In Israele, il vice Ayman Odeh, voce della minoranza palestinese, sfugge a una misura del licenziamento della Knesset

    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/07/15/en-israel-le-depute-ayman-odeh-voix-de-la-minorite-palestinienne-echappe-a-une-mesure-de-destitution-de-la-knesset_6621336_3210.html

    di SowetoNecklace

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    4 commenti

    1. SowetoNecklace on

      **L’élu du parti communiste Hadash était accusé par la droite de soutien à la lutte armée contre l’Etat hébreu pour des propos appelant les peuples à « s’émanciper du joug de l’occupation ». Sa demande de renvoi du Parlement a recueilli 73 voix sur les 90 nécessaires, dont celles de membres d’un parti d’opposition centriste.**

      Face aux dérives antidémocratiques du gouvernement israélien, Ayman Odeh n’osait plus être optimiste. Lundi 14 juillet, pendant une session tardive de la Knesset, à Jérusalem, le député communiste du parti Hadash, âgé de 50 ans, a pourtant appris avec soulagement que le vote pour sa destitution n’avait obtenu que 73 voix sur les 90 nécessaires, parmi les 120 élus. *« Les fascistes ont échoué »*, a déclaré le quinquagénaire, à la sortie du Parlement. Quelques heures plus tôt, devant la Knesset, au milieu de drapeaux rouges du Parti communiste israélien, dont certains affichent encore le marteau et la faucille, des manifestants s’époumonaient pour défendre l’élu du parti Hadash, une formation mixte judéo-arabe qui recueille une partie des votes de la minorité palestinienne d’Israël.

      Micro à la main, plusieurs personnalités politiques de gauche, comme Adel Amer, le secrétaire général du Parti communiste israélien, se sont relayées pour prendre la parole contre cette *« persécution politique »*, en attendant le résultat du scrutin. Opposés au premier ministre, Benyamin Nétanyahou, sur la question de la conscription rendue obligatoire pour les jeunes ultraorthodoxes, les représentants du parti Judaïsme unifié de la Torah ont décidé de ne pas soutenir la mesure soumise au vote par un membre du Likoud, le parti au pouvoir, réduisant encore ses chances de succès. *« Le Parlement n’a pas atteint la majorité nécessaire pour expulser Ayman Odeh, a précisé Hassan Jabareen, le directeur du centre d’aide juridique Adalah et son avocat, à la fin du vote. Mais le message n’en est pas moins glaçant. »*

      Cette séquence politique avait débuté à cause d’un banal message sur les réseaux sociaux. En janvier, Ayman Odeh, élu à Haïfa, dans le nord du pays, avait célébré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu dans la bande de Gaza en partageant, sur X, sa *« joie »* après la libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens. *« Ici, les deux peuples doivent s’émanciper du joug de l’occupation. Nous sommes tous nés libres. »* Pour ces propos parfaitement bénins, Avichay Buaron, colon et député du Likoud, a déposé une demande de destitution de l’élu de gauche, en s’appuyant sur une loi de 2016 permettant de démettre un membre de la Knesset de ses fonctions en cas *« d’incitation au racisme »* ou de *« soutien à la lutte armée contre l’Etat d’Israël »*.

      **« Je dois continuer à me tenir droit »**

      Ensuite, 73 députés sur les 70 nécessaires, dont plusieurs membres du parti d’opposition Yesh Atid du centriste Yaïr Lapid, ont décidé de soumettre cette motion au vote. Pendant les deux débats de l’Assemblée, au mois de juin, plusieurs élus ont reproché aussi à Ayman Odeh d’avoir précisé que *« Gaza allait gagner »* au cours d’une manifestation en soutien à la population palestinienne à Haïfa, plus tôt dans le mois. *« Si vous étiez dans un autre pays, vous seriez passé devant un peloton d’exécution »*, a osé Osher Shekalim, du Likoud, le 24 juin. Encore aujourd’hui, Ayman Odeh *« ne regrette aucun de ces propos »*, précise-t-il lors d’une interview au Monde, le 10 juillet, à Tel-Aviv. *« Je dois continuer à me tenir droit. »*

      Dans un contexte politique de remise en cause des institutions démocratiques israéliennes, le cas d’Ayman Odeh symbolise le raidissement du gouvernement face aux Palestiniens d’Israël, qui représentent 20 % de la population. *« Cette tentative d’éviction annonce déjà la disqualification des voix arabes israéliennes aux prochaines élections »* (prévues en théorie à l’automne 2026), précise son avocat, Hassan Jabareen, par téléphone. Depuis le 7-Octobre et la violence inouïe subie par les Palestiniens de la bande de Gaza, ce rejet n’a fait qu’empirer. En février 2024, Ofer Cassif, seul membre juif du parti Hadash, avait déjà été visé par une tentative de destitution pour des propos comparant les civils gazaouis aux victimes de la Shoah. *« Les voix alternatives ne sont plus acceptées dans ce pays où le fascisme est aujourd’hui rampant »*, insiste-t-il. Passé à cinq votes près (85 sur 90) de l’éviction, le parlementaire a été suspendu de ses fonctions pendant six mois, de novembre 2024 à mai 2025, pour ses propos. Après la pause estivale, il sera de nouveau banni de la Knesset pendant deux mois, d’octobre à décembre.

      **Le soutien de deux anciens premiers ministres**

      Cette dérive, Ayman Odeh l’a vue venir, en trente ans de vie politique. Chamboulé par la première Intifada (1987-1993), le jeune Palestinien d’Israël prend la tête d’un mouvement étudiant de Haïfa à seulement 23 ans, devient secrétaire général du parti Hadash à 30 ans et membre de la Knesset à 40. A chaque étape, les attaques se sont faites plus vicieuses. En 2017, alors que l’élu protestait contre la démolition du village bédouin d’Oumm Al-Hiran, dans le désert du Néguev, il a été pris pour cible par l’armée israélienne. *« Ils m’ont tiré dessus »*, raconte-t-il aujourd’hui, en montrant la cicatrice toujours visible sur son front.

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      Cette fois, pour éviter la destitution, Ayman Odeh a choisi d’alerter l’opinion publique, même à l’étranger. En France, le Parti communiste français a apporté son soutien à l’élu palestinien d’Israël à travers un communiqué et une vidéo de Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, Anne Hidalgo. En Israël, une tribune s’opposant à sa destitution a été signée par 120 anciens membres de la Knesset, dont les deux anciens premiers ministres Ehud Olmert et Ehud Barak, début juillet. Au même moment, environ 1 300 intellectuels, dont le célèbre auteur David Grossman, ont publié une lettre ouverte pour dénoncer la manœuvre politique de ce gouvernement. Partout où il le pouvait, Ayman Odeh répétait, comme une mauvaise prophétie : *« Cette fois-ci, c’est à moi que le pouvoir en veut, mais la prochaine fois, ça sera à vous. »*

    2. Noashakra on

      Sous vous yeux ébahis, la seule “démocratie” du moyen-orient mesdames et messieurs.

    3. Estherna on

      On remarquera comme toujours que les “centristes” israëliens se sont joints à l’extrême droite pour tenter d’exclure ce député, pour des propos qui ne sont tout de même pas d’une violence outrancière “*Ici, les deux peuples doivent s’émanciper du joug de l’occupation. Nous sommes tous nés libre*s”. In fine, il n’est sauvé que par une frange encore plus extrême de la Knesset qui est dans l’opposition systématique à Netanyahou.

      Les centristes, toujours les premiers à donner la main à l’extrême droite pour combattre la gauche décidément. Au passage, on notera qu’un député du Likoud peut lui dire  *« Si vous étiez dans un autre pays, vous seriez passé devant un peloton d’exécution »* sans lui avoir le moindre problème avec qui que ce soit. Juste une menace de mort mais à part ça.

      Bref, une démonstration de plus de l’illibéralisme complet d’Israël mais ça n’aura aucun impact.

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