In Ucraina, la marcia forzata dei territori occupati

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    di LordSblartibartfast

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    1. LordSblartibartfast on

      >**La population des régions administrées par Moscou a jusqu’au 10 septembre pour partir ou « régulariser » sa situation, c’est-à-dire adopter le passeport russe. Beaucoup se résolvent à devenir russes, pour sauvegarder leurs biens et leurs droits élémentaires comme la santé.**

      >**Kyiv (Ukraine)**.– Jusqu’au bout, Ihor* a résisté aux pressions russes. Après trois mois d’occupation, les soldats de Moscou ont d’abord demandé à l’adolescent, alors âgé de 15 ans, de prendre un passeport russe pour remplacer le laissez-passer nécessaire pour rejoindre Louhansk depuis son village, occupé en 2022. Avant lui, sa mère n’avait pas eu d’autre choix, le passeport russe étant le seul moyen de continuer de percevoir les allocations liées à son handicap.

      >Et puis, l’école a refusé de délivrer à Ihor son certificat d’études, équivalent du brevet. Un refus poli d’abord, suivi de menaces : « *Si tu ne prends pas de passeport russe, d’abord ce sera une amende, et puis une privation des droits parentaux pour ta mère.* »

      >Face à cette pression, Ihor a finalement accepté les papiers de l’occupant à l’été 2023, dans un bureau flanqué de drapeaux russes. « *Ce n’est pas une simple formalité administrative : les fonctionnaires nous font prêter serment de défendre ce passeport “avec notre sang”* », raconte Ihor, qui a fui la zone occupée par crainte d’être mobilisé dans l’armée russe. Réfugié à Kyiv depuis le mois de mai, Ihor a aujourd’hui 18 ans.

      >D’autres témoins ont raconté à Mediapart avoir été contraints de chanter l’hymne russe pendant la remise des passeports, parfois devant les caméras.

      >Après les pourparlers d’Alaska, le Kremlin espère légitimer son emprise sur la région et même récupérer les 25 % de la région de Donetsk qu’il ne contrôle pas, en obtenant de l’Ukraine la reconnaissance de ces territoires comme russes, en échange d’un cessez-le-feu. Si, pour l’instant, Kyiv et ses alliés demeurent réticents, le Kremlin russifie déjà de fait ces territoires en intensifiant la pression sur les habitant·es pour leur faire adopter le passeport russe.

      >Le 20 mars, Vladimir Poutine a promulgué un décret obligeant les citoyen·nes ukrainien·nes résidant en Russie et dans les quatre régions partiellement occupées à « *régulariser leur statut juridique* » ou à « *partir volontairement* » avant le 10 septembre. Faute de quoi, les Ukrainien·nes deviendront des étrangers et étrangères sur leurs propres terres et seront soumis·es à la réglementation migratoire russe : séjour limité à 90 jours, examens médicaux obligatoires et restrictions d’accès à l’emploi.

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