Bruno Retailleau a de nouveau soulevé l’éventualité de toucher au texte fondamental pour durcir les politiques migratoires. Une marotte de la droite et de l’extrême droite, qui gagne du terrain au sein du camp présidentiel, où de moins en moins de mains tremblent à l’idée de modifier la Constitution.
Bruno Retailleau n’en démord pas : à ses yeux, seule une modification constitutionnelle permettrait de durcir réellement les politiques françaises en matière d’immigration. Celui qui avait déjà estimé en octobre 2024, peu après sa nomination Place Beauvau, que « l’État de droit, ça n’est pas intangible ni sacré », a relancé cette idée dans l’atmosphère samedi 22 février, quelques heures à peine après l’attentat de Mulhouse (Haut-Rhin).
Évoquant le profil de la personne interpellée – un ressortissant algérien faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) –, le ministre de l’intérieur a indiqué : « Ces individus-là, jusqu’à ce qu’ils repartent dans leur pays, on devrait les maintenir en rétention. » Avant de souligner que toutes les tentatives « pour instituer des peines de rétention de sûreté […] ont été à chaque fois censurées par le Conseil constitutionnel ». Vent debout contre l’institution, l’ancien sénateur Les Républicains (LR) avait déjà parlé de « prise d’otage institutionnelle » par le passé.
Désormais au gouvernement, mais aussi en pleine campagne pour la présidence de son parti face à Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau s’est donc appuyé sur le drame de Mulhouse pour légitimer sa volonté de toucher au texte fondamental. « Mes propos avaient parfois causé polémique mais je le redis, quand la règle de droit ne protège pas les Français, alors il faut changer la règle, a-t-il indiqué. Je ne sais pas s’il y a besoin de réforme constitutionnelle, mais je pense qu’il faut qu’on s’interroge. »
Cette fois-ci, ses propos n’ont pas franchement suscité de polémique. Le camp présidentiel, qui avait vivement réagi en octobre, est globalement resté silencieux. Hormis le député de Nouvelle-Calédonie, Nicolas Metzdorf, qui a écrit sur le réseau social X vouloir « changer la Constitution pour permettre une plus grande sévérité de notre justice », la grande majorité de ses collègues d’Ensemble pour la République (EPR) n’ont fait aucun commentaire.
Pour comprendre si la position de Bruno Retailleau est partagée par le groupe macroniste à l’Assemblée nationale ou si certaines mains continuent de trembler à l’idée de toucher à la Constitution, Mediapart a interrogé la quasi-totalité des 99 député·es EPR. Une quinzaine d’entre eux nous ont répondu ; plusieurs autres ont décliné nos sollicitations évoquant les vacances parlementaires ou expliquant n’être pas « spécialistes » du sujet.
Il faut dire que des consignes ont rapidement été passées. Quelques heures après l’envoi de nos questions, la députée Prisca Thevenot, ancienne porte-parole du gouvernement, a en effet diffusé un message dans la boucle interne du groupe afin de dissuader ses collègues de nous répondre. « Chacun est évidemment libre de répondre », a-t-elle écrit, avant de s’empresser d’ajouter : « Simplement en positionnement de groupe, il serait pas mal qu’on ne réponde pas. »
Et de poursuivre : « Nous avons eu par le passé du mal à rattraper les positions personnelles exprimées, mettant le groupe devant le fait accompli… pour le plus grand plaisir de nos oppositions. » L’entourage de Gabriel Attal, chef de file d’EPR à l’Assemblée, nous a quant à lui indiqué qu’« un groupe de travail “immigration” [avait] été mis en place au sein du groupe dès janvier », nous invitant à attendre ses conclusions qui devraient arriver « d’ici mi/fin mars ».
**En défense du tandem Darmanin-Retailleau**
Les réponses formulées par les député·es qui ont quand même répondu à nos questions donnent toutefois un premier éclairage. Elles dénotent surtout la droitisation continue d’un groupe où les voix modérées sont aujourd’hui réduites à peau de chagrin. Un groupe qui s’est longtemps divisé sur la question de l’immigration – depuis la loi Collomb de 2018 jusqu’à celle de Gérald Darmanin en 2024 –, mais qui devient de plus en plus homogène.
Aujourd’hui, plusieurs parlementaires se disent ainsi « totalement en phase avec le ministère de l’intérieur », pour reprendre les mots du député EPR Yannick Chenevard, un transfuge du parti Les Républicains (LR). « Je pense que les propos du ministre sont pleins de bon sens, estime également son collègue Charles Rodwell. Il faut soutenir les propositions faites par le tandem Darmanin-Retailleau pour durcir, de toute urgence, notre politique migratoire. »
Un enthousiasme partagé par le député Karl Olive, ravi que ce nouveau tandem fasse preuve d’un « courage » dont leurs prédécesseurs ont visiblement manqué à ses yeux. « Dans le groupe, il y a un logiciel qui commence à changer et tant mieux, il était temps, dit-il. Si on avait été plus pragmatiques et courageux, peut-être qu’on n’en serait pas là, y compris dans l’instabilité politique du pays. »
Karl Olive n’a aucun problème à l’idée de toucher aux droits fondamentaux : « À chaque fois, on fait de la rhétorique sur la forme, mais les Français attendent du fond, ils attendent qu’on agisse. Il faut qu’on s’adapte à la société et pas que la société s’adapte à nous. Allez parler de liberté fondamentale à quelqu’un qui a vu l’un de ses proches assassiné… À un moment donné, il faut qu’on arrête d’avoir la main qui tremble. »
« Je n’ai aucun tabou pour changer la loi, la Constitution ayant d’ailleurs déjà été changée vingt-cinq fois depuis sa création », abonde l’ex-ministre Guillaume Kasbarian, lui aussi « ouvert » à l’idée d’une révision constitutionnelle sur le sujet, « tant que c’est dans le respect de l’État de droit et des libertés individuelles ». « Je ne vois pas le problème à tenter de résoudre un problème quand il s’agit de personnes dangereuses pour les citoyens français », dit-il.
« Le problème n’est pas de courir ou non après l’extrême droite, mais de répondre aux préoccupations des gens et c’est ce que Bruno Retailleau essaie de faire avec beaucoup de volontarisme et sans peur des tabous », ajoute Guillaume Kasbarian à l’unisson de son collègue Franck Riester, qui jugera sur pièces si un texte arrive à l’Assemblée nationale, mais prévient déjà : « Ce qui compte, c’est d’être efficace dans notre politique. »
**Quelques indécis, une poignée d’opposants**
Le député EPR Thomas Gassilloud, lui non plus, « n’exclut pas a priori une modification constitutionnelle ». « Tout dépend de ce qu’on met dans cette modification, mais la Constitution est un texte qui peut évoluer, argue-t-il. Il faut juste le changer, comme on dit, avec la main tremblante. » « Au-delà des déclarations à la presse, j’attends de voir ce qui sera effectivement proposé au Parlement le cas échéant », balaie Stéphane Vojetta.
Dans le groupe macroniste, certain·es continuent toutefois de s’opposer à la dérive sans fin de leur camp politique. « Le temps est aux démagogues qui savent attiser les passions et à l’ochlocratie [régime où la foule impose son pouvoir – ndlr] », regrette notamment Christophe Marion, qui refuse de « légiférer sous le coup de l’émotion » en la matière. « Le temps de la Constitution n’est pas celui de l’immédiateté et c’est bien ainsi », rappelle-t-il.
« Pourquoi une loi réactionnelle ? », s’interroge aussi la députée Nicole Dubré-Chirat, qui rappelle que la durée de placement en centre de rétention a déjà été augmentée. « Là, on marche modérément sur les platebandes du RN [Rassemblement national – ndlr] », ajoute-t-elle, appelant chacun·e à arrêter de « se faire plaisir avec le tout-répressif qui ne règle en réalité pas grand-chose ». « Évitons juste collectivement d’enflammer le sujet », insiste Christophe Marion.
La fuite en avant de Bruno Retailleau et de certain·es de ses collègues parlementaires agace aussi profondément le député Ludovic Mendes, porte-parole du groupe EPR. Comme Christophe Marion, il a d’ailleurs intégré le groupe de travail sur l’immigration que pilote depuis janvier le député Mathieu Lefèvre, un proche de Gérald Darmanin. Pour ne pas laisser le champ totalement libre à celles et ceux qui n’ont plus aucun « tabou » sur le sujet.
« Juste pour savoir, Bruno Retailleau pense changer la Constitution sur ce sujet, avec qui ?, interroge Ludovic Mendes en réponse à nos propres questions. Si l’on pouvait arrêter le concours Lépine de la sortie la plus radicale sur l’immigration et de mélanger l’ensemble des sujets migratoires, comme s’ils étaient tous au même niveau, alors on pourrait reprendre de la nuance dans le débat public et apaiser une société qui ne comprend plus rien et finit par se radicaliser… »
Parmi la quinzaine de député·es EPR ayant répondu à Mediapart, un dernier dénonce une proposition « inutile, illusoire et inefficace ». Lui a préféré conserver l’anonymat, arguant être « fatigué de réagir à toutes les dingueries de Bruno ». « Il en fait tellement…, poursuit-il. Et il n’attend que ça : offusquer pour apparaître comme courageux. Darmanin fait la même chose. Trump aussi. Pas sûr que réagir à chaque fois soit le plus efficace… »
L’élu, qui fait partie des rares survivants du macronisme de la première heure, reconnaît sans ambages l’évolution de son groupe : « Depuis 2024, on est devenu un quasi-satellite de LR », glisse-t-il. Le curseur a commencé à se déplacer bien avant, brouillant sur son passage les repères et les principes fondamentaux. « On ne sait plus où on habite, ça commence à se voir », confiait récemment un influent député macroniste.
Pauline Graulle et Ellen Salvi
arktal on
C’était un barrage contre quoi déjà en 2017 et 2022? L’extrême-droite? Ah non pardon, contre la gauche.
Gedebor-Houston on
Dans mon bingo 2025 j’avais pas “LR absorbe Renaissance”.
pdupotal on
On est déjà en 2027 ?
Je crois que je viens de sortir d’un coma de 2ans.
FederalPralineLover on
Pour la majorité des 3/5e, le bloc RN+LR+EPR l’a a quelques voix près si je compte bien.
Il y a au moins 10 députés EPR de l’aile gauche qui ne voteront pas ça, donc je pense qu’on discute dans le vent.
Tenshizanshi on
L’abstention du RN pour Ferrand prend tout son sens
morinl on
J’ai réussi l’exploit de ne pas insulter Darmanin pendant un an. Et j’avais documenté mon défi.
Pour Retailleau, je promets de l’insulter pendant un an.
EvilDavid75 on
> Allez parler de liberté fondamentale à quelqu’un qui a vu l’un de ses proches assassiné…
8 commenti
Bruno Retailleau a de nouveau soulevé l’éventualité de toucher au texte fondamental pour durcir les politiques migratoires. Une marotte de la droite et de l’extrême droite, qui gagne du terrain au sein du camp présidentiel, où de moins en moins de mains tremblent à l’idée de modifier la Constitution.
Bruno Retailleau n’en démord pas : à ses yeux, seule une modification constitutionnelle permettrait de durcir réellement les politiques françaises en matière d’immigration. Celui qui avait déjà estimé en octobre 2024, peu après sa nomination Place Beauvau, que « l’État de droit, ça n’est pas intangible ni sacré », a relancé cette idée dans l’atmosphère samedi 22 février, quelques heures à peine après l’attentat de Mulhouse (Haut-Rhin).
Évoquant le profil de la personne interpellée – un ressortissant algérien faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) –, le ministre de l’intérieur a indiqué : « Ces individus-là, jusqu’à ce qu’ils repartent dans leur pays, on devrait les maintenir en rétention. » Avant de souligner que toutes les tentatives « pour instituer des peines de rétention de sûreté […] ont été à chaque fois censurées par le Conseil constitutionnel ». Vent debout contre l’institution, l’ancien sénateur Les Républicains (LR) avait déjà parlé de « prise d’otage institutionnelle » par le passé.
Désormais au gouvernement, mais aussi en pleine campagne pour la présidence de son parti face à Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau s’est donc appuyé sur le drame de Mulhouse pour légitimer sa volonté de toucher au texte fondamental. « Mes propos avaient parfois causé polémique mais je le redis, quand la règle de droit ne protège pas les Français, alors il faut changer la règle, a-t-il indiqué. Je ne sais pas s’il y a besoin de réforme constitutionnelle, mais je pense qu’il faut qu’on s’interroge. »
Cette fois-ci, ses propos n’ont pas franchement suscité de polémique. Le camp présidentiel, qui avait vivement réagi en octobre, est globalement resté silencieux. Hormis le député de Nouvelle-Calédonie, Nicolas Metzdorf, qui a écrit sur le réseau social X vouloir « changer la Constitution pour permettre une plus grande sévérité de notre justice », la grande majorité de ses collègues d’Ensemble pour la République (EPR) n’ont fait aucun commentaire.
Pour comprendre si la position de Bruno Retailleau est partagée par le groupe macroniste à l’Assemblée nationale ou si certaines mains continuent de trembler à l’idée de toucher à la Constitution, Mediapart a interrogé la quasi-totalité des 99 député·es EPR. Une quinzaine d’entre eux nous ont répondu ; plusieurs autres ont décliné nos sollicitations évoquant les vacances parlementaires ou expliquant n’être pas « spécialistes » du sujet.
Il faut dire que des consignes ont rapidement été passées. Quelques heures après l’envoi de nos questions, la députée Prisca Thevenot, ancienne porte-parole du gouvernement, a en effet diffusé un message dans la boucle interne du groupe afin de dissuader ses collègues de nous répondre. « Chacun est évidemment libre de répondre », a-t-elle écrit, avant de s’empresser d’ajouter : « Simplement en positionnement de groupe, il serait pas mal qu’on ne réponde pas. »
Et de poursuivre : « Nous avons eu par le passé du mal à rattraper les positions personnelles exprimées, mettant le groupe devant le fait accompli… pour le plus grand plaisir de nos oppositions. » L’entourage de Gabriel Attal, chef de file d’EPR à l’Assemblée, nous a quant à lui indiqué qu’« un groupe de travail “immigration” [avait] été mis en place au sein du groupe dès janvier », nous invitant à attendre ses conclusions qui devraient arriver « d’ici mi/fin mars ».
**En défense du tandem Darmanin-Retailleau**
Les réponses formulées par les député·es qui ont quand même répondu à nos questions donnent toutefois un premier éclairage. Elles dénotent surtout la droitisation continue d’un groupe où les voix modérées sont aujourd’hui réduites à peau de chagrin. Un groupe qui s’est longtemps divisé sur la question de l’immigration – depuis la loi Collomb de 2018 jusqu’à celle de Gérald Darmanin en 2024 –, mais qui devient de plus en plus homogène.
Aujourd’hui, plusieurs parlementaires se disent ainsi « totalement en phase avec le ministère de l’intérieur », pour reprendre les mots du député EPR Yannick Chenevard, un transfuge du parti Les Républicains (LR). « Je pense que les propos du ministre sont pleins de bon sens, estime également son collègue Charles Rodwell. Il faut soutenir les propositions faites par le tandem Darmanin-Retailleau pour durcir, de toute urgence, notre politique migratoire. »
Un enthousiasme partagé par le député Karl Olive, ravi que ce nouveau tandem fasse preuve d’un « courage » dont leurs prédécesseurs ont visiblement manqué à ses yeux. « Dans le groupe, il y a un logiciel qui commence à changer et tant mieux, il était temps, dit-il. Si on avait été plus pragmatiques et courageux, peut-être qu’on n’en serait pas là, y compris dans l’instabilité politique du pays. »
Karl Olive n’a aucun problème à l’idée de toucher aux droits fondamentaux : « À chaque fois, on fait de la rhétorique sur la forme, mais les Français attendent du fond, ils attendent qu’on agisse. Il faut qu’on s’adapte à la société et pas que la société s’adapte à nous. Allez parler de liberté fondamentale à quelqu’un qui a vu l’un de ses proches assassiné… À un moment donné, il faut qu’on arrête d’avoir la main qui tremble. »
« Je n’ai aucun tabou pour changer la loi, la Constitution ayant d’ailleurs déjà été changée vingt-cinq fois depuis sa création », abonde l’ex-ministre Guillaume Kasbarian, lui aussi « ouvert » à l’idée d’une révision constitutionnelle sur le sujet, « tant que c’est dans le respect de l’État de droit et des libertés individuelles ». « Je ne vois pas le problème à tenter de résoudre un problème quand il s’agit de personnes dangereuses pour les citoyens français », dit-il.
« Le problème n’est pas de courir ou non après l’extrême droite, mais de répondre aux préoccupations des gens et c’est ce que Bruno Retailleau essaie de faire avec beaucoup de volontarisme et sans peur des tabous », ajoute Guillaume Kasbarian à l’unisson de son collègue Franck Riester, qui jugera sur pièces si un texte arrive à l’Assemblée nationale, mais prévient déjà : « Ce qui compte, c’est d’être efficace dans notre politique. »
**Quelques indécis, une poignée d’opposants**
Le député EPR Thomas Gassilloud, lui non plus, « n’exclut pas a priori une modification constitutionnelle ». « Tout dépend de ce qu’on met dans cette modification, mais la Constitution est un texte qui peut évoluer, argue-t-il. Il faut juste le changer, comme on dit, avec la main tremblante. » « Au-delà des déclarations à la presse, j’attends de voir ce qui sera effectivement proposé au Parlement le cas échéant », balaie Stéphane Vojetta.
Dans le groupe macroniste, certain·es continuent toutefois de s’opposer à la dérive sans fin de leur camp politique. « Le temps est aux démagogues qui savent attiser les passions et à l’ochlocratie [régime où la foule impose son pouvoir – ndlr] », regrette notamment Christophe Marion, qui refuse de « légiférer sous le coup de l’émotion » en la matière. « Le temps de la Constitution n’est pas celui de l’immédiateté et c’est bien ainsi », rappelle-t-il.
« Pourquoi une loi réactionnelle ? », s’interroge aussi la députée Nicole Dubré-Chirat, qui rappelle que la durée de placement en centre de rétention a déjà été augmentée. « Là, on marche modérément sur les platebandes du RN [Rassemblement national – ndlr] », ajoute-t-elle, appelant chacun·e à arrêter de « se faire plaisir avec le tout-répressif qui ne règle en réalité pas grand-chose ». « Évitons juste collectivement d’enflammer le sujet », insiste Christophe Marion.
La fuite en avant de Bruno Retailleau et de certain·es de ses collègues parlementaires agace aussi profondément le député Ludovic Mendes, porte-parole du groupe EPR. Comme Christophe Marion, il a d’ailleurs intégré le groupe de travail sur l’immigration que pilote depuis janvier le député Mathieu Lefèvre, un proche de Gérald Darmanin. Pour ne pas laisser le champ totalement libre à celles et ceux qui n’ont plus aucun « tabou » sur le sujet.
« Juste pour savoir, Bruno Retailleau pense changer la Constitution sur ce sujet, avec qui ?, interroge Ludovic Mendes en réponse à nos propres questions. Si l’on pouvait arrêter le concours Lépine de la sortie la plus radicale sur l’immigration et de mélanger l’ensemble des sujets migratoires, comme s’ils étaient tous au même niveau, alors on pourrait reprendre de la nuance dans le débat public et apaiser une société qui ne comprend plus rien et finit par se radicaliser… »
Parmi la quinzaine de député·es EPR ayant répondu à Mediapart, un dernier dénonce une proposition « inutile, illusoire et inefficace ». Lui a préféré conserver l’anonymat, arguant être « fatigué de réagir à toutes les dingueries de Bruno ». « Il en fait tellement…, poursuit-il. Et il n’attend que ça : offusquer pour apparaître comme courageux. Darmanin fait la même chose. Trump aussi. Pas sûr que réagir à chaque fois soit le plus efficace… »
L’élu, qui fait partie des rares survivants du macronisme de la première heure, reconnaît sans ambages l’évolution de son groupe : « Depuis 2024, on est devenu un quasi-satellite de LR », glisse-t-il. Le curseur a commencé à se déplacer bien avant, brouillant sur son passage les repères et les principes fondamentaux. « On ne sait plus où on habite, ça commence à se voir », confiait récemment un influent député macroniste.
Pauline Graulle et Ellen Salvi
C’était un barrage contre quoi déjà en 2017 et 2022? L’extrême-droite? Ah non pardon, contre la gauche.
Dans mon bingo 2025 j’avais pas “LR absorbe Renaissance”.
On est déjà en 2027 ?
Je crois que je viens de sortir d’un coma de 2ans.
Pour la majorité des 3/5e, le bloc RN+LR+EPR l’a a quelques voix près si je compte bien.
Il y a au moins 10 députés EPR de l’aile gauche qui ne voteront pas ça, donc je pense qu’on discute dans le vent.
L’abstention du RN pour Ferrand prend tout son sens
J’ai réussi l’exploit de ne pas insulter Darmanin pendant un an. Et j’avais documenté mon défi.
Pour Retailleau, je promets de l’insulter pendant un an.
> Allez parler de liberté fondamentale à quelqu’un qui a vu l’un de ses proches assassiné…
À ce rythme là on rétablit la peine de mort.