Dell’Utri e la moglie mandato a processo per i 42 milioni ricevuti da Berlusconi, contestata la violazione della normativa antimafia e intestazione fittizia di beni
Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Bluesky Threads Psichiatria: una giovane donna si sottopone a 85 sedute di elettroshock e perde la memoria https://www.mediapart.fr/journal/france/280326/psychiatrie-une-jeune-femme-subit-85-seances-d-electrochocs-et-perd-la-memoire di lieding
lieding on 29/03/2026 07:10 En gĂ©nĂ©ral, je ne partage plus un article en entier pour respecter le travail journalistique et inviter Ă l’abonnement, mais l’histoire est ignoble. L’article est Ă mettre en parallĂšle avec une enquĂȘte (*[Lâintense lobbying de FondaMental, fondation privĂ©e devenue incontournable en psychiatrie](https://www.mediapart.fr/journal/france/280326/l-intense-lobbying-de-fondamental-fondation-privee-devenue-incontournable-en-psychiatrie)* – Des « centres experts » en psychiatrie se dĂ©veloppent dans les hĂŽpitaux publics français. Leur promesse : diagnostiquer les patients en deux jours. DerriĂšre cette approche controversĂ©e se trouve FondaMental, une fondation privĂ©e aux relais politiques nombreux.). > « Ma mĂ©moire est un gruyĂšre, pleine de trous. Les mĂ©decins mâont dit quâelle allait revenir. Cela fait cinq ans et demi que jâattends. Je porte le poids de ce vide. Je me reconstruis comme un puzzle, avec les souvenirs des autres, des musiques, des photos, des vidĂ©os. » GĂ©raldine a 32 ans. Ă 24 ans, elle a Ă©tĂ© prise en charge pendant dix-huit mois, entre juin 2018 et avril 2020, par le service des troubles de lâhumeur du CHU de Grenoble. > > Elle est entrĂ©e dans ce service par son centre expert des troubles bipolaires, dirigĂ© par le professeur Mircea Polosan. Ce dernier appartient au rĂ©seau FondaMental, une fondation Ă but non lucratif de droit privĂ©, qui a pour mission de dĂ©velopper une psychiatrie dite « de prĂ©cision » Ă travers ses centres experts (lire notre enquĂȘte ici). > > DiagnostiquĂ©e bipolaire â un Ă©tat psychique qui alterne des phases maniaques, dâhyperactivitĂ© ou dâeuphorie, et dĂ©pressives â, elle est venue y faire un premier bilan en 2018. Pendant deux jours, elle passe de nombreux tests et rĂ©pond Ă plusieurs questionnaires. Son diagnostic de bipolaritĂ© de type 1 est confirmĂ©. Deux autres bilans ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s en 2021 et 2022. Leurs comptes rendus font Ă©tat dâune grave dĂ©gradation de son Ă©tat psychique. > > En juin 2018, GĂ©raldine, qui vit alors avec son compagnon, « en bonne entente », a 24 ans, Ă©tudie en troisiĂšme annĂ©e de psychologie et prĂ©voit de valider sa licence lâannĂ©e suivante. Elle est dĂ©crite en phase « hyperthymique » : elle pense et parle vite, a des projets, elle est de trĂšs bonne humeur, mais rien dâanormal â pas de « critĂšre de gravitĂ© », Ă©crivent les mĂ©decins. Ils lui conseillent cependant de « rester vigilante », ce dont GĂ©raldine est « bien consciente ». > > Quatre ans plus tard, en avril 2022, le bilan est bien plus sombre : il dĂ©crit une jeune femme dĂ©sormais en « Ă©chec scolaire », dont « le fonctionnement global est altĂ©rĂ© dans plusieurs dimensions ». Elle a des « difficultĂ©s majeures de remĂ©moration des souvenirs anciens ». En dĂ©cembre 2021, elle « a fait une tentative de suicide par IMV [intoxication mĂ©dicamenteuse volontaire â ndlr] Ă la suite de la sĂ©paration avec son compagnon ». > Une vie « volĂ©e » > > Entre ces deux bilans, GĂ©raldine a Ă©tĂ© traitĂ©e par Ă©lectroconvulsothĂ©rapie (ECT) â des sĂ©ances dâĂ©lectrochocs. Une pratique « en plein essor », se fĂ©licite par exemple lâAcadĂ©mie de mĂ©decine en France. Lâinstitution affirme que câest le « traitement le plus efficace des Ă©tats dĂ©pressifs sĂ©vĂšres, avec jusquâĂ 80 % de rĂ©ponses et 60 % de rĂ©missions ». > > Lâenthousiasme pour les ECT nâest pas gĂ©nĂ©ral. Dâun point de vue scientifique, le mĂ©canisme dâaction de lâECT reste inconnu. Lâobjectif est dâobtenir une « crise convulsive », semblable Ă une crise dâĂ©pilepsie, de quelques secondes. LâOrganisation mondiale de la santĂ© (OMS), dans son rapport sur la santĂ© mentale, estime quâil existe « dâimportantes controverses » sur son efficacitĂ© et ses risques. LâOMS insiste sur lâimpĂ©ratif dâun « consentement libre, Ă©crit et Ă©clairĂ© », en particulier sur « les risques Ă court ou long terme de perte de mĂ©moire et de dommages cĂ©rĂ©braux ». > > « Je considĂšre quâils mâont volĂ© ma vie », affirme GĂ©raldine. Pour elle, les Ă©lectrochocs dĂ©butent Ă lâoccasion dâune hospitalisation en aoĂ»t 2018, Ă la suite dâune tentative de suicide avec des mĂ©dicaments. GĂ©raldine alterne alors trĂšs rapidement les phases maniaques ou hypomaniaques et dĂ©pressives. Les mĂ©decins nâarrivent pas Ă trouver le bon Ă©quilibre de mĂ©dicaments pour la stabiliser. Le service de psychiatrie de Grenoble dĂ©cide alors de tenter autre chose. > > GĂ©raldine ne se souvient pas dâavoir consenti aux sĂ©ances dâECT, et ne trouve pas de mention de ce consentement dans son dossier mĂ©dical. Le CHU de Grenoble assure que câest un simple problĂšme de « numĂ©risation ». Son ami Sol se souvient pour elle : « Elle disait quâelle Ă©tait prĂȘte Ă le faire, parce quâelle avait tout essayĂ© et quâelle nâen pouvait plus. Elle avait beaucoup dâespoir. » > > Mais ces « cures » dâECT sâavĂšrent trĂšs intensives, Ă tous niveaux. Dâabord par leur durĂ©e : dix-huit mois, au rythme de deux Ă trois fois par semaine dans un premier temps, puis une fois tous les sept Ă dix jours ensuite. GĂ©raldine reçoit sous anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale des chocs Ă©lectriques transmis par deux Ă©lectrodes, placĂ©es sur ses deux tempes. En tout, il y a eu quatre-vingt-cinq sĂ©ances pendant lesquelles lui ont Ă©tĂ© administrĂ©es une mais plus souvent deux impulsions Ă©lectriques. Ă de nombreuses reprises, elle reçoit la charge Ă©lectrique maximale de 1 152 millicoulombs (mC). > > Depuis, la jeune femme nâa plus de souvenir de son frĂšre, mort peu aprĂšs sa cure dâĂ©lectrochocs. Elle ne se souvient pas des premiers mois de vie de son berger des Shetland aux yeux vairons qui lâaccompagne partout. Elle ne sait plus pourquoi ses ami·es sont ses ami·es. > > GĂ©raldine a dĂ©cidĂ© de tĂ©moigner pour ne pas rester un simple « dommage collatĂ©ral de la mĂ©decine » : « Je suis un ĂȘtre humain. On ne peut pas faire nâimporte quoi avec le cerveau des gens. »
MiisterMine on 29/03/2026 07:28 D’ici ça ressemble Ă faire une saignĂ©e pour purger le corps des mauvaises humeurs Terrible ce qui est arrivĂ© Ă cette femme
4 commenti
En gĂ©nĂ©ral, je ne partage plus un article en entier pour respecter le travail journalistique et inviter Ă l’abonnement, mais l’histoire est ignoble. L’article est Ă mettre en parallĂšle avec une enquĂȘte (*[Lâintense lobbying de FondaMental, fondation privĂ©e devenue incontournable en psychiatrie](https://www.mediapart.fr/journal/france/280326/l-intense-lobbying-de-fondamental-fondation-privee-devenue-incontournable-en-psychiatrie)* – Des « centres experts » en psychiatrie se dĂ©veloppent dans les hĂŽpitaux publics français. Leur promesse : diagnostiquer les patients en deux jours. DerriĂšre cette approche controversĂ©e se trouve FondaMental, une fondation privĂ©e aux relais politiques nombreux.).
> « Ma mĂ©moire est un gruyĂšre, pleine de trous. Les mĂ©decins mâont dit quâelle allait revenir. Cela fait cinq ans et demi que jâattends. Je porte le poids de ce vide. Je me reconstruis comme un puzzle, avec les souvenirs des autres, des musiques, des photos, des vidĂ©os. » GĂ©raldine a 32 ans. Ă 24 ans, elle a Ă©tĂ© prise en charge pendant dix-huit mois, entre juin 2018 et avril 2020, par le service des troubles de lâhumeur du CHU de Grenoble.
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> Elle est entrĂ©e dans ce service par son centre expert des troubles bipolaires, dirigĂ© par le professeur Mircea Polosan. Ce dernier appartient au rĂ©seau FondaMental, une fondation Ă but non lucratif de droit privĂ©, qui a pour mission de dĂ©velopper une psychiatrie dite « de prĂ©cision » Ă travers ses centres experts (lire notre enquĂȘte ici).
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> DiagnostiquĂ©e bipolaire â un Ă©tat psychique qui alterne des phases maniaques, dâhyperactivitĂ© ou dâeuphorie, et dĂ©pressives â, elle est venue y faire un premier bilan en 2018. Pendant deux jours, elle passe de nombreux tests et rĂ©pond Ă plusieurs questionnaires. Son diagnostic de bipolaritĂ© de type 1 est confirmĂ©. Deux autres bilans ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s en 2021 et 2022. Leurs comptes rendus font Ă©tat dâune grave dĂ©gradation de son Ă©tat psychique.
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> En juin 2018, GĂ©raldine, qui vit alors avec son compagnon, « en bonne entente », a 24 ans, Ă©tudie en troisiĂšme annĂ©e de psychologie et prĂ©voit de valider sa licence lâannĂ©e suivante. Elle est dĂ©crite en phase « hyperthymique » : elle pense et parle vite, a des projets, elle est de trĂšs bonne humeur, mais rien dâanormal â pas de « critĂšre de gravitĂ© », Ă©crivent les mĂ©decins. Ils lui conseillent cependant de « rester vigilante », ce dont GĂ©raldine est « bien consciente ».
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> Quatre ans plus tard, en avril 2022, le bilan est bien plus sombre : il dĂ©crit une jeune femme dĂ©sormais en « Ă©chec scolaire », dont « le fonctionnement global est altĂ©rĂ© dans plusieurs dimensions ». Elle a des « difficultĂ©s majeures de remĂ©moration des souvenirs anciens ». En dĂ©cembre 2021, elle « a fait une tentative de suicide par IMV [intoxication mĂ©dicamenteuse volontaire â ndlr] Ă la suite de la sĂ©paration avec son compagnon ».
> Une vie « volée »
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> Entre ces deux bilans, GĂ©raldine a Ă©tĂ© traitĂ©e par Ă©lectroconvulsothĂ©rapie (ECT) â des sĂ©ances dâĂ©lectrochocs. Une pratique « en plein essor », se fĂ©licite par exemple lâAcadĂ©mie de mĂ©decine en France. Lâinstitution affirme que câest le « traitement le plus efficace des Ă©tats dĂ©pressifs sĂ©vĂšres, avec jusquâĂ 80 % de rĂ©ponses et 60 % de rĂ©missions ».
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> Lâenthousiasme pour les ECT nâest pas gĂ©nĂ©ral. Dâun point de vue scientifique, le mĂ©canisme dâaction de lâECT reste inconnu. Lâobjectif est dâobtenir une « crise convulsive », semblable Ă une crise dâĂ©pilepsie, de quelques secondes. LâOrganisation mondiale de la santĂ© (OMS), dans son rapport sur la santĂ© mentale, estime quâil existe « dâimportantes controverses » sur son efficacitĂ© et ses risques. LâOMS insiste sur lâimpĂ©ratif dâun « consentement libre, Ă©crit et Ă©clairĂ© », en particulier sur « les risques Ă court ou long terme de perte de mĂ©moire et de dommages cĂ©rĂ©braux ».
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> « Je considĂšre quâils mâont volĂ© ma vie », affirme GĂ©raldine. Pour elle, les Ă©lectrochocs dĂ©butent Ă lâoccasion dâune hospitalisation en aoĂ»t 2018, Ă la suite dâune tentative de suicide avec des mĂ©dicaments. GĂ©raldine alterne alors trĂšs rapidement les phases maniaques ou hypomaniaques et dĂ©pressives. Les mĂ©decins nâarrivent pas Ă trouver le bon Ă©quilibre de mĂ©dicaments pour la stabiliser. Le service de psychiatrie de Grenoble dĂ©cide alors de tenter autre chose.
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> GĂ©raldine ne se souvient pas dâavoir consenti aux sĂ©ances dâECT, et ne trouve pas de mention de ce consentement dans son dossier mĂ©dical. Le CHU de Grenoble assure que câest un simple problĂšme de « numĂ©risation ». Son ami Sol se souvient pour elle : « Elle disait quâelle Ă©tait prĂȘte Ă le faire, parce quâelle avait tout essayĂ© et quâelle nâen pouvait plus. Elle avait beaucoup dâespoir. »
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> Mais ces « cures » dâECT sâavĂšrent trĂšs intensives, Ă tous niveaux. Dâabord par leur durĂ©e : dix-huit mois, au rythme de deux Ă trois fois par semaine dans un premier temps, puis une fois tous les sept Ă dix jours ensuite. GĂ©raldine reçoit sous anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale des chocs Ă©lectriques transmis par deux Ă©lectrodes, placĂ©es sur ses deux tempes. En tout, il y a eu quatre-vingt-cinq sĂ©ances pendant lesquelles lui ont Ă©tĂ© administrĂ©es une mais plus souvent deux impulsions Ă©lectriques. Ă de nombreuses reprises, elle reçoit la charge Ă©lectrique maximale de 1 152 millicoulombs (mC).
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> Depuis, la jeune femme nâa plus de souvenir de son frĂšre, mort peu aprĂšs sa cure dâĂ©lectrochocs. Elle ne se souvient pas des premiers mois de vie de son berger des Shetland aux yeux vairons qui lâaccompagne partout. Elle ne sait plus pourquoi ses ami·es sont ses ami·es.
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> GĂ©raldine a dĂ©cidĂ© de tĂ©moigner pour ne pas rester un simple « dommage collatĂ©ral de la mĂ©decine » : « Je suis un ĂȘtre humain. On ne peut pas faire nâimporte quoi avec le cerveau des gens. »
La psychiatrie en France. Elle n’a pas changer.
D’ici ça ressemble Ă faire une saignĂ©e pour purger le corps des mauvaises humeursÂ
Terrible ce qui est arrivé à cette femme
Câest de la torture non ?