
Impantanato nella crisi con l’Algeria, la Francia è risolta in una strategia di fermezza
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/21/enlisee-dans-la-crise-avec-l-algerie-la-france-se-resout-a-une-strategie-de-fermete_6632906_3212.html
di SowetoNecklace
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**La batterie de sanctions voulue par Emmanuel Macron est perçue, de l’autre côté de la Méditerranée, comme un ralliement du chef de l’Etat aux partisans de la ligne dure incarnée par le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, face aux tenants du dialogue prôné par le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot.**
Dans la chronologie de la crise qui oppose Paris à Alger depuis l’été 2024, quelle place accorder à l’initiative prise par Emmanuel Macron le 6 août ? Deux semaines après la diffusion par Le Figaro de la lettre du président de la République à son premier ministre, lui demandant d’agir *« avec plus de fermeté et de détermination à l’égard de l’Algérie »*, il est encore difficile d’en mesurer la portée. Mais la relation bilatérale – dégradée à la suite de la reconnaissance par la France de la *« souveraineté marocaine »* sur le Sahara occidental, le 30 juillet 2024, avant que de nouvelles affaires viennent envenimer un peu plus le dialogue entre les deux pays – a franchi une nouvelle étape.
Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l’Etat se résout au rapport de force avec Alger : il exhorte le chef du gouvernement à suspendre l’accord de 2013 sur les exemptions des visas pour les passeports diplomatiques et officiels ; il exige la relève d’une soixantaine d’agents consulaires français bloqués, selon lui, par les autorités algériennes ; il conditionne l’accréditation des consuls algériens nommés en France à la reprise d’une coopération migratoire pleine et entière.
Des deux côtés de la Méditerranée, on prend note du changement de ton d’Emmanuel Macron, qui, il y a quelques mois, saluait *« la clairvoyance du président* [Abdelmadjid] *Tebboune »* à l’issue d’un entretien téléphonique avec son homologue algérien. Dans sa lettre au premier ministre, il fait part de *« difficultés croissantes »* sur les dossiers migratoire et sécuritaire, et s’inquiète du *« non-respect par l’Algérie de ses obligations au titre de nos accords bilatéraux »*. Pour les médias algériens, cette fermeté inédite est perçue comme un ralliement du chef de l’Etat aux partisans de la ligne dure incarnée par le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, face aux tenants du dialogue, prôné par le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot.
A Paris, on préfère défendre l’idée d’une réflexion collective qui trouverait son aboutissement dans la dynamique amorcée le 6 août. La démarche répond à *« une forme de dépit, décrit une source impliquée dans la relation bilatérale. Jusqu’à début juillet, les autorités françaises ont adopté une attitude de retenue et ont fait passer des messages par tous les canaux possibles pour renouer le dialogue, sans rencontrer aucun écho côté algérien »*. L’Elysée s’est agacé aussi de sa proposition, restée sans réponse, d’organiser un nouveau rendez-vous téléphonique entre les deux chefs d’Etat.
**« Une position nouvelle de résistance »**
Le sort réservé à Boualem Sansal et Christophe Gleizes, mentionnés dès le début du courrier présidentiel, a pesé également dans la balance. L’Elysée appelait de ses vœux une mesure de grâce présidentielle pour l’écrivain franco-algérien (qui purge une peine de cinq ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’Etat), à l’occasion de la Fête de l’indépendance, célébrée le 5 juillet. Espoir vain, tout comme celui de voir le journaliste français (condamné le 29 juin à sept ans de prison pour apologie du terrorisme) bénéficier d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès en appel. Boualem Sansal, qui n’a pas formé de pourvoi en cassation, comme le confirme son avocat au Monde, pourrait théoriquement faire l’objet d’un geste de clémence du régime. Christophe Gleizes, privé de visites consulaires, mais qui reçoit celles de son avocat algérien, ne peut prétendre à un tel geste puisque sa condamnation n’est pas définitive.
Les entraves posées par Alger au retour de ses ressortissants visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) sont une autre préoccupation majeure d’Emmanuel Macron, qui évite de mentionner l’acronyme si éruptif, mais se félicite d’avoir obtenu un doublement des éloignements des Algériens en situation irrégulière, de 1 610, en 2017, à 3 000, en 2024. Or, depuis début janvier, le chiffre est tombé à environ 500 et les services de l’Etat n’ont recensé qu’un retour effectif au cours du mois de juillet.
*« Jusqu’à présent, le pouvoir algérien jouait sur du velours en considérant que Paris ne serait jamais capable d’engager des mesures de rétorsion,* analyse Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. *Pendant longtemps, l’Etat français voulait faire la démonstration qu’il avait réussi la transition coloniale avec l’Algérie. Aujourd’hui, il se place dans une position nouvelle de résistance. Mais je ne vois pas le pouvoir algérien bouger sur ses positions, car l’ancienne puissance coloniale reste la victime expiatoire parfaite, contre qui taper quand on cherche à retrouver une forme de cohésion nationale. »*
Pour le moment, Alger prend acte de la batterie de sanctions que la France a décidé de mettre en œuvre. *« Un vaste travail interministériel a été mené depuis plusieurs semaines pour identifier la gamme des leviers à la disposition des autorités françaises et envisager une gradation dans notre relation avec l’Algérie »*, argumente la même source diplomatique.
Le premier de ces leviers est la suspension officielle de l’accord de 2013 qui exempte de visa de court séjour les détenteurs de passeport diplomatique et de passeport de service (agents civils ou militaires, avec conjoints et enfants), un dispositif qui a largement bénéficié aux familles de la nomenklatura algérienne. Alger a réagi, dès le 8 août, en annonçant *« la dénonciation pure et simple de ce même accord »*.
Ca s’appelle de la fuite en avant, pas une “stratégie de fermeté”, Le Monde.
Il ne faut pas aller trop vite et rajouter du drama à cette histoire. Une stratégie “annoncée” de fermetée, certes. Mais attendons de voir comment cela se traduit dans les actions, dans les faits. Désolé je n’ai toujours pas en tête de réelles actions de fermetées qui ont portées leurs fruits dans le temps. En particulier sur le plan international.
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Résumé: 2022 Macron fait de la petite politique (danse du ventre pour LR) en faisant suspendre la délivrance de visa au marocains. Grosse brouille perte de marchés au Maroc. Contraint de faire des concessions. Du coup, grosse brouille perte de marchés en Algérie. Plus petite politique et danse du ventre pour LR.
On est entre de bonnes mains.
J’aime lire ce genre d’article en ayant un déplacement programmé à Alger le mois prochain.
Une idée de l’accueil que j’aurai sur place ? Ça se traduit comment pour le quidam moyen ?
Toute cette agitation ne doit se mesurer qu’à notre dépendance au gaz algérien. Tant que la guerre continuera en Ukraine, on assistera à ce jeu de dupes.
> Pour les médias algériens, cette fermeté inédite est perçue comme un ralliement du chef de l’Etat aux partisans de la ligne dure incarnée par le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, face aux tenants du dialogue, prôné par le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot.
Ce serait pas la première fois que Macron passe au-dessus des corps diplomatique pour faire sa propre tambouille. On se souvient de “l’état profond” qui l’empêchait de faire ami-ami avec Poutine.