L’ascesa e la caduta di un bambino di rapitori specializzati in riscatti in criptovaluta: “Una volta che un dito è tagliato, ci incassiamo ogni ora”

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/19/l-ascension-et-la-chute-d-un-gang-de-kidnappeurs-specialise-dans-les-rancons-en-cryptomonnaie-une-fois-un-doigt-coupe-on-enchaine-toutes-les-heures_6631788_3224.html

    di Folivao

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    4 commenti

    1. **Le groupe criminel derrière plusieurs rapts ultraviolents qui ont eu un fort retentissement médiatique en 2025 avait, en réalité, inauguré cette activité d’un genre nouveau dès 2023, et il projetait de nouvelles « attaques ». Son « cerveau » a fini par être arrêté, le 3 juin, au Maroc.**

      Bruno D. s’était réveillé un peu plus tôt que d’habitude, ce jeudi 24 août 2023, lorsque sa femme s’est levée et a allumé la lumière, à 6 h 30, pour se préparer. Peu avant 8 heures, il a promené son chien devant leur pavillon d’allure modeste, le long de la route bordée de champs, au milieu de la campagne sarthoise. Puis il s’est débarrassé de ses poubelles. Après quoi, le retraité des postes a allumé son ordinateur pour une petite partie de poker en ligne.

      Devant son écran, Bruno D. est alors loin d’imaginer qu’il s’apprête à devenir la première victime d’une spectaculaire série d’enlèvements ultraviolents perpétrés par un groupe criminel spécialisé dans les demandes de rançon en cryptomonnaie. Si son histoire a été peu médiatisée, les deux affaires suivantes connaîtront un tout autre retentissement : le rapt de David Balland, le 21 janvier, et celui du père d’un joueur de poker ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, le 1er mai.

      Vers 9 h 30, la partie de cartes virtuelle du retraité est interrompue lorsqu’on sonne à la porte. Un utilitaire Citroën Jumpy vient de se garer devant la maison. Un jeune homme barbu revêtu d’une chasuble jaune en descend et se présente à la porte du pavillon comme un livreur d’Amazon, un colis dans les mains.

      **« T’es le père de Killian, t’as capté ? »**

      La suite est détaillée dans un procès-verbal de la section de recherches d’Angers : « Lorsque la porte du domicile s’ouvre, deux hommes vêtus de noir, cagoulés et gantés, surgissent de l’arrière de la camionnette et courent vers la maison. (…) Vingt minutes plus tard, l’un des individus ressort de la maison avec un homme qui est maintenu les bras dans le dos. Le visage de ce dernier est masqué. II est forcé à monter dans la camionnette par les portes arrière. »

      Les ravisseurs de Bruno D. ont eu le temps de faire main basse sur 600 euros glissés dans une boîte métallique de M&M’s cachée dans un réfrigérateur d’appoint et, surtout, sur deux montres Rolex. Mais ils veulent beaucoup plus. Bruno D. l’a compris lorsqu’un des ravisseurs lui a lancé : « T’es le père de Killian, t’as capté ? »

      Les fans de « Killian » le connaissent surtout sous le sobriquet « TeufeurS », une légende du streaming depuis que, en 2016, sans emploi après un accident, ce chauffeur routier alors âgé de 23 ans a commencé à se filmer en train de jouer à Counter-Strike, GTA V ou Fortnite, des jeux vidéo cultes. Son audience s’est développée à grande vitesse, lui attirant l’intérêt de sponsors, si bien qu’il s’est mis aux jeux d’argent en ligne. Trois ans plus tard, à l’été 2019, il se vantait de pouvoir gagner près de 1 million d’euros en seulement deux semaines.

      La campagne sarthoise n’est désormais plus pour lui qu’un lointain souvenir. Après s’être établi en Belgique en quête d’une fiscalité plus clémente, TeufeurS a migré à Malte, d’où il a continué à moissonner des millions, sans manquer une occasion de le faire savoir sur les réseaux sociaux. « Il partage de manière quotidienne son activité de jeu en ligne, ainsi que des éléments attestant sa fortune, à l’image de ses acquisitions de montres ou de voitures de luxe, ou des captures d’écran de ses portefeuilles de cryptomonnaies », relève le procès-verbal de synthèse des gendarmes. La veille de l’enlèvement de son père, il avait d’ailleurs diffusé sur la plateforme TikTok une capture d’écran d’un portefeuille numérique où s’affichait la somme de 2,3 millions de dollars (environ 2 millions d’euros). Une infime partie de sa fortune.

      **1,7 million d’euros de rançon**

      Moins d’une demi-heure après son kidnapping, le père de TeufeurS a déjà été emmené dans son lieu de séquestration : un appartement d’une résidence située dans un quartier discret du Mans. Le jeune streameur, qui se trouve en vacances en Crète, reçoit une première vidéo. Le visage de son père y apparaît, une arme de poing braquée sur la tête, tandis que la voix d’un geôlier exige le versement de l’intégralité de son portefeuille de la cryptomonnaie ethereum sur un wallet, un portefeuille numérique, dont il lui adresse le QR code par SMS.

      Un premier paiement de 13 000 euros (8,58275381 ethereums lors de la transaction) est effectué en début d’après-midi, puis un second, plus important, de 120 000 euros. Les ravisseurs en attendent bien davantage. Ils s’impatientent, lui envoient une nouvelle vidéo : son père, le visage masqué par un linge, implore son fils de s’exécuter. En moins d’une minute, entre 23 h 30 et 23 h 31, 1,7 million d’euros sont transférés en deux versements.

      Une heure trente plus tard, Bruno D. est recueilli au bord d’une route par deux automobilistes, à quelques minutes en voiture de son lieu de séquestration. Sain et sauf, il n’a subi aucune violence physique. Les deux prochaines victimes de ce groupe criminel n’auront pas cette chance.

      Les investigations, confiées à la section de recherches d’Angers, appuyée par les experts du centre de lutte contre les criminalités numériques de la gendarmerie nationale, permettent rapidement de détecter plusieurs mouvements financiers en partant du portefeuille utilisé par les malfaiteurs pour recevoir la rançon. A compter du 29 août, les transactions se multiplient vers d’autres wallets, dont celui d’une ressortissante vénézuélienne, pour un montant total de 1,64 million d’euros. Comme l’avait prédit l’un des ravisseurs au cours d’une conversation téléphonique : « Y a pas de milliard là, mais y a une bonne pièce ! »

      Une partie de la « pièce » va pourtant leur filer entre les doigts. Le juge d’instruction angevin chargé du dossier a, en effet, obtenu la saisie de tous les actifs détenus par la ressortissante vénézuélienne sur la plateforme Binance, soit la coquette somme de 802 150 euros. Mais une autre partie de la rançon, consignée sur HitBTC, une plateforme bien moins coopérative avec les autorités judiciaires, reste hors d’atteinte.

      Parallèlement au volet financier de cette enquête, les gendarmes vont surtout parvenir à identifier les ravisseurs grâce à l’exploitation de la téléphonie et de la vidéosurveillance. Quelques heures seulement après le kidnapping, le faux livreur d’Amazon barbu qui s’était présenté devant le pavillon de Bruno D. est reconnu grâce à la comparaison d’images extraites de la vidéosurveillance avec celles du fichier de traitement des antécédents judiciaires. Il s’appelle Djelloul C., alias le Mexicain, et vient de fêter ses 24 ans.

      Dès le lendemain du rapt, il est interpellé par le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) et placé en détention provisoire à la maison d’arrêt d’Angers. Les enquêteurs sont alors loin d’imaginer qu’ils auront bientôt à nouveau affaire à lui.

      **La cavale marocaine du « cerveau »**

      Dans les deux semaines qui suivent, trois de ses complices sont appréhendés : Idriss L., considéré comme le « logisticien » de l’équipe, est interpellé le 7 septembre, également dans le Val-de-Marne, alors qu’il s’apprêtait à gagner l’Espagne ; les deux gros bras recrutés avec Djelloul C. pour enlever Bruno D. connaîtront le même sort deux jours plus tard.

      Un homme, en revanche, a échappé au coup de filet. Déjà très défavorablement connu des services de police, notamment pour trafic de drogue, il est considéré comme l’utilisateur de deux lignes téléphoniques, l’une espagnole et l’autre marocaine, attribuées au « cerveau » de l’opération. Son nom : Badiss Bajjou. Se sachant recherché pour une tentative de meurtre, il est parti en cavale en août 2023 au Maroc, d’où il a passé les consignes à ses troupes. Il n’a que 22 ans.

      La plupart des membres de cette équipe ont un point commun : quatre d’entre eux, dont Badiss Bajjou et Djelloul C., ont été incarcérés à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy (Yvelines), entre la mi-avril et le début du mois de juillet 2022. C’est assez longtemps, estiment les enquêteurs, pour avoir élaboré un mauvais coup. Et peut-être même plusieurs.

      Car l’organisation apparaît très structurée, les rôles sont parfaitement distribués : un logisticien était chargé de fournir les véhicules et de veiller à la bonne exécution des consignes, un complice devait louer l’appartement où a été séquestré Bruno D., quant à Djelloul C. et les deux gros bras, ils étaient chargés « d’enlever, de séquestrer la victime et d’effrayer son fils dans le but d’obtenir la rançon demandée ».

      Un seul élément a fait défaut au gang : le cloisonnement. Une faille qui a permis le démantèlement de presque tout le groupe. Mais, de sa retraite marocaine, Badiss Bajjou n’entend pas en rester là. Il s’affaire déjà pour constituer une nouvelle équipe et monter son prochain coup. Et il va s’appuyer pour ce faire sur l’un de ses hommes de main, Djelloul C. De la maison d’arrêt d’Angers, où il attend d’être jugé pour l’enlèvement de Bruno D., le faux livreur d’Amazon va bientôt prendre du galon.

    2. xylophone21000 on

      Malheureusement pour vivre heureux il faut pas d’exposer.

      Se montrer sur les réseaux avec une montre qui vaut le prix d’une maison, ça fera forcément des envieux. Il suffit d’un seul malveillant.

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