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3 commenti

  1. obvious_freud on

    Joli fiasco. On peut féliciter l’asso propriétaire du festival et les margoulins qui l’organisaient d’avoir tenté le passage en force. Les pouvoirs publics notamment le maire d’Angoulême qui s’est pointé en sauveur il y a 2 semaines alors que ça fait des années qu’ils laissaient la situation dériver. Mais surtout bravo aux autrices et aux auteurs qui ont su se mobiliser et faire remarquer après des années de mépris que sans eux, pas de bd, pas de festival.

  2. theklaatu on

    Pourquoi le festival d’Angoulême de BD n’aura pas lieu en 2026

    Marius Chapuis

    Face à un front d’autrices et d’auteurs unis sur l’idée d’un boycott de la prochaine édition, qui devait se tenir en janvier, les grands éditeurs de bande dessinée ont tranché : ils ne viendront pas. Le festival prend acte et craint que cette annulation n’en entraîne d’autres.

    Le festival d’Angoulême n’aura pas lieu en 2026. Cette fois, c’est plié. Violemment secoué depuis une semaine, le château de cartes a fini par s’effondrer dans la journée mardi 18 novembre. Prenant acte du refus des autrices et des auteurs de céder une once de terrain sur la question du boycott de l’édition prévue fin janvier , les maisons d’édition n’ont eu d’autre choix que de s’aligner sur la position des artistes. Personne ne se rendra donc à Angoulême en janvier.

    La journée de ce mardi 18 novembre a débuté par un communiqué extrêmement déterminé de l’inter-orga réunissant quantité de syndicats et collectifs d’artistes : «Les financeurs publics doivent prendre acte que le paysage politique des auteur·ices a changé, nous ne sommes plus en 2016 [date de la dernière grande crise au festival d’Angoulême , ndlr]. Les coupes massives dans les budgets de la Culture et la précarisation toujours plus grande de nos professions n’ont fait qu’accélérer notre organisation collective et […] nous sommes désormais capables de nous rassembler massivement pour défendre nos conditions de travail. Nous insistons sur le fait que le boycott /girlcott est maintenu : il est impossible de faire redescendre la mobilisation tant que la société 9eArt + pilotera la manifestation, même avec la promesse de retrait de Franck Bondoux . La situation cristallise de nombreux problèmes de notre époque : violences sexistes et sexuelles, gouvernance autarcique, mépris généralisé des travailleur·euses y compris des bénévoles, exploitation mercantile, validisme, etc. Par conséquent, nous ne participerons pas à l’édition 2026.» Solidaire des artistes, le Syndicat des éditeurs alternatifs a annoncé mardi matin laisser chacun de ses membres décider en conscience.

    La vraie surprise est venue du verdict de la réunion d’urgence organisée dans l’après-midi par le Syndicat national de l’édition (SNE). Au terme de laquelle les grands éditeurs se sont entendus pour ne pas se rendre au festival d’Angoulême en janvier (un communiqué officiel est attendu ce mercredi matin). Faute d’auteurs et faute d’éditeurs , l’événement ne pourra donc se tenir. Contacté dans la nuit par Libération,l’un des deux directeurs artistiques du FIBD, Fausto Fasulo, prenait acte de la situation d’impasse : «L’horizon n’a jamais semblé aussi apocalyptique. Le festival a beau avoir le cuir dur, cette annulation de l’édition 2026 pourrait bien signifier sa disparition définitive.»

    Dans un communiqué non signé publié mercredi matin, la société 9eArt+ dément les informations de Libérationet, donc, les propos de son directeur artistique, assurant que le dialogue se poursuit. «L’organisation du festival formule l’espérance que les discussions en cours pourront permettre de trouver une solution afin que se tienne l’édition 2026, dans l’intérêt même de l’écosystème de la bande dessinée et par respect pour un public de passionné·e·s de cette forme unique de lecture, public qu’elle a toujours su intéresser au cours de son demi-siècle d’existence.» Sans auteur ni éditeur, il va falloir se montrer créatif.

    Quelques minutes plus tard, le syndicat national de l’édition confirmait par communiqué les informations de Libération.«Les éditeurs de bande dessinée du SNE entendent la position des syndicats d’autrices et d’auteurs, le manifeste des 285 autrices, l’appel des grands prix, à ne pas se rendre à l’édition 2026. Compte tenu de ce mouvement de grande ampleur qu’ils comprennent, les éditeurs estiment que l’édition 2026 ne pourra plus se tenir.»

    **«L’horizon n’a jamais semblé aussi apocalyptique»**

    Quelques heures plus tôt, la plus grave crise de l’histoire du festival semblait pourtant en passe de se résorber. Après d’innombrables pow-wows durant le week-end, une solution avait été trouvée par les pouvoirs publics. Les organisateurs du Festival international de la bande dessinée, dénoncés par tous les professionnels, étaient mis sur la touche. Une décision qui paraissait quelques jours plus tôt impossible. Surtout, les professionnels (éditeurs, artistes, financeurs) étaient parvenus à se mettre d’accord pour confier le futur du festival à l’ADBDA, une association de médiation réunissant tous les acteurs du monde de la bande dessinée qui se trouvait soudain élargie pour faire davantage de place aux artistes. Son mandat : dessiner le cadre d’un futur appel à projets pour trouver une nouvelle direction et jeter les bases d’un festival à repenser.

    Pendant une semaine, c’est la survie même du festival d’Angoulême qui était en jeu. Tous les acteurs avaient le nez collé sur 2028-2029, date à partir de laquelle le nouveau gestionnaire devait prendre les rênes. En même temps que s’esquissait une solution se reposait avec urgence la question de l’édition 2026 .

    **«L’impression d’atteindre un point de non-retour»**

    «Malgré toutes les avancées de ces derniers jours, les artistes continuent de dire non, on ne reviendra pas. A juste titre. La méfiance qu’ils expriment ne sort pas de nulle part, nous explique Jean-Luc Fromental, à la tête de Denoël Graphic. Certains grands éditeurs pensaient que les auteurs allaient rentrer dans le rang, qu’il suffirait de sonner la fin de la récré pour qu’ils accourent à Angoulême. Ils n’ont pas vraiment pris la mesure de la colère.»

    «Sans autrices, sans auteurs, avec les Grand Prix qui appellent au boycott, la messe était dite. Il était impossible d’y aller. Ça n’avait pas de sens, décrypte Frédéric Lavabre, le fondateur des éditions Sarbacane qui pousse depuis longtemps pour une réaction forte au sein du SNE. L’humeur, forcément, est un peu triste parce qu’on a l’impression d’atteindre un point de non-retour. On lâche un festival qu’on connaît, qu’on sait dysfonctionnel depuis un moment déjà, sans savoir exactement vers quoi on s’engage. Mais à titre personnel, c’est quelque chose que je pressens depuis plusieurs mois. Depuis le moment où Delphine Groux et l’association du festival ont refusé le principe des personnalités qualifiées lors de cette parodie d’appel à projets. Les auteurs, les pouvoirs publics, les éditeurs alternatifs comme les grands éditeurs, tout le monde voulait la même chose : assurer un peu de transparence. Mais non, ça a été balayé. C’est à ce moment-là qu’il aurait fallu se montrer ferme.»

    «On a laissé entrevoir àGroux et Bondoux qu’il était possible de passer en force, ajoute l’éditeur . Les politiques se sont réveillés trop tard. On savait que ça n’allait pas, mais personne n’a voulu précipiter la chute. Alors les auteurs ont pris la main. Les éditeurs n’ont pas compris que cette colère venait du cœur. Est-ce qu’on mesure bien ce que ça signifie quand un auteur qui vient d’apprendre que son livre est en sélection à Angoulême après quatre années de boulot acharné décide malgré tout de boycotter le festival ?»

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