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    3 commenti

    1. AttilaLeChinchilla on

      Quelques extraits (et bien évidement, pensez à vous abonner au Monde Diplomatique) :

      > Le tiers intrus

      > Du moment où le financement de l’État a été remis aux marchés de capitaux, d’ailleurs libéralisés à cette fin expresse, la prise d’otages a été armée. Pas celle des cheminots ni celle des éboueurs : celle des investisseurs institutionnels. Selon une anecdote désormais bien connue, M. James Carville, qui fut directeur de campagne de M. William Clinton, et qui n’était pas exactement un demi-sel en matière de rapport de forces, avait déclaré que, s’il devait être réincarné, il souhaitait que ce soit en « marché obligataire » — dont il avait fini par comprendre qu’il était le lieu du vrai pouvoir : le lieu d’un pouvoir supérieur à celui des États, puisque les investisseurs, par leur réaction collective, y forment les conditions, notamment de taux, dans lesquelles la dette publique peut être émise. Et que ces conditions reflètent très exactement leur opinion, et leurs desiderata, quant à ce que doit être, pour eux, la « bonne politique économique ». Hors de ce respect de leur norme, les gouvernements s’exposent à rencontrer des conditions d’émission si défavorables que la charge de la dette peut leur devenir insupportable, le cas échéant jusqu’à les conduire à un défaut. Avant d’en arriver à ces aberrantes extrémités, les États ont le temps de souffrir et de serrer la vis — au nom des « marchés », de la « note du pays » et de la « crédibilité » réunis. Alors il faut se soumettre, tout accepter de ce qui peut complaire aux « investisseurs », et ceci jusqu’au point d’absurdité où les gouvernements, ayant épousé le dogme néolibéral avec la foi du charbonnier, finissent par soutenir que l’indépendance du pays n’est gagnée que par le respect scrupuleux de cette discipline, c’est-à-dire par le dernier degré de la soumission et de l’hétéronomie. Asservissons-nous, et ainsi nous serons libres…

      > C’est le moment où il va falloir cependant commencer à faire quelques distinctions dans le « nous ». Car tout le monde n’y est pas logé à la même enseigne. La camisole des « marchés » a été conçue à l’avantage exclusif des investisseurs, pour les garantir contre l’inflation, qui éroderait leurs avoirs, et bien sûr contre le défaut, qui leur en ferait perdre tout ou partie. C’est bien pourquoi les politiques économiques nationales sont priées de filer doux — en réalité de ne veiller qu’aux « cibles » qui intéressent la finance : la stabilité nominale (celle des prix) et la stabilité financière (celle du service de la dette et de la trajectoire de solvabilité). De là que la « stabilité » soit devenue par excellence la catégorie du discours économique néolibéral : c’est la stabilité des, la stabilité pour les investisseurs — et ceci jusqu’à la stabilité politique, qui est comme la garantie des deux autres : que rien ne vienne inopportunément déranger l’ordre du bon plaisir de la finance. À cet égard, il y avait de quoi avaler de travers à retrouver la signature de la Confédération générale du travail (CGT) à côté de celle du Mouvement des entreprises de France (Medef), dans un communiqué collectif en appelant à la « stabilité », précisément, juste après que M. Michel Barnier eut été sanglé sur le siège éjectable.

      > Une souveraineté en a donc évincé une autre, celle des investisseurs est venue se substituer à celle des citoyens — à quelques ultraminoritaires près, dont les intérêts sont alignés sur les vues de la finance, parce qu’ils sont riches et assis sur de gros patrimoines-titres. Les intérêts de tous les autres passeront après — si seulement ils passent. Les structures de la finance déréglementée ont donc fait entrer dans le contrat social un tiers intrus, à qui tout est consacré, autour de qui tout est organisé, pour qui toute la politique économique est faite, négation absolue du principe démocratique, dont on découvre ce qu’il vaut en capitalisme néolibéral. Les dirigeants tiennent donc systématiquement un double discours, le premier fait de mots creux à l’adresse du bon peuple qu’on promène entre « bon sens » et terreur, le second en direction des investisseurs, à qui les choses sérieuses sont réservées. Discours clivé en raison d’un contrat clivé, où tout a été fait pour que le contractant intrus évince le contractant historique.

      > […]

    2. Je crois que j’ai rarement lu un truc aussi lunaire.
      Les taux des marchés obligataires dépendent de la stabilité de l’état.

      Ce genre de marché s’en fout si l’état est de gauche ou de droite tant qu’il paie ses dettes et ne risque pas de faire défaut. La monté des taux actuel reflète juste le fait que les gens ont moins confiance qu’avant par rapport aux capacités de l’état à rembourser sa dette.

      Manque de confiance qui s’explique par le fait qu’on est pas foutu de pondre un budget et du fait que ça fait 50 ans qu’on vit à crédit.

      C’est tout, c’est pas un complot anti gauche ou je ne sais quoi.

      Si on veut imprimer autant d’argent qu’on veut il faudrait repasser au franc mais ça implique une forte inflation sur les produits importés.

      C’est plutôt le marché actions qui risque de dévisser si c’est la gauche qui passe au pouvoir mais ça n’a pas grand chose à voir.

      Edit : Les dettes des états c’est pas nouveau ça fait des siècles que ça existe, c’est pas juste une parenthèse qui date d’il y a 40 ans

      Fitch qui a récemment dégradé la note de la France ne l’a pas fait l’année dernière parce qu’elle avait confiance dans le fait que la France puisse fournir un budget moins foireux que d’habitude, sauf qu’au moment de la notation de cette année on n’avait même pas de gouvernement !

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