Doveri doganali: come Donald Trump sta minando gli investitori negli Stati Uniti

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/04/10/droits-de-douane-comment-donald-trump-sape-la-confiance-des-investisseurs-envers-les-etats-unis_6593569_3234.html

    di Folivao

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    3 commenti

    1. **Clé de voûte du système financier mondial, le marché de la dette américaine connaît de sérieux dysfonctionnements. Sa mise à mal par les revirements de Washington pourrait avoir des répercussions gigantesques.**

      Donald Trump a fini par céder aux pressions qui se multipliaient. Marchés financiers qui dévissaient, colère des milliardaires qui le soutenaient, critiques parmi les élus républicains… Mercredi 9 avril, le président américain a annoncé une suspension de quatre-vingt-dix jours des droits de douane réciproques, dont ceux de 20 % sur les produits européens. Il continue néanmoins à imposer à 10 % toutes les importations aux Etats-Unis – quatre fois plus qu’avant – et fait une exception pour la Chine, qu’il annonce vouloir taxer à 125 %.

      Parmi les facteurs qui ont pu le décider à repousser l’échéance se trouve un phénomène financier, bien plus important et dangereux que la chute des Bourses : le risque d’implosion du marché de la dette américaine. Pesant 29 000 milliards de dollars, celui-ci est – de loin – le premier marché financier au monde.

      Jusqu’à présent, il représentait la valeur refuge par excellence. Le gouvernement américain, à la tête de la première économie de la planète, était jugé sûr et le remboursement de ses créances n’était pas en doute. Traditionnellement, quand les Bourses dévissent, les investisseurs se réfugient donc sur ce marché pour placer leurs capitaux. Pas cette fois. Ces derniers jours, ils ont, au contraire, commencé à vendre leur dette américaine.

      « On observe des signaux inquiétants, souligne Isabelle Mateos y Lago, cheffe économiste de BNP Paribas. C’est la première fois qu’une correction boursière brutale s’accompagne d’une baisse du dollar et d’une vente des bons du Trésor américains. »

      **Scénario du pire**

      Cette vente se traduit par une hausse des taux d’intérêt. Au lieu de baisser, comme c’est normalement le cas quand une récession se profile, ceux-ci se sont tendus violemment : de dimanche 6 avril au soir à mercredi matin, les taux des obligations américaines à dix ans sont passés de 3,95 % à 4,5 %. Ceux de celles à trente ans ont fait un bond similaire, à 4,8 %. « La dernière fois que les taux d’intérêt [à trente ans] ont autant augmenté en trois jours, c’était le 7 janvier 1982 », souligne, sur X, Jim Bianco, spécialiste des marchés financiers à la tête de Bianco Research. « Pour n’importe quel autre pays, on appellerait ça une crise souveraine », estime Paul Diggle, économiste en chef du gérant d’actifs Abrdn.

      « Ce n’est pas normal », insiste encore Adam Tooze, historien, auteur de plusieurs livres sur les crises financières (dont Shutdown : How Covid Shook the World’s Economy, 2021, éditions Viking, non traduit). Il rappelle que les marchés obligataires sont habituellement de la « plomberie financière » qui n’intéresse que les spécialistes, mais qu’une grande implosion du premier actif financier au monde relèverait du « cauchemar ». Il décrit le scénario du pire suivant : les investisseurs, à la recherche de liquidités, vendraient en masse leurs bons du Trésor américains ; les taux d’intérêt s’envoleraient, rendant le financement de la dette américaine difficile ; dans la panique, le marché obligataire, le plus grand au monde, s’assécherait, faute d’acheteurs. « Cela menacerait la stabilité du système financier mondial, un scénario plus sérieux que [la crise de] 2008. »

      Nous n’y sommes pas. Si les mouvements de ces derniers jours sont anormaux, ils restent encore mesurés. Mais, comme le souligne Mme Mateos y Lago, l’inquiétude est très forte : « On observe une reconfiguration du système monétaire et financier international. La question est de savoir si cela peut se faire de façon ordonnée. »

      **Déficit budgétaire abyssal américain**

      Pour comprendre l’importance de l’énorme marché de la dette américaine, il faut revenir aux grands flux financiers internationaux. Depuis les années 1980, les Etats-Unis enregistrent de très importants déficits commerciaux, qui sont justement la source de la colère de Donald Trump. Ils achètent plus de produits à des pays étrangers qu’ils ne leur en vendent. Cela signifie mécaniquement que d’autres régions du monde ont des excédents avec les Etats-Unis : en l’occurrence, la Chine, le Japon, l’Union européenne et le Moyen-Orient.

      Naturellement, il faut bien que ces surplus soient investis quelque part. Pendant très longtemps, la dette américaine était une réponse toute trouvée et la destination prisée des investisseurs du monde entier. L’économiste Véronique Riches-Flores le résume ainsi : « [Les Etas-Unis] achètent des biens à bas coûts, [le reste du monde] finance avantageusement [son] déficit et [ses] dettes. » Cet échange d’intérêts bien compris est ce qui a permis le financement du déficit budgétaire abyssal américain, ces dernières années. La dette des Etats-Unis est ainsi passée de 106 % du produit intérieur brut, avant la pandémie, à 121 % actuellement, sans soubresaut financier – d’autres pays, avec un même taux d’endettement, voient les investisseurs se méfier et réclamer une prime de risque plus élevée.

      Le Japon est le premier détenteur de cette dette, avec pas loin de 1 100 milliards de dollars. Les Chinois, qui s’en désengagent depuis une décennie, sont les seconds, avec 760 milliards. En tout, les pays asiatiques détiennent environ 3 000 milliards de dollars. « L’Asie détient, de fait, entre ses mains ce qui s’apparente à une bombe face aux Etats-Unis, si elle venait à se défaire de ses titres de la dette américaine, poursuit Mme Riches-Flores. La guerre commerciale américaine prendrait, dès lors, une tout autre dimension : celle d’une guerre financière. »

      **Recherche de liquidités**

      Est-ce ce qui se produit aujourd’hui ? Est-ce que des banques centrales asiatiques sont en train de vendre la dette américaine ? Personne n’en est certain. D’autant que d’autres phénomènes, purement financiers, peuvent également expliquer les dysfonctionnements observés récemment.

      En particulier, après la sévère correction boursière de ces derniers jours, des fonds d’investissement peuvent se retrouver en position très difficile, en recherche désespérée de liquidités. Dans ce cas, leur seule solution est de vendre leurs actifs les plus sûrs, c’est-à-dire la dette américaine. Un tel phénomène s’était produit en mars 2020, au début de la pandémie. Affolés par le scénario catastrophe d’une économie à l’arrêt, les investisseurs du monde entier avaient vendu soudainement leurs bons du Trésor américains. Il avait fallu l’intervention de la Réserve fédérale, la banque centrale, pour enrayer la panique.

      « Il y a deux interprétations possibles [du mouvement actuel], qui ne sont pas mutuellement exclusives, poursuit Mme Mateos y Lago. Soit les investisseurs n’ont plus autant confiance envers les Etats-Unis et ils imposent donc une prime de risque supplémentaire ; soit il y a des fonds d’investissement qui sont forcés de vendre leurs bons du Trésor américains rapidement, pour obtenir des liquidités. » Dans les deux cas, le danger est énorme.

      Si la « pause » annoncée par M. Trump dans ses droits de douane a provoqué un très fort rebond des Bourses, mercredi, – et donc détendu les tensions sur les marchés obligataires – ces va-et-vient vont sans doute laisser les investisseurs échaudés.

    2. Altruistic_Syrup_364 on

      En tout cas, il va pouvoir faire ça une fois mais pas deux…
      Le marché de la dette était en pleine folie. En espérant que les principes de réalités face reprendre à Trump une politique économique moins destructrice.

    3. papimougeot on

      On craint une crise financière si les détenteurs de bons du Trésor US s’en séparent d’un coup. Mais quid d’un désengagement lent? Est-ce envisageable? Et si oui, quel impact?

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