In Svezia, una Commissione indipendente raccomanda la fine delle adozioni internazionali

    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/02/en-suede-une-commission-independante-recommande-la-fin-des-adoptions-internationales_6610253_3210.html

    di SowetoNecklace

    Share.

    1 commento

    1. SowetoNecklace on

      Un sujet lourd, et je sais pas si la “fin des adoptions internationales” est la solution… Mais y’a une discussion à avoir en France aussi.

      > **Depuis 1960, environ 60 000 enfants nés à l’étranger ont été accueillis par des parents suédois. Dans de nombreux cas, ces adoptions ont relevé du trafic d’enfants, justifiant, selon la commission d’enquête, que l’Etat suédois présente des excuses officielles.**

      > Régulièrement, depuis les années 1970, l’Etat suédois et les organismes d’adoption du pays ont été avertis des multiples irrégularités dans le parcours des enfants adoptés à l’étranger. Chaque fois, ces alertes ont été ignorées. Jusqu’en 2021 : sous la plume d’un de ses journalistes, Patrik Lundberg, né en Corée du Sud en 1983 et qui a découvert, à 24 ans, que ses parents biologiques n’avaient pas consenti à son adoption, le quotidien stockholmois Dagens Nyheter publiait une série d’articles, révélant le caractère systématique de ces irrégularités.

      > Une commission d’enquête avait alors été nommée. Dirigée par la juriste Anna Singer, spécialiste du droit de la famille, elle a rendu ses conclusions, lundi 2 juin. Et celles-ci sont sans appel : la commission a constaté des cas de trafic d’enfants *« entre 1970 et les années 2000 »*, a révélé Mme Singer, lors d’une conférence de presse à Stockholm. Parfois déclarés morts à la naissance ou pris en charge par un tiers, des enfants ont été adoptés *« sans le consentement libre et informé de leurs parents »*.

      > La commission a aussi constaté des « fausses informations et des inexactitudes dans les documents d’adoption » ainsi que *« des lacunes importantes et systématiques sur l’origine des enfants »*. En raison de ces carences, *« il n’a pas toujours été possible de confirmer qu’une adoption internationale était dans le meilleur intérêt de l’enfant »*, a précisé Mme Singer. D’autant que le contrôle de l’Etat a fait défaut : *« Les acteurs suédois n’ont pas agi avec suffisamment de vigueur lorsque des irrégularités ont été détectées »*, a-t-elle constaté.

      > **Défaillances multiples**

      > Les défaillances ont eu lieu à tous les niveaux : celui des autorités de contrôle, qui *« avaient connaissance du trafic d’enfants dans certains pays »*, mais n’ont pas réagi ; celui des organismes d’adoption qui, dans certains cas, *« ont refusé de collaborer »* avec les autorités de contrôle ; et celui du gouvernement qui, conscient des irrégularités, notamment dans le cadre des adoptions privées, *« aurait pu prendre des mesures pour les limiter, comme dans les autres pays nordiques, mais a décidé de ne pas le faire ».*

      > Mme Singer explique ces négligences par *« la volonté de faciliter les adoptions internationales »*, qui était une des tâches de l’agence de contrôle, jusqu’en 2005. Le résultat est manifeste : en plus de soixante ans, de 1960 à 2025, 60 000 enfants, d’une soixantaine de nationalités, ont été adoptés en Suède, faisant du royaume scandinave le premier pays d’accueil au monde en proportion de sa population. Près de la moitié a été réalisée avec l’aide de l’association Adoptionscentrum (AC), créée en 1969 et devenue, en quelques décennies, le deuxième organisme d’adoption le plus important au monde.

      > Aujourd’hui critiqué pour son inaction et la responsabilité de certains de ses employés à l’étranger dans les cas de trafic, il est le seul qui existe encore en Suède, où les adoptions internationales sont en chute libre. Seulement 54 enfants nés à l’étranger ont été confiés à des parents suédois, en 2024, contre 345, il y a dix ans. Cette baisse s’inscrit dans une tendance globale, alors que de nombreux pays d’origine, comme la Corée du Sud ou le Chili, ont fait la lumière sur l’étendue des abus, et que plusieurs pays d’accueil, tels que les Pays-Bas et le Danemark, ont, depuis, interdit les adoptions à l’étranger.

      > **Soutien sur le long terme préconisé**

      > Anna Singer recommande que la Suède les imite, car *« le risque de ne pas pouvoir déterminer ce qui est le meilleur pour l’enfant reste élevé »*, estime-t-elle. Elle plaide aussi pour que la Suède ratifie la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, signée par Stockholm en 2007, et qui permettrait aux adoptés de se pourvoir en justice.

      > Surtout, Mme Singer demande que l’Etat suédois présente *« des excuses officielles »* aux enfants adoptés et mette en place un centre de ressources nationales, afin de leur offrir un soutien sur le long terme et une aide pour la recherche de leurs origines. La présidente de la commission suggère aussi la création d’une base de données ADN pour les enfants adoptés et le versement d’une contribution de près de 15 000 couronnes (1 400 euros) à chacun d’entre eux, pour financer, par exemple, un voyage dans leur pays d’origine.

      > Lundi, la ministre des affaires sociales, Camilla Waltersson Grönvall, qui a reçu le rapport de 1 600 pages, a reconnu que sa lecture pourrait être *« douloureuse »* pour les enfants et leurs parents. Elle a promis qu’il ne serait que *« la première étape »* dans l’action du gouvernement.

      > Du côté des organisations d’adoptés, les commentaires sont positifs. *« Aujourd’hui, nous célébrons [une victoire] ! La commission d’enquête nous a écoutés, et nos principales revendications ont été prises en compte »*, a réagi l’association Chileadoption, tandis que le chercheur Tobias Hübinette, né en Corée du Sud en 1971, et l’un des premiers à avoir tiré la sonnette d’alarme, se réjouit que *« tout ce dont [il] avait rêvé et qu’[il] avait espéré se trouve »* dans le rapport.

    Leave A Reply