
Libano: un anno dopo la morte di Hassan Nasrallah, Hezbollah, si è indebolito, rifiuta di disarmare
https://www.lemonde.fr/international/article/2025/09/29/liban-un-an-apres-l-assassinat-de-hassan-nasrallah-le-hezbollah-affaibli-affiche-sa-resilience_6643324_3210.html
di SowetoNecklace
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**Malgré l’absence de charisme de Naïm Qassem, l’actuel chef du mouvement armé chiite, allié de l’Iran, la formation se réorganise, refusant de se muer en un simple parti politique et d’abandonner les armes, et prônant toujours la lutte contre Israël.**
Une foule de sympathisants s’est regroupée, samedi 27 septembre, autour du mausolée de Hassan Nasrallah, le chef historique du Hezbollah, lors d’une cérémonie organisée dans la banlieue sud de Beyrouth par le mouvement armé chiite libanais, un an après que le leader a été tué dans de massives frappes israéliennes. Deux autres commémorations ont eu lieu les jours précédents, dont l’une, controversée, sur le front de mer de la capitale libanaise.
Au long de cette séquence, le Hezbollah, allié de l’Iran, a montré sa capacité de mobilisation, toujours forte, et mis en scène son endurance, malgré ses lourds revers lors de la guerre de l’automne 2024 avec Israël. *« L’ennemi n’a pas réussi à briser le Hezbollah, ni par les assassinats, ni par la guerre, ni par la politique »*, a affirmé l’actuel chef de l’organisation, Naïm Qassem, samedi, dans un discours prononcé à distance. Sur les lieux de la cérémonie figuraient, sur une grande affiche, les visages de Hassan Nasrallah, de son successeur désigné, Hachem Safieddine, et de dizaines d’autres cadres, tous éliminés par Israël.
Un an après sa mort, Hassan Nasrallah reste un symbole irremplaçable auprès de la base du parti. Naïm Qassem l’a qualifié d’*« inspirateur des chefs »*. Lui a été propulsé à la tête de la formation en octobre 2024, dans un moment de désorganisation totale, alors que le leadership était décimé. Auprès des sympathisants, il ne peut rivaliser ni par son charisme, ni par ses qualités d’orateur.
**Autorité politique et religieuse**
Mais celui qui a été le numéro deux du Hezbollah pendant plus de trente ans bénéficie d’une autorité politique et religieuse. Il remplit le cahier des charges qui lui a été assigné en interne : assurer la continuité de l’organisation, qui refuse de se muer en un simple parti politique et d’abandonner les armes, et place toujours la lutte contre Israël au cœur de son discours.
*« C’est la période la plus délicate qu’ait connue le Hezbollah de toute son existence. Il est sous pression* [de ses opposants internes et de divers pays, au premier rang desquels les Etats-Unis, allié d’Israël] *pour désarmer. En plus des coups qu’il a subis pendant la guerre de 2024, il doit composer avec la chute du régime Al-Assad* [aux côtés duquel le Hezbollah a combattu dans la guerre en Syrie] », analyse Joseph Daher, chercheur et spécialiste de l’économie politique du Hezbollah. Avec cette chute et l’installation à Damas d’un pouvoir qui lui est hostile, le mouvement a perdu son corridor à travers le territoire syrien pour s’approvisionner en armes.
La formation islamiste, qui a longtemps dominé la vie politique au Liban, est affaiblie militairement. Elle se concentre sur sa réorganisation *« autour des cadres encore vivants. Le parti doit refonder toute sa structure, politique, militaire »*, explique Erminia Chiara Calabrese, chercheuse associée à l’antenne de Beyrouth de l’Institut français du Proche-Orient. Une restructuration difficile à documenter, car le Hezbollah *« est devenu encore plus secret après la vague d’assassinats de ses cadres »*, poursuit la sociologue. Ces éliminations avaient révélé son degré d’infiltration et l’étendue du renseignement israélien.
**Surveillé par les drones israéliens**
L’influence du parrain iranien se serait renforcée au sein de la structure, depuis la décapitation des cadres. Ali Larijani, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, était assis au premier rang lors de la cérémonie de samedi. De même que le Hezbollah n’a pas abandonné la carte militaire, l’Iran n’a pas renoncé à l’idée de l’utiliser dans sa stratégie régionale, estime un observateur.
Des recrues continuent d’être formées, mais le groupe n’a plus la même liberté de déplacement sur le territoire libanais, constamment surveillé par les drones israéliens. Ses membres, principalement dans le sud du Liban, sont régulièrement tués par l’armée israélienne, qui poursuit ses bombardements, en violation du cessez-le-feu du 27 novembre 2024.
En outre, le Hezbollah, qui a établi un vaste réseau d’institutions sociales, outil d’influence au sein de la communauté chiite, a fait preuve d’une certaine résilience. *« Ses institutions* [écoles, hôpitaux…] *continuent de fonctionner, les employés continuent d’être payés*, explique Joseph Daher. *Le Hezbollah, qui tire ses ressources du soutien iranien et d’activités licites et illicites, est certes asphyxié, mais il est toujours là. »*
Elu pour un mandat de quatre ans, Naïm Qassem vit dans la clandestinité. Son manque d’aura parmi les sympathisants du Hezbollah ne devrait pas avoir de conséquences sur la durée de ses fonctions. *« Le Hezbollah n’a aucun intérêt à dévoiler un autre visage aujourd’hui pour prendre les rênes du mouvement, encore moins dans un moment incertain, où une nouvelle attaque israélienne d’envergure n’est pas exclue. Qu’adviendra-t-il, fin décembre, si le désarmement n’a pas eu lieu ? »*, demande Erminia Chiara Calabrese. Beyrouth s’est en effet engagé à ce que l’arsenal du Hezbollah soit totalement supprimé dans la partie sud du pays, proche de la frontière avec Israël, d’ici à la fin de l’année.
**Rangs de la base populaire resserrés**
Au fil des mois, Naïm Qassem est devenu plus audible auprès du public du Hezbollah. Au sortir de la guerre, ses propos sur une *« victoire »* face à Israël avaient fait grincer des dents. Les habitants prenaient alors la mesure de l’étendue des ruines dans les principales régions bombardées par Israël – le Sud, l’Est et la banlieue sud de Beyrouth, où vit la communauté chiite – et fiefs du Hezbollah.
Mais la dynamique enclenchée dès les semaines suivantes a resserré les rangs de la base populaire, étouffant les critiques naissantes sur la responsabilité du parti dans la guerre ou sur le rôle de l’Iran. Le cessez-le-feu n’en est pas un : Israël poursuit ses frappes au quotidien.
Son armée occupe une bande frontalière en territoire libanais, empêchant un retour à une vie normale des villages limitrophes. La focalisation du débat libanais sur les armes du Hezbollah a exacerbé les divisions et transformé la question de cet arsenal militaire en un sujet existentiel pour une grande partie de la communauté chiite, qui craint une marginalisation politique dans un pays pluriconfessionnel. De même, le conditionnement, par les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, de la reconstruction des zones détruites à un désarmement du Hezbollah contribue à un sentiment d’assiègement.
Le parti capitalise sur ces divers points, en misant sur le temps long. Samedi, le président libanais, Joseph Aoun, soulignait que l’Etat était le *« seul détenteur de la légitimité »* et le *« seul garant de la sécurité de tous les Libanais »*. En une fin de non-recevoir, le même jour, Naïm Qassem martelait une nouvelle fois son refus de désarmer.