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    4 commenti

    1. VeganBaguette on

      C’est une bonne nouvelle pour la santé publique. La France se situe désormais en dessous de la moyenne européenne en matière d’usage de drogues chez les adolescents. De manière générale, la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis des jeunes de 16 ans a drastiquement diminué en 10 ans en Europe. C’est ce que révèle l’enquête ESPAD (European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs), dont les résultats pour 2024 ont été publiés ce jeudi par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Menée tous les quatre ans, l’étude a interrogé plus de 110 000 jeunes de 16 ans de 37 pays européens, dont 3 376 Français. Les conclusions de ce point d’étape sont claires : la consommation de substances psychoactives recule partout en Europe, mais la baisse est particulièrement marquée en France.

      « Les chiffres sont encourageants », souligne Guillaume Airagnes, directeur de l’OFDT. Et la tendance est durable : « Le phénomène est apparu dans les années 2010, et depuis, on observe des baisses continues », développe le docteur en médecine. Mais la vigilance reste bien de mise. « Les niveaux de consommation d’alcool sont encore très inquiétants », alerte ce dernier. En effet, 7 jeunes Français sur 10 (68 %) avaient déjà bu de l’alcool. Autant de filles (70 %), que de garçons (67 %), une première. Et près d’un quart (22 %) rapportait un épisode d’alcoolisation ponctuelle importante (API) dans le mois ayant précédé l’enquête, réalisée entre avril et juin 2024.

      Le tabac en chute libre
      Maria Melchior, épidémiologiste et chercheuse à l’Inserm, rappelle les risques de ces excès : « La consommation excessive d’alcool à l’adolescence constitue une porte d’entrée vers des usages problématiques à l’âge adulte. Elle est aussi associée à des risques immédiats : accidents, violences, agressions sexuelles. » Malgré cela, la France figure tout de même dans le tiers des pays européens affichant la plus faible consommation de boissons alcoolisées.

      En 10 ans, la proportion de fumeurs quotidiens à 16 ans a en revanche été divisée par cinq, passant d’environ 16 % en 2015 à 3,1 % en 2024. Ainsi, la France se place parmi les pays européens qui en comptent le moins, aux côtés d’une dizaine d’autres, principalement nordiques. L’expérimentation de la cigarette elle-même a aussi fortement baissé : un cinquième des jeunes Français de 16 ans en a déjà allumé une, contre plus d’un tiers en moyenne en Europe. En Hongrie par exemple, cela concerne plus de la moitié des répondants (51 %).

      Le recul est encore plus marqué du côté du cannabis. La France, longtemps en tête en Europe, est désormais parmi les pays où les jeunes en consomment le moins. En 10 ans, la proportion de jeunes de 16 ans en ayant déjà consommé au moins une fois est passée de 31 % en 2015 à 8,4 % en 2024. L’usage au cours du dernier mois a suivi la même pente, passant de 17 % à 4,3 %, soit son niveau le plus bas depuis 25 ans. Des chiffres “spectaculaires” selon l’OFDT. Une évolution qui pourrait s’expliquer directement par la baisse du tabagisme. « La consommation de cannabis à l’adolescence va souvent avec la consommation de tabac », précise Maria Melchior. Les autres drogues illicites attirent aussi beaucoup moins les jeunes : en 2024, ils étaient 3,9 % à en avoir déjà expérimenté en France, contre 7,5 % en 2015, un chiffre en dessous de la moyenne européenne (5 %).

      Le défi des inégalités sociales
      Augmentation du prix des cigarettes, expansion des zones sans tabac, interdiction de vente de tabac et d’alcool aux mineurs… « Les politiques publiques qui ont été mises en œuvre pour réduire l’entrée dans les consommations chez les jeunes montrent leur efficacité », constate Guillaume Airagnes. À cela s’ajoutent, la « dénormalisation » progressive du tabagisme, ou encore l’évolution des modes de socialisation des ados : « Les jeunes se retrouvent de moins en moins physiquement, mais de plus en plus à travers leurs écrans et les réseaux sociaux, ce qui réduit les occasions de consommation. » Pour Maria Melchior, ces chiffres traduisent bien une mutation des comportements adolescents. « Les soirées très arrosées, tester différentes substances… Ce qui faisait partie des rites de passage à l’adolescence il y a 20 ans l’est peut-être moins aujourd’hui. »

      Malgré ces chiffres rassurants, un autre point de vigilance demeure : les adolescents qui continuent de consommer régulièrement sont souvent ceux issus de milieux plus fragiles. « Le challenge va être d’atteindre ces jeunes, qui sont souvent éloignés des dispositifs de prévention et du système de santé, afin qu’ils ne basculent pas vers des consommations à risque », prévient Maria Melchior. Et l’épidémiologiste de rappeler : « La prévention se joue à l’adolescence. »

    2. Touillette on

      >Le tabac en chute libre

      J’espère que cette étude prend en compte les puffs.

      Par ailleurs, plutôt content de voir que la génération qui vient consomme de psychotropes, bravo à elleux.

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