
La società cinese Huawei sospetta di aver corrotto quindici funzionari eletti nel Parlamento europeo
https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/03/13/le-groupe-chinois-huawei-soupconne-d-avoir-corrompu-une-quinzaine-de-parlementaires-europeens_6580344_3234.html
di Luoman2
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Jeudi 13 mars, la police belge a mené des perquisitions et appréhendé des lobbyistes œuvrant pour le groupe chinois. Ils sont soupçonnés d’avoir corrompu des élus européens, selon le quotidien « Le Soir » et de la plateforme d’investigation Follow the Money.
Alors que l’enquête sur le scandale du Qatargate, qui a éclaté fin 2022, est toujours en cours, le Parlement européen va-t-il désormais également subir un « Huaweigate » ? Jeudi 13 mars, la police belge a mené à Bruxelles une série de perquisitions et appréhendé plusieurs anciens et actuels lobbyistes du groupe de télécommunication chinois Huawei, pour fait de « corruption », « faux et usage de faux », « blanchiment » et « organisation criminelle ». Les autorités judiciaires portugaises ont également mené une perquisition au sein d’une société portugaise soupçonnée d’avoir reçu des virements destinés à des eurodéputés. Enfin, une personne a été arrêtée en France.
Selon les révélations du quotidien Le Soir et de la plateforme d’investigation Follow the Money, une quinzaine de députés européens, anciens et nouveaux, seraient concernés par ces faits, mais aucun nom n’a été dévoilé. « Les données à caractère personnel et/ou de tous autres éléments permettant l’identification des personnes impliquées ne peuvent en aucun cas être divulgués à ce stade », précise le parquet belge. Au sein de l’hémicycle, des scellés ont été posés sur des bureaux d’assistants parlementaires, alors que le Parlement confirme avoir « reçu une demande de coopération de la part des autorités belges pour aider l’enquête ».
Alors que les Etats-Unis ont banni Huawei de leur territoire et que de nombreux pays européens ont progressivement limité le recours aux services du groupe chinois pour leurs infrastructures télécoms, notamment dans la 5G – même s’ils restent actifs en Europe –, le groupe aurait tenté de chercher des soutiens politiques, notamment au sein du Parlement européen. De là à glisser du lobbyisme à la corruption ? La justice belge en semble convaincue, alors que le groupe chinois n’avait toujours pas réagi jeudi après-midi.
« Frais de bouche, de voyage… »
« La corruption aurait été pratiquée régulièrement et très discrètement de 2021 à ce jour, sous couvert de lobbying commercial et en prenant différentes formes, comme des rémunérations de prises de position politiques ou encore des cadeaux démesurés comme des frais de bouche, de voyage, ou encore des invitations régulières à des matches de football », écrit le parquet fédéral belge. Selon le code de conduite des députés européens, ces derniers ne peuvent recevoir de cadeaux d’une valeur supérieure à 150 euros, qu’ils doivent par ailleurs déclarer.
« Les avantages patrimoniaux liés à la corruption supposée seraient possiblement mélangés dans des flux financiers liés à des prises en charge de frais de conférences, et payés à différents intermédiaires, ce en vue de dissimuler leur caractère illicite ou de permettre aux auteurs d’échapper aux conséquences de leurs actes, indique par ailleurs le parquet fédéral. De ce point de vue, l’enquête s’attache également à déceler les éléments de blanchiment de capitaux, le cas échéant. »
Cette enquête dérive d’une surveillance de longue date de la Sûreté de l’Etat en Belgique, le renseignement intérieur, sur les agissements du groupe chinois sur son territoire. Le Soir rapporte que « le service a travaillé sur Huawei et ses lobbyistes durant plusieurs années, avant de transmettre ses soupçons de corruption – une infraction pénale – au parquet fédéral ».
Reste qu’au Parlement européen, certains préfèrent rester prudents. « Le Qatargate nous encourage à l’être sur les façons de procéder de la justice belge », rappelle une source au sein de l’institution, alors que l’enquête du Qatargate n’a toujours pas été bouclée. « Pour le moment les informations sont encore limitées. Mais cela montre que le parlement reste vulnérable à la corruption », souligne l’eurodéputé écologiste Daniel Freund.
D’autres députés, sont plus remontés. « Je suis scandalisée du manque de probité de certains députés, s’indigne la socialiste Chloé Ridel, coprésidente de l’intergroupe contre la corruption dans l’institution. Les accusations révélées sont extrêmement graves. Nous appelons à ce que le nouvel organe d’éthique de l’Union européenne réagisse au plus vite ou alors, elle perdra toute crédibilité. Nous devons aller plus loin sur les règles de transparence et des éthiques au Parlement européen, comme dans toutes les institutions européennes. »