Emmanuel Macron, un presidente vulnerabile dopo uno scioglimento e due fallimenti di governo

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/09/emmanuel-macron-un-president-aux-marges-de-man-uvre-reduites-apres-une-dissolution-et-deux-echecs-de-gouvernement_6640056_823448.html

    di Folivao

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    13 commenti

    1. **La chute du premier ministre, François Bayrou, ouvre une nouvelle période d’instabilité politique. Le chef de l’Etat, jugé responsable de la crise au sein de son camp, se trouve sous la pression des oppositions pour proposer un nouveau nom pour Matignon.**

      Comment sortir du blocage ? La chute de François Bayrou, lundi 8 septembre, à l’issue d’un vote de confiance à l’Assemblée nationale, dans un climat délétère augurant mal de la suite, a ouvert une nouvelle crise politique, un an après la dissolution de l’Assemblée nationale. Devant son écran de télévision, l’ancien premier ministre Michel Barnier (de septembre à décembre 2024) a assisté en direct à la chute de son successeur et lui a adressé, par SMS, un mot de soutien. « Je crains que ce qui est devant nous soit plus grave qu’un tohu-bohu », a écrit le Savoyard au maire de Pau, après avoir écouté sa déclaration de politique générale, dans laquelle ce dernier prédisait « un tohu-bohu qui se prépare pour la France »…

      Mais tous les regards se tournent désormais vers Emmanuel Macron. Après les échecs successifs de Michel Barnier puis de François Bayrou, le chef de l’Etat se retrouve sans paratonnerre à Matignon, dans un moment de vulnérabilité où se mêlent des crises majeures politique, budgétaire et sociale.

      Trente minutes après le vote des députés, lundi, l’Elysée a fait savoir que le chef de l’Etat recevrait, mardi, le premier ministre pour « accepter la démission de son gouvernement ». Il nommera son successeur « dans les tout prochains jours », se risque le communiqué. L’entourage du président de la République plaide pour aller vite, alors que des manifestants ont fêté, lundi soir, devant les mairies de plusieurs villes de France, la chute du gouvernement Bayrou, à l’appel du mouvement Bloquons tout, qui invite les Français à exprimer leur colère mercredi 10 septembre.

      Autre échéance, l’agence de notation Fitch pourrait dégrader la note de la France le 12 septembre. Enfin, l’ensemble des organisations syndicales appellent à une journée de mobilisation le 18 septembre. Mais, comme à son habitude, Emmanuel Macron est à même de ne pas se précipiter. Il sait qu’il ne pourrait endurer la chute d’un troisième chef de gouvernement en un peu plus d’un an.

      **Pas de PS à Matignon**

      Moqué par l’ancien chef de l’Etat (2007-2012) Nicolas Sarkozy, le 3 septembre dans Le Figaro, pour son « inclination naturelle à gagner du temps et sa volonté de toujours vouloir faire entrer le pied droit dans la chaussure gauche », Emmanuel Macron tente donc, pour la troisième fois depuis la dissolution de juin 2024, de trouver un premier ministre qui permettra au moins de doter la France d’un budget. Et minimise la crise politique, préférant parler de « crise parlementaire ».

      Mais, pris en étau entre les deux extrêmes, le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI), qui appellent à une dissolution « ultrarapide » pour l’un, à la destitution du chef de l’Etat pour l’autre, et entre deux partis de gouvernement, Les Républicains (LR) et le Parti socialiste (PS), qui posent leurs conditions pour participer à l’exécutif ou simplement ne pas le censurer, ses marges de manœuvre se rétrécissent.

      « Je veux un gouvernement de la gauche et des écologistes qui viennent proposer au Parlement un certain nombre de solutions et ensuite ce sera au Parlement de disposer », a ainsi défendu, lundi sur TF1, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Sous la pression des barons locaux du PS, qui appréhendent une campagne pour les élections municipales de 2026 parasitée par un accord de gouvernement avec les macronistes, l’élu de Seine-et-Marne pose des conditions jugées inacceptables pour Emmanuel Macron, qui ne veut pas du PS à Matignon. Dans cette partie de poker menteur, Olivier Faure veut incarner un chef de parti responsable et Emmanuel Macron se montrer ouvert au compromis avec la gauche, malgré ses désaccords de fond avec les socialistes.

      Le ministre de l’intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, a réitéré ses menaces de non-participation à « un gouvernement qui aurait comme premier ministre le Parti socialiste », alors que son rival interne, Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée, a défendu la position inverse quelques jours auparavant.

      **Lourde responsabilité**

      Ni LR ni le PS ne veulent s’afficher dans une coalition, si près d’échéances électorales. Mais ni l’un ni l’autre ne souhaite non plus une dissolution. Ce qui les condamne soit à participer au prochain gouvernement, soit à ne pas le censurer. Pour sortir le pays du blocage, « le prochain premier ministre devra construire un accord de Retailleau à Faure, résume un proche du chef de l’Etat. Ce sont eux qui ont les clés du coffre-fort ». Reste à Emmanuel Macron à trouver l’oiseau rare capable de construire cet accord. A cet égard, le chef de l’Etat n’a pas renoncé à la tentation de nommer l’un de ses proches à Matignon, qui aurait pour principale qualité d’amadouer les élus socialistes sans perdre les bénéfices de l’alliance gouvernementale nouée avec Les Républicains.

      Emmanuel Macron repart ainsi dans sa quête d’un équilibre politique introuvable depuis sa dissolution incomprise, qui l’a privé de majorité. Plusieurs voix s’élèvent dans le camp gouvernemental pour exhorter le chef de l’Etat à un « renversement profond de méthode ». A droite et au centre, les parlementaires exigent un « accord de gouvernement » ou « programme de travail », comme préalable à la formation du prochain gouvernement, ce qui nécessite du temps. « Depuis ces législatives de l’été 2024, je crois que beaucoup de choses ont été faites à l’envers », estime le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, dans un entretien au Parisien, mardi.

      L’ancien premier ministre (de janvier à septembre 2024), en froid avec Emmanuel Macron, souligne la lourde responsabilité de ce dernier dans la crise actuelle. « En réalité, on paie toujours les conséquences de la dissolution, qui a été une véritable bombe à fragmentation dans la vie du pays », regrette-t-il. Le chef du parti présidentiel invite le président de la République à « montrer qu’il est prêt à accepter de partager le pouvoir ».

      **Le RN en embuscade**

      Mais la pression la plus forte est celle exercée par l’extrême droite. La présidente du groupe RN à l’Assemblée, Marine Le Pen, a mis en garde le locataire de l’Elysée contre la tentation de renommer un premier ministre issu du « socle commun ». « Ce choix signerait l’enlisement institutionnel du pays », a-t-elle argué, convaincue que les mêmes causes (une assise parlementaire minoritaire et un couple exécutif démonétisé) produiraient les mêmes effets (une censure sur le budget d’ici au 31 décembre).

      Marine Le Pen se tient en embuscade et martèle que « la dissolution n’est pas une option, mais une obligation » pour Emmanuel Macron. Cette volonté de hâter de nouvelles échéances électorales n’est pas étrangère au calendrier judiciaire de la députée du Pas-de-Calais, qui a appris, lundi, que son procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens se tiendrait du 13 janvier au 12 février 2026. Condamnée en première instance, en mars, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, la présidente du RN cherche la parade pour maintenir sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, malgré ses déboires judiciaires.

      Réclamée par Marine Le Pen, la dissolution est aussi jugée inévitable, à plus ou moins long terme, par plusieurs responsables politiques. Le maire du Havre (Seine-Maritime) et président d’Horizons, Edouard Philippe, redoutait, le 27 août, « que la dissolution, si la confiance n’est pas votée [le 8 septembre], finisse par devenir inéluctable ». Emmanuel Macron « fera la dissolution parce qu’il ne pourra pas faire autrement », professait Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence à Bruxelles, le 2 septembre.

      Mais la dissolution de l’Assemblée est une aventure dans laquelle Emmanuel Macron n’entend pas se lancer, à dix-huit mois de l’élection présidentielle. Le camp macroniste, en chute libre dans les sondages, risquerait de sortir laminé de nouvelles élections législatives. Le RN, en revanche, pourrait sortir renforcé, voire majoritaire, et ne cache plus son intention de précipiter, dans cette hypothèse, la démission d’Emmanuel Macron.

    2. Chapeltok on

      On peut lui reconnaître une qualité : il est persévérant.

    3. Vaestmannaeyjar on

      >Le ministre de l’intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, a réitéré ses menaces de non-participation à *« un gouvernement qui aurait comme premier ministre le Parti socialiste »*

      Parce que Retailleau croit qu’il serait appelé par un premier ministre socialiste ? #paslegorafi

    4. Attal a l’air bien plus en phase avec la réalité que Macron… quelque part c’est rassurant, si dans son propre parti ils disent qu’il fait de la merde il va bien finir par devoir concéder que le jeu ne lui appartient plus.

      C’est quand même fou d’être aussi incapable de comprendre qu’on reste fondamentalement un régime parlementaire et que dans ce genre de situation le président ne peut pas imposer quelqu’un au parlement.

    5. LonelyDShadow on

      Macron : a vu et s’en tamponne, je pense pas me tromper en disant ça

    6. Je le vois comme l’électricien qui change les fusibles. Il va tenir comme ça jusqu’à la fin de son mandat en continuant de se foutre de notre gueule et on retiendra le naufrage de son 2eme mandat et comment il aura pavé le chemin de l’Elysée et de l’AN au RN bien aidé par tous les médias de ses amis milliardaires

    7. RaWRatS31 on

      La masculinité vulnérable d’un chef d’état qui pense en bon bonapartiste qu’une stratégie guerrière permet la manipulation des masses et une maîtrise des priorités économiques.

    8. Il s’en fou d’être vulnérable. Il est médiocre et s’accroche a un poste pour lequel il n’a pas les qualités nécessaires. Il ne lâchera l’Élysée que si le peuple l’extirpe par la force…

    9. CcChaleur on

      Ça fait des années qu’il est vulnérable mais il s’agrippe au pouvoir comme le bigorneau adhère au rocher.

    10. Artyparis on

      Fin de règne depuis la dissolution.

      Il incarne le passé et le fréquenter, lui qui est rejeté de tous, est un handicap.

      Ca va être long jusqu’aux Présidentielles. Et le suite serait peut-être encore pire.

    11. chieftichakeef on

      Y’a pas une loi qui dit qu’après x échecs de gouvernement le président dégage ? Si non faudrait l’inventer..

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