>CENT FOIS sur le fourneau remettre le couvert. Pour la deuxième fois en six mois, les sénateurs viennent de proposer de supprimer l’Agence bio, chargée de promouvoir une agriculture « déchimiquée ». En janvier, un amendement sénatorial avait, en vain, recommandé de tirer le rideau de l’Agence.
>Cette fois, c’est la commission d’enquête du Sénat sur les agences de l’État qui retente le coup. Motif : l’existence de cette instance ne se justifie pas, et ses missions pourraient aisément être assumées par le ministère chargé de l’Agriculture. Pile-poil ce que réclament les fabricants de pesticides et d’engrais de synthèse et la FNSEA, le principal syndicat agricole, qui a son rond de serviette au 78 rue de Varenne.
>L’Agence bio a pourtant déjà été bien ratiboisée. En mai, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lui a supprimé 64 % de son budget, soit 15 millions d’euros, dont 5 millions dévolus à la promo du label « AB ». « On ponctionne notre trésorerie, nous avons plus ou moins un an d’espérance de vie devant nous », s’était pourtant lamentée la patronne de ladite Agence, auditionnée le 22 mai par les sénateurs.
>Le lobby des industries phytosanitaires, dont l’actuelle dircom’ était juste avant conseillère au cabinet du précédent ministre de l’Agriculture, ne veut pas se contenter de pulvériser l’Agence bio : c’est toute la filière AB qu’il s’agit de désherber… avec l’aide de la FNSEA.
>Petit récap des derniers coups de fourche : Genevard vient de sucrer à la filière AB 149 millions d’euros d’aides de la PAC budgétées pour soutenir les conversions à l’agriculture biologique. Exit aussi, en 2018, l’« aide au maintien » de 150 euros par hectare pendant cinq ans pour éviter que les nouveaux convertis ne jettent l’éponge. Résultat : par manque de blé, le bio est dans les choux. Cela fait deux années de suite que ses surfaces cultivées diminuent : moins 54 248 ha en 2023 et moins 56 197 ha en 2024.
>C’est fichtrement mal parti pour la promesse d’Emmanuel Macron, qui annonçait il y a deux ans 21 % des surfaces agricoles en culture bio en 2030. Aujourd’hui, on plafonne… à 10 %. Avec de moins en moins de produits bio tricolores, ça va pas être du gâteau pour servir dans les cantines scolaires 20 % de produits bio, comme le prévoit la loi Egalim de 2018. Les gamins se contentent actuellement de trois fois moins dans leur assiette.
>Et si on arrêtait de nous raconter des salades (bio) ?
GauchiAss on
Ca veut probablement dire que le crédit d’impot vio va sauter en 2026 ?
Dommage, parce que j’ai vu quelques petits maraichers de zones rurales pour qui ça devait représenter 20-25% des revenus annuels (et pour le coup qui appliquent le genre de bio que les client de biocoop imaginent quand ils font leurs courses)
Sans ça ils repassent sous le SMIC et c’est dommage pour des gens qui font vivre cette agriculture de proximité dans les marchés & AMAP.
Mais je dois me tromper en pensant que le français moyen, quel que soit son bord politique, aime cette image du paysan qui nourrit sa ville/village avec des bons produits, et qu’ils doivent préférer les tomates pas mûres qui arrivent par camions entiers depuis des mega champs et ramassées par des immigrés clandestins.
2 commenti
Version texte propre :
>**Les carottes sont cuites pour le bio**
>CENT FOIS sur le fourneau remettre le couvert. Pour la deuxième fois en six mois, les sénateurs viennent de proposer de supprimer l’Agence bio, chargée de promouvoir une agriculture « déchimiquée ». En janvier, un amendement sénatorial avait, en vain, recommandé de tirer le rideau de l’Agence.
>Cette fois, c’est la commission d’enquête du Sénat sur les agences de l’État qui retente le coup. Motif : l’existence de cette instance ne se justifie pas, et ses missions pourraient aisément être assumées par le ministère chargé de l’Agriculture. Pile-poil ce que réclament les fabricants de pesticides et d’engrais de synthèse et la FNSEA, le principal syndicat agricole, qui a son rond de serviette au 78 rue de Varenne.
>L’Agence bio a pourtant déjà été bien ratiboisée. En mai, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lui a supprimé 64 % de son budget, soit 15 millions d’euros, dont 5 millions dévolus à la promo du label « AB ». « On ponctionne notre trésorerie, nous avons plus ou moins un an d’espérance de vie devant nous », s’était pourtant lamentée la patronne de ladite Agence, auditionnée le 22 mai par les sénateurs.
>Le lobby des industries phytosanitaires, dont l’actuelle dircom’ était juste avant conseillère au cabinet du précédent ministre de l’Agriculture, ne veut pas se contenter de pulvériser l’Agence bio : c’est toute la filière AB qu’il s’agit de désherber… avec l’aide de la FNSEA.
>Petit récap des derniers coups de fourche : Genevard vient de sucrer à la filière AB 149 millions d’euros d’aides de la PAC budgétées pour soutenir les conversions à l’agriculture biologique. Exit aussi, en 2018, l’« aide au maintien » de 150 euros par hectare pendant cinq ans pour éviter que les nouveaux convertis ne jettent l’éponge. Résultat : par manque de blé, le bio est dans les choux. Cela fait deux années de suite que ses surfaces cultivées diminuent : moins 54 248 ha en 2023 et moins 56 197 ha en 2024.
>C’est fichtrement mal parti pour la promesse d’Emmanuel Macron, qui annonçait il y a deux ans 21 % des surfaces agricoles en culture bio en 2030. Aujourd’hui, on plafonne… à 10 %. Avec de moins en moins de produits bio tricolores, ça va pas être du gâteau pour servir dans les cantines scolaires 20 % de produits bio, comme le prévoit la loi Egalim de 2018. Les gamins se contentent actuellement de trois fois moins dans leur assiette.
>Et si on arrêtait de nous raconter des salades (bio) ?
Ca veut probablement dire que le crédit d’impot vio va sauter en 2026 ?
Dommage, parce que j’ai vu quelques petits maraichers de zones rurales pour qui ça devait représenter 20-25% des revenus annuels (et pour le coup qui appliquent le genre de bio que les client de biocoop imaginent quand ils font leurs courses)
Sans ça ils repassent sous le SMIC et c’est dommage pour des gens qui font vivre cette agriculture de proximité dans les marchés & AMAP.
Mais je dois me tromper en pensant que le français moyen, quel que soit son bord politique, aime cette image du paysan qui nourrit sa ville/village avec des bons produits, et qu’ils doivent préférer les tomates pas mûres qui arrivent par camions entiers depuis des mega champs et ramassées par des immigrés clandestins.