Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump mène une offensive éclair d’une ampleur inédite contre les institutions démocratiques et les sciences. En combinant censure idéologique, prise de contrôle et destruction des données et des systèmes informatiques, suppression de financements, purges, intimidation voire terreur, l’Université et la recherche scientifique sont violemment attaquées. L’usage de termes comme « changement climatique », « historiquement », « minorités », « racisme » ou « femme » suffit à provoquer l’arrêt d’un programme de recherche, tandis que les agences fédérales subissent des coupes budgétaires violentes et délétères, entraînant des milliers de licenciements. En parallèle, la répression s’intensifie avec des menaces directes contre un grand nombre de scientifiques, d’universitaires, d’étudiantes et d’étudiants mais aussi contre des journalistes, des juges, des avocats, parce que les faits qu’ils mettent en évidence gênent les intérêts économiques ou contreviennent aux croyances du pouvoir et de ses soutiens, ou simplement parce qu’étrangers. Ces événements, dont on observe les analogues dans de nombreux pays autoritaires, nous rappellent l’extrême fragilité de la liberté académique lorsqu’elle n’est pas garantie par des statuts, la pérennité des financements et des protections effectives contre les ingérences des pouvoirs politique, économique et religieux.
La journée *Stand Up for Science* du 7 mars a donné lieu à une mobilisation citoyenne et scientifique inédite pour témoigner de la solidarité avec les universitaires aux États-Unis, en Argentine et ailleurs. Il s’agit désormais d’aider concrètement les résistances, de mettre en œuvre les moyens effectifs de ces solidarités, mais aussi de constituer et de rendre viable un écosystème scientifique et universitaire mondial. La France, qui pourrait apparaître comme un refuge, est en réalité frappée par des coupes budgétaires qui s’accumulent depuis plus de 20 ans, menaçant la viabilité de son propre système. Une fois l’inflation prise en compte, le dernier budget pour l’enseignement supérieur et la recherche a baissé de 1,5 milliard d’euros, tandis que 1,6 milliard d’euros de crédits ont été annulés pour 2024 et 2025. La précarisation s’est installée comme une norme : non seulement les jeunes scientifiques peinent à trouver des perspectives de carrière mais les statuts des scientifiques et universitaires titulaires sont eux aussi menacés. Avec son budget public fortement raboté cette année, le programme Pause ne pourra financer l’accueil que de 70 scientifiques et artistes exilés contre 170 en 2024. Enfin, si la France ne connaît pas aujourd’hui une offensive obscurantiste de l’ampleur de celle menée aux Etats-Unis, nul ne peut ignorer que l’Université et la recherche y font l’objet d’attaques : accusation du monde universitaire d’avoir “cassé la République en deux”, atteintes contre la liberté académique, violation du principe millénaire de franchise universitaire, droits de scolarité dissuasifs pour les étudiants étrangers hors UE, appels à démanteler le CNRS, l’office français de la biodiversité (OFB) ou l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et dégradation matérielle d’instituts de recherche comme INRAE. En clair, ni la France ni l’Europe ne sont actuellement les havres d’épanouissement scientifique et universitaire dont la société a pourtant besoin pour affronter les crises démocratique, économique, sanitaire, climatique et environnementale.
Agreeable_Memory7848 on
Cest pas plus d’argent public qu’il faut mais une dérégulation massive et moins d’impôts.
Fifiiiiish on
Nan mais faut qu’on les paye en plus les chercheurs? Pffffff…. /s
TB54 on
Surpris que le texte, à aucun moment, ne parle directement du temps perdu dans l’administratif ou recherche de financements (même si c’est corrélé à de meilleurs budgets). C’est vraiment la plainte numéro 1 que j’ai entendue de tout/es mes ami/es qui font de la recherche : il passent plus de temps à faire de la paperasse qu’à faire de la recherche.
keepthepace on
Comme d’hab ce sera des grands discours de Macron sans lendemains. Mais ça fera bien dans les médias internationaux.
roux-cool on
C’est ça que les gens comprennent pas. Apprendre que les scientifiques américains cherchent à se barrer notamment en Europe, c’est une news feel-good, mais par contre faut se rappeller que la France les accueillent pas particulièrement étant donné les conditions de merde ici pour les chercheurs
Annrandar on
Ça me bute. On veut accueillir les scientifiques américains mais on n’a aucun recul sur les IMMENSES disparités de moyens entre les laboratoires, parfois dans la même composante universitaire.
Soutien inconditionnel aux chercheuses et chercheurs.
Beyllionaire on
Ça m’a l’air bien foireux tout ça
Minatoku92 on
On ne peut pas tout payer et il faut faire des choix.
Choix qui ont souvent trop tendance à privilégier les dépenses quotidienne de fonctionnement que l’innovation et l’investissement. Ne pas vouloir faire de choix c’est sacrifier tout le monde.
9 commenti
Lien de la tribune :
[https://standupforscience.fr/tribune/](https://standupforscience.fr/tribune/)
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump mène une offensive éclair d’une ampleur inédite contre les institutions démocratiques et les sciences. En combinant censure idéologique, prise de contrôle et destruction des données et des systèmes informatiques, suppression de financements, purges, intimidation voire terreur, l’Université et la recherche scientifique sont violemment attaquées. L’usage de termes comme « changement climatique », « historiquement », « minorités », « racisme » ou « femme » suffit à provoquer l’arrêt d’un programme de recherche, tandis que les agences fédérales subissent des coupes budgétaires violentes et délétères, entraînant des milliers de licenciements. En parallèle, la répression s’intensifie avec des menaces directes contre un grand nombre de scientifiques, d’universitaires, d’étudiantes et d’étudiants mais aussi contre des journalistes, des juges, des avocats, parce que les faits qu’ils mettent en évidence gênent les intérêts économiques ou contreviennent aux croyances du pouvoir et de ses soutiens, ou simplement parce qu’étrangers. Ces événements, dont on observe les analogues dans de nombreux pays autoritaires, nous rappellent l’extrême fragilité de la liberté académique lorsqu’elle n’est pas garantie par des statuts, la pérennité des financements et des protections effectives contre les ingérences des pouvoirs politique, économique et religieux.
La journée *Stand Up for Science* du 7 mars a donné lieu à une mobilisation citoyenne et scientifique inédite pour témoigner de la solidarité avec les universitaires aux États-Unis, en Argentine et ailleurs. Il s’agit désormais d’aider concrètement les résistances, de mettre en œuvre les moyens effectifs de ces solidarités, mais aussi de constituer et de rendre viable un écosystème scientifique et universitaire mondial. La France, qui pourrait apparaître comme un refuge, est en réalité frappée par des coupes budgétaires qui s’accumulent depuis plus de 20 ans, menaçant la viabilité de son propre système. Une fois l’inflation prise en compte, le dernier budget pour l’enseignement supérieur et la recherche a baissé de 1,5 milliard d’euros, tandis que 1,6 milliard d’euros de crédits ont été annulés pour 2024 et 2025. La précarisation s’est installée comme une norme : non seulement les jeunes scientifiques peinent à trouver des perspectives de carrière mais les statuts des scientifiques et universitaires titulaires sont eux aussi menacés. Avec son budget public fortement raboté cette année, le programme Pause ne pourra financer l’accueil que de 70 scientifiques et artistes exilés contre 170 en 2024. Enfin, si la France ne connaît pas aujourd’hui une offensive obscurantiste de l’ampleur de celle menée aux Etats-Unis, nul ne peut ignorer que l’Université et la recherche y font l’objet d’attaques : accusation du monde universitaire d’avoir “cassé la République en deux”, atteintes contre la liberté académique, violation du principe millénaire de franchise universitaire, droits de scolarité dissuasifs pour les étudiants étrangers hors UE, appels à démanteler le CNRS, l’office français de la biodiversité (OFB) ou l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et dégradation matérielle d’instituts de recherche comme INRAE. En clair, ni la France ni l’Europe ne sont actuellement les havres d’épanouissement scientifique et universitaire dont la société a pourtant besoin pour affronter les crises démocratique, économique, sanitaire, climatique et environnementale.
Cest pas plus d’argent public qu’il faut mais une dérégulation massive et moins d’impôts.
Nan mais faut qu’on les paye en plus les chercheurs? Pffffff…. /s
Surpris que le texte, à aucun moment, ne parle directement du temps perdu dans l’administratif ou recherche de financements (même si c’est corrélé à de meilleurs budgets). C’est vraiment la plainte numéro 1 que j’ai entendue de tout/es mes ami/es qui font de la recherche : il passent plus de temps à faire de la paperasse qu’à faire de la recherche.
Comme d’hab ce sera des grands discours de Macron sans lendemains. Mais ça fera bien dans les médias internationaux.
C’est ça que les gens comprennent pas. Apprendre que les scientifiques américains cherchent à se barrer notamment en Europe, c’est une news feel-good, mais par contre faut se rappeller que la France les accueillent pas particulièrement étant donné les conditions de merde ici pour les chercheurs
Ça me bute. On veut accueillir les scientifiques américains mais on n’a aucun recul sur les IMMENSES disparités de moyens entre les laboratoires, parfois dans la même composante universitaire.
Soutien inconditionnel aux chercheuses et chercheurs.
Ça m’a l’air bien foireux tout ça
On ne peut pas tout payer et il faut faire des choix.
Choix qui ont souvent trop tendance à privilégier les dépenses quotidienne de fonctionnement que l’innovation et l’investissement. Ne pas vouloir faire de choix c’est sacrifier tout le monde.