Operazione “Trident”, un fiasco senza precedenti per gli agenti di polizia di Marsiglia per abbattere un trafficante di droga

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/05/11/l-operation-trident-un-fiasco-sans-precedent-des-policiers-marseillais-pour-faire-tomber-un-narcotrafiquant_6605142_3224.html

    di Delicious-Owl

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    4 commenti

    1. Delicious-Owl on

      L’opération « Trident », un fiasco sans précédent des policiers marseillais pour faire tomber un narcotrafiquant

      Les policiers de l’Office antistupéfiants marseillais rêvaient d’attirer un caïd dans leurs filets grâce à plusieurs centaines de kilos de drogue. Mais cette « livraison surveillée » a tourné à la débâcle.

      « Imagine si un article sort comme quoi l’Ofast [Office anti-stupéfiants] a importé du produit stupéfiant sur le territoire français et certaines personnes se sont servies (…) en faisant vendre ces produits par leurs propres informateurs. » Le 22 mars 2024, en quelques mots prononcés au cours d’une conversation téléphonique avec son épouse, Hervé (son prénom a été modifié) résumait l’affaire qui fait trembler l’antenne marseillaise de l’Ofast depuis un an.

      Les révélations de ce serrurier de 60 ans, réserviste opérationnel de la police, sont à l’origine d’une vaste enquête à double fond ponctuée de chausse-trapes, d’entorses à la loi, de rebondissements. Création de toutes pièces d’un trafic de cocaïne, rémunération d’indicateurs en kilos de came, manipulation de drogue et d’argent sale, le tout sous le contrôle pour le moins souple des responsables locaux de la police antidrogue : aveuglés par l’espoir de réussir le « coup » d’une carrière, faire tomber Mohamed Djeha, alias « Mimo », l’un des plus importants narcotrafiquants en France, des policiers marseillais ont franchi ligne rouge sur ligne rouge.

      L’institution pensait avoir habilement réduit ce dossier, rocambolesque et navrant, à la dimension d’une ces affaires de corruption devenues presque banales : une poignée de flics ripoux agissant hors de tout contrôle, quelques pains de drogue envolés, « business as usual ». Mais au fil d’une procédure de plus de 3 000 pages, que Le Monde a pu consulter, l’enquête produite par la police des polices, désormais menée sous l’autorité de la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée, dévoile une autre réalité.

      Fin 2022, l’Agence fédérale de contrôle des stupéfiants américaine (Drug Enforcement Administration, DEA) transmet à l’Ofast une information de première main : une cargaison de plusieurs centaines de kilos de cocaïne s’apprête à traverser l’Atlantique, dissimulée parmi deux conteneurs de bananes à destination de Marseille. L’exportateur colombien, qui opère via une société d’import-export, est un narcotrafiquant chevronné, bien connu des enquêteurs américains.

      Cartons de bananes

      Le tuyau vaut le coup. Pour le « Groupe 8 » de l’antenne marseillaise de l’Ofast : pas de doute, un tel appât intéressera forcément l’objectif numéro 1, Mohamed « Mimo » Djeha, parrain de la cité marseillaise de la Castellane (15e arrondissement), dont un point de deal pouvait générer le chiffre d’affaires le plus élevé d’Europe, avec près de 80 000 euros raflés chaque jour. Le caïd, sous le coup de mandats d’arrêts internationaux, est en fuite depuis 2018. La perspective de mettre la main sur une marchandise dont la revente au détail avoisinerait un chiffre d’affaires d’une dizaine de millions d’euros, pensent-ils, pourrait bien le faire sortir de sa cavale. Avec l’aval de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, l’Ofast de Marseille décide de procéder à une « LS », une livraison surveillée : laisser la marchandise faire son chemin sous étroite surveillance policière pour remonter le réseau d’acheteurs.

      Afin de hameçonner « Mimo », réputé extrêmement prudent, les policiers de l’Ofast mettent dans le coup plusieurs indicateurs. La mission de ces individus, amiliers de ce milieu interlope, consiste à se faire passer pour indispensables à la logistique si particulière du trafic et à s’introduire au sein d’un réseau en tant qu’intermédiaires. Organiser la sortie d’un conteneur « contaminé » du port de Marseille, trouver un lieu de stockage temporaire, caler des rendez-vous de remise d’échantillons, jouer les traducteurs… D’un côté et de l’autre de l’Atlantique, ces « tontons » sont parfaitement au courant des objectifs de l’opération.

      Le 4 mars 2023, les pains de cocaïne, estampillés « RR » – pour Rolls-Royce – ou « Monastery », sont dissimulés parmi 1 080 cartons de bananes d’un conteneur chargé à bord du Olivia I, un navire de l’armateur CMA CGM sous pavillon des Îles Marshall qui appareille du port colombien de Carthagène. Sa rotation habituelle lui fait toucher les ports d’Algésiras, en Espagne, de Malte, puis ceux de Livourne, Gênes, en Italie, et enfin, Marseille. Mais un énième mouvement social des dockers du port de la ville y retarde l’arrivée de la cargaison. Détournée vers Barcelone, la cocaïne est transbordée sur un nouveau navire, l’OPS Hamburg, qui entre finalement à Marseille le 26 mars.

      Jour et nuit, une semaine durant, les flics marseillais surveillent la drogue comme le lait sur le feu. C’est finalement tout début avril, en plein milieu de la nuit, que le conteneur « contaminé » sort du port. Après quarante-cinq minutes de route, il est déposé dans un entrepôt isolé au beau milieu des champs. La cocaïne – au moins 360 kilos selon l’inspection générale de la police nationale (IGPN), alors que moins de 200 kilos étaient attendus – est « dépotée » par des intermédiaires en lien avec des enquêteurs de l’Ofast, avant d’être stockée dans une camionnette blanche Mercedes Vito qui repart au petit matin, direction Marseille.

      « Faut pas être regardant »

      Pour les policiers, la suite devait relever du tout cuit, ou presque. Leurs indicateurs, censés ferrer le réseau « Mimo », activent leurs contacts : une remise d’échantillon est réalisée. Problème : la transaction n’ira pas plus loin. Le gros poisson ne mord pas. En cavale, le boss de la Castellane a-t-il reniflé le mauvais coup ? Dispose-t-il d’informateurs au sein de la police ? Les enquêteurs marseillais avaient pourtant joué la carte de la discrétion. A Barcelone, l’un d’eux avait même suggéré à une collègue de ne pas en dire trop devant les renforts dépêchés par l’office central de Nanterre, maison-mère de l’Ofast, pour surveiller le transbordement de la marchandise. Toujours est-il qu’une équipe hétéroclite mêlant flics et indics se retrouve avec plusieurs centaines de kilos de cocaïne sur les bras. Ou, plutôt, stockés dans un utilitaire échoué sur un parking à ciel ouvert de la cité phocéenne. Une option évidente consisterait alors à saisir la drogue, et en rester là.

      Le Groupe 8 opte pour une autre solution, autrement aventureuse : écouler coûte que coûte la marchandise auprès d’autres équipes de trafiquants. A défaut de coincer Mimo, subsiste l’espoir de pouvoir démanteler d’autres réseaux. A la demande des policiers, des indics se transforment alors en vendeurs à la criée pour tenter de refourguer la marchandise piégée. « Les enquêteurs réagissaient comme étant les dépositaires/ayants droit de la cocaïne, s’inquiétant du fait de devoir écouler celle-ci au plus vite », constatera plus tard l’IGPN.

      Pendant une quinzaine de jours, un ballet inédit se déroule de parkings de fast-foods ou de centres commerciaux en stations de lavage automobile à Marseille, dans le quartier de la Valentine ou à Plan-de-Campagne (banlieue nord). Le Mercedes Vito chargé de cocaïne devient le véhicule le plus surveillé de France, à grand renfort de balises GPS, de caméras et de flics en planque, une véritable « coke-mobile » qui va servir de point de ravitaillement itinérant pour un livreur, qui vient y retirer la marchandise avant d’aller la dispatcher à une clientèle très diversifiée. Dealeurs marseillais des cités Félix-Pyat ou de la Busserine, trafiquants venus de Nice, de la cité Berthe de La Seyne-sur-Mer (Var), de Montpellier… Neuf équipes viennent s’approvisionner en cocaïne.

      Mais si les acquéreurs sont nombreux, c’est aussi parce qu’ils repartent avec peu, quelques kilos la plupart du temps. Les policiers peinent à identifier de gros acheteurs, et se résignent à faire démarcher des réseaux bien éloignés de leur juridiction, jusqu’à Mulhouse (Haut-Rhin). Alors qu’il est question de vendre à une équipe lyonnaise, le major D. s’inquiète de la quantité qu’il reste à écouler, et écrit un SMS à un collègue : « Faut pas être regardant… faut que ça parte… » Malgré leurs maigres emplettes, d’importants moyens sont mobilisés pour prendre en filature les acheteurs. Certains regagnent leur base arrière sans savoir que, tout au long de leur voyage retour, d’autres services prennent le relais des policiers marseillais, parfois sur plusieurs centaines de kilomètres.

      Opération en circuit fermé

      Bientôt, des rumeurs de détournement de drogue par les indics chargés de la revente viennent s’ajouter aux errements d’une enquête qui ne mène décidément nulle part. La méfiance s’installe entre policiers. Epicentre du malaise, une partie du Groupe 8, qui pilote l’opération « Trident », tourne en circuit fermé autour du brigadier-chef G. et du major D., à l’origine de l’opération, et de leur chef, le capitaine P., qui ne rend compte qu’au patron de l’antenne Ofast sans en référer à son supérieur direct, un commandant divisionnaire.

      Celui-ci expliquera par la suite avoir été systématiquement exclu des réunions stratégiques et n’avoir appris l’existence du dossier « Trident » que par des propos happés dans les couloirs début avril 2023, avant d’en être officiellement informé quelques jours plus tard. Devant l’IGPN, il se fait direct : « On comprenait rien dans ce dossier (…), honnêtement j’ai compris que c’était merdique. » Il n’est pas le seul à partager ce sentiment. Un gendarme détaché à l’Ofast envisagera sa réintégration dans la gendarmerie pour fuir une ambiance devenue suffocante, un de ses collègues rêve de quitter la police judiciaire pour rejoindre la brigade équestre.

    2. fennecdore on

      Nos impôts qui travaillent dure pour lutter contre le traffic de drogue

    3. Prosperyouplaboum on

      >La hiérarchie policière, très coulante jusque-là, s’emballe soudain, enchaîne rapports et comptes rendus.

      va ya avoir une tempete de merde, vite on sort les parapluies.

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