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    1 commento

    1. Gleneroo on

      EXTRAIT

      Même en y mettant la meilleure volonté du monde, on n’y arrive pas, donc on fait le “tri”, c’est-à-dire, on “privilégie” en quelque sorte, ceux qui ont la meilleure chance de survivre.

      Tous n’ont pas la “même chance”, entre guillemets. C’est prendre ceux pour lesquels on pense qu’on va régler leurs problèmes, enfin régler leurs problèmes, leur survie provisoire, on va dire, quand ils sont blessés gravement hein. Quand c’est une foulure, un petit doigt, on a rien à foutre. On prend que les blessés lourds, donc des gens qui ont des hémorragies internes, des gens qu’ont des fractures lourdes, ouvertes, enfin des tas de choses de ce type-là. Et ça, c’est un peu compliqué, parce qu’on n’est pas du tout équipés pour travailler comme ça. Donc ça veut dire que dans l’hôpital Nasser par exemple, aujourd’hui encore, il faut imaginer qu’il y a encore des gens par terre sur les tables, sous les tables, que ça pue, qu’il y a de la merde partout, qu’il y a du sang partout, c’est difficile à décrire et à imaginer, mais, que les familles qui viennent voir leurs proches hurlent en permanence souvent, parce qu’elles ont peur, parce qu’elles sont effrayées.

      Et nous, on est là-dedans, à essayer de faire ce qu’on peut, de faire au mieux. Donc, ça veut dire des opérations qui sont des fois lourdes et dans des conditions d’hygiène qui ne correspondent pas aux protocoles habituels, ça, c’est évident. Mais ça marche quand même, enfin ça marche, oui, si on peut dire. Les conditions sont actuellement très très dégradées. Il y a quelques endroits où y a des blocs d’urgence en tente qui ne sont pas trop mal équipés, mais avec des réserves de produits pour une semaine, pas plus. Ce n’est pas renouvelé. S’il n’y a rien qui rentre, faut stopper quoi, faut arrêter. Parce que des opérations sans morphine, c’est compliqué. Donc tout est comme ça. Tout est vraiment très dégradé.

      Le problème aussi pour ces choses-là, c’est qu’on n’est pas seuls. Il y a les soldats israéliens souvent qui ne sont pas très loin. Ils ne sont pas toujours hostiles, mais ils ne sont pas toujours très arrangeants. Ce qui veut dire qu’ils interviennent n’importe quand, n’importe comment, sans prévenir.

      *Dans les hôpitaux ?*

      Bien sûr, ils chopent des mecs, ils font n’importe quoi. Depuis le début, l’hôpital comme lieu sacralisé, ça n’existe pas, enfin ça n’existe plus.

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