Pour donner le contexte, il y a une crise économique autour du prix du riz au Japon depuis quelques années.
Les prix ne font qu’augmenter (+92% rien que vs mars dernier !). A la base, c’était sur un fond de mauvaise récolte parce que la saison était nulle en 2023, mais l’excuse ne tient plus et le gouvernement fait l’autruche.
L’autruche étant de dire “on ne comprend pas pourquoi les prix augmentent” alors que tout le monde voit le coupable, et leur solution a été de mettre en vente aux enchères le riz qu’ils avaient en réserve… problème : le riz en question ne suffit pas à inonder le marché (300 000 tonnes, alors que le pays consomme entre 7 et 8 millions de tonnes _par an_)et faire baisser les prix, et pire encore, moins de 1% du riz qui a été vendu par le gouvernement s’est retrouvé sur les rayons.
Une simple raison : la spéculation. Il y a plusieurs acteurs liés à cette spéculation.
Le plus gros coupable, c’est l’association nationale de l’agriculture au Japon (JA Zennoh) qui se dit être une coopérative locale mais qui est en fait gérée au niveau national. Ils ont presque tout acheté (94% du stock libéré par le gouvernement) et refusent de le vendre pour maintenir leurs marges élevées.
On n’oubliera pas de parler des plus petits spéculateurs non plus : ce sont ceux qui achètent directement auprès des agriculteurs par camions (pouet-pouet), et qui revendent au détail, parce qu’eux aussi sont des profiteurs.
Les victimes dans cette histoire, ce sont évidemment les consommateurs qui n’arrivent plus à acheter de riz, mais aussi les agriculteurs qui sont sous le feu alors qu’un grand nombre d’entre eux doit passer par ladite coopérative JA Zennoh pour vendre.
Et bien sûr, lorsque JA Zennoh achète auprès des agriculteurs, ils achètent pour quelques miettes avant de revendre en grande surface au triple.
Le contexte maintenant posé, pas plus tard qu’avant-hier, le ministre de l’agriculture japonais avait indiqué dans une séance de presse qu’il n’avait “jamais acheté de riz” dans sa vie parce que “ses soutiens lui en font don” au point d’en avoir assez “pour pratiquement en revendre” parce que son “garde-manger en est plein à craquer”…
C’est sans oublier qu’il avait ajouté que dans le riz qu’il reçoit, il y a parfois des petits cailloux dedans, et qu’il fallait qu’il le passe au moulin pour le polir lui-même. Ce n’était surement pas le commentaire de trop, mais il a conclu en disant qu’il se sent “fortement responsable” de cette crise.
Flash-forward à aujourd’hui, il démissionne parce que ses commentaires ne sont bien évidemment pas passés auprès du peuple.
Bref, tout le monde pointe tout le monde du doigt pendant que JA Zennoh se fait les poches avec le gouvernement qui feint l’ignorance, et on place un fils de (et pas n’importe quel fils de, puisqu’il s’agit du fils d’un ancien premier ministre…) pour remplacer le ministre qui vient de démissionner. Ca annonce les couleurs.
1 commento
Pour donner le contexte, il y a une crise économique autour du prix du riz au Japon depuis quelques années.
Les prix ne font qu’augmenter (+92% rien que vs mars dernier !). A la base, c’était sur un fond de mauvaise récolte parce que la saison était nulle en 2023, mais l’excuse ne tient plus et le gouvernement fait l’autruche.
L’autruche étant de dire “on ne comprend pas pourquoi les prix augmentent” alors que tout le monde voit le coupable, et leur solution a été de mettre en vente aux enchères le riz qu’ils avaient en réserve… problème : le riz en question ne suffit pas à inonder le marché (300 000 tonnes, alors que le pays consomme entre 7 et 8 millions de tonnes _par an_)et faire baisser les prix, et pire encore, moins de 1% du riz qui a été vendu par le gouvernement s’est retrouvé sur les rayons.
Une simple raison : la spéculation. Il y a plusieurs acteurs liés à cette spéculation.
Le plus gros coupable, c’est l’association nationale de l’agriculture au Japon (JA Zennoh) qui se dit être une coopérative locale mais qui est en fait gérée au niveau national. Ils ont presque tout acheté (94% du stock libéré par le gouvernement) et refusent de le vendre pour maintenir leurs marges élevées.
On n’oubliera pas de parler des plus petits spéculateurs non plus : ce sont ceux qui achètent directement auprès des agriculteurs par camions (pouet-pouet), et qui revendent au détail, parce qu’eux aussi sont des profiteurs.
Les victimes dans cette histoire, ce sont évidemment les consommateurs qui n’arrivent plus à acheter de riz, mais aussi les agriculteurs qui sont sous le feu alors qu’un grand nombre d’entre eux doit passer par ladite coopérative JA Zennoh pour vendre.
Et bien sûr, lorsque JA Zennoh achète auprès des agriculteurs, ils achètent pour quelques miettes avant de revendre en grande surface au triple.
Le contexte maintenant posé, pas plus tard qu’avant-hier, le ministre de l’agriculture japonais avait indiqué dans une séance de presse qu’il n’avait “jamais acheté de riz” dans sa vie parce que “ses soutiens lui en font don” au point d’en avoir assez “pour pratiquement en revendre” parce que son “garde-manger en est plein à craquer”…
C’est sans oublier qu’il avait ajouté que dans le riz qu’il reçoit, il y a parfois des petits cailloux dedans, et qu’il fallait qu’il le passe au moulin pour le polir lui-même. Ce n’était surement pas le commentaire de trop, mais il a conclu en disant qu’il se sent “fortement responsable” de cette crise.
Flash-forward à aujourd’hui, il démissionne parce que ses commentaires ne sont bien évidemment pas passés auprès du peuple.
Bref, tout le monde pointe tout le monde du doigt pendant que JA Zennoh se fait les poches avec le gouvernement qui feint l’ignorance, et on place un fils de (et pas n’importe quel fils de, puisqu’il s’agit du fils d’un ancien premier ministre…) pour remplacer le ministre qui vient de démissionner. Ca annonce les couleurs.
Allez, bonne journée.