
Con l’affare Betharram, il silenzio imbarazzato della borghesia: “Questo è l’argomento del momento. Spero che svanirà, fa male alla nostra regione “
https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/03/23/avec-l-affaire-de-betharram-le-silence-gene-de-la-bourgeoisie-c-est-le-sujet-du-moment-j-espere-que-cela-va-s-estomper-cela-fait-du-mal-a-notre-region_6584865_4500055.html
di lieding
5 commenti
C’est un truc assez classique pour les faits divers.
J’ai pas tout l’article, mais du début je peut dire que ça concerne généralement tout le monde.
J’ai des amis qui habitaient dans le village où une famille a été tué mystérieusement y’a quelques années et c’était le sujet de conversation pendant des mois et même des années.
Si tu parle de Milwaukee a un américain il pense forcément à Dahmer, c’est la même chose.
Avec tous les sujets du moment concernant la bourgeoisie depuis des années, ils n’ont pas dû avoir beaucoup l’occasion de sortir du silence 😀
Ça fait du mal à la région ? Bah fallait ptet pas jouer le jeu des culs benis tortionnaires pendant 60 ans alors !! Vu ce qui s’est passé dans cet établissement pendant des décennies ça devait être un secret de polichinelle. Je pense même que tous ces cons trouvaient ça très bien de faire de la discipline moyenâgeuse avec les gamins “difficile” pendant que le personnel évitait soigneusement de violer ou mutiler les enfants de notables.
“Vendu du rêve” il ne faut pas déconner non plus, je suis du Sud Ouest, j’ai fréquenté sa bourgeoisie et Betharam était connu de Bordeaux à Bayonne en passant par Bergerac et Toulouse comme une école presque prison où on y envoyait les enfants qui déconnaient trop et dont les parents pouvaient payer la scolarité.
Tout le monde savait que c’était l’enfer sans être au courant des aggressions sexuelles mais ça n’a jamais eu la réputation d’une école gentille où on s’épanouit.
Les belles œillères et univers parallèle :
> […] La bourgeoisie du Sud-Ouest n’aime guère s’épancher sur le dossier Bétharram. Les langues se délient péniblement pour évoquer ces plus de 150 anciens élèves de Notre-Dame de Bétharram qui ont dénoncé des violences physiques, des agressions sexuelles et des viols. Jusque-là, l’établissement des Pyrénées-Atlantiques était une institution intouchable, avec une réputation établie, autant pour son taux de réussite au baccalauréat que pour sa rigueur et sa capacité à « redresser » les enfants jugés trop turbulents. Beaucoup venaient de très bonnes familles. De Pau à Bordeaux, en passant par le Pays basque, des notables de toute la région y ont envoyé leurs enfants, autant pour construire leurs réseaux que pour les confronter à une éducation à la dure.
> […] Avec le recul, Jean-Rémy Arruyer, cartographe, analyse les liens entre l’institution catholique et le milieu bourgeois comme « un jeu social ». Ce sexagénaire a été pensionnaire à Bétharram de 1973 à 1980, du CM2 à la 1ʳᵉ, et fait partie de la centaine de plaignants. Il y a subi des agressions sexuelles et mettra près de quarante ans à en parler à ses proches. Le jeune Jean-Rémy n’a jamais été un enfant turbulent, il collectionnait au contraire les prix d’excellence. « Cela correspondait aux bonnes valeurs d’un entre-soi bourgeois : tu avais une maison, deux voitures, tu allais à la messe et au ski le week-end, et tu avais ton fils à Bétharram », analyse-t-il.
> […] « Quand on est proche de ses enfants, ils parlent, ils vous racontent tout, soutient le père de Matthieu. Pour ceux qui ont subi des violences et qui n’ont pas osé parler, il y a sans doute un problème de lien avec leurs parents. » Une rhétorique identique à celle de François Bayrou.
> […] En 2025, la levée de boucliers est moins manifeste. […] Certains mettent en doute des témoignages d’anciens élèves, ou du moins la réalité de leur nombre. Au fil des conversations, les mêmes phrases reviennent : « Pourquoi tous ces gens se réveillent-ils cinquante ans après les faits ? » « Et si tout cela n’était qu’une grotesque instrumentalisation politique pour faire tomber François Bayrou ? » « C’est toujours les catholiques qui en prennent plein la figure », râle Hélène. Ces prochains jours, elle doit organiser un déjeuner pour une association chrétienne au service de personnes en situation de précarité. En guise de soutien, elle a décidé de réserver dans un restaurant de Lestelle-Bétharram, où est installé le collège-lycée, car elle a lu dans la presse que « cette polémique impactait beaucoup le village ».