> **Le président américain mobilise des fondamentalistes chrétiens, idéologiquement proches des suprémacistes israéliens, en soutien à la campagne multiforme de destruction de Gaza, analyse l’historien Jean-Pierre Filiu dans sa chronique.**
> Donald Trump s’est entouré de l’équipe la plus antipalestinienne de l’histoire des Etats-Unis. Cette administration est en effet encore plus hostile aux droits élémentaires du peuple palestinien que celle du premier mandat de M. Trump, de 2017 à 2021, du fait de la promotion de « sionistes chrétiens » particulièrement fanatiques. Ces évangéliques de type messianique sont en effet convaincus que leur salut dépend de l’accomplissement des prophéties, soit à leurs yeux l’établissement d’un seul et unique Etat juif sur l’ensemble de ce qu’ils considèrent être la « Terre sainte ».
> Alors que la communauté juive américaine peut être très critique de Benyamin Nétanyahou (et vote d’ailleurs très majoritairement démocrate), une telle mouvance fondamentaliste soutient sans réserve l’actuel gouvernement israélien dans sa guerre contre Gaza. Avant même la réélection de M. Trump, les sionistes chrétiens s’étaient mobilisés au Congrès pour intensifier le soutien militaire des Etats-Unis à l’offensive en cours contre Gaza, alors même qu’ils suspendaient durant plusieurs mois, en 2024, l’aide à la résistance ukrainienne.
> **Un pasteur fort peu « humanitaire »**
> Le président américain a choisi comme envoyé spécial au Moyen-Orient Steve Witkoff, son partenaire d’affaires et de golf, mais il l’a aussi mandaté en tant qu’émissaire personnel auprès de Vladimir Poutine, le distrayant ainsi du dossier israélo-palestinien. En outre, alors qu’une trêve était entrée en vigueur à Gaza le 19 janvier, à la veille du retour de M. Trump à la Maison Blanche, M. Witkoff a été incapable d’empêcher la reprise des hostilités par Israël, le 2 mars, et de négocier depuis lors une suspension des combats.
> Ces échecs répétés du principal conseiller juif de M. Trump laissent le champ libre à des sionistes chrétiens que leurs convictions messianiques rapprochent des alliés suprémacistes de M. Nétanyahou plutôt que du premier ministre israélien lui-même. C’est ainsi que Pete Hegseth, que M. Trump est parvenu à imposer à la tête du Pentagone, avait auparavant invoqué le *« miracle du rétablissement du Temple »*, à l’unisson des messianiques israéliens qui rêvent de détruire les lieux saints musulmans de la partie occupée de Jérusalem et de bâtir sur leurs ruines le Troisième Temple juif.
> Ces mêmes suprémacistes prônent la recolonisation par Israël de la bande de Gaza dont la population palestinienne aurait été expulsée ; une ligne dont l’impitoyable cohérence est favorisée par le profond opportunisme de M. Nétanyahou, pour qui la prolongation de la guerre est avant tout le plus sûr moyen de s’accrocher au pouvoir. L’escalade militaire est de fait marquée par le refoulement des civils de Gaza dans un espace toujours plus restreint, tandis qu’une *« Fondation humanitaire pour Gaza »* est censée remplacer les Nations unies et les organisations humanitaires dans l’assistance aux populations.
> *(Image : Une affiche à Jérusalem qui représente Donald Trump et Mike Huckabee côte à côte, avec les drapeaux américain et israéliens ensemble, et la mention “Donald Trump : Israel’s Greatest President”)*
> Les distributions d’aide de cette fondation, sous la protection de mercenaires américains, assistés de gangsters locaux, ont été marquées par de nombreuses tueries et de véritables scènes de chaos. Un fiasco aussi retentissant a entraîné la démission du président de cette fondation, vite remplacé par Johnnie Moore, un pasteur évangélique favorable au projet de M. Trump de transformation de la bande de Gaza en *« Riviera du Moyen-Orient »*. Qu’un tel projet suppose l’expulsion des habitants de l’enclave palestinienne importe peu à M. Moore, convaincu, comme tous les sionistes chrétiens, que *« ceux qui bénissent Israël seront bénis »*.
> **Un ambassadeur fort peu « diplomate »**
> M. Moore, âgé de 41 ans, est un des plus jeunes prédicateurs évangéliques qui, durant le premier mandat de M. Trump, étaient invités à prier avec le président à la Maison Blanche. Il y retrouvait les télévangélistes de la génération précédente, Jerry Falwell Jr et Robert Jeffress, militant à leurs côtés avec succès pour la reconnaissance de Jérusalem, y compris sa partie occupée depuis 1967, comme capitale d’Israël.
> C’est M. Jeffress qui bénit, en mai 2018, la nouvelle ambassade des Etats-Unis en Israël, transférée de Tel-Aviv à Jérusalem (seuls le Guatemala, le Honduras, le Paraguay, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Kosovo ont suivi l’exemple américain, tous les autres Etats maintenant leur ambassade à Tel-Aviv). Quant à M. Moore, il soutient activement la nomination par M. Trump comme ambassadeur à Jérusalem d’un autre sioniste chrétien, Mike Huckabee, en poste depuis le mois d’avril.
> Non seulement M. Huckabee considère que sa mission en Israël relève d’une *« vocation divine »*, mais il ne cache pas son soutien à la colonisation, voire à l’annexion de la Cisjordanie, qu’il refuse d’appeler autrement que « Judée et Samarie », à l’unisson de la propagande israélienne. Bezalel Smotrich, le ministre suprémaciste des finances, partisan de la recolonisation de Gaza, a affirmé que M. Huckabee allait *« consolider l’emprise d’Israël sur tous ses territoires »*, soit la bande de Gaza aussi bien que la Cisjordanie.
> M. Huckabee, qui avait nié par le passé l’existence même d’un peuple palestinien, avait proposé que, si un Etat palestinien voyait le jour, ce soit en Egypte, en Syrie ou en Jordanie. Il s’est récemment affranchi de tous les usages diplomatiques en suggérant à la France de *« détacher un morceau de la Côte d’Azur pour y créer un Etat palestinien »*. Peu après, il accueille à l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, pour mieux les encourager, les deux ministres suprémacistes Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, pourtant visés par des sanctions conjointes de la Grande-Bretagne, du Canada, de la Norvège, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.
> Des déclarations aussi outrancières, loin de n’être que des éclats isolés, sont révélatrices de l’hostilité désormais affichée de M. Trump et de son administration à l’encontre du principe même de la solution à deux Etats, entre Israël et un futur Etat palestinien, même pacifique et démilitarisé.
bratisla_boy on
Pas d’accord avec le Monde sur le sens de la dynamique – la rhétorique antipalestinienne est un pilier important des sectaires apocalyptiques christofascistes depuis des décennies : l’idée est que, si Israel génocide les palestiniens et établit “son royaume à Jérusalem”, alors la fin des temps arrivera et Jésus reviendra pour récompenser les “méritants” (et punir les juifs, mais chut il ne faut pas trop montrer son antisémitisme … ). Ce groupe a apporté un soutien important à la réélection de Trump en cooptant les églises pour la campagne électorale et en portant le fer sur les réseaux sociaux, et maintenant demande son dû à Trump en demandant un soutien total à Israel dans sa campagne génocidaire. Trump se contente de suivre pour plaire à cet électorat.
Complete-Bet-5266 on
Ah le nettoyage ethnique : Quelle drôle de manière de faire venir Jesus
Donc ils sont persuadés que Jesus attends juste que les Palestiniens soient déplacés. Et il attend le dernier pour qu’il débarque ?
6 commenti
L’internationale fasciste.
Petit contexte (même si l’autopromo c’est pas bien) : [La fin des temps et le soutien américain à Israël](https://old.reddit.com/r/france/comments/1c7r5zl/la_fin_des_temps_et_le_soutien_am%C3%A9ricain_%C3%A0_isra%C3%ABl/)
> **Le président américain mobilise des fondamentalistes chrétiens, idéologiquement proches des suprémacistes israéliens, en soutien à la campagne multiforme de destruction de Gaza, analyse l’historien Jean-Pierre Filiu dans sa chronique.**
> Donald Trump s’est entouré de l’équipe la plus antipalestinienne de l’histoire des Etats-Unis. Cette administration est en effet encore plus hostile aux droits élémentaires du peuple palestinien que celle du premier mandat de M. Trump, de 2017 à 2021, du fait de la promotion de « sionistes chrétiens » particulièrement fanatiques. Ces évangéliques de type messianique sont en effet convaincus que leur salut dépend de l’accomplissement des prophéties, soit à leurs yeux l’établissement d’un seul et unique Etat juif sur l’ensemble de ce qu’ils considèrent être la « Terre sainte ».
> Alors que la communauté juive américaine peut être très critique de Benyamin Nétanyahou (et vote d’ailleurs très majoritairement démocrate), une telle mouvance fondamentaliste soutient sans réserve l’actuel gouvernement israélien dans sa guerre contre Gaza. Avant même la réélection de M. Trump, les sionistes chrétiens s’étaient mobilisés au Congrès pour intensifier le soutien militaire des Etats-Unis à l’offensive en cours contre Gaza, alors même qu’ils suspendaient durant plusieurs mois, en 2024, l’aide à la résistance ukrainienne.
> **Un pasteur fort peu « humanitaire »**
> Le président américain a choisi comme envoyé spécial au Moyen-Orient Steve Witkoff, son partenaire d’affaires et de golf, mais il l’a aussi mandaté en tant qu’émissaire personnel auprès de Vladimir Poutine, le distrayant ainsi du dossier israélo-palestinien. En outre, alors qu’une trêve était entrée en vigueur à Gaza le 19 janvier, à la veille du retour de M. Trump à la Maison Blanche, M. Witkoff a été incapable d’empêcher la reprise des hostilités par Israël, le 2 mars, et de négocier depuis lors une suspension des combats.
> Ces échecs répétés du principal conseiller juif de M. Trump laissent le champ libre à des sionistes chrétiens que leurs convictions messianiques rapprochent des alliés suprémacistes de M. Nétanyahou plutôt que du premier ministre israélien lui-même. C’est ainsi que Pete Hegseth, que M. Trump est parvenu à imposer à la tête du Pentagone, avait auparavant invoqué le *« miracle du rétablissement du Temple »*, à l’unisson des messianiques israéliens qui rêvent de détruire les lieux saints musulmans de la partie occupée de Jérusalem et de bâtir sur leurs ruines le Troisième Temple juif.
> Ces mêmes suprémacistes prônent la recolonisation par Israël de la bande de Gaza dont la population palestinienne aurait été expulsée ; une ligne dont l’impitoyable cohérence est favorisée par le profond opportunisme de M. Nétanyahou, pour qui la prolongation de la guerre est avant tout le plus sûr moyen de s’accrocher au pouvoir. L’escalade militaire est de fait marquée par le refoulement des civils de Gaza dans un espace toujours plus restreint, tandis qu’une *« Fondation humanitaire pour Gaza »* est censée remplacer les Nations unies et les organisations humanitaires dans l’assistance aux populations.
> *(Image : Une affiche à Jérusalem qui représente Donald Trump et Mike Huckabee côte à côte, avec les drapeaux américain et israéliens ensemble, et la mention “Donald Trump : Israel’s Greatest President”)*
> Les distributions d’aide de cette fondation, sous la protection de mercenaires américains, assistés de gangsters locaux, ont été marquées par de nombreuses tueries et de véritables scènes de chaos. Un fiasco aussi retentissant a entraîné la démission du président de cette fondation, vite remplacé par Johnnie Moore, un pasteur évangélique favorable au projet de M. Trump de transformation de la bande de Gaza en *« Riviera du Moyen-Orient »*. Qu’un tel projet suppose l’expulsion des habitants de l’enclave palestinienne importe peu à M. Moore, convaincu, comme tous les sionistes chrétiens, que *« ceux qui bénissent Israël seront bénis »*.
> **Un ambassadeur fort peu « diplomate »**
> M. Moore, âgé de 41 ans, est un des plus jeunes prédicateurs évangéliques qui, durant le premier mandat de M. Trump, étaient invités à prier avec le président à la Maison Blanche. Il y retrouvait les télévangélistes de la génération précédente, Jerry Falwell Jr et Robert Jeffress, militant à leurs côtés avec succès pour la reconnaissance de Jérusalem, y compris sa partie occupée depuis 1967, comme capitale d’Israël.
> C’est M. Jeffress qui bénit, en mai 2018, la nouvelle ambassade des Etats-Unis en Israël, transférée de Tel-Aviv à Jérusalem (seuls le Guatemala, le Honduras, le Paraguay, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Kosovo ont suivi l’exemple américain, tous les autres Etats maintenant leur ambassade à Tel-Aviv). Quant à M. Moore, il soutient activement la nomination par M. Trump comme ambassadeur à Jérusalem d’un autre sioniste chrétien, Mike Huckabee, en poste depuis le mois d’avril.
> Non seulement M. Huckabee considère que sa mission en Israël relève d’une *« vocation divine »*, mais il ne cache pas son soutien à la colonisation, voire à l’annexion de la Cisjordanie, qu’il refuse d’appeler autrement que « Judée et Samarie », à l’unisson de la propagande israélienne. Bezalel Smotrich, le ministre suprémaciste des finances, partisan de la recolonisation de Gaza, a affirmé que M. Huckabee allait *« consolider l’emprise d’Israël sur tous ses territoires »*, soit la bande de Gaza aussi bien que la Cisjordanie.
> M. Huckabee, qui avait nié par le passé l’existence même d’un peuple palestinien, avait proposé que, si un Etat palestinien voyait le jour, ce soit en Egypte, en Syrie ou en Jordanie. Il s’est récemment affranchi de tous les usages diplomatiques en suggérant à la France de *« détacher un morceau de la Côte d’Azur pour y créer un Etat palestinien »*. Peu après, il accueille à l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, pour mieux les encourager, les deux ministres suprémacistes Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, pourtant visés par des sanctions conjointes de la Grande-Bretagne, du Canada, de la Norvège, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.
> Des déclarations aussi outrancières, loin de n’être que des éclats isolés, sont révélatrices de l’hostilité désormais affichée de M. Trump et de son administration à l’encontre du principe même de la solution à deux Etats, entre Israël et un futur Etat palestinien, même pacifique et démilitarisé.
Pas d’accord avec le Monde sur le sens de la dynamique – la rhétorique antipalestinienne est un pilier important des sectaires apocalyptiques christofascistes depuis des décennies : l’idée est que, si Israel génocide les palestiniens et établit “son royaume à Jérusalem”, alors la fin des temps arrivera et Jésus reviendra pour récompenser les “méritants” (et punir les juifs, mais chut il ne faut pas trop montrer son antisémitisme … ). Ce groupe a apporté un soutien important à la réélection de Trump en cooptant les églises pour la campagne électorale et en portant le fer sur les réseaux sociaux, et maintenant demande son dû à Trump en demandant un soutien total à Israel dans sa campagne génocidaire. Trump se contente de suivre pour plaire à cet électorat.
Ah le nettoyage ethnique : Quelle drôle de manière de faire venir Jesus
Donc ils sont persuadés que Jesus attends juste que les Palestiniens soient déplacés. Et il attend le dernier pour qu’il débarque ?
Ah oui les fous de dieu
Les quoi?