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    1. Article sous mur de paie, extraits :

      >Le tableau est partout le même. Dans quasiment toutes les grandes villes européennes, le besoin de logements excède l’offre et ce déséquilibre se traduit par des prix et des loyers trop élevés, des parcours de vie entravés, faute de trouver un toit abordable proche de son université ou de son emploi. A l’exception notable de Vienne, la capitale autrichienne, où près de la moitié des logements sont subventionnés, les métropoles comme les communes touristiques et attractives du Vieux Continent traversent une crise sévère.

      >Selon une récente étude d’Eurofound, l’agence de l’Union européenne (UE) chargée de l’amélioration des conditions de vie et de travail, cette crise frappe en particulier les jeunes : l’âge auquel au moins 50 % des personnes établies dans l’UE ont quitté le domicile de leurs parents est passé de 26 à 28 ans entre 2007 et 2019. Entre 2010 et 2019, l’Espagne, la Croatie, l’Italie, Chypre, la Belgique, la Grèce et l’Irlande ont enregistré les plus fortes augmentations du nombre de personnes âgées de 25 à 34 ans vivant avec leurs parents.

      […]

      >D’après les données citées par le département de méthodes et de modèles pour l’économie, le territoire et la finance (Memotef) de l’université de Rome La Sapienza, l’offre locative de logements dans la capitale italienne a baissé de près de 80 % de 2019 à 2024. Dans certains quartiers, y compris hors du centre historique, l’offre a chuté de 40 % en 2024 seulement. Dans le même temps, le nombre de couples et de familles cherchant une location durable a augmenté de 25 %. Moins d’offres, plus de demande : mécaniquement, les loyers augmentent, progressant, en 2024, de 11,1 %, selon le portail immobilier en ligne italien Idealista.

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      >Ces évolutions s’imposent alors que Rome, comme le reste de l’Italie, est engagée sur une pente sans retour plausible de diminution des revenus réels, désormais inférieurs à leur niveau de 2008, avant la crise financière globale. Des logements moins nombreux, plus chers, pour une société toujours plus pauvre.

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      >A Rome, la faiblesse de l’offre n’est pas totalement imputable à un manque physique d’immeubles. En mettant en avant le risque d’impayés et la complexité juridique des expulsions dans le système italien, de nombreux propriétaires préfèrent conserver leurs biens plutôt que les placer sur le marché. Pour Daniela Festa, chercheuse au Memotef de La Sapienza, « les raisons de la progression des impayés sont structurelles, d’abord liées à la baisse des salaires. Les gens n’ont simplement plus les moyens de payer leur loyer ».

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      >A cette situation déjà critique s’ajoutent les ravages du tourisme de masse qui permet de tirer profit des biens soustraits au marché par ceux qui les détiennent. En 2024, les autorités du Latium ont enregistré 51,4 millions de nuitées à Rome, une hausse de 4,5 % par rapport à 2023, un record historique qui dépassait déjà les niveaux d’avant la pandémie due au Covid-19. La capitale italienne compte près de 41 500 logements destinés aux locations touristiques.

      >Pour la seule plateforme Airbnb, le nombre de locations est passé de 1 714, en 2013, à 35 247, en 2024. A la croissance de ce marché correspond la contraction du secteur du logement public. « Il y a une logique de désinvestissement sur le long terme de la part des autorités », dénonce Chiara Cacciotti

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      >Depuis plusieurs années maintenant, Athènes connaît une explosion des prix de l’immobilier, liée à l’essor des plateformes de location de courte durée, mais aussi à l’introduction, dès 2013, du programme national de « golden visas », octroyant un permis de résidence aux citoyens non européens en échange d’un investissement immobilier significatif. Ils ont bondi de près de 90 % depuis 2017, selon la Banque de Grèce. Les loyers ont suivi le même rythme d’après Haris Doukas, le maire socialiste d’Athènes.

      >« A Athènes, des immeubles entiers ont été acquis par des investisseurs étrangers et ont été dans la plupart des cas transformés en locations de courte durée », note Vasilis Gimisis, directeur du cabinet d’études Gimisis + Associates, qui a contribué à une étude inédite sur la capacité d’accueil touristique pour la mairie d’Athènes, parue en décembre 2024. Celle-ci révèle que, dans les quartiers de l’hypercentre de la capitale où se concentre l’afflux touristique, jusqu’à 90 % du parc immobilier sont aujourd’hui des hôtels ou des locations saisonnières. Le loyer mensuel moyen a atteint 1 200 euros – contre 900 euros pour l’ensemble d’Athènes –, soit l’équivalent du salaire moyen brut national. Vingt-sept autres quartiers d’Athènes ont par ailleurs été recensés comme étant saturés.

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      >A Madrid comme à Barcelone, les mobilisations de locataires refusant les augmentations de loyers ou de quitter leur logement promis à devenir un appartement touristique se multiplient, à mesure que la crise de l’habitat s’aggrave. Le nombre de logements offerts à la location a baissé de 56 % en cinq ans en Espagne, et plus précisément de 71 % à Madrid, selon le rapport publié en mars par le premier site immobilier espagnol, Idealista.

      >Le Royaume-Uni souffre des mêmes maux que bien d’autres pays européens, avec un marché locatif raréfié et hors de prix, surtout à Londres. Le pays se singularise par une relation particulièrement déséquilibrée entre les propriétaires et locataires, qui n’ont pratiquement aucun droit. Le gouvernement travailliste de Keir Starmer a promis, avant d’arriver au pouvoir à l’été 2024, de revoir ces règles qui placent des centaines de milliers de citoyens, de familles et de personnes âgées dans une situation de vulnérabilité extrême.

      >Selon les chiffres du site de petites annonces immobilières Zoopla, publiés le 11 juin, les loyers ont augmenté de 21 % en moyenne ces trois dernières années au Royaume-Uni

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      >La Belgique, un eldorado pour les propriétaires néerlandais : « Tout est de 30 % à 40 % moins cher que chez nous »
      Sur la petite place du Docteur-Roosen qui borde la mairie de Brasschaat, une commune de 38 000 habitants, dans la banlieue très chic et très verte d’Anvers, trois agences immobilières se côtoient. Anja Thijs, une consultante venue de la province néerlandaise du Brabant-Septentrional, à plus de 80 kilomètres de là, regarde attentivement la vitrine de De Boer & Partners. « Nous voulons quitter les Pays-Bas, trouver un logement confortable, calme et moins cher qu’à Eindhoven », dit cette jeune trentenaire.

      >Dans son pays, la crise du logement est, depuis plusieurs années, un thème récurrent du débat politique : la croissance rapide de la population, le manque de terrains constructibles et les lenteurs dans la réalisation des projets ont fait qu’il manquait, selon des estimations officielles, 324 000 logements en 2024. D’où des prix qui ont flambé.

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