
Il programma di bilancio del Raggruppamento Nazionale o il mistero dei “100 miliardi” di risparmio
https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/10/19/le-programme-budgetaire-du-rassemblement-national-ou-le-mystere-des-100-milliards-d-economies_6648097_823448.html
di PasSiAmusant
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*Par Clément Guillou et Corentin Lesueur*
**L’extrême droite, soucieuse d’afficher son orthodoxie budgétaire, se dit en mesure de faire passer le déficit sous la barre des 3 % du PIB d’ici à cinq ans. Mais les choix qu’il distille au « Monde » dessinent une autre réalité, entre économies incertaines et dépenses bien réelles.**
Depuis deux mois, le Rassemblement national (RN) brasse des milliards. Le parti d’extrême droite, qui se dit converti à l’orthodoxie, assure pouvoir trouver des dizaines de milliards d’euros d’économies dans le budget de l’Etat. Il n’y aurait qu’à se baisser, à en croire ses porte-parole, pour trouver des ressources à même de financer le programme de relance de l’économie du RN, lui-même très coûteux.
Au début du mois de septembre, le président du parti, Jordan Bardella, a donné un chiffre dans une lettre aux entrepreneurs, objets de toutes ses attentions : 100 milliards d’euros. Depuis, Le Monde a sollicité à plusieurs reprises le RN pour comprendre comment ce montant pouvait être atteint. Sans succès. Cette promesse, à un horizon de cinq ans, relève pour l’heure davantage du vœu pieux.
Confronté à la synthèse des chiffres partagés petit à petit par le RN, son groupe parlementaire a toutefois accepté de détailler un peu plus l’état des réflexions budgétaires qui constituent la matrice du programme du parti en cas d’élections législatives anticipées et pour la présidentielle de 2027. Il ressort de ces éléments que le RN surestime très probablement la portée de ses mesures, dont certaines contreviennent en outre à la Constitution ou aux règles de l’Union européenne (UE), et que l’objectif de passer sous la barre des 3 % de déficit nécessiterait une croissance spectaculaire, ou de nouveaux choix : des économies supplémentaires, le désinvestissement dans les services publics ou l’abandon des promesses en termes de baisses d’impôts et de régime des retraites.
La majeure partie des économies présentées proviennent d’une cure d’amaigrissement pour l’Etat et les collectivités, se traduisant par une baisse du nombre de fonctionnaires, et obéissent à la doctrine isolationniste du RN, qui entend fermer le robinet des contributions aux immigrés, à l’UE ou aux pays en voie de développement. A l’opposé, les pertes de recettes, dues à la poursuite de la politique de l’offre et des baisses de TVA visant à relancer la consommation, s’annoncent considérables.
Charles-Henri Gallois, le nouveau conseiller économique de Jordan Bardella, résume ainsi la doctrine économique du parti d’extrême droite, qui s’inscrit dans le droit fil de la doctrine libérale : « La justice fiscale peut s’entendre, mais ce n’est pas cela qui va rétablir les comptes publics. La face des comptes publics sera changée par la baisse de la mauvaise dépense publique, par la relance de la production en élaguant les normes et en baissant la fiscalité. C’est par là que vous aurez de la croissance en France et que vous allez réellement rééquilibrer les comptes. C’est cela la grande variable. »
**Le calcul des 100 milliards**
Le RN se fait fort de ramener le déficit public sous la barre des 3 % du produit intérieur brut (PIB), avec la promesse d’atteindre 2,7 % à l’horizon de cinq ans ; un objectif conforme au pacte de stabilité budgétaire européen qu’aucun gouvernement n’a atteint depuis 2017. Une révolution copernicienne pour un parti qui s’est toujours défié des règles de Bruxelles, et tente désormais de rassurer les milieux financiers pour s’éviter un destin « à la Liz Truss », du nom de la première ministre britannique conservatrice, contrainte à la démission un mois après sa nomination, en 2022, après que son programme fiscal coûteux a fait déraper la dette. Paradoxalement, cette entreprise de crédibilisation auprès des marchés est menée par le souverainiste Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et l’un des plus féroces pourfendeurs de l’Union européenne et des marchés financiers au sein du parti.
« Les rapports techniques disent tous, avec des scénarios centraux d’inflation et de croissance, qu’il faudra entre 95 milliards et 120 milliards d’euros d’économies. Que ceux qui disent que l’effort est trop important nous disent comment ils feront ! », lance le député de la Somme. Dans le détail, le RN espère réduire la dépense publique de 20 milliards d’euros supplémentaires chaque année, de sorte qu’au bout de la cinquième année elle serait inférieure de 100 milliards à celle de l’année zéro. Problème : selon l’annonce faite par Jordan Bardella, seulement un tiers de ces économies serait affecté à la réduction du déficit. D’où cette interrogation, à laquelle le RN ne répond pas : comment aboutir à une baisse substantielle d’un déficit dans ces conditions ?
Il faudrait, pour le compenser, compter sur une croissance et une consommation très supérieure aux attentes. Parmi les lignes budgétaires qu’il accepte de confirmer, le RN entend réaliser au moins 60 milliards d’euros d’économies structurelles sur quatre postes : l’immigration (25 milliards), les fraudes sociales et fiscales (15 milliards), la contribution de la France à l’Union européenne (10 milliards) et l’organisation de l’Etat (de 10 à 30 milliards). Des recettes supplémentaires viendraient d’impôts sur « la rente et la spéculation » (entre 10 et 15 milliards).
Premier facteur du vote lepéniste, l’immigration est naturellement la source d’économies la plus immédiate fantasmée par le RN. La préférence nationale, concept xénophobe contraire à la Constitution, mais dont le principe fait son chemin dans plusieurs pays d’Europe, serait appliquée de manière progressive : d’abord en conditionnant l’accès aux aides non contributives (minima sociaux, allocations familiales, prestations logement ou handicap…) à cinq ans de travail sur le sol français, une mesure que le Conseil constitutionnel a déjà jugée contraire au texte suprême. Le parti espère, en ajoutant la suppression de l’aide médicale d’Etat et diverses autres mesures visant les étrangers installés en France de manière régulière, économiser 19 milliards d’euros par an, puis 25 milliards s’il obtenait de modifier la Constitution. Très hypothétiques, ces pistes d’économies sont par ailleurs probablement largement surévaluées.
En 2019, la Caisse nationale des allocations familiales, qui gère la quasi-totalité de ces prestations, avait estimé à 9 milliards d’euros le montant des aides non contributives versées à l’ensemble des étrangers. On peut y ajouter les aides versées par les caisses d’assurance-vieillesse au titre du minimum vieillesse, d’un montant très inférieur (3,9 milliards pour l’ensemble des allocataires en 2024).
De manière complémentaire, le RN estime que « la mise en œuvre de [sa] politique d’immigration aura un impact dans le domaine de la sécurité » et que « les externalités négatives de l’immigration subie » coûtent 60 milliards d’euros à la France. Même les organisations proches de l’extrême droite, comme le contesté Observatoire de l’immigration et de la démographie, ne livrent pas de tels chiffres. Les études économiques sérieuses, tout en prévenant de la difficulté d’estimer l’impact économique de l’immigration, ne peuvent fournir qu’une fourchette d’évaluation et aboutissent à des estimations tantôt faiblement négatives, tantôt faiblement positives pour les finances publiques.
**Les fraudes sociale et fiscale**
Comme l’ensemble de l’échiquier politique, le RN compte sur la chasse aux fraudes fiscale et sociale pour trouver des ressources supplémentaires. Pas moins de 5 milliards d’euros sur la première, 10 sur la seconde, « ce qui apparaît dans la fourchette basse des différentes études sur le sujet ». La fraude sociale en France est estimée à 13 milliards d’euros par an, selon le Haut Conseil du financement de la protection sociale, dont seulement 0,6 milliard est recouvré : le RN s’estime donc en mesure de recouvrer les trois-quarts de ces sommes évaporées. Quant à la fraude fiscale, elle est bien supérieure, mais délicate à évaluer.
En 2024, 13 milliards d’euros ont été récupérés par l’Etat, dont 11,4 milliards par l’administration fiscale, sur un total de 20 milliards d’euros détectés. Pour atteindre l’objectif du RN, il faudrait donc améliorer la détection, mais aussi la capacité à recouvrer ces sommes. Le nouveau premier ministre, Sébastien Lecornu, a déposé, mardi 14 octobre, un projet de loi visant à renforcer la lutte contre la fraude sociale et fiscale. Le même jour, le Haut Conseil des finances publiques a jugé que les gains escomptés en la matière dans son projet de budget (1,5 milliard en 2026) « ne parai[ssaient] pas crédibles ».
Doge style
On annonce faire 300 trillions d’économie, on fait n’importe quoi, on revient en arrière, au final on fait que dalle d’économies, surtout de la com
[https://www.youtube.com/watch?v=7MCfMUhXXtc&t=97s](https://www.youtube.com/watch?v=7MCfMUhXXtc&t=97s)
“Faut diminuer également tous[sic] les taxes”, avant tout.
et
“En baissant l’immigration™”
Toujours la meme approche à droite: “promis on coupera que dans les trucs inutiles, on peut facilement economiser 72 megabazilliards”.
Ne coupent ensuite jamais rien qui touchent les copains, et uniquement les subventions pour les plus pauvres, tout en explosant le deficit à coup de baisses d’impots pour les riches et de cessions des biens de l’Etat pour une bouchée de pain.
Et le gens continuent de voter toujours plus à droite 🤷🏻♂️
Un classique : la droite extrême ou pas promet de rétablir les comptes pour des questions de principe mais ensuite elle ne veut pas toucher à ses vaches sacrées. Résultat : les comptes plongent.
Mais on continue de maintenir la fiction que le déficit est la faute de la gauche uniquement… (Laquelle se prend le mécontentement de la population quand elle arrive au pouvoir et tente de rétablir un peu la barre après s’être bien fait savonner la planche.)
Encore une fois, les seuls avec un programme pertinent, notamment économiquement, c’est la France insoumise. Surtout, aucun autre parti n’a pris le temps de le présenter autant dans le détail qu’eux. https://www.youtube.com/live/a3T_FuHbLCQ?si=yD935mfBJaJ6W_Of
Quelle surprise, encore une fois. Le RN fait du RN.
L’électorat, vu mais s’en tape, c’est la faute à l’immigration.
C’est épuisant un tel déni.
”les immigrés ” voilà le programme.
Outre l’aspect purement politique et l’image du RN, ce qui me tue sur ce genre de communication c’est que leur objectif est de revenir à 3% de déficit c’est à dire qu’on continue à s’endetter.
À un moment cette dette il va bien falloir que quelqu’un la paie. Ce sera la génération des actifs de 20-40 ans et leurs enfants/ petits enfants.
Je sais qu’un état peut s’endetter différemment d’un ménage vu qu’il n’est pas supposé être sujet à la mort, mais il faut payer les intérêts de cette fichue dette. Nos taux explosent et la dette appelle plus de dette.
Au point où nous en sommes je ne suis même pas sûr que la taxation des très riches puissent ne serait-ce qu’endiguer la dette. Tous notre modèle social, auquel je tiens bcp, est totalement perfusé par la dette. Ce n’est pas viable.
Il y a minimum 50 milliards d’euro d’aides aux étrangers /s ^^^juste ^^^au ^^^cas ^^^où ^^^….
Pikachu surprised que le prograamme du RN c’est que du vent et qu’ils sont incapables de gouverner.
Pour bcp, il faut d’abord sentir l’échec dans leur chair avant de comprendre. Cela donne des trucs comme le brexit.
> Il ressort de ces éléments que le RN surestime très probablement la portée de ses mesures, dont certaines contreviennent en outre à la Constitution ou aux règles de l’Union européenne (UE)
C’est connu … Et peu importe si une partie de leur électorat pense vraiment que 100 milliards sont récupérables en économisant sur “l’immigration” et “l’Europe” ou si ils s’en fichent complètement ; dans les deux cas ils ne seront pas convaincus par ce genre d’article (que j’apprécie tout de même, là n’est pas la question).