**Environ 1 500 personnes se sont rassemblées jeudi à Brest pour dénoncer le raid violent d’une trentaine de militants d’extrême droite contre les clients d’un bar réputé de gauche. Région historiquement modérée, la Bretagne affronte une vague d’agressions de groupuscules nationalistes.**
Posté sur l’esplanade des Français-Libres à Brest (Finistère), Olivier Cuzon, responsable local de la Ligue des droits de l’homme, observe la place se remplir ce jeudi 25 septembre. Quelque 1 500 personnes se massent pour participer au rassemblement contre le fascisme organisé par ce militant associatif, également enseignant. « La Bretagne n’est plus une terre modérée. Elle doit désormais faire face à la violence d’une extrême droite qui agit en roue libre. Depuis ce week-end, Brest est une ville sous le choc, mais qui tient à réagir », assure Olivier Cuzon.
Autour de lui, les manifestants opinent. Tous ont vu la vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrant l’assaut, dans la soirée du samedi 20 septembre, d’une trentaine d’hommes vêtus en noir, pour certains armés de battes de base-ball. Ces individus courent en direction du Café de la plage, établissement à la réputation de gauche, frappent des clients plusieurs minutes puis se replient après un coup de sifflet.
Gabin – qui a souhaité rester anonyme – fait partie des victimes. Ce soir-là, le quadragénaire buvait un verre à la terrasse du Café de la plage entouré d’habitués, d’habitants du quartier, de mordus du Stade brestois venus fêter la victoire de leur équipe contre l’OGC Nice, mais aussi d’amateurs de punk tout juste sortis d’un concert dans une salle voisine. « Je me souviens de peu de choses tant l’agression est allée vite. J’ai été projeté au sol et j’ai perdu connaissance. Quand j’ai repris mes esprits, c’était le chaos. Si des fachos sont capables d’attaquer ainsi un bar, que feront-ils la prochaine fois ? », s’inquiète Gabin.
**« Brest est natio »**
A Brest, personne ne doute des convictions politiques des assaillants qui, selon plusieurs témoins, ont crié : « Brest est nationaliste ! » Dans un communiqué, le maire (Parti socialiste), François Cuillandre, a dénoncé « des faits planifiés et fomentés par un groupuscule d’extrême droite ». Une « évidence », selon Jean-Philippe Setbon, sous-préfet de Brest. Contacté par Le Monde, il promet des « investigations poussées pour retrouver les agresseurs ». D’autant que ce raid n’est pas un fait isolé. Il s’agit, localement, d’une nouvelle étape dans la montée en puissance de violences d’extrême droite radicale.
C’est ce que dénonce Edouard Edy, un artiste brestois de 27 ans, militant de La France insoumise (LFI). Contrairement à d’autres victimes restées silencieuses, lui explique « oser » porter plainte. Sa première date de 2023, lorsqu’il a découvert des menaces de mort à son égard et des croix celtiques taguées dans la ville. La dernière a été enregistrée le 30 août. Edouard Edy décrit comment deux hommes habillés en noir lui ont assené cinq coups de poing après une collecte de fournitures scolaires en faveur d’associations caritatives. Compagnon du député du Finistère Pierre-Yves Cadalen (LFI), Edouard Edy dit avoir entendu ses agresseurs répéter : « Brest est natio. »
Des agressions similaires ont été recensées ailleurs en Bretagne, région pourtant historiquement la plus rétive à l’extrême droite. A Saint-Brieuc, par exemple, des militants armés de matraques télescopiques ont semé la panique lors d’un festival organisé par une association antifasciste en juillet 2023 puis, quelques semaines plus tard, devant un local associatif. Neuf militants d’extrême droite ont, depuis, été jugés et condamnés pour ces faits par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc.
**« Apathie »**
Cette recrudescence d’agressions dans la péninsule coïncide avec les événements de Callac (Côtes-d’Armor) en 2022. Dans cette commune du centre de la Bretagne, le maire souhaitait favoriser l’installation de réfugiés. Acculé par des manifestations orchestrées par des militants d’extrême droite et sans soutien politique d’ampleur, l’élu avait renoncé au projet. Galvanisés par ce qu’ils considèrent comme une « victoire », des groupuscules rassemblant des adeptes de sports de combat se sont développés en Bretagne et sont, depuis, régulièrement responsables de violences.
Tantôt, il s’agit de membres de L’Oriflamme, entité fondée par des anciens de l’Action française à Rennes. Tantôt de militants nationalistes et royalistes de La Digue installés à Lorient (Morbihan). Ces derniers sont les auteurs d’une vidéo dans laquelle ils brûlent des livres sur le genre et l’éducation sexuelle avant d’exposer la photo du député local, Damien Girard (Les Ecologistes). Ce dernier a réclamé la dissolution de La Digue au ministre de l’intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau. Sans succès.
A Brest, un groupuscule semblable opère sous le nom du Talion. Ses membres ont manifesté à Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique) contre l’implantation d’un centre pour migrants et sont soupçonnés d’avoir pris part à l’attaque du Café de la plage, à Brest, le 20 septembre. Les policiers chargés de l’enquête s’intéressent aussi aux fondateurs de la Section Ouest, un groupe d’une poignée de supporteurs du Stade brestois connus pour leurs idées d’extrême droite et leur violence.
Le sous-préfet de Brest a confirmé qu’un des assaillants du Café de la plage était sous le coup d’une interdiction de stade après l’agression de supporteurs lensois en avril. « Il est temps que la justice apporte une réponse à la mesure du problème », réclame l’« insoumis » Pierre-Yves Cadalen, un des rares élus présents à la manifestation de jeudi à Brest. L’écologiste Glen Dissaux, vice-président de Brest Métropole, abonde : « Le monde politique breton a été naïf et est resté apathique face à ces violences. Nous devons réagir pour faire cesser le sentiment d’impunité de l’ultradroite. »
Medium-Jury-2505 on
Non mais vous comprenez pas, ils vous défendent contre les méchants islamo gauchiasses communistes. Ce sont eux les vrais violents avec leur bière sans alcool.
Tout ça c’est pour la grrrrrrrrrrandeur de la France et de la Bretagne.
Abel_V on
La Bretagne, ça vous castagne
SentinelZerosum on
C’est pas possible ces gauchistes qui laissent pas les autres s’exprimer librement, qui se vexent dès qu’on pense pas comme eux !! /s
4 commenti
**Environ 1 500 personnes se sont rassemblées jeudi à Brest pour dénoncer le raid violent d’une trentaine de militants d’extrême droite contre les clients d’un bar réputé de gauche. Région historiquement modérée, la Bretagne affronte une vague d’agressions de groupuscules nationalistes.**
Posté sur l’esplanade des Français-Libres à Brest (Finistère), Olivier Cuzon, responsable local de la Ligue des droits de l’homme, observe la place se remplir ce jeudi 25 septembre. Quelque 1 500 personnes se massent pour participer au rassemblement contre le fascisme organisé par ce militant associatif, également enseignant. « La Bretagne n’est plus une terre modérée. Elle doit désormais faire face à la violence d’une extrême droite qui agit en roue libre. Depuis ce week-end, Brest est une ville sous le choc, mais qui tient à réagir », assure Olivier Cuzon.
Autour de lui, les manifestants opinent. Tous ont vu la vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrant l’assaut, dans la soirée du samedi 20 septembre, d’une trentaine d’hommes vêtus en noir, pour certains armés de battes de base-ball. Ces individus courent en direction du Café de la plage, établissement à la réputation de gauche, frappent des clients plusieurs minutes puis se replient après un coup de sifflet.
Gabin – qui a souhaité rester anonyme – fait partie des victimes. Ce soir-là, le quadragénaire buvait un verre à la terrasse du Café de la plage entouré d’habitués, d’habitants du quartier, de mordus du Stade brestois venus fêter la victoire de leur équipe contre l’OGC Nice, mais aussi d’amateurs de punk tout juste sortis d’un concert dans une salle voisine. « Je me souviens de peu de choses tant l’agression est allée vite. J’ai été projeté au sol et j’ai perdu connaissance. Quand j’ai repris mes esprits, c’était le chaos. Si des fachos sont capables d’attaquer ainsi un bar, que feront-ils la prochaine fois ? », s’inquiète Gabin.
**« Brest est natio »**
A Brest, personne ne doute des convictions politiques des assaillants qui, selon plusieurs témoins, ont crié : « Brest est nationaliste ! » Dans un communiqué, le maire (Parti socialiste), François Cuillandre, a dénoncé « des faits planifiés et fomentés par un groupuscule d’extrême droite ». Une « évidence », selon Jean-Philippe Setbon, sous-préfet de Brest. Contacté par Le Monde, il promet des « investigations poussées pour retrouver les agresseurs ». D’autant que ce raid n’est pas un fait isolé. Il s’agit, localement, d’une nouvelle étape dans la montée en puissance de violences d’extrême droite radicale.
C’est ce que dénonce Edouard Edy, un artiste brestois de 27 ans, militant de La France insoumise (LFI). Contrairement à d’autres victimes restées silencieuses, lui explique « oser » porter plainte. Sa première date de 2023, lorsqu’il a découvert des menaces de mort à son égard et des croix celtiques taguées dans la ville. La dernière a été enregistrée le 30 août. Edouard Edy décrit comment deux hommes habillés en noir lui ont assené cinq coups de poing après une collecte de fournitures scolaires en faveur d’associations caritatives. Compagnon du député du Finistère Pierre-Yves Cadalen (LFI), Edouard Edy dit avoir entendu ses agresseurs répéter : « Brest est natio. »
Des agressions similaires ont été recensées ailleurs en Bretagne, région pourtant historiquement la plus rétive à l’extrême droite. A Saint-Brieuc, par exemple, des militants armés de matraques télescopiques ont semé la panique lors d’un festival organisé par une association antifasciste en juillet 2023 puis, quelques semaines plus tard, devant un local associatif. Neuf militants d’extrême droite ont, depuis, été jugés et condamnés pour ces faits par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc.
**« Apathie »**
Cette recrudescence d’agressions dans la péninsule coïncide avec les événements de Callac (Côtes-d’Armor) en 2022. Dans cette commune du centre de la Bretagne, le maire souhaitait favoriser l’installation de réfugiés. Acculé par des manifestations orchestrées par des militants d’extrême droite et sans soutien politique d’ampleur, l’élu avait renoncé au projet. Galvanisés par ce qu’ils considèrent comme une « victoire », des groupuscules rassemblant des adeptes de sports de combat se sont développés en Bretagne et sont, depuis, régulièrement responsables de violences.
Tantôt, il s’agit de membres de L’Oriflamme, entité fondée par des anciens de l’Action française à Rennes. Tantôt de militants nationalistes et royalistes de La Digue installés à Lorient (Morbihan). Ces derniers sont les auteurs d’une vidéo dans laquelle ils brûlent des livres sur le genre et l’éducation sexuelle avant d’exposer la photo du député local, Damien Girard (Les Ecologistes). Ce dernier a réclamé la dissolution de La Digue au ministre de l’intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau. Sans succès.
A Brest, un groupuscule semblable opère sous le nom du Talion. Ses membres ont manifesté à Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique) contre l’implantation d’un centre pour migrants et sont soupçonnés d’avoir pris part à l’attaque du Café de la plage, à Brest, le 20 septembre. Les policiers chargés de l’enquête s’intéressent aussi aux fondateurs de la Section Ouest, un groupe d’une poignée de supporteurs du Stade brestois connus pour leurs idées d’extrême droite et leur violence.
Le sous-préfet de Brest a confirmé qu’un des assaillants du Café de la plage était sous le coup d’une interdiction de stade après l’agression de supporteurs lensois en avril. « Il est temps que la justice apporte une réponse à la mesure du problème », réclame l’« insoumis » Pierre-Yves Cadalen, un des rares élus présents à la manifestation de jeudi à Brest. L’écologiste Glen Dissaux, vice-président de Brest Métropole, abonde : « Le monde politique breton a été naïf et est resté apathique face à ces violences. Nous devons réagir pour faire cesser le sentiment d’impunité de l’ultradroite. »
Non mais vous comprenez pas, ils vous défendent contre les méchants islamo gauchiasses communistes. Ce sont eux les vrais violents avec leur bière sans alcool.
Tout ça c’est pour la grrrrrrrrrrandeur de la France et de la Bretagne.
La Bretagne, ça vous castagne
C’est pas possible ces gauchistes qui laissent pas les autres s’exprimer librement, qui se vexent dès qu’on pense pas comme eux !! /s