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    19 commenti

    1. Puisque, réélu à la tête du PS, il va être un des acteurs-clé de la présidentielles 2027 à gauche, ça me semble intéressant de voir ce qu’il a à dire sur le sujet. L’interview :

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      *Après des mois de bataille interne, la grande réconciliation ? A partir de ce vendredi 13 juin, le Parti socialiste se réunit tout le week-end à Nancy pour conclure son 81e congrès. Tout juste réélu face à Nicolas Mayer-Rossignol (50,9 % contre 49,1 % des voix), le premier secrétaire Olivier Faure déclare vouloir ouvrir la direction à toutes les tendances… mais derrière la même ligne. Prônant une large rénovation du parti, il souhaite notamment lui faire prendre un virage écolo plus prononcé, et explorer les voies d’un «apaisement» de la société.*

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      **Vous avez été réélu d’un cheveu à la tête d’un parti coupé en deux, réduit à 25 000 votants et dont rien n’indique qu’il jouera un rôle de premier plan dans les prochaines échéances nationales. Quel rôle le PS peut-il encore jouer ?**

      Le Parti socialiste doit accepter de faire sa propre révolution. Ne pas cultiver une nostalgie, celle d’une hégémonie, et se contenter de reprendre le fil de l’histoire là où les Français l’ont interrompue, en 2017. La social-démocratie, en France et en Europe, a coïncidé avec une période de prospérité inégalée, où la question de l’épuisement de la planète n’apparaissait pas. Cette période est terminée. C’est pourquoi je plaide pour un socialisme écologique, dans une société où la coopération se substitue à la compétition de tous contre tous.

      **Les autres partis de gauche ont des récits assez clairs : LFI, un parti antisystème défenseur des minorités ; les écolos, l’écologie ; le PCF, un parti anticapitaliste et patriote… C’est moins clair chez vous.**

      Cela a longtemps été la force du PS : une identité floue qui permettait de faire coexister des personnalités, de Gérard Filoche à Dominique Strauss-Kahn. Le PS était le parti du vote utile à gauche. Nous étions LE parti de gouvernement. Mais la gauche n’est de gouvernement que si elle est d’abord identifiée comme étant de gauche. Nous devons être le parti de la réhumanisation et de la réconciliation. Réhumaniser une société où le marché est le souverain et où les êtres humains ne sont plus que ses rouages, comme producteurs ou comme consommateurs. Réconcilier une société fracturée où les droites divisent le peuple, et jettent les uns contre les autres les origines, les cultures, les mémoires, les religions, les territoires…

      **Justement, le PS ne s’est-il pas trop éloigné des préoccupations concrètes des gens ?**

      Chaque semaine nous portons des contre-propositions à celles des libéraux. Si les débats stratégiques l’ont souvent emporté, c’est parce que nous étions dans une situation de fragilité, existentielle même. Pour ne pas devenir «le grand cadavre à la renverse» que tout le monde décrivait, ces enjeux stratégiques ont pris, c’est vrai, trop de place depuis 2018. Désormais, nous sommes sortis de l’époque où nous étions pestiférés : nous sommes depuis 2024 à nouveau un parti central à l’Assemblée. Mais soyons lucides, ce poids est décorrélé de notre poids électoral. Nous sommes redevenus aux européennes la première force à gauche mais pas une force suffisante pour atteindre seuls le second tour.

      **On vous a reproché de ne pas avoir mis d’idées neuves dans le débat. Si vous deviez n’en porter qu’une en vue de 2027, quelle serait-elle ?**

      Qu’ont donc apporté ceux qui m’en font le reproche ? Qui porte des idées neuves ? A droite, ils piochent dans le répertoire de l’extrême droite. A gauche, les solutions proposées sont très classiques et les insoumis ont fait de leur projet d’il y a quinze ans d’intangibles tables de la loi. En un an, j’ai écrit deux livres qui ouvrent des pistes. Pour ne prendre qu’un seul exemple concret, j’ai mis en débat cette proposition de «capital républicain» [une dotation universelle et dégressive pour tous les enfants, ndlr] pour sortir de l’héritocratie et de la reproduction sociale des inégalités.

      **Sécurité, immigration, déficit, réarmement… : les grands sujets de la présidentielle se posent petit à petit, et la gauche a du mal à ramener la discussion sur son terrain. Le peut-elle ?**

      La droite est sur ses sujets de prédilection mais elle est à court d’idées. Qu’inventeront Retailleau, Darmanin, Wauquiez, et les autres lorsqu’ils auront remis en place le bagne, coupé les allocations familiales, mis des portiques partout et que ça n’aura rien changé ? Le sujet de la violence est toujours traité sous l’angle de la «répression», de la «sécurité» – que je n’ignore pas, mais on ne peut pas se contenter de traiter les effets sans s’attaquer aux causes. Prenons le drame de Nogent avec cette surveillante assassinée. Le meurtre a eu lieu devant l’école, en présence de gendarmes. Un portique n’aurait servi à rien. Et l’immigration n’est pas en cause. La droite est donc impuissante pour répondre à la question «que faire ?». Nous devons plutôt nous demander : comment sort-on de cette culture de la violence ? Comment veille-t-on au repérage des enfants à la santé mentale déficiente ? Le plan Neuder est un plan sans moyen. Avec un médecin scolaire pour 16 000 élèves, un psychologue pour 1 800, ce sujet n’a pas été pris à sa juste dimension et n’est clairement pas une priorité gouvernementale.

      Sur un autre plan, l’obsession de la droite pour l’islam est tout aussi consternante. Lorsqu’on bride les identités, lorsqu’on les blesse, on crée de la réaction, un cercle vicieux qui fait le jeu de la radicalisation. Il faut réconcilier les identités, en remettant au goût du jour les principes républicains.

      **Comment ?**

      La laïcité est vécue par une part de la population comme une agression, parce qu’ils la vivent comme exclusivement dirigée contre eux. Nous devons faire comprendre qu’en réalité, elle protège tout le monde. Combien de temps allons-nous débattre sur les mères accompagnatrices de sorties scolaires qui portent le foulard ? La loi les y autorise, stop, on ne va pas passer les prochaines décennies sur ce sujet électoraliste. Comment voulez-vous qu’un enfant musulman n’ait pas le sentiment d’être mis au ban lorsque sa mère ne peut pas lui tenir la main pour aller au musée ?

    2. Dixit le mec qui a poussé pour la compromission avec le gouvernement Bayrou pour des cacahuètes !

    3. Aïe aïe aïe, ça se bouscule au centre, il faut aller chasser sur les terres barbares. 

    4. SoleilNoir974 on

      Ils osent déjà même pas respecté le programme du NFP encore chaud après avoir négocié pied à pied pour “l’adoucir” et le modérer de toutes leurs forces. Quel foutage de gueule…

    5. Tu prends un phrase au pif dans son interview et son avis c’est toujours “ni noir ni blanc, il faut oser de ne pas choisir gris”. Radicalement neutre.

    6. Sethastic on

      >Nous ne serons pas derrière Jean-Luc Mélenchon en 2027. Jean-Luc Mélenchon et les siens n’ont d’ailleurs aucune intention de participer à un processus collectif, ils refusent toute coalition au sens démocratique du terme. Il n’y aura pas davantage d’accord national aux municipales.

      Pathétique de la part de la gauche on comprend qu’aucun de ces partis, y compris LFI, n’acceptera de se ranger derrière un autre.

      Ca confirme que l’objectif premier de la gauche en 2027 est de maintenir sa visibilité et de faire une sorte de primaire nationale pour la gauche, qui selon les sondages voit PS et LFI au coude à coude avec une avance pour LFI.

      Après sur le calcul politique d’aller chercher des votants type “radicalité” (qu’il désigne comme LGBTAQIA+, racisés, pauvres etc), c’est aussi un aveu d’un repositionnement qui équivaut à perdre toute chance d’être présidentialisé en cas d’absence d’unification de la gauche (qu’il rejette plus haut…).

      Les membres du PS qui souhaitent réellement gagner le pouvoir devraient juste basculer LFI pour gagner en cohérence.

    7. Atiscomin on

      Et la machine d’enfumage qui reprend.
      On va réussir à nous faire croire, à grand coup de battage médiatique systématique, et de répétitions à longueur de plateau, qu’en fait, finalement, Olivier Faure et le PS, eh ben ils sont un peu radicaux, coire radicools, et que finalement, puisqu’il parle moins fort que Mélenchon, ben c’est peut-être mieux de voter pour lui.

      Hollande 2.0, ni plus ni moins, “mon ennemi c’est la finance” hier vs “Nous sommes la gauche radicale” aujourd’hui.

      Quand je pense que, déjà aujourd’hui, plein de monde tombe toujours dans le piège du PS, et que ce sera probablement plus encore demain, c’est terrible bordel.

      Faure a soutenu Bayrou en ne votant pas une censure qui allait absolument ne RIEN lui coûter politiquement. Faure a soutenu Israël et a refusé de parler de génocide jusqu’à ce que ce ne soit plus politiquement tenable.
      Perso je compte pas l’oublier.

    8. Pacifiction_ on

      L’histoire tragique sans fin du PS, coincé entre la posture moyenne du militant de gauche qui exige de la radicalité pour prouver son appartenance à la gauche sous peine d’excommunication, et le positionnement réel du parti (socdem de centre gauche, plus ou moins mou selon les tendances). Pendant ce temps aucun socialiste ne propose de programme : pas de projet, juste un positionnement.

    9. drole de façon de dire qu’ils vont encore sucer LFI pour garder un semblant de présence pour derrière les trahir pour la 25e fois

    10. J’aime bien la miniature de l’article, on dirait un homme au fond d’une ruelle sombre qui dit “Excusez-moi ? Vous auriez pas des électeurs à me filer ?”

    11. HamsterNihiliste on

      Au PS, nous nous faisons courser par la France Insoumise, donc on va encore se rapprocher du programme de la France Insoumise avec pour seule différence de ne pas être la France Insoumise, comme ça on est sûrs de faire perdre la gauche en la divisant en douze gauches identiques dont le programme se résume à : pas la France Insoumise.

    12. Clean_Imagination315 on

      Il est fort, ce Faure. À ce rythme-là il pourrait même finir par inventer la gauche.

    13. Comme ça on se fait élire et on peut trahir tranquillement…

      Je pense que les français ont compris le jeu et iront voter LFI au prochain coup.

    14. MainmainWeRX on

      Chouette la révolution à 0 degrés, il ose même pas le 360…

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