Alice, 29 anni, magistrato, 3.400 euro al mese: “Non posso mai acquistare un appartamento a Parigi quando sono tra le persone più pagate in Francia”

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/07/28/alice-29-ans-magistrate-3-400-euros-par-mois-je-ne-pourrai-jamais-acheter-un-appart-a-paris-alors-que-je-suis-parmi-les-gens-les-mieux-payes-en-france_6624770_4401467.html

    di arktal

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    7 commenti

    1. Alice magistrate mariée avec Sylvain magistrat, gagnant 7000€ net à deux peuvent largement acheter un appartement à Paris. Sachant que quand ils prennent leur grade ils montent aussi en salaire. Puis Alice elle peut aussi aller ailleurs, elle aura le même salaire. Y’a besoin de magistrat partout.

    2. Fenghuang15 on

      Je gagne 200 à 300 de moins après impôts mais effectivement ma capacité d’emprunt seule étant de 200k et des brouettes à l’heure actuelle, à moins de s’éloigner franchement ou d’accepter de vivre en studio il n’y a pas d’autres alternatives pour l’achat. Reste la location.

      Pas de mystère, ceux que je connais qui ont acheté sur Paris étaient en couple avec salaires confortables + donation des parents de l’ordre de 100k minimum, quand c’était pas des 2 côtés.

    3. ihmotep59 on

      Clairement, il n’y a pas qu’une lutte des classes, il y a aussi une lutte des générations. Même avec de très bons salaires aujourd’hui, il est très difficile d’avoir un logement dans les grandes métropoles. À moins que l’on soit en couple et que les deux gagnent bien leur vie, sinon c’est très compliqué. Quand on compare avec nos parents, les miens n’avaient hérité de rien et n’avaient pas forcément un gros salaire, ils ont pu se payer une maison puis d’autres. Espérons qu’un jour les français se réveillent et mettent au pouvoir des gens qui changeront cet état de fait.

    4. Kiralalalere on

      L’immobilier parisien est 3x plus cher que le reste de la France.

      Et je sais que ça en fait rire beaucoup ici, mais 3400€ sur Paris, c’est loin d’être le luxe et l’opulence, tu es juste au dessus du salaire moyen.

      Elle découvre juste la réalité du marché immobilier Parisien totalement pété.

    5. « La bonne paye ». Chaque semaine, « Le Monde » parle d’argent avec les jeunes, de leurs factures, leur loyer, leurs loisirs. Que signifie bien gagner sa vie ? Comment se projettent-ils dans l’avenir ? Alice, juge au tribunal de Bobigny, regrette qu’on ne puisse pas accéder à la propriété sans héritage, y compris avec un bon salaire.

      Je gagne 3 400 euros net par mois. C’est 1 000 euros de plus que ce que touchaient les jeunes magistrats il y a un an [les magistrats judiciaires ont bénéficié d’une revalorisation de 1 000 euros brut par mois à partir du 1er octobre 2023]. Franchement je ne sais pas comment ils faisaient. Avec le loyer et les charges, qui sont très élevés à Paris… De mon côté, c’est un gros changement : j’ai 29 ans, je suis juge au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) depuis septembre 2024, c’est mon premier poste. Et c’est la première fois de ma vie que je gagne autant d’argent !

      Je viens de Bordeaux. On est quatre enfants, mes deux parents sont diplômés d’une école de commerce. Mon père est ingénieur commercial, ma mère a été prof de comptabilité et de marketing et s’est arrêtée de travailler pour s’occuper de nous après la naissance de ma petite sœur. On n’a jamais manqué de rien : on a vécu dans une jolie maison, on est toujours partis en vacances, mais on avait un budget à tenir. Et d’ailleurs, je travaillais tous les étés pour pouvoir me payer des vêtements ou des sorties dans l’année.

      Après le baccalauréat, je devais faire médecine. J’étais bonne en sciences, mais au dernier moment, j’ai eu les chocottes et j’ai renoncé. Je me suis inscrite à la fac de droit. Mes parents étaient très déçus. Mon père ne comprenait pas du tout ce choix. Aujourd’hui, je peux l’avouer : j’y suis allée parce que mes copines y allaient ! Le droit, personne ne sait vraiment ce que c’est avant d’en faire. Pour rassurer un peu mes parents, je me suis inscrite dans un double cursus droit et langues.

      J’ai passé deux années de licence à Bordeaux où je me suis découvert une passion pour le droit administratif. J’aime sa logique. Puis en L3, je suis partie en Erasmus à Londres, à la fac de Westminster. Mon père me donnait 450 livres (515 euros) par mois et la bourse au mérite obtenue auprès de la fac (1 000 livres mensuelles) me permettait de payer le loyer. Je me sentais riche comme Crésus ! Le retour à Bordeaux pour ma première année de master en droit pénal n’a pas été évident : je rentrais chez mes parents après avoir goûté à l’autonomie.

      **« C’était assez raide financièrement »**

      En M2, j’ai été prise à l’université Paris-Sud à Sceaux. Là, c’était assez raide financièrement. Je vivais en colocation dans la capitale avec ma meilleure amie. Une fois le loyer payé – par mes parents –, il me restait 250 euros par mois pour vivre.

      C’est pendant cette année-là que je décide de tenter l’Ecole nationale de la magistrature (ENM), qui m’avait toujours paru inaccessible. Je me souviens qu’en cours, on avait fait une simulation d’audience dans laquelle je jouais le rôle de la parquetière. Le prof m’a dit : « Je vous embauche direct ! » Ça a été le déclic. Pour préparer le concours, je m’inscris à l’Institut d’études judiciaires d’Assas et en prépa privée. Pour la financer et m’acheter un ordinateur, je fais un emprunt de 5 000 euros. Je travaille non-stop, sept jours sur sept. Et pourtant je me plante. Je me réinscris en décidant de changer mes méthodes de travail : j’essaie d’être moins dans le bachotage et de multiplier les examens blancs. Cette fois, c’est mon père qui paie la prépa, environ 4 000 euros. C’est encore une année très intensive. Financièrement, ça va mieux car je travaille deux jours par semaine comme assistante de justice au parquet de Bobigny : ça me rapporte 500 euros par mois.

      A cause de l’épidémie de Covid-19, les épreuves du concours sont reportées de juin à septembre 2020. Je suis admissible mais j’échoue à l’oral. Quand les résultats tombent, on est déjà fin février, le prochain concours a lieu trois mois plus tard. Je suis perdue, fatiguée et déprimée. C’est ma mère qui me pousse à retenter tout de suite. Et cette fois, je l’ai !

      J’étais tellement heureuse, ma famille aussi. Préparer le concours de l’ENM, c’est un parcours de solitude. Depuis petite, je souffre d’une maladie génétique rare qui m’oblige à un suivi médical assez lourd, des transfusions tous les quinze jours. Je crois que ça a joué dans le fait que je ne lâche pas pendant ces trois années.

      Je prête serment à Bordeaux le 7 février 2022 et là commencent les stages. C’est un aspect peu connu de l’ENM mais c’est une période difficile financièrement. On a beau être rémunérés – je touchais 1 400 euros ou 1 500 euros par mois plus 400 euros de prime de stage –, on se retrouve à devoir payer deux voire trois loyers en même temps. Moi, par exemple, je devais louer un logement à Nice où j’étais en stage. J’avais un appartement à Paris, que je ne pouvais pas lâcher puisque j’allais y retourner en stage quelques semaines plus tard. Heureusement, mes parents vivent à Bordeaux, donc pour les sessions à l’école, je pouvais loger chez eux. En tout cas, à cette période, beaucoup d’élèves se sont retrouvés en situation de précarité économique.

      **« Je me fais un kif une fois par mois »**

      En septembre 2024 [la formation à l’ENM dure trente et un mois], j’ai été nommée sur mon premier poste : je suis juge à la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Bobigny, spécialisée dans la lutte contre la délinquance financière. Et depuis cette date, je touche donc ce salaire de 3 400 euros par mois. Pour l’instant, je n’ai pas vraiment changé ma façon de vivre. J’ai du mal à lâcher prise.

      Je me fais un kif une fois par mois, en général des chaussures. Sinon, je paie le loyer de l’appartement que je partage avec mon copain (750 euros chacun directement au propriétaire). On s’est rencontrés pendant nos études de droit. Lui est devenu avocat avant de se reconvertir comme cuisinier. Il est très heureux mais ses revenus ont bien diminué : de 4 200 euros à 1 800 euros par mois aujourd’hui en apprentissage. On a bien un compte commun, mais il est vide. On paie chacun son tour. Lui plutôt les courses, moi les charges de l’appartement. Je dépense 350 euros par an pour des cours de danse et je finis de rembourser le prêt contracté pour ma première prépa (65 euros par mois). On sort, on va au restaurant, au cinéma. Et j’épargne : 600 ou 700 euros par mois, voire 1 000 euros. C’est mon père qui m’a toujours dit de mettre de l’argent de côté.

      Pour l’instant, je n’ai pas de projet précis. Je sais juste que j’ai envie d’utiliser cet argent pour faire plaisir. Par exemple, avec mon copain, nous avons envie d’offrir à nos amis et familles un super week-end à l’occasion de nos 30 ans.

      Ce que je trouve dingue, c’est que je fais partie des gens parmi les mieux payés en France mais je ne pourrai jamais acheter un appartement à Paris. Sans apport, ni héritage, c’est impossible. J’estime aussi que pour la responsabilité qu’on a, les horaires qu’on fait, on n’est pas assez payés.

      D’ailleurs, dans la famille, on n’est pas toujours d’accord sur le sujet de l’argent. Tout le monde ou presque, chez moi, a fait une école de commerce. Or je trouve qu’on ne valorise pas assez les métiers qui ont du sens. Mon père pense que je suis une idéaliste. J’imaginais aussi que je serais plus généreuse avec mes parents lorsque je toucherais mes premiers salaires. Une façon de leur rendre ce qu’ils nous ont donné. Mais je le fais assez peu. Je crois que j’ai du mal à quitter ma place d’enfant au sein de la famille.

    6. Ça place cette dame dans les 15% des salaires les plus élevés en France. Donc on pourrait imaginer qu’elle devrait pouvoir.
      Après je pense que on ne peut plus acheter de l’immobilier dans le centre des grandes villes mondiales sans vraiment être riche malheureusement surtout en étant primo accédant.

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