Que Microsoft et d’autres aient fait pression, aucun doute. Mais au final la torpille est interne, et les textes n’ont pas été validés et signés par microsoft…
Ils ne mettraient pas autant dans le lobbying s’ils se heurtaient à un mur, et sans doute moins si leurs actions étaient connues et/ou documentées publiquement.
On a besoin que des chercheurs documentent les différences entre les versions du texte pour savoir ce qui a changé. C’est absurde, sachant qu’on parle d’institutions publiques.
lieding on
Ce matin tout le sous indiquait que l’ingérence américaine était négligeable, dont durant le referendum de 2005.
Ironique, encore un exemple.
GrenobleLyon on
Merci pour l’article (un peu déprimant). Le lien vers l’étude :
“How the European Union Fell Out of Love with Open-Source Software”
Le lobbying, c’est une réalité qui est à la fois bien plus fréquente et souvent bien moins problématique que ne l’imaginent la plupart des citoyens. Surtout au niveau européen, n’importe quel texte législatif passe de propositions, en rendez-vous, en contre propositions, entre la Commission, le Parlement, le Conseil et les lobbyistes de tout poil. Ce n’est absolument pas un scoop que Microsoft cherche à influencer dans son sens un texte de loi qui concerne ses intérêts.
Ce qui est absent de l’article posté, et pas évident à déceler du premier regard, peut-être, dans l’étude sous-jacente, c’est que le basculement progressif de la Commission vers l’adoption de la promotion de solutions open-source résulte lui-même d’une campagne d’influence efficace, menée par des militants du logiciel libre. Du lobbying, là aussi. On notera, par ailleurs, que l’autrice de l’étude mentionnée dans l’article est elle-même une professionelle de l’influence qui a mis son savoir-faire au service de start-ups du monde de l’OSS.
Chacun est dans son rôle dans cette histoire. Les activistes promeuvent l’open-source, Microsoft défend ses intérêts, la Commission et les organes colégislatifs de l’Union tranchent. Dès lors, pour des décideurs souvent non-experts, la question devient : qui avance les arguments les plus convaincants ?
L’étude dit que les lobbyistes de Microsoft et autres avancaient sur 4 arguments en particulier:
>*First, that OSS was not actually cheaper than proprietary software when looking at the total cost of ownership (TCO). Second, that keeping the definition of open standards that had been used in the first version of the EIF would lead to EU public administrations losing access to widely-used technologies such as WiFi or GSM. Third, that OSS was not mature enough to be deployed for large-scale and / or mission-critical e-government projects. Fourth, that business model neutrality (i.e. dropping the preference for OSS and open standards that was included in the first EIF) would lead to public administrations getting the best possible ICT solutions for their needs at the best price.”*
Les activites de l’OSS, lors de la phase policy-politics, leurs arguments? “*Les méchants lobbyistes veulent empêcher le triomphe de l’OSS!”* Peut-être, mais ça ne sert à rien à la personne qui tient le stylo pour rédiger le texte législatif.
>*OSS advocates were much less active in the politics stream than incumbent technology constituencies. In fact, rather than concentrating their efforts on reiterating that OSS and open standards were the right solutions for the problems identified by the European Commission, the open-source community mainly spent its resources on investigating, analyzing, and complaining about the lobbying efforts of the incumbent constituencies.*
Les conclusions de l’étude, qui est par ailleurs un *working paper* et pas un document relu par les pairs, me semblent assez malhonnêtes. On lit:
>*These lobbyists spread fear, uncertainty, and doubt about OSS among their existing connections in Brussels and influenced the EU’s OSS policies by infiltrating expert groups responsible for formulating the EU’s future open-source strategies. American incumbent firms were also helped by the fact that European SEP holders became involved in the discussions about the definition of open standards in the second version of the EIF, advocating for the proprietary incumbents.*
La réalité, c’est que les lobbyistes de Microsoft ont avancé des arguments sérieux, tandis que les lobbyistes de l’OSS leur ont essentiellement reproché de ne pas être gentils. Des experts techniques, certes souvent liés à des entreprises directement concernées (mais c’est le principe des groupes d’experts) ont participé aux réunions organisées par la Commission, où ils ont présenté des arguments techniques convaincants. La position initialement pro-OSS de la Commission ne convenait pas non plus à certains industriels européens. Résultat : la Commission a dilué sa position sur l’open source.
Ca se passe comme ça pour tous les textes, parfois ça va dans un sens, parfois dans l’autre, et, en fait, c’est assez naturel et loin des magouilles fantasmées du public; sans nier qu’il puisse exister, à la marge, des cas problématiques.
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Que Microsoft et d’autres aient fait pression, aucun doute. Mais au final la torpille est interne, et les textes n’ont pas été validés et signés par microsoft…
Ils ne mettraient pas autant dans le lobbying s’ils se heurtaient à un mur, et sans doute moins si leurs actions étaient connues et/ou documentées publiquement.
On a besoin que des chercheurs documentent les différences entre les versions du texte pour savoir ce qui a changé. C’est absurde, sachant qu’on parle d’institutions publiques.
Ce matin tout le sous indiquait que l’ingérence américaine était négligeable, dont durant le referendum de 2005.
Ironique, encore un exemple.
Merci pour l’article (un peu déprimant). Le lien vers l’étude :
“How the European Union Fell Out of Love with Open-Source Software”
https://cms.mgt.tum.de/fileadmin/mgt.tum.de/faculty_and_research/mppe/39_Nora_von_Ingersleben-Seip_How_the_European_Union_Fell_Out_Of_Love_With_Open-Source_Software.pdf
Le lobbying, c’est une réalité qui est à la fois bien plus fréquente et souvent bien moins problématique que ne l’imaginent la plupart des citoyens. Surtout au niveau européen, n’importe quel texte législatif passe de propositions, en rendez-vous, en contre propositions, entre la Commission, le Parlement, le Conseil et les lobbyistes de tout poil. Ce n’est absolument pas un scoop que Microsoft cherche à influencer dans son sens un texte de loi qui concerne ses intérêts.
Ce qui est absent de l’article posté, et pas évident à déceler du premier regard, peut-être, dans l’étude sous-jacente, c’est que le basculement progressif de la Commission vers l’adoption de la promotion de solutions open-source résulte lui-même d’une campagne d’influence efficace, menée par des militants du logiciel libre. Du lobbying, là aussi. On notera, par ailleurs, que l’autrice de l’étude mentionnée dans l’article est elle-même une professionelle de l’influence qui a mis son savoir-faire au service de start-ups du monde de l’OSS.
Chacun est dans son rôle dans cette histoire. Les activistes promeuvent l’open-source, Microsoft défend ses intérêts, la Commission et les organes colégislatifs de l’Union tranchent. Dès lors, pour des décideurs souvent non-experts, la question devient : qui avance les arguments les plus convaincants ?
L’étude dit que les lobbyistes de Microsoft et autres avancaient sur 4 arguments en particulier:
>*First, that OSS was not actually cheaper than proprietary software when looking at the total cost of ownership (TCO). Second, that keeping the definition of open standards that had been used in the first version of the EIF would lead to EU public administrations losing access to widely-used technologies such as WiFi or GSM. Third, that OSS was not mature enough to be deployed for large-scale and / or mission-critical e-government projects. Fourth, that business model neutrality (i.e. dropping the preference for OSS and open standards that was included in the first EIF) would lead to public administrations getting the best possible ICT solutions for their needs at the best price.”*
Les activites de l’OSS, lors de la phase policy-politics, leurs arguments? “*Les méchants lobbyistes veulent empêcher le triomphe de l’OSS!”* Peut-être, mais ça ne sert à rien à la personne qui tient le stylo pour rédiger le texte législatif.
>*OSS advocates were much less active in the politics stream than incumbent technology constituencies. In fact, rather than concentrating their efforts on reiterating that OSS and open standards were the right solutions for the problems identified by the European Commission, the open-source community mainly spent its resources on investigating, analyzing, and complaining about the lobbying efforts of the incumbent constituencies.*
Les conclusions de l’étude, qui est par ailleurs un *working paper* et pas un document relu par les pairs, me semblent assez malhonnêtes. On lit:
>*These lobbyists spread fear, uncertainty, and doubt about OSS among their existing connections in Brussels and influenced the EU’s OSS policies by infiltrating expert groups responsible for formulating the EU’s future open-source strategies. American incumbent firms were also helped by the fact that European SEP holders became involved in the discussions about the definition of open standards in the second version of the EIF, advocating for the proprietary incumbents.*
La réalité, c’est que les lobbyistes de Microsoft ont avancé des arguments sérieux, tandis que les lobbyistes de l’OSS leur ont essentiellement reproché de ne pas être gentils. Des experts techniques, certes souvent liés à des entreprises directement concernées (mais c’est le principe des groupes d’experts) ont participé aux réunions organisées par la Commission, où ils ont présenté des arguments techniques convaincants. La position initialement pro-OSS de la Commission ne convenait pas non plus à certains industriels européens. Résultat : la Commission a dilué sa position sur l’open source.
Ca se passe comme ça pour tous les textes, parfois ça va dans un sens, parfois dans l’autre, et, en fait, c’est assez naturel et loin des magouilles fantasmées du public; sans nier qu’il puisse exister, à la marge, des cas problématiques.