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    1. Ed_Dantesk on

      Dans le cadre du 1er Forum « Sofest », organisé par France Festivals à Reims, le ministère de la Culture a présenté le 13 mars un baromètre pour l’année 2024. Avec des constats souvent surprenants et contrintuitifs.

      La batterie de chiffres présentés en avant-première par le Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (DEPS) du ministère de la Culture à Reims le 13 mars, lors du 1er Forum Sofest organisé par France Festivals, a permis de mesurer l’ampleur des tensions qui traversent ce secteur. Ces données seront publiées dans quelques mois.

      Après un premier baromètre expérimental en 2023, le DEPS a collecté des données sur l’année 2024. Travail qui devrait être reconduit pour 2025. « L’objectif est d’avoir des éléments dès la fin de l’été pour pouvoir prendre le pouls du secteur », a expliqué Edwige Millery, chargée d’études et référente du pôle Dynamiques territoriales du DEPS. En tout, 1810 festivals ont constitué le panorama des répondants.

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      Festivals : le bilan de 2024 montre un modèle à bout de souffle

      Un solde déficitaire pour la moitié des festivals

      Premier constat – assez inquiétant -, le déficit est une réalité financière très partagée. Elle concerne la moitié des festivals d’arts visuels et près de la moitié des festivals musicaux. Dans le spectacle, ce sont quatre événements sur dix qui se déclarent en déficit.

      Seuls les festivals de cinéma échappent à cette réalité, puisque les deux tiers sont bénéficiaires ou à l’équilibre.
      Des constats contrintuitifs

      Spontanément, les regards se tournent vers les subventions et la fréquentation, qu’on imagine orientées à la baisse. Or les chiffres montrent que le soutien public est resté stable en 2024. Quant aux recettes de billetterie, elles ont augmenté.

      De plus, les données conduisent au constat contrintuitif qu’un nombre élevé d’entrées ne protège pas du déficit. Ainsi 40% de festivals de musique dans le rouge affichent un taux de remplissage de 70 à 98%. Pour le spectacle vivant, ce sont 44% des événements. Et pour les festivals pluridisciplinaires déficitaires, le taux de remplissage grimpe à 71%.

      De même, l’ancienneté du festival n’est pas un gage d’équilibre financier.
      Vulnérabilité face aux aléas naturels et climatiques

      Les causes des déficits sont donc à chercher ailleurs… dans la hausse des dépenses techniques (sécurité entre autres) dans 46% des cas et artistiques (cachets des artistes) dans 52% des cas.

      Autre élément déstabilisant : la vulnérabilité face aux aléas naturels et climatiques (canicules, vents violents, pluies intenses etc.) pour les nombreux festivals qui se déroulent en plein air. Ainsi, un tiers des festivals de musique a été confronté en 2024 à ce type d’imprévus, 25 % des festivals d’arts visuels, et 10 % de ceux relevant du spectacle vivant.
      Le maintien des subventions ne suffit pas

      Autrement dit, comme l’a fait remarquer Delphine Benassy, vice-présidente déléguée à la culture et à la coopération internationale de la région Centre-Val de Loire, ces données montrent que le maintien du soutien public ne suffit pas à stabiliser la situation économique des festivals.

      Analysant « les paradoxes actuels des festivals », le chercheur Emmanuel Négrier (directeur de recherche CNRS, Université de Montpellier) a, entre autres, évoqué les tensions entre l’écosystème des festivals et leurs retombées territoriales : « alors qu’on constate certaines formes de distanciation des financeurs, les retombées des festivals vont croissant. Il y a donc une fragilisation de leur modèle, mais un renforcement de leur enracinement. »
      Point d’alerte du côté des collectivités

      De même, en dépit de leurs difficultés économiques, les festivals ne connaissent pas de « désaffection sociologique ».

      Emmanuel Négrier a aussi souligné un point d’alerte : « une certaine crise du gouvernement coopératif en matière culturelle. » A savoir, la tentation des contributeurs financiers de s’écarter du modèle actuel, où plusieurs festivals peuvent concourir pour obtenir des subventions, un peu comme si certaines collectivités étaient tentées par ce qu’il a appelé une forme de « patrimonialisme, qui serait une évolution inquiétante. »

      Focus
      Des tendances corroborées par le Centre national de la musique

      Dans son secteur d’intervention, le Centre national de la musique (CNM) parvient à des constats similaires. Étudiés à partir des données issues du paiement de la taxe sur les spectacles en 2023, les données du CNM montrent une hausse de la billetterie des festivals de 15 %. Là aussi, taux de remplissage élevé ne rime pas avec solde positif : un tiers des festivals ayant un remplissage supérieur à 90% sont dans le rouge.

      Côté dépenses, les contrats de cession des spectacles ont augmenté, en moyenne, de 9 % par rapport à 2022. Et les charges générales, de 11 %, pour un nombre de représentations identique. Selon Mary Vercauteren, directrice du soutien aux artistes, aux entreprises et aux projets au CNM, outre les coûts artistiques, « les coûts techniques ont fortement augmenté en raison de la réglementation et des efforts demandés aux festivals en matière de transition écologique. »

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