Aiuta a morire: come capire le paure delle persone disabili? | Cultura della Francia

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-question-du-jour/aide-a-mourir-comment-comprendre-les-craintes-des-personnes-handicapees-5427281

    di ilbaritz

    Share.

    8 commenti

    1. ilbaritz on

      Pour mitiger un post récent sur cette loi.

      Je pense que c’est important de signaler que les opposants de la loi sur l’aide à mourir ne sont pas justes les cathos ultra conservateurs, mais aussi de nombreuses personnes handicapées.

      Parmi les points critiqués :
      – le fait que cette loi ne s’accompagne d’aucune augmentation du budget pour les soins palliatifs ou la santé en général
      – le fait qu’elle soit poussée entre autres par… Les mutuelles. Ben oui, une personne malade ou handicapée ça coûte cher aux mutuelles. Une personne morte ca ne coûte rien.
      – le fait qu’un amendement portant sur le délit d’incitation au suicide ait été retiré du texte initial
      – le fait qu’un amendement portant sur la vérification obligatoire de l’absence de pression extérieure ait été retiré également
      – le fait que la loi prévoyait initialement une information obligatoire annuelle de toutes les personnes inscrites à la MDPH. En gros, à partir du moment où vous avez un handicap quelqu’il soit, tous les ans vous recevez un message vous disant “Hey, au fait, avez vous pensé au suicide assisté?” Celui-ce a été retiré également mais ça dit quelque chose de l’esprit de la loi…
      – Le fait qu’il y a des précédents au Canada notamment, où des personnes handicapées demandent plus de moyens humains ou financiers et où on leur répond “ah désolé on peut pas, mais si votre situation est vraiment insupportable on peut vous proposer l’aide à mourir !”

      Bref je ne suis pas contre le suicide assisté en tant que tel, je crois qu’en Belgique notamment ça se fait dans des conditions correctes.

      Mais je trouve ça important de souligner que cette loi telle qu’elle est rédigée actuellement est extrêmement validité voire eugéniste, et n’est pas le progrès social que beaucoup souhaiteraient y voir.

    2. Une inquiétude que je partage en tant que personne avec un handicap. Je suis fondamentalement pour une aide à mourir pour les personnes qui sont dans des situations de souffrances extrême, avec des maladies qui entraînent un état végétatif ou presque et qui ont exprimés le souhait de ne pas se retrouver dans une situation comme celle-ci. En revanche, dans une société comme la notre qui considère qu’une personne, parfois même valide, qui refuse ou n’est pas en état d’être dans cette machine à broyer productiviste qu’est le capitalisme, qu’elle ne mérite pas de vivre ou d’avoir les conditions nécessaires à une vie digne, je suis sceptique, et quand je vois ce qui a été retiré de la loi, je suis même opposé à son application dans l’état.

    3. SuperBiquet- on

      C’est le pied dans la porte, comme la recherche sur le clonage, le flicage pour terrorisme/pédopornographie et bien d’autres choses déjà évoquées.

      Pour le clonage, on a très strictement encadré les recherches et on a réussi à faire ça avant que ça parte trop loin.
      Pour le flicage, on a su utiliser de “bonnes raisons” (piratage, terrorisme, pédopornographie) pour porter atteinte à la neutralité du net, aux droits de l’homme et à une justice équitable (alors qu’on n’a jamais donné les moyens de lutte contre la plupart de ces sujets, voire qu’on a étouffé des affaires). Aujourd’hui c’est rentré dans le droit commun et c’est pas joli.

      Pour l’aide à mourir, ça peut être une bonne chose sur le papier, mais c’est le genre de loi qu’il serait très dangereux de pouvoir amender/élargir pour que cela se transforme en eugénisme/validisme/génocide légal. Et 2027 ne propose pour l’instant pas un avenir dans lequel cette possibilité doive exister.

    4. mightygilgamesh on

      Pas de mort digne sans vie digne. Si on commence à accepter de faire mourir des gens alors qu’on a même pas comme exigence avant ça de faire que tout le monde vive dignement, ca va dériver en eugénisme.

    5. slavotim on

      Sur tous les autres posts à propos de cette loi, le débat est tranché en 30 secondes avec les méchantes personnes qui veulent forcer les malades à souffrir.

      Je comprends pas comment on voit pas que c’est plus compliqué.

      Avec ce système on aura forcément un risque que les gens malades ou âgés se sentent poussées même sans pression à ne plus “être un poids pour la société”.

      On aura forcément un risque qu’on n’investisse plus dans les soins palliatifs, parce que de toute façon “ils ont une alternative pour arrêter de souffrir hein…”

    6. Feretto700 on

      Pour être honnête, en tant qu’handicapé on te fait souvent comprendre que tu es un poids pour les autres, que ton existence coûte chère en temps, énergie et en argent.

      Les infanticides sont même parfois justifiés car “ce n’était pas une vie”.

      Cette loi peut être correcte, mais au vu de l’absence d’inclusion des personnes handicapées (travail, environnement, rues etc) et du discours culpabilisateur porté sur les handicapés, on ne peut pas dire que cette loi est anodine.

      Peut-être que beaucoup d’handicapés ne voudraient pas mettre fin à leur vie si les moyens étaient mis pour que leurs vies soient meilleures.

    7. Ariavoire on

      J’ai des soucis psychiatriques qui ont pu être très invalidants quand ils étaient mal pris en charge. (La psychiatrie française étant ce qu’elle est…)
      Bah j’imagine pas le nombre de malades psychiatriques qui pourraient se voir proposer le suicide assisté pour des maladies qui avec une prise en charge adaptée se traiteraient très bien…

    8. The_nice_throwaway on

      J’ai le sentiment que chacun devrait pouvoir disposer de sa vie et donc de sa mort avec relativement peu de restrictions. Sachant d’autant plus que la vie est un état imposé et non solicité par son dépositaire. Habeas corpus.

      Quelques réflexions en vrac générées par cette discussion et le contexte parlementaire.

      1/Si demain je subis un très grave accident de la vie – disons que je me réveille atteint d’un locked-in sydrome – me laissant grandement incapacité, qu’après une réflexion longue et raisonnée j’estime que mes nouvelles modalités d’existence n’en valent pas la peine appliquant pour moi-même (et uniquement pour moi-même) une idée validiste, pourquoi m’obligerait-on a rester en vie contre ma volonté ?

      2/De façon générale on traite l’envie d’attenter à ses jours comme la pathologie ultime qu’il convient de curer à tout prix que le patient le désire ou non. [Le droit ouvert par cette PPL sera très restreint puisqu’il faudra justifier de grandes souffrances et d’une certitude de marcher vers la mort pour bénéficier des nouvelles dispositions.] Notons que c’est la seule affection qui est traitée ainsi avec possibilité d’internement sans consentement si le corps médical estime que le passage à l’acte est probable pour un suicide (outre les autres troubles psychiques mettant en danger autrui). Si demain quelqu’un refuse son anticancéreux ou sa dialyse personne ne pourra l’obliger à se soigner. Est-on si certains que la volonté et le plaisir à vivre soit une aspiration universelle (et j’insiste sur le terme “universelle” et non pas simplement statistiquement prévalente du fait de la sélection naturelle et autres processus biologiques) ? Peut-on réellement garantir que tout le monde à une place dans un recoin de ce monde et qu’il existe un chemin pour la rejoindre (dans toutes les implications du concept: occupations, position au sein du corps social, traitement, thérapie, etc.) ?

      3/Imaginons qu’avec cette loi des personnes décident de recourir aux suicide assisté pour les mauvaises raisons évoquées ici. Cela serait fâcheux, certes. Cependant, si la loi n’est pas votée, peut-on avoir une forte confiance dans le fait que cela motivera le législateur à améliorer la vie de ces personnes en un tournemain ? Il est fort à parier qu’il n’en sera rien. Et que l’adoption ou la non-adoptions du texte n’aura aucun effet sur les politiques sociales ou de santé publique. Aussi, je ne vois pas en quoi le raisonnement d’un individu qui considérerait que sa vie est misérable et que le suicide serait une libération est blâmable si les réformes qui permettraient qu’elle ne le soient pas sont des plus élusives.

      Je m’excuse par avance si ce commentaire apparaît déplacé. Mes pensées sont assez foutraques, probablement mal formulés, et je doute qu’elles soient particulièrement solides

    Leave A Reply