Extraits du début de l’article en accès libre que je vous invite à consulter dans son intégralité :
>En partant du rappel d’un certain nombre de faits relatifs aux liens entre agriculture et biodiversité, nous analysons les responsabilités politiques des droites françaises et spécifiquement des gouvernements néo-libéraux successifs, qui ont progressivement construit une véritable « pensée négationniste environnementale ». Les attaques contre la biodiversité se déploient d’autant plus aisément que cet enjeu reste massivement occulté par le discours climatique qui, pour des raisons évidentes, occupe l’espace médiatique. L’agriculture n’est certes pas le seul secteur d’activité pouvant entrer en conflit avec des enjeux de biodiversité, et ce qui s’opère en matière de détricotage réglementaire, de lobbying, et de remise en question des faits n’est pas le propre exclusif du secteur agricole.
(…)
Janvier 2024. Après plusieurs semaines d’un mouvement agricole de contestation[^(7)](https://www.terrestres.org/2025/10/21/la-biodiversite-cible-favorite-des-droites-francaises/#footnote_6_46624), le premier ministre Gabriel Attal, lors d’une visite sur une ferme en Haute-Garonne, fait plusieurs promesses aux agriculteurs·ices[^(8)](https://www.terrestres.org/2025/10/21/la-biodiversite-cible-favorite-des-droites-francaises/#footnote_7_46624) : celle d’adopter « *dix mesures de simplification immédiates* », portant notamment sur les délais de recours contre les projets agricoles ou encore sur les curages des cours d’eau ; celle aussi de mettre l’Office français de la biodiversité (OFB) sous la tutelle des préfets, plutôt que sous celle du ministère de la Transition écologique, pour « *faire baisser les contrôles* », et renforcer la capacité des agriculteurs *« à dire au préfet quand ça va, ou quand ça ne va pas* ». Il affirme vouloir « *simplifier les normes* » et déclare alors : « *Ce que je veux, c’est déverrouiller, libérer et laisser respirer les agriculteurs* ». Il répète ce message autour d’une « *simplification massive et rapide des normes pesant sur les agriculteurs* » dans son discours de politique générale le 30 janvier 2024 à l’Assemblée nationale. Alors que des agriculteurs·ices bloquent de nombreuses autoroutes et menacent Rungis et Paris d’un blocus, il annonce finalement le 1^(er) février de nouvelles mesures, et notamment la mise en « pause » du plan *Ecophyto*, plan de réduction de l’utilisation de pesticides.
>Cette séquence est exemplaire de ce qui marque, au moins depuis 2017, les politiques de droite – du centre libéral jusqu’à l’extrême-droite – dans leur rapport à l’environnement. Un suivi minutieux des discours et des modifications réglementaires et législatives indique par leur nombre, leur rythme, leur nature, leur espace de développement et leurs porteurs qu’il s’agit bien non pas d’actes isolés mais d’un projet d’ensemble cohérent de dérégulation environnementale, caractérisé par trois dimensions : 1) allégeance au syndicat agricole productiviste, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) 2) affaiblissement du pouvoir de régulation et de contrôle des organismes publics, et enfin 3) invocation de la simplification contre les normes. Revenons sur les faits.
(…)
l’OFB n’est pas la seule agence à subir les foudres des droites. Le 30 novembre 2024, la ministre de l’agriculture Annie Genevard annonce qu’elle souhaite que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), en charge d’étudier les demandes de mise sur le marché des pesticides, les examine plus rapidement. Dans sa version originelle, la proposition de loi Duplomb sus-mentionnée va plus loin en prévoyant la création d’un « comité d’orientation pour la protection des cultures » chargé de désigner des pesticides prioritaires pour lesquels on estimerait qu’il n’existe pas d’alternative, permettant ainsi au ministère de l’Agriculture de se passer de l’avis de l’Anses. Notons qu’Annie Genevard s’était déjà alignée sur une position de Laurent Duplomb le 20 janvier 2025, en donnant son accord de bienveillance, dit « avis de sagesse », à l’adoption d’un amendement passé discrètement au cours du débat sur le projet de loi de finances le 17 janvier, visant purement et simplement à supprimer l’Agence française de promotion et de développement de l’agriculture biologique[^(16)](https://www.terrestres.org/2025/10/21/la-biodiversite-cible-favorite-des-droites-francaises/#footnote_15_46624).
(…)
Jindah370 on
Diminuer les contrôles pour rendre la main aux agriculteurs, autrement dit redonner le pouvoir à la FNSEA, le lobby de l’agriculture productiviste. Comment ca va bien se passer…
kdom932 on
On dirait qu’ils ont globalement un souci avec la diversité.
Gedebor-Houston on
“Dans biodiversité y’a diversité, la diversité c’est un truc de woke, donc la biodiversité c’est le wokisme et c’est le mal” Elisabeth Levy, probablement.
Scared-Conclusion602 on
Alors même que biodiversité = terroir. M’enfin, pour la droite le terroir c’est Bidochon IRL, le vin, la charcuterie, le fromage, la chasse et les agriculteurs bourrins.
RaWRatS31 on
Si on compare les affiches de propagande de Vichy sur l’agriculture et le discours de la droite actuelle sur le sujet, le delta est assez minime. Quant à dire qu’il est dans la même perspective de manière plus globale, il n’aurait qu’un pas que je franchis avec l’aisance de la biche. PAN.
mansarde75 on
Les mêmes “enracinés” qui votent pour mieux tuer toutes les abeilles et autres pollinisateurs, lessiver entièrement les sols et démolir les zones humides qui ne filtreront plus nos eaux polluées histoire que des multinationales puissent mieux exporter du blé au cadmium, du vin aux PFAS ou de la charcut aux nitrites sont généralement ceux qui t’accuseront ensuite sans sourciller d’être *hors-sol*.
7 commenti
Extraits du début de l’article en accès libre que je vous invite à consulter dans son intégralité :
>En partant du rappel d’un certain nombre de faits relatifs aux liens entre agriculture et biodiversité, nous analysons les responsabilités politiques des droites françaises et spécifiquement des gouvernements néo-libéraux successifs, qui ont progressivement construit une véritable « pensée négationniste environnementale ». Les attaques contre la biodiversité se déploient d’autant plus aisément que cet enjeu reste massivement occulté par le discours climatique qui, pour des raisons évidentes, occupe l’espace médiatique. L’agriculture n’est certes pas le seul secteur d’activité pouvant entrer en conflit avec des enjeux de biodiversité, et ce qui s’opère en matière de détricotage réglementaire, de lobbying, et de remise en question des faits n’est pas le propre exclusif du secteur agricole.
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Janvier 2024. Après plusieurs semaines d’un mouvement agricole de contestation[^(7)](https://www.terrestres.org/2025/10/21/la-biodiversite-cible-favorite-des-droites-francaises/#footnote_6_46624), le premier ministre Gabriel Attal, lors d’une visite sur une ferme en Haute-Garonne, fait plusieurs promesses aux agriculteurs·ices[^(8)](https://www.terrestres.org/2025/10/21/la-biodiversite-cible-favorite-des-droites-francaises/#footnote_7_46624) : celle d’adopter « *dix mesures de simplification immédiates* », portant notamment sur les délais de recours contre les projets agricoles ou encore sur les curages des cours d’eau ; celle aussi de mettre l’Office français de la biodiversité (OFB) sous la tutelle des préfets, plutôt que sous celle du ministère de la Transition écologique, pour « *faire baisser les contrôles* », et renforcer la capacité des agriculteurs *« à dire au préfet quand ça va, ou quand ça ne va pas* ». Il affirme vouloir « *simplifier les normes* » et déclare alors : « *Ce que je veux, c’est déverrouiller, libérer et laisser respirer les agriculteurs* ». Il répète ce message autour d’une « *simplification massive et rapide des normes pesant sur les agriculteurs* » dans son discours de politique générale le 30 janvier 2024 à l’Assemblée nationale. Alors que des agriculteurs·ices bloquent de nombreuses autoroutes et menacent Rungis et Paris d’un blocus, il annonce finalement le 1^(er) février de nouvelles mesures, et notamment la mise en « pause » du plan *Ecophyto*, plan de réduction de l’utilisation de pesticides.
>Cette séquence est exemplaire de ce qui marque, au moins depuis 2017, les politiques de droite – du centre libéral jusqu’à l’extrême-droite – dans leur rapport à l’environnement. Un suivi minutieux des discours et des modifications réglementaires et législatives indique par leur nombre, leur rythme, leur nature, leur espace de développement et leurs porteurs qu’il s’agit bien non pas d’actes isolés mais d’un projet d’ensemble cohérent de dérégulation environnementale, caractérisé par trois dimensions : 1) allégeance au syndicat agricole productiviste, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) 2) affaiblissement du pouvoir de régulation et de contrôle des organismes publics, et enfin 3) invocation de la simplification contre les normes. Revenons sur les faits.
(…)
l’OFB n’est pas la seule agence à subir les foudres des droites. Le 30 novembre 2024, la ministre de l’agriculture Annie Genevard annonce qu’elle souhaite que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), en charge d’étudier les demandes de mise sur le marché des pesticides, les examine plus rapidement. Dans sa version originelle, la proposition de loi Duplomb sus-mentionnée va plus loin en prévoyant la création d’un « comité d’orientation pour la protection des cultures » chargé de désigner des pesticides prioritaires pour lesquels on estimerait qu’il n’existe pas d’alternative, permettant ainsi au ministère de l’Agriculture de se passer de l’avis de l’Anses. Notons qu’Annie Genevard s’était déjà alignée sur une position de Laurent Duplomb le 20 janvier 2025, en donnant son accord de bienveillance, dit « avis de sagesse », à l’adoption d’un amendement passé discrètement au cours du débat sur le projet de loi de finances le 17 janvier, visant purement et simplement à supprimer l’Agence française de promotion et de développement de l’agriculture biologique[^(16)](https://www.terrestres.org/2025/10/21/la-biodiversite-cible-favorite-des-droites-francaises/#footnote_15_46624).
(…)
Diminuer les contrôles pour rendre la main aux agriculteurs, autrement dit redonner le pouvoir à la FNSEA, le lobby de l’agriculture productiviste. Comment ca va bien se passer…
On dirait qu’ils ont globalement un souci avec la diversité.
“Dans biodiversité y’a diversité, la diversité c’est un truc de woke, donc la biodiversité c’est le wokisme et c’est le mal” Elisabeth Levy, probablement.
Alors même que biodiversité = terroir. M’enfin, pour la droite le terroir c’est Bidochon IRL, le vin, la charcuterie, le fromage, la chasse et les agriculteurs bourrins.
Si on compare les affiches de propagande de Vichy sur l’agriculture et le discours de la droite actuelle sur le sujet, le delta est assez minime. Quant à dire qu’il est dans la même perspective de manière plus globale, il n’aurait qu’un pas que je franchis avec l’aisance de la biche. PAN.
Les mêmes “enracinés” qui votent pour mieux tuer toutes les abeilles et autres pollinisateurs, lessiver entièrement les sols et démolir les zones humides qui ne filtreront plus nos eaux polluées histoire que des multinationales puissent mieux exporter du blé au cadmium, du vin aux PFAS ou de la charcut aux nitrites sont généralement ceux qui t’accuseront ensuite sans sourciller d’être *hors-sol*.