Le Monde (site web)
dimanche 21 septembre 2025 890 mots
Abandons de chats et de chiens : les associations d’accueil débordées
Une enquête menée par la SPA auprès de 800 structures d’accueil dessine un portrait inquiétant. Les chats, dont la reproduction n’est pas maîtrisée, sont les principaux animaux accueillis. Parmi les chiens, ceux d’attaque ou de défense sont surreprésentés.
Faute de places disponibles, quelque 38 000 animaux abandonnés en France n’ont pas pu être pris en charge en 2024, selon un recensement auprès de 800 refuges et associations de protection animale effectué par la Société protectrice des animaux (SPA).
Déclaratif et non exhaustif, ce chiffre à prendre avec précaution laisse toutefois entrevoir l’ampleur de la saturation des structures d’accueil d’animaux en France. Dans cette étude publiée jeudi 18 septembre avec la fondation Affinity (du fabricant de nourriture animale Ultima), la SPA décrit un système de prise en charge associatif débordé par des abandons toujours très nombreux.
Sans surprise, les chats représentent les trois quarts des animaux accueillis dans ces structures, en cohérence avec les données nationales puisque les foyers français détiennent environ 16,6 millions de chats et un peu moins de 10 millions de chiens.
Parmi les félins recueillis, ceux issus de l’errance sont majoritaires. « Il y a un vrai problème avec la non-maîtrise de la reproduction des chats, qu’il s’agisse des chats errants comme des chats non stérilisés [ayant] de[s] propriétaires », commente Anne Souin, cheffe du service Etude et recherche de la SPA. Les abandons directs représentent 40 % des félins recueillis dans les structures interrogées par la SPA.
« Défaillances éducatives »
Aux premiers rangs des motifs d’abandon déclarés par les propriétaires – qui peuvent vouloir enjoliver les raisons de la cession – figurent les ruptures de vie (séparation, déménagement…), devant la perte de capacité physique des cédants et les portées non désirées. « La part des portées non désirées reste incompréhensible, estime Anne Souin. On ne laisse pas sortir un animal non stérilisé en sachant qu’il risque de revenir avec des petits. »
Concernant les chiens, le phénomène de l’errance est beaucoup plus marginal. Le premier motif d’abandon déclaré est l’incapacité physique du propriétaire, devant les accidents de vie puis les problèmes de comportement de l’animal.
« De nombreuses études montrent que ces problèmes sont souvent liés à des défaillances éducatives et à une méconnaissance des besoins de l’animal, fait valoir Anne Souin. Certains vont acheter un chien, non pas sur la base de ce qu’ils peuvent lui apporter, mais sur l’apparence physique, voire sur la dimension statutaire de l’animal. »
L’étude ne distingue pas les races, mais les associations constatent une surreprésentation dans les abandons des chiens de catégorie 1 ou 2 – les chiens d’attaque ou de défense, comme les rottweilers ou les pitbulls, pour lesquels l’adoption est soumise à des règles plus strictes voire interdite.
Au moins une pathologie
Les durées de placement d’animaux varient de six mois en moyenne pour les chats, à huit mois pour les chiens, avec de fortes variations : les chiots et les chatons en bonne santé sont facilement adoptés, tandis que des animaux âgés ou en mauvaise santé peuvent rester plusieurs années en refuge. Ces prises en charge longues mettent en difficulté nombre d’associations, notamment les petites structures s’appuyant intégralement sur du bénévolat. « L’étude souligne la situation critique de la protection animale, note Anne Souin : 86 % des associations interrogées se disent inquiètes pour l’avenir, et craignent de manquer de moyens, humains et financiers. »
L’enquête de la SPA montre à cet égard une donnée préoccupante : 10 % des animaux recueillis présentent au moins une pathologie. « Ce chiffre vient étayer nos constats de terrain, notamment la forte hausse des coûts vétérinaires pour les petites associations », commente Katia Renard, présidente de Solidarité-Peuple-Animal, tête de pont d’environ 600 organisations de familles d’accueil et qui est à l’initiative de la Journée mondiale de lutte contre l’abandon des animaux de compagnie.
« 203 000 abandons en 2024 »
Avec un regard extérieur sur l’étude, Katia Renard juge l’alerte de la SPA bienvenue, même si les chiffres doivent être pris avec prudence, certains abandons pouvant être enregistrés auprès de plusieurs associations.
« Les données les plus fiables dont on dispose, précise la responsable associative, sont celles issues du fichier officiel d’identification, qui évalue à 203 000 le nombre d’abandons en 2024 (après deux années à plus de 300 000 abandons dans la période post-Covid-19). »
Pour enrayer le phénomène des abandons, la SPA appelle à renforcer les efforts d’identification et de gestion des populations, notamment par la stérilisation, et à lutter contre la marchandisation des animaux. « Il faut couper le robinet à la source, l’acquisition doit être réfléchie, complète Katia Renard. On a interdit les ventes en animalerie, mais on peut maintenant acheter des animaux en click and collect ! » Rapporteur à l’Assemblée nationale de la loi de lutte contre les maltraitances animales de 2021, l’ancien député Renaissance Loïc Dombreval reconnaît que cette législation n’a pas produit les effets escomptés.
Le texte prévoyait notamment d’encadrer les acquisitions d’animaux, en interdisant certains circuits de vente et en introduisant un certificat d’engagement. « De ce point de vue, la loi est ratée. Le certificat d’engagement est trop facilement contourné, c’est du pipeau », admet l’ancien élu.
Cet article est paru dans Le Monde (site web)
canteloupy on
Les chatons c’est mignon donc pas mal de gens s’en foutent d’en avoir.
Après si le chat est malade et vieux franchement je pense qu’on en fait tout un fromage mais c’est normal que les gens ne l’adoptent pas et je ne vois pas le problème de l’euthanasie si c’est bien fait. On est dans une société hypocrite où on mange des kg de viande mais on s’émeut pour des chats. Qui eux même consomment obligatoirement de la viande…
Due_Clue118 on
Il faut responsabiliser les propriétaires d’animaux. Et ça passe par des lois, rendre l’enregistrement obligatoire, pénaliser l’abandon ect.
J’habite aux pays bas et Amsterdam a même un programme pour les personnes à revenu faible qui leur permet d’aller chez le vétérinaire à bas coût pour toutes les opérations et visites importantes, dont stérilisation.
Je ne crois pas avoir vu d’animaux abandonnés et errants ici et je peux me tromper.
Il existe toujours des personnes irresponsables mais en majorité les gens sont responsables.
Je comprends pas pourquoi en France on trouve ça encore normal, un animal c’est un engagement très long terme. Quand il est malade tu le soignes, et tu t’en débarrasse pas au premier problème.
On a eu des soucis avec un de nos chats qui était stressé et pissait sûr le parquet. Ben on a tout fait pour trouver une solution, et on a jamais pensé à s’en débarrasser car il fajt partie de la famille.
Faite stériliser vos animaux, ce ne sont pas des peluches !!
Deskais on
Interdire l’achat et l’élevage de chiens pour la vente est la seule option.
5 commenti
On ne le répètera jamais assez : faites stériliser votre chat.
Article complet disponible ici : [https://archive.ph/ouIIs](https://archive.ph/ouIIs)
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Abandons de chats et de chiens : les associations d’accueil débordées
Une enquête menée par la SPA auprès de 800 structures d’accueil dessine un portrait inquiétant. Les chats, dont la reproduction n’est pas maîtrisée, sont les principaux animaux accueillis. Parmi les chiens, ceux d’attaque ou de défense sont surreprésentés.
Faute de places disponibles, quelque 38 000 animaux abandonnés en France n’ont pas pu être pris en charge en 2024, selon un recensement auprès de 800 refuges et associations de protection animale effectué par la Société protectrice des animaux (SPA).
Déclaratif et non exhaustif, ce chiffre à prendre avec précaution laisse toutefois entrevoir l’ampleur de la saturation des structures d’accueil d’animaux en France. Dans cette étude publiée jeudi 18 septembre avec la fondation Affinity (du fabricant de nourriture animale Ultima), la SPA décrit un système de prise en charge associatif débordé par des abandons toujours très nombreux.
Sans surprise, les chats représentent les trois quarts des animaux accueillis dans ces structures, en cohérence avec les données nationales puisque les foyers français détiennent environ 16,6 millions de chats et un peu moins de 10 millions de chiens.
Parmi les félins recueillis, ceux issus de l’errance sont majoritaires. « Il y a un vrai problème avec la non-maîtrise de la reproduction des chats, qu’il s’agisse des chats errants comme des chats non stérilisés [ayant] de[s] propriétaires », commente Anne Souin, cheffe du service Etude et recherche de la SPA. Les abandons directs représentent 40 % des félins recueillis dans les structures interrogées par la SPA.
« Défaillances éducatives »
Aux premiers rangs des motifs d’abandon déclarés par les propriétaires – qui peuvent vouloir enjoliver les raisons de la cession – figurent les ruptures de vie (séparation, déménagement…), devant la perte de capacité physique des cédants et les portées non désirées. « La part des portées non désirées reste incompréhensible, estime Anne Souin. On ne laisse pas sortir un animal non stérilisé en sachant qu’il risque de revenir avec des petits. »
Concernant les chiens, le phénomène de l’errance est beaucoup plus marginal. Le premier motif d’abandon déclaré est l’incapacité physique du propriétaire, devant les accidents de vie puis les problèmes de comportement de l’animal.
« De nombreuses études montrent que ces problèmes sont souvent liés à des défaillances éducatives et à une méconnaissance des besoins de l’animal, fait valoir Anne Souin. Certains vont acheter un chien, non pas sur la base de ce qu’ils peuvent lui apporter, mais sur l’apparence physique, voire sur la dimension statutaire de l’animal. »
L’étude ne distingue pas les races, mais les associations constatent une surreprésentation dans les abandons des chiens de catégorie 1 ou 2 – les chiens d’attaque ou de défense, comme les rottweilers ou les pitbulls, pour lesquels l’adoption est soumise à des règles plus strictes voire interdite.
Au moins une pathologie
Les durées de placement d’animaux varient de six mois en moyenne pour les chats, à huit mois pour les chiens, avec de fortes variations : les chiots et les chatons en bonne santé sont facilement adoptés, tandis que des animaux âgés ou en mauvaise santé peuvent rester plusieurs années en refuge. Ces prises en charge longues mettent en difficulté nombre d’associations, notamment les petites structures s’appuyant intégralement sur du bénévolat. « L’étude souligne la situation critique de la protection animale, note Anne Souin : 86 % des associations interrogées se disent inquiètes pour l’avenir, et craignent de manquer de moyens, humains et financiers. »
L’enquête de la SPA montre à cet égard une donnée préoccupante : 10 % des animaux recueillis présentent au moins une pathologie. « Ce chiffre vient étayer nos constats de terrain, notamment la forte hausse des coûts vétérinaires pour les petites associations », commente Katia Renard, présidente de Solidarité-Peuple-Animal, tête de pont d’environ 600 organisations de familles d’accueil et qui est à l’initiative de la Journée mondiale de lutte contre l’abandon des animaux de compagnie.
« 203 000 abandons en 2024 »
Avec un regard extérieur sur l’étude, Katia Renard juge l’alerte de la SPA bienvenue, même si les chiffres doivent être pris avec prudence, certains abandons pouvant être enregistrés auprès de plusieurs associations.
« Les données les plus fiables dont on dispose, précise la responsable associative, sont celles issues du fichier officiel d’identification, qui évalue à 203 000 le nombre d’abandons en 2024 (après deux années à plus de 300 000 abandons dans la période post-Covid-19). »
Pour enrayer le phénomène des abandons, la SPA appelle à renforcer les efforts d’identification et de gestion des populations, notamment par la stérilisation, et à lutter contre la marchandisation des animaux. « Il faut couper le robinet à la source, l’acquisition doit être réfléchie, complète Katia Renard. On a interdit les ventes en animalerie, mais on peut maintenant acheter des animaux en click and collect ! » Rapporteur à l’Assemblée nationale de la loi de lutte contre les maltraitances animales de 2021, l’ancien député Renaissance Loïc Dombreval reconnaît que cette législation n’a pas produit les effets escomptés.
Le texte prévoyait notamment d’encadrer les acquisitions d’animaux, en interdisant certains circuits de vente et en introduisant un certificat d’engagement. « De ce point de vue, la loi est ratée. Le certificat d’engagement est trop facilement contourné, c’est du pipeau », admet l’ancien élu.
Cet article est paru dans Le Monde (site web)
Les chatons c’est mignon donc pas mal de gens s’en foutent d’en avoir.
Après si le chat est malade et vieux franchement je pense qu’on en fait tout un fromage mais c’est normal que les gens ne l’adoptent pas et je ne vois pas le problème de l’euthanasie si c’est bien fait. On est dans une société hypocrite où on mange des kg de viande mais on s’émeut pour des chats. Qui eux même consomment obligatoirement de la viande…
Il faut responsabiliser les propriétaires d’animaux. Et ça passe par des lois, rendre l’enregistrement obligatoire, pénaliser l’abandon ect.
J’habite aux pays bas et Amsterdam a même un programme pour les personnes à revenu faible qui leur permet d’aller chez le vétérinaire à bas coût pour toutes les opérations et visites importantes, dont stérilisation.
Je ne crois pas avoir vu d’animaux abandonnés et errants ici et je peux me tromper.
Il existe toujours des personnes irresponsables mais en majorité les gens sont responsables.
Je comprends pas pourquoi en France on trouve ça encore normal, un animal c’est un engagement très long terme. Quand il est malade tu le soignes, et tu t’en débarrasse pas au premier problème.
On a eu des soucis avec un de nos chats qui était stressé et pissait sûr le parquet. Ben on a tout fait pour trouver une solution, et on a jamais pensé à s’en débarrasser car il fajt partie de la famille.
Faite stériliser vos animaux, ce ne sont pas des peluches !!
Interdire l’achat et l’élevage de chiens pour la vente est la seule option.