Donald Trump sfida la magistratura espellendo il salvador dei venezuelani sospettati di appartenere a una banda

    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/03/18/donald-trump-defie-le-pouvoir-judiciaire-en-expulsant-des-membres-d-un-gang-venezuelien-vers-le-salvador_6582762_3210.html

    di Folivao

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    5 commenti

    1. lulzcam7 on

      C’est pas juste défier, il s’assoit littéralement sur le pouvoir judiciaire.

      Edit : On a sous les yeux la parfaite représentation de ce que sont capables des politiciens qui jugent l’État de droit comme étant quelque chose de facultatif. Le droit ne sert pas qu’à vous punir quand vous faites une bêtise, il vous protège aussi contre un État qui abuse de son autorité.

    2. **La Maison Blanche a refusé, lundi, de répondre aux questions du juge James Boasberg, qui avait ordonné en vain, samedi, de suspendre l’envoi de 238 personnes vers un « centre de confinement des terroristes » au Salvador.**

      « Oups… trop tard. » Le président du Salvador, Nayib Bukele, a posté ce commentaire, dimanche 16 mars, avec un grand sourire, après qu’un juge fédéral américain, James Boasberg, a interdit l’expulsion des Etats-Unis de 238 personnes suspectées d’être membres de gangs vénézuéliens vers un « centre de confinement des terroristes » dans son pays. Trop tard, parce que les avions militaires américains étaient manifestement déjà en vol et que l’administration Trump a refusé de se plier à une injonction orale du juge exigeant que les appareils fassent demi-tour.

      Une audience a donc été convoquée, lundi 17 mars, en fin d’après midi, par le juge Boasberg, qui s’est interrogé : la Maison Blanche a-t-elle bravé ses ordres ? Dans un signe de défiance inédit, les représentants du ministère fédéral de la justice, sous l’autorité de Donald Trump, lui ont demandé – en vain – d’annuler la comparution, puis ont refusé de répondre à ses questions sur l’horaire des vols, leur destination ou le nombre de personnes expulsées, invoquant des « préoccupations de sécurité nationale ». Le magistrat – dont le ministère de la justice a parallèlement demandé le dessaisissement – a fixé une audience sur le fond au 21 mars. Sceptique, il a sommé l’administration Trump de lui apporter des réponses d’ici à mardi midi.

      L’affaire cristallise le combat méthodique mené par Donald Trump et son administration contre les juges fédéraux. Ces derniers représentent actuellement le seul contre-pouvoir opérationnel, les démocrates étant à terre après leur défaite de novembre 2024, les intellectuels et les artistes hors jeu, et les milieux économiques ayant prêté allégeance au président. En violant délibérément une décision de justice, l’administration Trump franchit une ligne rouge vers un système plus autoritaire dépendant du seul exécutif.

      Tout s’est joué samedi : Washington invoque l’Alien Enemies Act – une loi de 1798 instaurée lors de la « quasi-guerre » contre la France révolutionnaire qui permet de détenir et d’expulser les immigrants originaires d’un pays belligérant – pour expulser tout citoyen vénézuélien âgé de 14 ans ou plus accusé d’être membre du gang Tren de Aragua. Depuis février, ce dernier est désigné comme une organisation terroriste étrangère par l’administration américaine.

      **« Je me fiche de ce que pensent les juges »**

      L’Alien Enemies Act n’a été utilisé qu’à trois reprises – contre les Anglais en 1812, par le président Woodrow Wilson, pendant la première guerre mondiale contre les Allemands et, pendant la seconde, par Franklin D. Roosevelt, notamment pour interner les Japonais et les Américains d’origine japonaise.

      L’administration américaine a choisi, moyennant 6 millions de dollars (5,5 millions d’euros) versés au Salvador, d’expulser les membres de Tren de Aragua dans les prisons de Nayib Bukele. Ce dernier a paralysé les gangs dans son pays en incarcérant 1,6 % de sa population, un record mondial. Le président salvadorien a diffusé sur son compte X une vidéo des Vénézuéliens expulsés, à leur arrivée, menottés, puis tondus avant d’être introduits sans ménagement par dizaines dans une prison.

      Pressentant cette décision, cinq Vénézuéliens placés en centre de rétention avaient formulé, samedi après-midi, un recours en justice contre leur expulsion devant le juge fédéral de Washington, James Boasberg, estimant en particulier qu’ils étaient soupçonnés à tort d’être membres du gang. Le magistrat ordonnait alors la suspension de l’expulsion des plaignants.

      Pendant les débats, selon le récit du Washington Post, les avocats ont expliqué que deux avions étaient déjà en vol. Vers 18 h 45, le juge exigeait que les appareils concernés fassent demi-tour. L’ordre était certes oral, mais il a force juridique complète. « Tout avion transportant ces personnes, qui est sur le point de décoller ou qui est en vol, doit être renvoyé aux Etats-Unis », ordonnait le magistrat à l’avocat de la Maison Blanche. Puis, à 19 h 26, il publiait sur le serveur public de la justice américaine son interdiction d’invoquer la loi sur les ennemis étrangers pour expulser tout membre suspecté du Tren de Aragua. Selon la chaîne CNN, à cette heure, les deux premiers avions étaient encore en vol – le premier est arrivé au Honduras, étape avant le Salvador, à 19 h 36, et le deuxième à 20 h 08. Enfin, et surtout, un troisième avion a décollé du Texas à 19 h 37 selon le tracker Flightradar, soit après la publication de la décision.

      L’enjeu est décisif pour savoir si l’administration Trump a violé volontairement une injonction de la justice, ce qui serait un précédent majeur, ou si elle a simplement touché la ligne rouge. « L’administration n’a pas “refusé de se conformer” à une décision de justice, a déclaré Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche. Cette décision, dénuée de fondement légal, a été émise après l’expulsion des terroristes étrangers du territoire américain. Un juge unique dans une seule ville ne peut pas diriger les mouvements d’un avion transportant des terroristes étrangers expulsés physiquement du territoire américain. »

      Tom Homan, le responsable de la frontière et des expulsions dans l’administration Trump, a estimé, lundi, sur la chaîne Fox News, que les deux vols d’expulsion vers le Salvador n’avaient pas besoin d’être interrompus car ils se trouvaient déjà au-dessus des eaux internationales lorsque l’ordre a été donné. Il a surtout confirmé que cette affaire était une nouvelle escalade dans la contestation du pouvoir judiciaire menée par Donald Trump : « Nous ne nous arrêterons pas. Je me fiche de ce que pensent les juges. Je me fiche de ce que pense la gauche. Nous avançons », a-t-il asséné, annonçant « un autre vol chaque jour ».

      **L’administration Trump peine à expulser les sans-papiers**

      « Nous allons entamer le processus de retour de millions et de millions d’étrangers criminels vers leurs lieux d’origine », avait déclaré Donald Trump lors de son investiture, le 20 janvier. En réalité, son administration a certes réussi à fermer la frontière – un mouvement commencé sous Joe Biden, à l’approche de l’élection présidentielle –, mais elle peine à expulser les sans-papiers.

      Selon une enquête publiée par la chaîne NBC fondée sur des calculs de Noticias Telemundo, en février, 128 avions transportant des personnes expulsées ont décollé, dont 19 vols militaires. Ce chiffre est inférieur aux 137 vols d’expulsion effectués un an plus tôt sous Joe Biden. Au total, selon NBC, 11 000 migrants ont été expulsés en février, premier mois de plein exercice de Donald Trump, contre 12 000 un an plus tôt. La moitié d’entre eux n’avaient pas de condamnation pénale ni ne faisaient l’objet de poursuites.

      La situation de la base américaine de Guantanamo Bay, située dans le sud-est de l’île de Cuba, censée servir de base d’expulsion, est un exemple des difficultés rencontrées. Ce choix est coûteux, inadapté et fait l’objet de recours en justice, ce qui a conduit Washington à faire marche arrière brutalement. Un porte-parole militaire a déclaré à l’agence Associated Press, jeudi 13 mars, qu’aucun « étranger illégal » n’y était détenu après le transfert de 40 immigrants vers la Louisiane.

      Au cas des Vénézuéliens s’est ajouté celui d’une citoyenne libanaise sous visa, Rasha Alawieh, docteure en médecine de 34 ans, qui a été refoulée par la police des frontières à l’aéroport de Boston et renvoyée vers Paris en dépit d’un ordre d’un juge exigeant d’attendre une audience, prévue lundi, avant toute expulsion. Cet ordre a été émis vendredi soir, deux minutes avant que Rasha Alawieh soit escortée dans l’avion qui a quitté la porte d’embarquement une demi-heure plus tard.

      **Les républicains à l’unisson avec Trump**

      Les autorités fédérales ont entretemps fait savoir qu’elles lui reprochaient d’avoir assisté aux funérailles du leader du Hezbollah Hassan Nasrallah et d’avoir effacé de son smartphone des photos lui étant favorables. Le juge, estimant que son ordre avait été volontairement violé, a lui aussi convoqué une audience pour avoir des explications.

      Les républicains sont à l’unisson avec Donald Trump. « Chaque jour, un juge décide unilatéralement de la politique du pays. Cette fois, au profit des membres de gangs étrangers. Si la Cour suprême ou le Congrès ne règlent pas la situation, nous nous dirigeons vers une crise constitutionnelle », a estimé, sur X, Chuck Grassley, sénateur républicain de l’Iowa. « Les pires juges – ceux qui bafouent la loi de manière répétée – devraient au moins être soumis à un vote de destitution, que ce vote soit positif ou non », lui répond Elon Musk.

      Le président mène aussi ouvertement ce combat. Dimanche, Donald Trump a mis en doute la décision d’un juge fédéral californien ordonnant à l’administration de réembaucher des milliers de travailleurs en période d’essai qui ont été licenciés. « Je trouve cela absolument ridicule. C’est un juge qui se met à la place du président des Etats-Unis, qui a été élu avec près de 80 millions de voix », a accusé Donald Trump.

      La bascule consterne même le New York Post, tabloïd de Rupert Murdoch, qui s’en prend dans un éditorial aux demandes de destitution du juge Boasberg par Elon Musk : « Désolé, Elon : même l’expulsion des membres de gangs illégaux doit respecter l’Etat de droit. »

    3. _IBlameYourMother_ on

      Quelques notes:

      – les personnes expulsées ne sont pas forcément “soupçonnées”; d’après le gouvernement américain, dans un certain nombre de cas ils n’ont aucune information sur ces personnes.
      – ces personnes ne sont pas simplement “expulsées”; elles sont destinées a des camps de travail au Salvador. Sans procès, sans recours, sans droits, sans paye, sans perspectives de libération, sans rien.

    4. Hero-Firefighter-24 on

      Espérons que les midterms en 2026 vont mettre assez de démocrates au Congrès pour impeacher Trump.

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