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    5 commenti

    1. La directive européenne sur la transparence des rémunérations doit être transposée d’ici à juin 2026. Mais les réticences sont nombreuses chez les employeurs comme chez les employés, détaille Anne Rodier, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

      Ce n’est rien de moins qu’une « révolution culturelle », assure la ministre du travail et de l’emploi, Astrid Panosyan-Bouvet, à propos des nouvelles obligations de transparence salariale. Invitée par l’Association des journalistes de l’information sociale, le 3 avril, elle a annoncé pour septembre un premier texte de transposition de la directive européenne, qui doit être réalisée d’ici à juin 2026.

      Dès l’année 2026, la directive européenne obligera ainsi les employeurs à « informer les demandeurs d’emploi du salaire de départ ou de la fourchette de rémunération initiale des postes publiés » et, dans l’entreprise, à communiquer les rémunérations médianes pour chaque type de poste. « Les offres devront être beaucoup plus précises : offre de rémunération, fourchette étroite et interdiction pour un recruteur de demander la rémunération actuelle, ce qui jouera un rôle important pour les femmes », a précisé la ministre du travail et de l’emploi.

      Une révolution en effet, quand évoquer son salaire est toujours tabou. La journaliste Nathalie Saint-Cricq, qui l’avait divulgué dans un article de Libération, a été interpellée par RTL sur les raisons qui l’avaient poussée à le faire. « Je ne vois pas pourquoi j’aurai dit : “Je ne vous le donne pas” », a-t-elle répondu à l’antenne en janvier.

      La transparence salariale a déjà progressé en Europe depuis le Covid-19, en Allemagne, en Italie et même en France. Les données récoltées par l’agrégateur d’offres d’emploi Indeed ou par la plateforme Welcome to the Jungle ont, en commun, de confirmer ces premières avancées. En France, entre 2019 et 2025, la part des offres donnant des informations sur le salaire est passée de 20 % à 50,7 % pour Indeed France, et « elle représente actuellement 30 % des annonces de la plateforme Welcome to the Jungle », précise son directeur général, Antoine-Benjamin Lequertier.

      **Un dossier sur le dessus de la pile**

      S’il y a trois ans encore, l’Association pour l’emploi des cadres prêchait quasiment dans le désert en recommandant aux employeurs d’afficher des rémunérations dans leurs annonces, l’échéance de juin 2026 a manifestement remis le dossier « transparence des rémunérations » sur le dessus de la pile du bureau des DRH.

      Mais employeurs et salariés ne sont pas prêts à tout. Sentiment d’injustice ou d’iniquité, démotivation, perte de cohésion d’équipe, remise en cause de la politique salariale, crainte de rater un recrutement ou de provoquer des démissions en cascade, les réticences sont nombreuses des deux côtés.

      Une étude Indeed & PageGroup réalisée par OpinionWay en janvier auprès d’un millier de salariés et publiée le 8 avril montre que 59 % craignent de découvrir qu’ils sont moins bien payés que leurs collègues, et que 40 % des recruteurs tiennent à garder une marge de manœuvre selon le profil et l’expérience des candidats. Les jeunes salariés, qui, selon cette étude, seraient plus enclins à parler librement de leur rémunération, regrettent de l’avoir fait pour 51 % d’entre eux à cause des tensions qui ont suivi.

      Salariés comme employeurs sont plus à l’aise pour appliquer la transparence aux petits salaires. Plus des deux tiers des personnes interrogées par OpinionWay estiment qu’il est plus facile d’en parler en début de carrière. Côté employeurs, c’est dans le secteur du nettoyage, de l’éducation et de la restauration qu’Indeed France a recensé en 2024 le plus d’offres mentionnant le salaire : respectivement 84 %, 68 % et 66 %. Pour atteindre l’objectif de réduire les inégalités salariales, la transparence devra entrer dans la cour des grands.

    2. >Une révolution en effet, quand évoquer son salaire est toujours tabou. La journaliste Nathalie Saint-Cricq, qui l’avait divulgué dans un article de Libération, a été interpellée par RTL sur les raisons qui l’avaient poussée à le faire. « Je ne vois pas pourquoi j’aurai dit : “Je ne vous le donne pas” », a-t-elle répondu à l’antenne en janvier. 

      C’est toujours rigolo de voir ces journalistes appliquer à la lettre le “un fait, un exemple” qu’ils ont appris en cours. Quitte à trouver un exemple complètement farfelu qui n’a rien à voir avec le reste du papier 

    3. Vyslante on

      >59 % craignent de découvrir qu’ils sont moins bien payés que leurs collègues

      Et en quoi c’est une mauvaise chose (de le découvrir, pas de l’être) ? C’est justement parce que t’as aucune idée de combien sont payés tes collègues que tu te fais entuber !

    4. >Côté employeurs, c’est dans le secteur du nettoyage, de l’éducation et de la restauration qu’Indeed France a recensé en 2024 le plus d’offres mentionnant le salaire : respectivement 84 %, 68 % et 66 %. 

      Fatalement quand ton budget pour le poste c’est le SMIC t’as pas de raison de le cacher pour espérer réussir à embaucher quelqu’un à moins 

    5. DuskStalker on

      >et, dans l’entreprise, à communiquer les rémunérations médianes pour chaque type de poste. « Les offres devront être beaucoup plus précises : offre de rémunération, fourchette étroite et interdiction pour un recruteur de demander la rémunération actuelle

      Ah c’est une super nouvelle ça. Par contre je peux déja imaginer les RH suer à grosses gouttes.

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