Bernard Arnault in “Le Monde”, di un giovane imprenditore “pari a un capo di stato” [Février 2025]

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/02/08/bernard-arnault-dans-le-monde-de-jeune-entrepreneur-a-egal-d-un-chef-d-etat_6537558_4500055.html

    di PasSiAmusant

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    15 commenti

    1. PasSiAmusant on

      #Bernard Arnault dans « Le Monde », de jeune entrepreneur à « égal d’un chef d’Etat »

      Le milliardaire a critiqué le projet de surtaxe des grandes entreprises françaises, qui pousserait à la délocalisation. La première fois que le journal du soir mentionne l’homme d’affaires, c’est le 31 janvier 1981, lors de la cession du mensuel « Le Chasseur français », que le trentenaire venait alors d’acquérir.

      Bernard Arnault a subi deux « douches froides » ces derniers temps. La première, en découvrant le projet du gouvernement de François Bayrou d’assujettir les grandes entreprises à une surtaxe d’impôt sur les sociétés dans le budget 2025. « Pour pousser à la délocalisation, c’est idéal », a grincé le PDG de LVMH, le 28 janvier, évoquant une « douche froide » en comparaison des baisses d’impôts massives promises par Donald Trump aux Etats-Unis.

      Un second torrent glacé a aussitôt suivi, de réactions outrées, cette fois, sur l’air de la trahison des intérêts nationaux. Le ton est monté si fort – de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet (« les rats quittent le navire »), au baron de la grande distribution Michel-Edouard Leclerc (« un chantage ») – que le milliardaire s’est senti obligé de réagir. « C’est précisément parce que j’aime la France (…) que j’ai tenu à alerter sur des mesures qui me paraissent en tous points contre-productives », a-t-il affirmé, sur X.

      La première fois que Bernard Arnault a fait parler de lui dans Le Monde, en tout cas, c’est à propos d’un monument du patrimoine tricolore : Le Chasseur français, journal aussi célèbre pour ses photos de sangliers que ses petites annonces matrimoniales. Le 31 janvier 1981, une brève signale la cession de ce « mensuel considéré souvent comme le fleuron de Manufrance (650 000 exemplaires en juin 1979) » par son patron de l’époque, un certain Bernard Tapie.

      L’acquéreur – la société Férinel, ex-entreprise de travaux publics, désormais spécialisée dans la promotion immobilière – est dirigé par « M. Bernard Arnault, 31 ans, fils du président fondateur ». Un jeune entrepreneur qui s’expatriera sans bruit aux Etats-Unis, quelques mois plus tard, en réaction à l’élection de François Mitterrand et à son programme de nationalisations.

      ### Le luxe, voilà la grande affaire

      Bernard Arnault, pourtant, trouve rapidement à s’entendre avec le nouveau pouvoir socialiste. Ce dernier lui accorde, en 1984, la reprise du groupe fondé par Marcel Boussac, le « roi du coton », propriétaire notamment de Christian Dior et du Bon Marché. Un empire placé sous tutelle de l’Etat en raison de graves difficultés financières. Le plan présenté par Bernard Arnault, note le journaliste André Dessot, le 19 décembre 1984, « donne à l’industrie française du textile l’occasion inespérée de trouver un nouveau souffle pour se réorganiser dans les trois directions qui sont les activités de Boussac : l’habillement, le décor et le linge de maison ».

      Deux mois plus tard, le 1er février 1985, son nouveau PDG accorde sa première interview au Monde pour détailler sa stratégie, entre investissements dans ses usines françaises et ouverture de bureaux à l’étranger. « Nous nous efforcerons de réaliser ce plan sans trop de conséquences graves sur l’emploi », promet Bernard Arnault. Las, le groupe sacrifie 6 000 salariés en deux ans. Mais le redressement est en vue.

      La réouverture de la boutique Dior, avenue Montaigne, en 1987, en présence du premier ministre de l’époque, Jacques Chirac, est le symbole de ce nouvel essor. Le luxe, voilà la grande affaire de Bernard Arnault, auquel Josée Doyère consacre un portrait, le 21 mars 1987. « Dans un visage triangulaire et aigu sous un grand front de fort en thème, accentué par une épaisse chevelure châtain, l’œil est attentif. Et l’on sent qu’il accorde la même attention captive à ses affaires qu’à ses plaisirs », écrit-elle. Le piano, en particulier, auquel ce polytechnicien regrette de ne pouvoir consacrer qu’un quart d’heure par jour. « Je suis encore capable de jouer à la file les douze études de Chopin », souligne-t-il toutefois. « Fasciné par l’Amérique », rapporte Josée Doyère, le patron cultive l’âme d’un raider sous des dehors « toujours courtois, très vieille France ».

      Le trentenaire est sans cesse à l’affût d’une entreprise à racheter – comme Céline – ou d’un créateur à débaucher, à l’image de Christian Lacroix. Il devient, en 1988, premier actionnaire de LVMH, leader français des industries de luxe, né du mariage entre le bagagiste Louis Vuitton et l’alcoolier Moët Hennessy.

      ### Habiles montages juridiques

      Quelques mois plus tard, le voilà bombardé PDG à l’issue d’une âpre lutte de pouvoir. Une « carrière éclair » que Françoise Chirot attribue à « un solide sens des opportunités et une formidable agilité financière », qui le voit échafauder d’habiles montages juridiques avec son bras droit, Pierre Godé. « Sans compter la volonté farouche d’être toujours le premier de la classe », souligne la journaliste, le 21 janvier 1989. « Pour conforter sa victoire, ajoute-t-elle, Bernard Arnault, le brillant financier, le fin stratège, devra maintenant montrer qu’il sait aussi imaginer des projets industriels et animer des équipes. »

      Avec 6,4 milliards de francs de résultat net, LVMH devient, en 1994, champion français des bénéfices. Son PDG achète à tours de bras, dans le monde entier. Mais le reproche lui est fait d’agglomérer plutôt que de créer. « Les entrepreneurs financiers des années 1980, comme Bernard Arnault ou François Pinault, ont fédéré ou restructuré des secteurs économiques, mais ils n’ont rien inventé, relève Arnaud Leparmentier, le 19 octobre 1996. Depuis les débuts des années 1970, la France n’a pas eu de Steve Jobs, créateur d’Apple, ou de Bill Gates, fondateur de Microsoft. »

      Son affrontement avec François Pinault dans le luxe et les arts nourrit la chronique. D’un côté, il y a « Pinault-le-terrien », breton « quasi autodidacte », comme le décrit Pascal Galinier, le 7 juin 2000, quand, de l’autre, « Arnault-le-mondain semble fasciné par les vedettes du showbiz et du gotha que ses créateurs habillent » et « ne dédaigne pas, à l’occasion, poser dans Paris Match ». « Il aime les trophées. A son niveau, c’est un jeu. Ce n’est pas mon trip, mais je comprends », lâche à son sujet le créateur Karl Lagerfeld dans un portrait que Cécile Ducourtieux consacre au milliardaire le 11 juillet 2007. Bernard Arnault cherche alors à vendre La Tribune pour acquérir Les Echos, le numéro un de la presse économique.

      ### Première fortune de l’Hexagone

      Cet ami des politiques, de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron, sait que l’influence se conquiert. « M. Arnault n’a pas peur des bras de fer, des combats juridico-financiers », rappelle Nicole Vulser, le 11 septembre 2012, au moment où l’entrepreneur envisage de prendre la nationalité belge en plein débat sur la taxation, en France, des hauts revenus.

      Première fortune de l’Hexagone, il décroche régulièrement, depuis 2019, le titre d’homme le plus riche au monde à la faveur des variations de la Bourse. Un statut utile pour faire fructifier ses intérêts. S’il a intégré ses enfants à la conduite des affaires de son groupe, « c’est lui, le patriarche, qui parle avec la Maison Blanche », soulignent Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider, le 28 juillet 2021, à l’heure d’évoquer sa succession. « Bernard Arnault est considéré à l’égal d’un chef d’Etat », ajoutent Solenn de Royer et Elsa Conesa, le 8 août 2023, dans une enquête consacrée à LVMH, cet « Etat dans l’Etat ». Ce qui n’empêche pas, parfois, de se prendre une douche froide.

    2. OursGentil on

      C’est pas marqué dans l’article que c’est un mec issu de la m’héritocratie.

    3. AzuNetia on

      “jeune entrepreneur”, c’est comme ça qu’on appelle un fils d’un père qui a hérité de la direction de l’entreprise de beau-papa ?

    4. IntentionCool2832 on

      Attention Le Monde, il t’en reste un peu sur le coin de la bouche.

    5. Le Story telling pour vendre la bourgeois m’épatera toujours … Limite ils vont dire qu’il était un petit fermier des vosges …

    6. Bah, lui qui disait le mois dernier que Le Monde était un journal de gauchos… maintenant il se fait lêcher les bottes. Serait-ce parce que le journal appartient à son gendre ?

    7. Nono6768 on

      Je trouve que vous êtes un peux durs avec Bernard. il a pas seulement hérité, il a aussi arnaqué le gouvernement en reprenant Boussac pour un franc symbolique et en virant tout le monde

    8. Pour rappel, ce type est un fils à papa qui est juste arrivé à la direction de l’entreprise familiale et qui, suite à l’élection de François Mitterrand, vend une partie de ses actifs et c’est barré au U.S par peur des bolchéviques (lol). Il se foire lamentablement au U.S et revient en France la queue entre les pâtes. Il passe dans le luxe en réussissant à racheter l’entreprise Bessac, alors qu’il y avait des offres bien plus sérieuses, mais lui avait des petits potes au gouvernement. Fun fact, une des conditions du rachat c’était la promesse (croix de bois croix de fer) qu’il éviterait les licenciements. Une fois le rachat c’est une des premières choses qu’il fait. Tout est sur wikipedia et facilement retrouvable : [https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Arnault#Carri%C3%A8re](https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Arnault#Carri%C3%A8re)

      Son succès, c’est 100% du népotisme, héritage et corruption. Bref le classique. 0 méritocratie.

    9. Hamtagros on

      A lire l’article sur mediapart qui démystifie beaucoup les pseudo qualité d’entrepreneur du gars, qui était plutôt “doué” pour l’évasion fiscale, traîner ses concurrents dans la boue et avoir des bonnes relations dans le gvt.

    10. Martial_Canterel on

      Du nepotisme à l’ingérance. Ca sonne mieux. De rien.

    11. C’est selon moi l’un des plus gros problèmes de notre démocratie. Le débat public est faussé par ces milliardaires et leurs proches qui rachètent tous les canaux d’information. On est des millions à parler politique au téléphone, entre amis, aux repas de famille (déconseillé),.. et c’est une démarche saine, c’est une composante du débat public. Eux, leur équivalent, c’est d’influencer les lignes éditoriales de journaux, chaînes télévisées, magazines suivis par des centaines de milliers ou des millions de personnes, pour balader le débat public au gré de leurs envies. Bolloré, Arnault, Niel, Saadé, Drahi, Dassault sont en train de se partager le paysage médiatique français, de virer tous ceux qui s’alignent pas avec leurs opinions politiques, et l’État est, globalement, impuissant.

      Bien sûr, ça aurait pu être pire, et les médias français être rachetés par des milliardaires russes ou autres, mais ça reste très problématique.

    12. bouleEtBen on

      j’aimerai citer un article de mediapart : [Bernard Arnault, porte-voix radicalisé du capital](https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/220925/bernard-arnault-porte-voix-radicalise-du-capital) (désolé, paywall)

      dans lequel est retracé une partie de l’histoire du bonhomme, quelques morceaux choisis :

      >Tout a commencé avec la reprise de l’empire Boussac, vaste empire textile tombé en faillite. Candidat imprévu à la reprise, il réussit à l’arracher avec l’aide d’Antoine Berheim, puissant associé-gérant de la banque Lazard, qui a ses entrées dans tous les cercles du pouvoir. Avec, aussi, le soutien financier du Crédit lyonnais, alors banque nationalisée, qui lui apporte les crédits nécessaires au montage financier de la reprise, Bernard Arnault n’ayant que 90 millions de francs à investir, pris sur les fonds de la société immobilière familiale Ferinel, à l’insu de son père.

      >Bernard Arnault s**’engage à maintenir 12 000 emplois au moins sur les 15 000** du groupe Boussac, en contrepartie de plus de **1,5 milliard de francs d’aides publiques**.

      >Trois ans plus tard, la **quasi-totalité** des activités du groupe ont été **liquidées**, Arnault ne conservant qu’une partie […] jugées les plus intéressantes, aux côtés de Dior Couture et du Bon Marché.
      **Plus de 11 000 emplois directs sont supprimés** dans ce laps de temps.

      […]

      >Au moment de la faillite de la banque [crédit lyonnais] en 1992, Bernard Arnault (comme Bolloré ou Pinault de leur côté) en profite pour racheter cette participation à vil prix et effacer une partie de sa dette.

      […]

      >Bernard Arnault est l’exemple de ce qu’il ne fallait pas faire pendant la bulle internet. En 1999, il crée ainsi un fonds spécialisé, nommé Europ@web, et plusieurs sociétés, dont Liberty Surf et eLuxury. En moins de dix-huit mois, le fonds perd plus de 500 millions d’euros. Toutes les sociétés sont en difficulté. Mais la faillite la plus flagrante est celle de Zebank, une plateforme de services bancaires, créée avec la participation de Dexia, banque publique emportée dans la crise de 2008.

      […]

      >Bernard Arnault […] devient bientôt le premier actionnaire du groupe de distribution, qui est un des premiers bénéficiaires du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).

      […]

      >Son expérience de promoteur aux États-Unis a tourné au fiasco.

      […]

      >La transformation de la Samaritaine […] n’est guère plus concluante.

      Est ce que justement il ne faudrait pas sortir les richesses des mains de cet hommes, pour le réinvestir plus intelligemment dans l’économie (Française), et enfin initier le ruissèlement si cher à notre président et si peu visible par tout les observateurs?

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