> Le mode de communication choisi par Michel Barnier et conservé par son successeur a d’emblée suscité la contestation des spécialistes du budget, qu’il s’agisse des économistes, des parlementaires, du Haut Conseil des finances publiques ou encore du gouverneur de la Banque de France. Il n’est certes pas interdit de comparer un budget réel avec un quelconque scénario.
> Mais il est tout de même plus logique de prendre pour point de référence le budget de l’année précédente. Et si on s’en écarte, il faut le préciser clairement, et détailler sur quelles hypothèses repose le scénario choisi, ont dit tous les experts. Or, le gouvernement n’a jamais voulu fournir la moindre précision à ce sujet. Seule une note confidentielle de Bercy a filtré dans Les Echos, le 8 septembre.
> Le mode de calcul de Michel Barnier et de François Bayrou présentait pour eux un double intérêt. En intégrant une année de dérive spontanée des dépenses publiques, il permettait d’abord de gonfler d’autant l’effort à venir. Donc d’accentuer l’enjeu, tout en magnifiant le futur travail de l’exécutif. De façon fictive, ce système accroissait en outre la part des économies en dépenses par rapport à l’augmentation des impôts.
> C’est ainsi que dans son plan de « 60 milliards », Michel Barnier promettait « deux tiers de réduction des dépenses publiques ». Mais une fois recalculé selon la méthode habituelle par le Haut Conseil des finances publiques, l’effort visé n’était plus que de 42 milliards d’euros, dont 70 % provenant d’une hausse des prélèvements obligatoires. Pour une même réalité, deux façons politiquement inverses de la représenter.
> C’est avec ces chiffres invérifiables, difficiles à saisir et un peu fallacieux que Sébastien Lecornu entend rompre. Il compte parler désormais d’augmentation d’impôts et de diminution de dépenses par rapport à l’année précédente, comme avant le passage de Michel Barnier à Matignon.
> Compte tenu de l’ampleur de l’ajustement nécessaire pour ramener le déficit public au niveau prévu par les règles européennes, le nouveau premier ministre souhaite en outre passer à un « schéma pluriannuel » sur le budget. Le Conseil d’Etat lui a justement remis un rapport qui préconise de réformer la Constitution en ce sens. Il n’est pas sûr, cependant, que le locataire de Matignon ait la majorité et le temps suffisants pour mener à bien un tel chantier.
Neveed on
>Depuis un an, Matignon et Bercy calculaient l’effort budgétaire à effectuer en référence à un *« scénario tendanciel »* opaque, ce qui avait pour conséquence d’accroître le nombre affiché de milliards d’euros à trouver.
Ah ouais quand même. Et je suis à peu près sûr qu’ils vont faire comme si il s’était rien passé. Et après ils veulent qu’on leur fasse confiance.
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> Le mode de communication choisi par Michel Barnier et conservé par son successeur a d’emblée suscité la contestation des spécialistes du budget, qu’il s’agisse des économistes, des parlementaires, du Haut Conseil des finances publiques ou encore du gouverneur de la Banque de France. Il n’est certes pas interdit de comparer un budget réel avec un quelconque scénario.
> Mais il est tout de même plus logique de prendre pour point de référence le budget de l’année précédente. Et si on s’en écarte, il faut le préciser clairement, et détailler sur quelles hypothèses repose le scénario choisi, ont dit tous les experts. Or, le gouvernement n’a jamais voulu fournir la moindre précision à ce sujet. Seule une note confidentielle de Bercy a filtré dans Les Echos, le 8 septembre.
> Le mode de calcul de Michel Barnier et de François Bayrou présentait pour eux un double intérêt. En intégrant une année de dérive spontanée des dépenses publiques, il permettait d’abord de gonfler d’autant l’effort à venir. Donc d’accentuer l’enjeu, tout en magnifiant le futur travail de l’exécutif. De façon fictive, ce système accroissait en outre la part des économies en dépenses par rapport à l’augmentation des impôts.
> C’est ainsi que dans son plan de « 60 milliards », Michel Barnier promettait « deux tiers de réduction des dépenses publiques ». Mais une fois recalculé selon la méthode habituelle par le Haut Conseil des finances publiques, l’effort visé n’était plus que de 42 milliards d’euros, dont 70 % provenant d’une hausse des prélèvements obligatoires. Pour une même réalité, deux façons politiquement inverses de la représenter.
> C’est avec ces chiffres invérifiables, difficiles à saisir et un peu fallacieux que Sébastien Lecornu entend rompre. Il compte parler désormais d’augmentation d’impôts et de diminution de dépenses par rapport à l’année précédente, comme avant le passage de Michel Barnier à Matignon.
> Compte tenu de l’ampleur de l’ajustement nécessaire pour ramener le déficit public au niveau prévu par les règles européennes, le nouveau premier ministre souhaite en outre passer à un « schéma pluriannuel » sur le budget. Le Conseil d’Etat lui a justement remis un rapport qui préconise de réformer la Constitution en ce sens. Il n’est pas sûr, cependant, que le locataire de Matignon ait la majorité et le temps suffisants pour mener à bien un tel chantier.
>Depuis un an, Matignon et Bercy calculaient l’effort budgétaire à effectuer en référence à un *« scénario tendanciel »* opaque, ce qui avait pour conséquence d’accroître le nombre affiché de milliards d’euros à trouver.
Ah ouais quand même. Et je suis à peu près sûr qu’ils vont faire comme si il s’était rien passé. Et après ils veulent qu’on leur fasse confiance.