
“La censura è ovvia ed è faraonica”: Jul denuncia la cancellazione da parte dell’educazione nazionale di un ordine dalla sua “bellezza e bestia”
https://www.liberation.fr/societe/education/leducation-nationale-annule-la-commande-dune-version-revisitee-de-la-belle-et-la-bete-son-auteur-jul-crie-a-la-censure-20250320_7JFVFW2QOBDELEDTQ25JNMUAVY/
di Tiennus_Khan
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Une censure pharaonique : qu’est-ce à dire?
Histoire assez hallucinante avec l’Education nationale qui annule la commande d’un livre illustré pour des enfants de primaire, sous des prétextes assez mystérieux (thèmes soi-disant trop sérieux pour leur âge, représentations pas assez traditionnelles des enfants…)
Mais le passage le plus croustillant de l’article est sans doute celui-ci :
>Plus étonnant encore, Elisabeth Borne lui a même consacré une préface élogieuse : *«Ce livre offre un voyage visuel sublimé par le talent de Jul […] Vous découvrirez dans cette version, dessinée pour vous, la touche malicieuse et le regard affûté de Jul, qui insufflent à ce conte une modernité nouvelle»,* écrit l’ancienne Première ministre. Un *«projet de préface qui n’avait pas encore été soumis à validation par la ministre»,* assure le cabinet d’Elisabeth Borne, qui se demande *«comment il s’est retrouvé dans la nature».*
No comment sur l’attitude du ministère
👆☝️
Pendant un moment j’ai bogué, en mode “Jul ? Genre, le *rappeur Jul ?*”
Honnêtement pas trop choqué que l’EN pousse pas le tirage au vu du contenu
Je me souvient d’un épisode de Fred, alias JDG, “Et si on parlait de Picsou ?” sur Bazar du Grenier.
Pourquoi je parle de ça. Fred parlait des thèmes abordés dans la BD de Don Rosa “La jeunesse de picsou”, des thèmes dur, pas enfantin, sur la vie. De quoi faire peur mais de quoi faire réfléchir. Ce qui permet aux très jeunes lecteurs de devenir adulte. Fred a gardé un bon souvenir de cette BD.
Pour ma part, les œuvres que je me souvient bien, c’est pas des trucs insipides, des histoires sans profondeurs, mais des œuvres m’ayant mit une claque. Me rappelant la dur réalité, celle dans laquelle nous sommes.
Et je pense que les enfants ont besoin d’un regard, d’une fenêtre sur le monde qui les attend, être quelque part prévenu des dangers.
Je note un passage d’un article sur France bleu “*En effet, les deux illustrations de l’ouvrage abordent des thématiques qui conviendraient à des élèves plus âgés, en fin de collège ou en début de lycée, telles que l’alcool, les réseaux sociaux, ou encore des réalités sociales complexes*”.
Cette BD et pour des élèves de CM2 dont des élèves en 6ème l’année prochaine. Ils vont être exposés à des choses comme les réseaux sociaux, ce seraient bien de les avertir et de les sensibilisés. Et non, c’est pas au début du lycée qu’ils faut en parler, mais bien avant. Comme un vaccin, il faut être prévenu des dangers bien avant d’être exposé.
Cécile Bourgneuf, Louis Moulin
Une version modernisée mais jugée trop adulte du conte a heurté le ministère, qui a annulé une commande de 800 000 livres illustrés destinés aux CM2, a dénoncé l’auteur mercredi.
Une décision brutale et une censure déguisée ;? Une version modernisée du conte la Belle et la Bête, illustrée par le dessinateur Jul et destinée à être offerte à tous les élèves de CM2, a été soudainement annulée par la numéro ;2 de l’Education nationale. Alors que les épreuves étaient validées et bouclées, Caroline Pascal, la directrice générale de l’Enseignement scolaire (Dgesco), a décidé de suspendre à la toute dernière minute l’impression de cet ouvrage, édité par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, et qui devait être tiré à 900 ;000 exemplaires, comme l’a révélé le Mondemercredi 19 ;mars. Le cabinet d’Elisabeth Borne assure ce jeudi être également à l’initiative de cette décision. L’ouvrage ne serait «pas adapté»aux élèves de 10 ;ans «sans accompagnement pédagogique»,éléments de langage repris par Elisabeth Borne elle-même ce jeudi matin sur Cnews-Europe 1. «La censure est évidente et elle est pharaonique», dénonce Jul auprès de Libération.
Depuis ;2018, le ministère de l’Education nationale offre chaque année, dans le cadre de l’opération «Un livre pour les vacances», un classique de la littérature française aux élèves de 10 et 11 ;ans avant leur entrée au collège «pour les accompagner vers une lecture autonome».Cette année, le choix s’est porté sur la Belle et la Bête, dans la version écrite par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont en ;1756. Jul, illustrateur reconnu de Silex and the City, 50 Nuances de Grecset de plusieurs épisodes de Lucky Luke,avait été sollicité pour mettre l’histoire en images, en adoptant son style «espiègle, ironique et tendre»,comme il le définit. Une touche justement recherchée par l’ancienne ministre de l’Education nationale Nicole Belloubet, qui avait lancé la commande à l’été ;2024.
«La version du XVIIIe ;siècle de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont permet une liberté absolue dans l’interprétation puisque les personnages n’y sont pas physiquement décrits», explique Jul, Julien Berjeaut de son vrai nom. Le dessinateur a donc imaginé la Belle avec la peau mate, les sourcils épais, les cheveux noirs et frisés tandis que la Bête ressemble à une créature aux dents longues et affûtées, qui se prend en selfie. «Ce sont des illustrations dans mon style, archi-mignonnes, version enfant. Le ministère aimait mes illustrations et j’imagine qu’il trouvait ça très bien qu’il y ait un dessinateur deCharlie qui soit en charge, cette année-là précisément, du bouquin.»
Mais pour la Dgesco, «le produit ne permet pas une lecture en autonomie, à domicile, en famille et sans l’accompagnement des professeurs pour des élèves âgés de 10 à 11 ;ans,justifie Caroline Pascal dans une lettre adressée à Jul le 17 ;mars et consultée par Libération. Les illustrations de l’ouvrage abordent des thématiques qui conviendraient à des élèves plus âgés, en fin de collège ou en début de lycée, telles que l’alcool, les réseaux sociaux, ou encore des réalités sociales complexes.»Une critique que Jul juge «purement subjective»et idéologiquement orientée. «Reste à décoder ce que signifie pour de vrai“réalité sociale complexe” ;: on croit hélas trop bien comprendre la périphrase», lui rétorque-t-il en commentaire de texte.
«Les personnages illustrés ne correspondent pas aux stéréotypes classiques, traditionalistes du conte de fées»
«La seule chose qui puisse être questionnée, c’est que les personnages illustrés ne correspondent pas aux stéréotypes classiques, traditionalistes du conte de fées mais ressemblent aux élèves de CM2 d’aujourd’hui en France et tout le monde n’est pas blond, explicite Jul auprès de Libé. C’est ce qui semble être insupportable pour l’administration du ministère.»
«C’est une réécriture moderne. On a un père de famille qui arrive d’Algérie, qui doit commettre des fraudes, qui se fait contrôler par les policiers, a développé Elisabeth Borne sur CNews-Europe 1. Peut-être que dans un cadre avec des professeurs, on peut expliquer ce second degré. Mais c’est un livre qui a vocation à être lu en vacances, avec sa famille et sans ce décodage de ce second degré, qui est sans doute bien dans un cadre, mais pas pour un livre de vacances.» «Je souhaite que des élèves puissent passer de bonnes vacances, avec un message simple», dit encore la ministre.
Libération,qui s’est procuré l’ouvrage, n’a pourtant rien trouvé de particulièrement choquant dans les illustrations de Jul, dont la modernité installe au contraire un dialogue intéressant avec le texte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Sur les dessins incriminés ;: rien n’indique que le père de famille arrive d’Algérie ;; il reçoit en revanche une cargaison de marchandises acheminée sur un bateau baptisé L’Etoile d’Alger.Deux autres illustrations montrent ensuite, effectivement, un contrôle policier desdites marchandises, qui sont manifestement des vêtements contrefaits. Le père y semble aussi surpris que les policiers de la découverte. Et ce n’est là rien d’autre que la mise en image malicieuse du texte ;: «On lui fit un procès pour ses marchandises, et après avoir eu beaucoup de peine, il revint aussi pauvre qu’il était auparavant.»Enfin, il y a cette illustration où le père boit du vin en chantant les Lacs du Connemaraen état d’ivresse. Là encore, le texte ne dit pas autre chose ;: «Il but aussi quelques coups de vin, et devenu plus hardi, il sortit de la salle, et traversa plusieurs grands appartements, magnifiquement meublés.» Et rien qui ne dépasse ce que le capitaine Haddock ou Obélix ne puissent réaliser dans leurs aventures respectives.
Une ironie «difficilement compréhensible pour des enfants de cet âge», estime le ministère
Dans sa lettre de justification, Caroline Pascal affirme que cette décision ne relève pas d’une «marque de conservatisme rétrograde, et très vite sans doute taxé de racisme»mais d’une volonté de proposer un livre «adapté à l’âge des élèves».Une défense qui ne convainc pas Jul, qui y voit une censure pure et simple, n’hésitant pas à comparer cette décision aux interdictions de livres dans les écoles américaines sous l’administration Trump, où des classiques comme Mausd’Art Spiegelman ou le Journal d’Anne Frankont été bannis sous prétexte d’inadéquation avec le public scolaire.
Selon Caroline Pascal, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, l’ouvrage n’aurait pas tenu compte des remarques observées en amont, assurant qu’il avait été convenu, lors d’une réunion au ministère en novembre ;2024, «de la conservation des codes de l’époque du texte, même si une forme de modernisation et d’actualisation était la bienvenue». Faux, rétorque Jul. Pour le dessinateur, l’échange portait avant tout sur la représentation des personnages et la nécessité de trouver un équilibre entre une vision «conservatrice»fidèle aux stéréotypes des contes de fées et un choix plus diversifié, sans tomber dans le cliché.
En décembre ;2024, Jul soumet ses premières planches d’illustration. Caroline Pascal affirme que le ministère avait alors émis des réserves, critiquant notamment une ironie jugée «difficilement compréhensible pour des enfants de cet âge»et son souhait de voir conserver l’univers féerique du conte. Ce que réfute là encore l’illustrateur. Jul assure avoir pris en compte les remarques concernant certains personnages, tout en respectant le cadre de l’histoire, où la dimension féerique reste omniprésente. «Les illustrations sont entièrement fidèles au texte. Je n’ai rien changé de la substance du livre», précise-t-il. «Pourquoi la Degesco a-t-elle pris cette décision dans son coin, sans même demander de modifier des éléments qui lui posent tout à coup un problème ;?» s’interroge-t-il.
Une préface de Borne pourtant élogieuse, «pas encore soumise à validation» dit le ministère
L’ouvrage finalisé le 20 ;février avait d’ailleurs été validé par le cabinet de la ministre de l’Education. Aujourd’hui, celui-ci répond à Libérationque «ce livre doit répondre à une approche pédagogique. Nous n’avons jamais remis en cause son travail mais la version finale est plus adaptée à un public plus mature, pour un profil de collégiens plus à même de saisir son ironie et son second degré. Il n’y a aucune censure. On souhaitait aller jusqu’au bout avec l’idée de réadapter des choses». Le cabinet précise qu’il honorera ses engagements financiers.
Plus étonnant encore, Elisabeth Borne lui a même consacré une préface élogieuse ;: «Ce livre offre un voyage visuel sublimé par le talent de Jul […] Vous découvrirez dans cette version, dessinée pour vous, la touche malicieuse et le regard affûté de Jul, qui insufflent à ce conte une modernité nouvelle», écrit l’ancienne Première ministre. Un «projet de préface qui n’avait pas encore été soumis à validation par la ministre», assure le cabinet d’Elisabeth Borne, qui se demande «comment il s’est retrouvé dans la nature». Quant aux élèves de CM2, ils recevront finalement l’Odysséed’Homère, adaptée par Murielle Szac et illustrée par Catel, édité lui aussi par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais. Soit le même ouvrage que l’édition 2023 de l’opération «Un livre pour les vacances».
Rendez-nous Amélie Oudéa-Castéra !
Meme r/france censure, “vous avez pas vos 50 karma 😬”
C’est excessif de parler de censure : la BD peut toujours sortir et avoir des lecteurs. D’ailleurs l’argument du ministère n’est pas déconnant : le bouquin est distribué aux élèves qui le lisent seuls ou en famille, sans mise en contexte pédagogique, mais validé par l’institution. L’EN a le droit de trouver le contenu trop “sensible” dans ces conditions.
Mais le problème, c’est tout le reste. Manifestement, personne à l’Educ n’a jeté un œil à ce qu’il foutait, le projet a été validé à l’aveugle à chaque étape en mode “ouioui c’est génial”, et ça rétropédale en urgence à la dernière minute. Une manière de procéder de gros naze, comme d’hab.
Ouais bon y a une référence à l’Algérie dans la BD et la Belle est bronzée, pour éviter un shitstorm de la fachosphère, le ministère de l’EN, avec courage, annule tout.
Voilà un peu ce qu’on peut en dire, quant à prétexter que c’est “pas adapté” aux gamins de 10 ans parce qu’on a un dessin d’un daron qui picole du vin en chantant du Sardou, bon.
Faut arrêter de se foutre du monde.
J’avais 8 piges quand notre maîtresse de CM2 nous avait fait étudier Les Misérables. Bah franchement ç’avait été une des meilleures expériences de ma scolarité
Voir la dureté de la vie dépeinte, le triste sort de Fantine, l’injustice envers Valjean…
Oui ça m’avait marqué, mais ce sont ce genre de choses qui construisent. Arrêtez de considérer les enfants comme des poupées de sucre bordel
En plus d’avoir cru qu’ils parlaient de Jul le rappeur, j’ai cru voir Ben Stiller sur la photo
AJA qu’il y avait un dessinateur appelé jul.