volant.
> En avril 2025, la Défenseure des droits avait déjà publié une étude largement critique au sujet des amendes forfaitaires contraventionnelles et délictuelles, utilisées – selon l’étude – en région parisienne par la police nationale dans le cadre d’« une politique publique d’éviction de l’espace public de personnes considérées comme indésirables ».
Et on se demande pourquoi elle a été remplacée par un horrible salaud…
FACHOLAND !
“Absence de liquide de lavage”
Le niveau de fdp de flic pour verbaliser cela.