Ucraina: Emmanuel Macron cerca di preparare l’opinione per uno sforzo bellico senza precedenti

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/02/21/ukraine-devant-les-representants-des-partis-ou-sur-les-reseaux-sociaux-emmanuel-macron-tente-de-preparer-l-opinion-a-un-effort-de-guerre-sans-precedent_6556950_823448.html

    di Folivao

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    20 commenti

    1. **Le chef de l’Etat a réuni les responsables politiques, jeudi, à l’Elysée, pour évoquer un contexte géopolitique bouleversé par le rapprochement de Donald Trump avec la Russie, avant de s’envoler, dimanche, pour Washington.**

      Le huis clos a été improvisé – décidé la veille pour le lendemain –, mais il n’en a pas moins été dense et long, jeudi 20 février, à l’Elysée. A quatre jours du troisième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, le premier ministre, François Bayrou, et une douzaine de représentants des partis politiques et de groupes parlementaires se sont réunis pendant quatre heures pour partager des informations hautement sensibles sur le contexte géopolitique. Un contexte bouleversé par le rapprochement russo-américain depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et les attaques répétées du président des Etats-Unis et de son administration contre la légitimité du chef de l’Etat ukrainien, Volodymyr Zelensky.

      Cette « espèce de quitus donné par les Etats-Unis à l’agression russe en Ukraine », telle que l’a dénoncé, mercredi 19 février, l’ancien ministre des affaires étrangères et ancien ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, fait désormais craindre le pire aux alliés européens attachés à la relation transatlantique. Et l’exécutif veut préparer la société française aux prémices d’un effort de guerre sans précédent depuis 1945. Pour Emmanuel Macron, il s’agit de mobiliser l’opinion à la nécessité d’une sécurité européenne, après un début de semaine marqué par des pourparlers avec ses partenaires européens et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

      Cartes projetées, analyses stratégiques, tonalité grave… Le chef d’état-major des armées, Thierry Burkhard, et le numéro deux de la direction générale de la sécurité extérieure, Nicolas Cailliez, ont exposé, durant trois quarts d’heure chacun, l’évolution de la menace russe et les contours de la « guerre hybride » menée par le Kremlin sur le sol européen, depuis une décennie. La veille, dans la presse quotidienne régionale, le chef de l’Etat a donné le ton : « La Russie constitue une menace existentielle pour les Européens », a-t-il estimé, énumérant les nombreux périls, des manœuvres à la frontière polonaise aux ingérences dans les processus électoraux.

      **Discours proeuropéen**

      Devant les partis, Emmanuel Macron a répété son message avant de sonder les différentes forces en présence. La réunion était un calque du format des « rencontres de Saint-Denis », nées, à l’été 2023, alors qu’Emmanuel Macron, ne disposant que d’une majorité relative, cherchait à retrouver de l’élan après la crise liée à la réforme des retraites. La dernière rencontre datait de mars 2024 et portait déjà sur le soutien à l’Ukraine. Emmanuel Macron n’avait pas exclu un envoi de troupes au sol, bousculant les chancelleries européennes. Au Parlement, les forces politiques s’étaient déchirées lors d’un débat houleux suivi d’un vote.

      Jeudi, il y avait « une certaine gravité autour de la table et un esprit particulier par rapport aux autres rencontres de ce type », juge le président du groupe centriste au Sénat, Hervé Marseille : « Emmanuel Macron a présenté cela comme un moment de transparence démocratique, et cela a été perçu par tous les participants comme un rendez-vous opportun. » Si chaque participant a souligné la constance du discours proeuropéen du chef de l’Etat, les positions ont divergé sur le positionnement de la France à l’égard des Etats-Unis et de la Russie, comme sur l’envoi de troupes au sol. « [Le chef de l’Etat] a laissé entendre qu’il fallait continuer à soutenir l’Ukraine militairement si elle souhaitait continuer la guerre. Ce qui suscite chez moi des inquiétudes », a exprimé le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel.

      Le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, s’est dit « satisfait » de voir Emmanuel Macron « reprendre à son compte » l’idée d’un « non-alignement », avant de réaffirmer son hostilité à l’OTAN pour garantir la sécurité du Vieux Continent. Prônant une « solution européenne », l’écologiste Marine Tondelier a mis l’accent sur les accointances idéologiques de l’extrême droite française avec le trumpisme ou le poutinisme. « Quand on parle de déstabilisation de la démocratie, c’est pour faire gagner un parti, et c’est le Rassemblement national. Je l’ai dit même si ça n’a pas été relevé », a déploré la secrétaire nationale des Ecologistes.

      **Lueur d’espoir**

      Le Rassemblement national (RN), justement, représenté par le maire de Perpignan, Louis Aliot, s’est fait discret autour de la table. Le président du RN, Jordan Bardella, était absent : il doit intervenir, vendredi 21 février, à la convention des conservateurs américains, ouverte, jeudi matin, par le vice-président américain, J. D. Vance. Son allié, le président du parti Union des droites pour la République, Eric Ciotti, a donc été le plus critique à l’égard d’Emmanuel Macron, l’accusant d’avoir « rompu la tradition gaullienne d’équilibre diplomatique entre les grandes puissances ». L’ex-président des Républicains (LR), qui ne cache pas sa fascination pour le trumpisme, a exigé que le chef de l’Etat s’engage dans un processus de paix, réaffirmant son refus de troupes au sol et de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Il a pourfendu le projet de défense européenne porté par Emmanuel Macron, une « chimère », selon lui.

      « L’heure n’est pas au populisme et à la surenchère, l’heure est au discours de vérité, a, au contraire, affirmé Cédric Perrin, le président LR de la commission des affaires étrangères et de la défense au Sénat. Nous avons besoin d’un consensus national sur ces enjeux internationaux. Car ce que veulent faire les Etats-Unis et la Russie, c’est isoler l’Europe. » Pour déjouer ce scénario, Emmanuel Macron s’envolera, dimanche en fin de journée, pour Washington, où il doit s’entretenir avec Donald Trump, le lendemain.

      Le chef de l’Etat est persuadé de pouvoir convaincre le président américain que « c’est son intérêt de travailler avec les Européens en ce moment ». Il l’a encore affirmé, jeudi soir, lors d’un live diffusé sur les réseaux sociaux, où il a répondu aux questions des internautes. « Je vais lui dire : “Au fond, tu ne peux pas être faible face au président Poutine. Ce n’est pas toi, pas ta marque de fabrique, c’est pas ton intérêt.” », a-t-il expliqué. « Comment, ensuite, être crédible face à la Chine, si t’es faible face à Poutine ? », s’est-il interrogé, mettant en garde Donald Trump contre une « faute stratégique énorme ».

      Les prises de position d’Emmanuel Macron ravivent une lueur d’espoir chez les élus de son camp, distants depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024. Nombreux sont ceux qui lui reconnaissent une capacité à « reprendre la main » sur le terrain de la politique étrangère, dans un moment où l’Europe est vulnérable. « Emmanuel Macron devient l’interlocuteur privilégié dans ce tango américano-russe qui tente d’exclure l’Europe de la table des négociations », veut croire le vice-président de l’Assemblée et député (Renaissance) des Français d’Amérique du Nord, Roland Lescure.

      **« Vent national populiste »**

      « L’activisme diplomatique d’Emmanuel Macron, c’est un peu comme le cholestérol, il y en a un bon et un mauvais, nuance le spécialiste des relations internationales Bertrand Badie. Il y a celui qui distingue Emmanuel Macron des autres chefs d’Etat européens, car il tente de reconceptualiser le nouveau scénario des relations internationales en défendant la nécessité de refonder l’Europe. Et puis, il y a cet activisme pour l’ostentation, motivé par ce vieux postulat que la diplomatie française doit être au premier rang du monde et qui, dans le contexte actuel, vise aussi à contrebalancer la chute de popularité désastreuse de M. Macron sur la scène intérieure. »

      Les alertes du chef de l’Etat sont fragilisées par ce « vent national populiste » qui n’épargne pas l’opinion française, comme ailleurs en Europe, faisant la part belle à l’« égoïsme national », poursuit M. Badie. « Aujourd’hui, on veut préparer l’opinion dans l’urgence, mais il aurait fallu le faire dès le début de l’invasion ukrainienne », regrette le président du groupe Les Indépendants-République et territoires au Sénat, Claude Malhuret. Ce membre du parti Horizons d’Edouard Philippe s’aventure dans un parallèle avec les années 1930, « ce moment où les démocrates ont cherché jusqu’au bout à rassurer leurs opinions sans comprendre qu’il y a des situations graves où il vaut mieux avertir au risque d’affoler ».

      Mercredi, François Bayrou a accédé à la demande d’un débat parlementaire sur la situation géopolitique, portée par une partie de la représentation nationale. Il est prévu début mars. Une manière de continuer à impliquer les partis, plongés dans une certaine apathie face aux dernières secousses. « Sur ces enjeux, nous avons, aujourd’hui, un personnel politique qui est d’une extrême paresse intellectuelle », assène l’ancien président MoDem de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée Jean-Louis Bourlanges.

    2. Vyslante on

      Si au moins, AU MOINS, ce qui arrive à sortir de Macron c’est de convaincre l’Europe d’arrêter de sucer les US (et/ou la Russie, dépendant du pays en question) à tout bout de champ, ça sera déjà pas si mal.

    3. Aeplwulf on

      J’ai peu d’espoir que les français se réveillent, mais c’est un bon début, il aurait fallu s’y pencher plus tôt par contre. Quel con ce président…

    4. Slawek60 on

      J’étais pas forcément pour une augmentation du budget militaire il y’a quelques mois, mais avec la vitesse d’exécution du programme politique américain et la fracture énorme qui est arrivé en 1 mois, je suis plus que pour dépenser de la thune dedans.

      Ça fait vraiment chier car y’a clairement d’autres problèmes urgent qui aurait besoin de cet argent mais si on peut plus garantir l’indépendance de la France et de l’Europe, il va pas rester grand chose à sauver.

    5. C’est la pire crise que traverse la Vème République depuis la guerre d’Algérie. Une redistribution profonde des capitaux vers l’Industrie militaire est urgente, en France comme dans le reste de l’Europe.

    6. Enfin une bonne idée de Macron.

      Par contre il va falloir aussi revoir son budget et commencer à taxer ceux qui ont du pognon. Parce que jusqu’ici il a fait des cadeaux aux entreprises tout en coupant dans la santé, l’éducation, le chômage et RSA, etc. S’il coupe d’avantage pour financer l’armée, j’ai bien peur que cette fameuse armée n’ait plus grand monde à protéger d’ici quelques années.

      J’exagère peut être un peu mais hier j’ai passé 2h à chercher un pédiatre pour mon bébé (plus de 20 appels sans resultat, j’ai fini par appeler le 15..) et j’ai moi même du me faire hospitaliser il y a peu, le système est à bout de souffle et couper plus va juste achever.

    7. Lostinslumber on

      Ce qui me rend dingue, ce que si au lieu de distribuer des munitions au goutte à goutte a l’Ukraine on leur avait fourni les moyens de contre attaquer comme il le demandait on en serait sans doute pas la. Mais non on avait peur de l’ESCALADE et de toute façon l’économie russe ne tiendrait pas jusqu’à la fin de l’année.
      C’est beau de voir que les guerres changent mais que les “experts” trouvent toujours le moyen d’être a côté de la plaque.

    8. Tenshizanshi on

      Est-ce que les milliardaires patriotes accepteront de se faire taxer plus pour payer la défense ?

    9. Je suis plutôt pour les solutions de paix, et en plus on a déjà une pléthore d’autre soucis en France, mais ne pas se préparer à se défendre dans le contexte actuel, serait complètement stupide. J’ai par contre la crainte que, dans un futur probable avec l’extrême droite au pouvoir, que cette puissance soit utilisé à de mauvais escient…

    10. Oleleplop on

      Je suis pour qu’on fasse des efforts, le souci c’est que Macron a des bonnes idées sur l’international mais n’hésite pas à nous la mettre à l’envers sur le national.

      Vous savez, là ou on l’attend le plus ?

      Donc bon, bonne chance mais je vois pas comment il va faire sans une bonne dose de modestie et un changement de mentalité.

    11. Pile ce qu’il nous fallait. On jouerai à civilisation contre un expert que ça se passerait pas plus mal… 

    12. Poilu_Human on

      Bin les super profits ça pourrait servir à ça non ?
      Parce que si tout les prolétaires sont morts, ça va être dur d’engendrer du profit supplémentaire sur leurs dos

    13. Blad3Runn3r1966 on

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      En même temps, si vous avez été attentifs, ça fait plus de deux ans que le terme “réarmement” est utilisé à toutes les sauces dans ses discours pre- dissolution.

      Les éléments de langage sont tout, sauf anodins à ce stade.

    14. SweeneyisMad on

      La meilleure défense européenne, c’est celle que l’on construit soi-même à l’échelle nationale, avec des industries françaises, sans coopération, dont la seule dépendance concerne les matières premières.

      On le voit venir à grands sabots pour encore plus fédéraliser : *”l’armée française coûte une fortune, il est donc nécessaire de mutualiser les couts militaires et créer une défense au niveau européen”*. J’espère que les parlementaires engageront une procédure pour le destituer. La souveraineté militaire et la défense ne doivent pas être transférées en dehors du cadre national, l’État en est le garant, le président en est le gardien.

    15. Pandanlard on

      Commencer à taxer les plus grosses retraites qui ont cotisé peanuts jusque là, suppression totale des niches fiscales sauf les 3 ou 4 qui profitent réellement à tous (garde d’enfant par exemple), taxer la plus value du patrimoine financière comme c’est en cours. Commencer à imposer le réinvestissement d’une partie du bénéfices (30% ?) des entreprises dans la recherche et le développement, surtout dans l’industrie stratégique. Et ensuite commencer les accords avec les pays pour taxer tous les français partout dans le monde (avec les avantages qui vont avec contrairement à ce qui avait été proposé jusque là). Voilà comment Macron revient dans l’histoire et finance la protection de la France et de l’Europe sans toujours taper sur les mêmes qui bossent déjà bien trop pour pas assez. Nous “préparer à un effort de guerre” c’est en gros dire qu’on va pas du tout faire ça parce que ses petits copains lui ont déjà proposé de beaux postes.

    16. Changaco on

      Comme [hier](https://www.reddit.com/r/france/comments/1iu7ghq/guerre_en_ukraine_emmanuel_macron_envisage/), je pense qu’il est utile de fournir en commentaire un lien vers la vidéo complète de Macron : [Je réponds en direct à vos questions sur l’Ukraine et la sécurité de l’Europe. – YouTube](https://www.youtube.com/watch?v=nrP4UroyLF0)

      (Je rappelle aussi qu’il est possible d’augmenter la vitesse de lecture quand on regarde en différé. Macron parle plutôt lentement.)

    17. “Effort de guerre sans précédent”, ça veut juste dire que les Français (les moins aisés) vont encore morfler et se prendre des hausses de prix en pleine gueule pour les délires de quelques oligarques qui s’ennuient.

      Sur fond de menaces de troisième guerre mondiale, c’est juste une excuse pour justifier qu’ils vont nous baiser un peu plus.

      N’oubliez pas que la dérive sécuritaire fait bander les puissants.

    18. waffle-winner on

      Je sais pas trop. D’une part, c’est son truc les déclarations martiales, c.f. “nous sommes en guerre” contre le COVID. Il avait eu, depuis, des déclarations du genre “on va passer en économie de guerre” au sujet de l’ukraine, non? On a pas vu grand chose se passer à la suite (j’ai pas non plus super suivi honnêtement). Ils ont du pousser un chouille sur la chaîne d’assemblage du césar, mais qui peut malheureusement pas aller plus vite que la musique vu à quel point c’est artisanal. Ca a probablement aussi aidé à préserver le budget de la défense. Mais on reste loin d’une économie de guerre.

      Alors est-ce qu’il entend réellement demander un effort au pays? Je serais pas surpris si ça avait aussi (surtout) vocation à le replacer dans le paysage politique, dont il s’était effacé depuis plusieurs mois.

      Et, qui pourrait consentir des efforts de toute façon? On est en turbo déficit, les services publiques sont à l’os, on sait plus bien comment financer les retraites. Si il veut réduire les aides aux entreprises et taxer les riches, ça serait cool. Mais ça fait pas exactement partie de sa vision pour la France, malheureusement.

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